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La TV augmentée enfin libérée de toutes contraintes avec le standard HbbTV (0)

Voilà de nombreuses années que l’on nous parle de la télévision de nouvelle génération, la smart TV. Quand j’étais petit, je me souviens d’avoir passé beaucoup de temps devant le télétexte, un service rudimentaire, mais qui était tout de même bien pratique. Depuis, la quasi-totalité des informations que je consomme provient du web (j’y accède depuis mon ordinateur, ma tablette ou mon smartphone), mais plus de ma télévision.

Il est assez surprenant de constater qu’après toutes ces innombrables innovations technologiques, l’écran de télévision soit toujours considéré comme passif par la très grande majorité des utilisateurs, qui pour le coup s’autorelèguent au statut de spectateurs. Pourtant des géants du web comme Yahoo, des industriels comme Samsung ou des fournisseurs d’accès comme Free ont investi beaucoup d’énergie et d’argent pour apporter de l’interactivité à la télévision. Le problème est qu’ils ont essayé d’imposer un système fermé, comme Apple a su si bien le faire avec iTunes. Heureusement les choses ont changé avec la finalisation du standard HbbTV.

La télévision enrichie ou augmentée avec HbbTV
La télévision enrichie ou augmentée avec HbbTV

Issu de la fusion de deux projets français et allemand, HbbTV (Hybrid Broadcast Broadband TV) est une norme mise au point par un ensemble d’industriels (chaînes de TV, éditeurs, constructeurs…) pour enrichir les programmes télévisés de contenus additionnels. Comme toutes les innovations technologiques, elle ne fonctionne que sur les TV compatibles. La première version de ce standard remonte à 2010 (Le lancement de HbbTV en France) et les expérimentations de l’époque étaient plutôt convaincantes :

Dans les faits, l’objectif de ce standard est de mixer des programmes télévisuels avec des informations et applications du web (flux vidéo + HTML) : HBBTV ou comment rendre la TNT interactive. Il existe deux modes de diffusion des contenus additionnels : le broadcast, où les contenus sont transmis avec le flux vidéo (TNT, câble ou satellite), un peu comme le télétexte de l’époque ; et le broadband, où les contenus sont acheminés par un câble réseau, comme le web. Dans le second, il vous faut donc brancher votre TV à l’internet, vous avez alors accès à des informations, contenus et applications en rapport avec le programme que vous regardez. Le tout reposant sur les standards du web (HTML, CSS, javascript…).

Après plusieurs années de test, 2013 est enfin l’année du lancement officiel. Toutes les grandes chaînes françaises s’y sont mises et proposent des contenus additionnels, mais France Télévision semble être celle qui a le plus investi dans l’évangélisation : Lancement de la TV augmentée sur les TV connectées par France Télévision. Pour le moment, les services disponibles sont assez “classiques” (grille des programmes, informations annexes sur les émissions, météo, vote…), mais au moins ça fonctionne correctement.

Les contenus et applications disponibles grâce à HbbTV
Les contenus et applications disponibles grâce à HbbTV

C’est à l’occasion de Rolland Garros que les services les plus intéressants ont été déployés, avec notamment la possibilité de suivre un match en direct tout en regardant un autre programme :

Suivez Rolland Garros en version augmentée avec HbbTV
Suivez Rolland Garros en version augmentée avec HbbTV

Vous avez également accès au récapitulatif des autres matchs et au tableau des scores. Vous noterez sur la partie droite de l’écran l’incrustation d’une autre chaîne ainsi qu’une bannière publicitaire :

Le tableau de score de Rolland Garros dans votre TV
Le tableau de score de Rolland Garros dans votre TV

J’ai eu l’occasion d’en voir une démonstration à Rolland Garros par Philippe Bourquin qui m’a fait l’article sur les travaux de ses équipes : Le Showroom innovations technologiques de Francetv sur le RG Lab. Dans leur jargon, ils appellent ça une couche servicielle ou des applications en overlay. Les termes sont un peu barbares, mais c’est bien de ça dont il est question : enrichir les contenus vidéo avec des applications et services que vous manipulez avec votre télécommande. Tout l’intérêt de HbbTV est d’exploiter des technologies standards du web pour abaisser les coûts de production et surtout résoudre une bonne fois pour toutes le problème de la compatibilité. HbbTV est donc le concurrent direct des systèmes propriétaires promulgués par Samsung, Free et cie.  D’une certaine façon, nous pouvons également considérer que HbbTV est en concurrence avec les applications de second écran, qui fournissent également des contenus et services additionnels.

La démonstration qui m’a été faite était particulièrement intéressante, mais je n’ai pas pu la reproduire chez moi, car ma TV n’est pas compatible. Je serais curieux de connaître le taux de pénétration de cette norme sur le parc installé et sur les TV vendues depuis le début de l’année. Si vous voulez néanmoins voir à quoi ça ressemble, vous pouvez tester les services HbbTV chez vous en les consultant depuis votre navigateur : HbbTV Link Gallery.

Autant vous dire que je suis plus qu’enthousiaste à l’idée de ce que cette technologie nous réserve : une infinité de contenus et services au potentiel gigantesque, tout reste à inventer ! Ceci est d’autant plus stimulant que la prochaine version de HbbTV va intégrer toutes les dernières évolutions du web (HTML5, synchronisation avec les seconds écrans, accès aux simplifié aux services, compatibilité avec la TNT 2.0…) : HbbTV v2.0 feature update. Mais nous aurons largement l’occasion d’en reparler.

Les micro-consoles vont-elles devancer les TV connectées ? (5)

Voilà maintenant quelques années que l’on nous parle de TV connectée. Sauf que… les usages ne semblent pas décoller. Il y a certes de très beaux produits en vente, mais l’essentiel des usages tourne autour de la catch-up TV au travers des offres de replay des box proposées par les opérateurs. Parallèlement à cette très lente courbe d’adoption des usages de la TV connectée, nous observons une explosion des usages des terminaux mobiles (smartphones et tablettes) aussi bien pour les jeux qu’en tant que second écran : Smartphones & Tablets To Be Primary Screen For Gamers, Says Analyst, Powering 64BN+ Games Downloads By 2017. Il n’en fallait pas moins à quelques startups américaines (encore eux !) pour surfer sur ces deux tendances.

Partant du principe que les écrans de TV sont sous-exploitées et que les jeux mobiles connaissent une croissance fulgurante, plusieurs projets de micro-consoles ont vu le jour en quelques mois. Pour résumer une longue explication, les micro-consoles sont aux consoles de jeux traditionnelles ce que les netbooks sont aux ordinateurs : des alternatives low-cost qui séduisent des acheteurs qui subissent la crise de plein fouet.

Les 3 micro-consoles du moment
Les 3 micro-consoles du moment

Les trois projets en course sont les suivants :

Il existe d’autres projets de consoles alternatives comme le Shield de Nvidia qui intègre une manette de jeu, le Razer Edge ou le Xi3 Piston qui misent sur les jeux PC ou encore la RetroN 5 qui se focalise sur les vieilles cartouches. Si ces 4 variantes sont très intéressantes, elles s’adressent avant tout aux hardcore gamers, ce qui n’est pas le cas des trois projets cités précédemment. Si la GameStick mise avant tout sur le nomadisme (un bel anachronisme en cette époque où les smartphones sont rois), la Ouya et la GamePop se positionne très clairement comme des extensions de votre télévision, ce n’est d’ailleurs pas un hasard si leur site web respectif possède une URL en “.tv”.

Avec des offres très compétitives en terme de prix (99$ pour la Ouya et un abonnement de 7$ / mois pour la GamePop), ces deux micro-consoles ont toutes les chances de rencontrer un fort succès et de s’écouler à des dizaines de millions d’exemplaires. Là où ça devient intéressant, c’est que ces deux consoles sont propulsées par le système d’exploitation Android, celui qui donne accès à Google Play avec ses centaines de millions d’applications et surtout ces films et séries TV. Les jeux seraient donc potentiellement un produit d’appel pour accrocher des dizaines de millions de clients pour la boutique de films et séries TV. Les deux fabricants se rémunéreraient ainsi à la fois sur la vente de jeux, mais également de films, séries ou musiques.

Google est déjà en mesure de mesurer tous vos usages sur votre ordinateur (Chrome), votre smartphone ou tablette, imaginez qu’ils puissent également surveiller les films, séries et programmes TV que vous regardez. Ces données seraient d’une très grande valeur, d’autant plus qu’ils sont maintenant capables de les agréger : Cross Device Measurement in Google Analytics will turn mobile marketing on its head.

Avec un tel dispositif, Google disposerait de données bien plus riches et précises que les panellistes traditionnels dont l’offre repose encore sur des extrapolations. Entendons-nous bien : je ne suis pas en train de vous ressortir toujours le même discours de paranoïa, mais de vous décrire l’impact de l’arrivé”e sur le marché des micro-consoles et surtout l’enjeu que cela représente pour les annonceurs. 2013 sera l’année de la TV connectée, l’année où les premiers usages vont enfin commencer à décoller, d’autant plus avec les consoles de dernière génération (PS4, Xbox Infinity) qui proposeront également des innovations en ce sens.

Panorama des terminaux alternatifs 2012 (5)

J’avais publié pour le lancement de ce blog en début d’année dernière un panorama des terminaux alternatifs, où je recensais les différents types de terminaux pouvant se connecter à internet et remplacer (plus ou moins) les ordinateurs traditionnels. Nous sommes maintenant dans la seconde partie de l’année 2012, et il s’est passé beaucoup de choses depuis (euphémisme). Il est donc grand temps pour moi de vous présenter une nouvelle version de ce panorama.

Dix formats pour sept catégories d’usages

La première chose que j’ai du faire pour mettre à jour ce panorama a été de compléter les formats de terminaux. Les téléphones classiques, voitures et objets connectés font donc leur apparition. La seconde grande évolution de ce panorama est de rajouter deux catégories d’usages pour ne pas trop pénaliser les terminaux de bas de tableau : la localisation et  la notification.

Sans grande surprise, les trois formats les plus usuels se révèlent être les plus performants et versatiles (smartphone, tablettes et cloudbooks), mais les autres types de terminaux méritent néanmoins largement votre attention.

Comparaison des différents formats de terminaux alternatifs

Je vous propose donc de passer en revue ces différents formats :

  •  Les téléphones (feature phones ou smartphones low cost) sont bien trop souvent oubliés, pourtant ils rendent de fiers services (emails, jeux de première génération, musique…) et sont particulièrement populaires dans les pays en voie de développement qui sont fortement demandeurs d’outils de communication à bas prix. Les acteurs à surveiller dans cette catégorie sont les fabricants chinois (ZTE, Lenovo, Xiaomi…) ainsi que les éditeurs d’OS mobiles dédiés à cette catégorie (Qualcomm avec BrewMP et Mozilla avec FirefoxOS).
  • Les smartphones, qui restent le format le plus emblématique de l’ère post-PC et qui sont toujours plus puissants et coûteux. Les deux géants de ce segment sont Apple et Samsung qui se livrent une bataille juridique sans merci, pendant que Google et Microsoft comptent les points. Ne pensez pas néanmoins que les dés sont jetés, car RIM pourrait bien nous surprendre avec son Blackberry OS 10 (cf. Apple et Google n’ont pas encore gagné la bataille du mobile).
  • Les tablettes, qui sont également la figure emblématique du point de bascule, de par les nombreux usages qu’elles offrent, aussi bien pour les particuliers que pour les entreprises. Certes, l’iPad d’Apple est le poids lourd du secteur, mais l’arrivée d’Amazon avec son Kindle Fire et de Google avec son Nexus 7 changent la donne. Le segment low cost arrive effectivement à point nommé dans un contexte de crise où tout le monde ne peut pas débourser 600 à 800 € pour une tablette haut de gamme.
  • Les cloudbooks, qui sont les dignes successeurs des ultra-portables et offrent un compromis idéal entre portabilité et richesse fonctionnelle grâce au cloud computing. Tout comme Apple a bénéficié de l’avantage du premier entrant avec son iPad, c’est Google qui domine largement ce segment avec ses Chromebook. Le marché a cependant été agréablement surpris par Microsoft qui nous a proposé un concept hybride laptop / tablette avec sa Surface dont on ne connait pas encore tous les détails. Après mûre réflexion, j’ai décidé de la ranger dans cette catégorie, car Microsoft la commercialise comme un VRAI ordinateur en forme de tablette.
  • Les liseuses électroniques, qui poursuivent tranquillement leur croissance. Marché de niche par excellence, les liseuses disponibles sur le marché se concentrent sur leurs fonctions de base et ce n’est pas plus mal, car les écrans à encre électronique couleur tardent à arriver (surtout avec le coup de frein de Qualcomm sur Mirasol). Les acteurs à surveiller sur ce segment sont Amazon, Kobo (récemment racheté par le japonais Rakuten), Sony et le français Bookeen.
  • Les consoles portables, qui lorgnent de plus en plus vers les usages en ligne et les réseaux sociaux. Les acteurs historiques sont bien évidemment surreprésentés (Sony avec sa PSP Vita et Nintendo avec sa 3DS), mais de nouveaux entrants pourraient venir bousculer l’ordre établi, à l’image du Gamepad d’Archos ou du surprenant Wikipad qui exploite une base de tablette.
  • Les TV connectées (Smart TV) qui peinent à s’imposer du fait d’un taux de renouvellement assez bas. Si Samsung, Philips ou LG sont très moteurs sur ce créneau, il faudra plutôt aller chercher du côté des fournisseurs d’accès à internet. Les box sont en effet la clé de l’adoption des usages, car elles permettent de convertir une TV traditionnelle. Google est très certainement l’acteur qui affiche la plus forte ambition avec sa Google TV, mais le marché est surtout en attente de la réponse d’Apple. Reste encore à trouver une solution au très délicat problème de la télécommande qui reste un facteur limitatif.
  • Les cadres à photo connectés (smartframes), qui se font très discrets, mais peuvent rendre de très bons services, surtout s’ils sont connectés aux nuages et aux différentes plateformes sociales. L’américain Chumby reste le leader du créneau et commence à licencier sa technologie.
  • Les voitures connectées n’ont réellement commencé à faire parler d’elles que cette année avec des usages particulièrement intéressants comme la géolocalisation. Sans surprise, les constructeurs américains ont été les premiers à investir lourdement, mais c’est Renaut qui affiche aujourd’hui la plus forte ambition avec son système R-Link qui devrait équiper plus de la moitié des voitures sortant d’usine d’ici l’année prochaine.
  • Les objets connectés s’installent enfin petit à petit dans notre quotidien. Montres, thermostats, lapins… ces petits objets peuvent ainsi se révéler particulièrement utiles pour des fonctions de notification, surtout s’ils sont connectés avec des plateformes sociales.

Voilà pour ce tour d’horizon des terminaux alternatifs qui n’a pas pour vocation d’être parfaitement exhaustif, mais de vous proposer une vision d’ensemble à date des terminaux permettant de se connecter à internet et d’exploiter des services en ligne.

Même si aujourd’hui les projecteurs sont braqués sur les smatphones et tablettes, principalement ceux d’Apple, le marché est en train de se reconfigurer à grande vitesse, notamment grâce à la versatilité d’Android avec des concepts hybrides comme la console Ouya ou le notebook GoNote.

Les parts de marché de demain sont d’hors et déjà acquises à ceux qui prennent le temps de comprendre les usages que ces terminaux offrent, et qui commencent dès maintenant à décliner leurs contenus et services pour ces formats.

Google à l’assaut de votre télévision (6)

Le sujet de la TV connectée n’est pas neuf, j’en parlais déjà il y a quelques années (Internet = l’avenir de la télévision et inversement et La télévision est-elle l’avenir de l’internet ? En partie) et le débat continue, car il est complexe (TV connectée : de l’euphorie au pragmatisme). Lancée il y a un an et demi, Google TV s’installe lentement mais sûrement dans le paysage audiovisuel. Pour le moment, le taux de pénétration de Google TV est anecdotique, car d’autres systèmes lui font barrage (notamment TiVo aux États-Unis et Free en France), mais l’argument massue du système plus que gratuit (OS gratuit et partage des revenus publicitaires) va immanquablement finir par séduire les constructeurs.

En fin d’année dernière, les équipes de Google nous ont ainsi présenté une nouvelle version de Google TV propulsée par la version 3.1 d’AndroidAn Update on Google TV.

La nouvelle interface de Google TV

Au programme des nouveautés :

  • Une nouvelle interface simplifie la découverte de films et séries TV
  • Une fonction de recherche simplifiée
  • Une intégration transparente de YouTube
  • La possibilité de consulter vos photos stockées dans les nuages

Tout ceci est donc très alléchant, mais le meilleur reste à venir grâce à l’Android Market : Google TV, Take 2: Android Apps Join the Smart TV Party. Le système d’exploitation Android donne ainsi accès à des centaines de milliers d’applications qui forment un écosystème dense, inspiré de celui de Apple (Google Chrome OS = iOS + iTunes). Bon dans les faits, les applications proposées ont été pensées pour les smartphones, les éditeurs doivent donc intégralement repenser les interfaces pour tenir compte des contraintes d’affichage et de saisie (Google publie des recommandations pour la conception d’interfaces TV).

Les applications Android disponibles sur la Google TV

Concrètement, il existe moins d’une centaine d’applications spécifiquement conçues pour la TV, mais nous commençons à voir des choses très intéressantes, comme des portages de jeux (Zynga Poker Debuts On Google TV) ou des applications de social TV comme BuddyTV qui se pilotent à partir de votre smartphone ou de votre tablette. Tout l’intérêt de ses applications réside en effet dans un usage multi-écran : Vous créez un compte sur votre ordinateur, vous êtes prévenu d’un programme sur votre smartphone, vous le regardez sur votre télé tout en le commentant avec vos amis sur votre tablette (De l’intérêt des touchbooks comme écrans secondaires). Ces applications multi-écrans offrent d’innombrables possibilités qui vont bien au-delà des programmes TV (Four Stopgap Apps That Almost Fix Google TV 2.0).

Malgré les qualités de cette nouvelle version, Google va devoir faire face à une concurrence féroce :

  • Des fournisseurs d’accès comme Free qui proposent des boitiers intelligents (la Freebox Revolution permet ainsi de jouer à une petite sélection de jeux ainsi que d’applications comme Facebook et Twitter). Free a clairement pris l’avantage sur ce terrain, mais Google TV permettra justement aux opérateurs à la traîne de gagner un temps précieux et surtout de limiter les dépenses de R&D.
  • Des constructeurs de TV comme Samsung qui proposent leur propre système (Samsung et ses 10 millions d’applications téléchargées). Là encore, Samsung a pris de l’avance, mais son système va avoir beaucoup de mal à tenir la comparaison, d’autant plus que Google et Samsung sont étroitement liés sur le segment des smartphones. Nous pouvons donc nous attendre à un repli stratégique du géant coréen qui préfèrera couper son budget R&D pour faire face à ses rivaux Sony et LG.
  • Des fabricants de consoles comme Microsoft avec sa Xbox. Même si l’offre de Microsoft est cohérente, les OS de la Xbox et des Windows Phone sont encore dissociés, contrairement à Android qui propulse les smartphones, les tablettes et dont les applications sont compatibles avec Chrome OS.
  • Des autres plateformes sociales qui essayent de faire valoir leur position privilégiée entre les clients (téléspectateurs) et les fournisseurs de contenus (les chaines). Si l’on commence à voir des initiatives très intéressantes autour de la social TV avec Facebook et Twitter (Twitter Embraces Its Social Role in TV et Is There A Future For Social TV?), les plateformes sociales seront toujours dans une position très fragiles.
  • De la part d’Apple qui pourrait bien jouer les trouble-fête (Apple Plots Its TV Assault). Pour le moment ce ne sont que des spéculations, mais de toute façon, Si l’offre de Apple avec iOS est le modèle dominant, Google ne joue pas dans la même gamme de prix.

Comme si la bataille n’était pas assez rude sur le web ou sur le mobile, Google c’est donc lancé sur un autre créneau ultra-concurrentiel. Encore une fois, si les parts de marché de Google TV sont aujourd’hui très faibles (euphémisme), et si la concurrence s’organise (PayPal a créé une solution dédiée aux paiements en ligne depuis son téléviseur connecté), Google finira bien par gagner car son offre propose une intégration plus large de services (régie publicitaire, applications, recherche…) : Why Google TV will win. Ceci étant dit, la conquête du territoire national nécessitera une concertation avec les pouvoirs publics (Pour une stratégie européenne de la TV connectée), ça tombe bien, car notre président s’entend bien avec Eric Schmidt (ils ont récemment inauguré tous les deux le nouveau centre de recherche de Google à Paris).

MàJ (06/01/2012) : Nous en savons un peu plus sur les plans de Google : Google TV on track to launch around the world in 2012. Plusieurs annonces devraient être confirmées lors du prochain salon CES en fin de mois, mais nous savons déjà que des partenariats ont été conclus avec Samsung et LG pour la commercialisation de TV intégrant la technologie Google.

La nouvelle télé de LG propulsée par Google TV

De même, des accords ont été passés avec deux concepteurs de puces (Marvell et MediaTek) pour faire évoluer le système Google TV vers une architecture ARM (donc un prix de vente plus bas).

Panorama des terminaux alternatifs (18)

Saviez-vous qu’Apple avait lancé un PDA en 1998 ? Le look et les capacités du Newton font maintenant sourire, mais cette machine était tout à fait en avance sur son époque. Cela n’a pas empêché Apple de se prendre un gros bide avec cette machine. Historiquement les premiers PDA mis sur le marché remontent à 1980 avec une marque anglaise : Psion. De même, nous avons tendance à l’oublier, mais le premier smartphone (le 7110) ont été introduit il y a plus de 11 ans par Nokia.

Aujourd’hui les smartphones et tablets sont à la mode (tous les annonceurs veulent disposer de leur application) mais ne sont que la partie visible de l’iceberg : le plus gros de nos futurs usages de l’internet se fera au travers de terminaux alternatifs de tous formats et pas seulement les plus médiatisés (iPhone, iPad..). Se focaliser sur ces deux formats serait une erreur, car les usages vont encore fortement évolués et il faut se préparer dès maintenant à anticiper ces changements et exploiter les spécificités de ces nouveaux formats dans un contexte de marque (marketing,commerce en ligne / mobile…).

Des formats diversifiés pour couvrir de nombreux usages différents

Aujourd’hui, les smartphones et touchbooks font partie de notre quotidien. Le grand public et les annonceurs ne sont pourtant pas forcément bien éduqués quant aux spécificités de ces machines et surtout à l’utilisation qui peut en être faite (je lis encore de nombreux articles où l’iPad est considéré comme un lecteur de livres électroniques). Il est donc temps de vous proposer une définition de cette nouvelle génération de terminaux et d’en expliquer les différences.

Je vous propose ainsi cette définition : “Les terminaux alternatifs sont des appareils permettant de se connecter au web et/ou de consommer des contenus et services numériques“.

Il y a plusieurs subtilités dans cette définition :

  • Vous n’avez pas besoin de vous connecter au web pour consommer des services en ligne (ex : applications Twitter ou Facebook) ;
  • Les jeux peuvent être considérés à la fois comme des contenus numériques (s’ils sont achetés) ou des services numériques (s’ils sont téléchargeables gratuitement et reposent sur un modèle fermium ou d’abonnement) ;
  • La qualification de terminaux “alternatifs” ne fait aucunement référence à la portabilité (les dernières générations de TV connectées ne rentrent pas dans vos poches, ni même dans certains salons) ;
  • Les services numériques peuvent être rudimentaires (ex : les objets ambiants qui se contentent de diffuser des alertes).

Cette définition couvre donc une gamme très diversifiée de terminaux qui correspondent à des contextes d’usages très différents et des types de contenus et services plus ou moins bien adaptés. Pour vous y retrouver, je vous propose ce tableau de synthèse :

Comparaison des différents formats de terminaux alternatifs

Je distingue dans ce tableau les formats suivants :

  • Les smartphones qui sont, à mon sens, les terminaux les plus polyvalents. Ils sont nécessairement associés à un abonnement voix / data et sont propulsés par des systèmes d’exploitation sophistiqués généralement associés à une App Store (iPhone, Android, BlackBerry…).
  • Les netbooks / smartbooks / cloudbooks se distinguent des laptops par leur très faible encombrement et leur capacité de connexion. Ils sont les compagnons idéals des grands voyageurs, mais ne remplissent pas tout à fait les mêmes fonctions qu’un ordinateur traditionnel. Les constructeurs ont légèrement tâtonné avant de trouver un système d’exploitation adapté à ce format et à l’usage que l’on peut en faire (Windows ou Linux ne sont résolument pas des solutions idéales), mais tout devrait s’arranger avec l’arrivée de Chrome OS ou du futur Meego.
  • Les touchbooks / tablettes sont à mi-chemin entre smartphones et netbooks (Netbook + TabletPC = Touchbook). Tous ne sont pas équipés de puces 3G, aussi leur capacité de connexion est limitée. Parfaitement appropriés à la consommation de contenus numériques multimédia, ils ne sont pas nécessairement les mieux adaptés pour une lecture à l’écran prolongée (plus d’1/2 h). Là encore, les constructeurs sont encore en train d’affiner les systèmes d’exploitation et interfaces, mais nous devrions aboutir à quelque chose de parfaitement satisfaisant dans le courant de l’année (avec iOS 4.3 et Android 3.0). Pour le moment le champion incontesté de cette catégorie est l’iPad d’Apple, mais la concurrence est en train de s’organiser pour proposer des alternatives de plus en plus convaincantes.
  • Les e-readers se caractérisent par l’utilisation d’écrans à encre électronique. Ils proposent une gamme de fonctionnalités beaucoup plus restreintes que les trois formats précédents, mais sont par contre parfaitement optimisés pour la lecture à l’écran. Les dernières générations d’appareils cumulent de nombreuses qualités (légèreté, autonomie, simplicité, lisibilité) et n’attendent plus qu’un coup de pouce des éditeurs pour séduire le grand public (au travers notamment d’un catalogue plus large et surtout de prix plus raisonnables). Le Kindle d’Amazon est le produit le plus visible, mais il existe des e-readers parfaitement au point chez Sony ou Samsung. Barnes & Nobles est un des premiers à tenter l’introduction sur le marché d’une machine à écran couleur (le Nook) mais il va falloir attendre la finalisation de technologies comme Mirasol pour ouvrir de réelles opportunités de diversification des contenus (comics, vidéos…).
  • Les smartTV sont des téléviseurs connectés qui intègrent directement une technologie propriétaire (comme Yahoo! Connected TV ou Internet@TV de Samsung) ou exploitent un boitier externe comme Google TV. Ces téléviseurs permettent de consommer des contenus en VoD mais également des services en ligne (YouTube, FlickR, Facebook…) et même de consulter des pages web. Nous n’en sommes qu’au tout début de cette nouvelle catégorie, mais le potentiel est gigantesque (cf. La télévision est-elle l’avenir de l’internet ? et Pourquoi Google a quasiment déjà gagné la bataille du salon avec Google TV).
  • Les smartframes sont l’évolution des cadres à photos numériques. Ils permettent bien évidemment de diffuser vos contenus numériques (photos, musique…) mais également de remonter des alertes grâce à une connexion web. Un principe de widgets permet ainsi de brancher des services sur ces terminaux (emails, messages et notifications Facebook, suivi d’enchères sur Ebay…) dont l’écran tactile autorise un premier niveau d’interaction. Le Chumby est à mon avis le premier appareil réellement ambitieux de cette catégorie (introduit sur le marché en 2008) mais des acteurs comme Kodak, Sony ou encore Litl proposent des alternatives tout aussi intéressantes (avec respectivement le Pulse, le Dash et le Webbook).
  • Les consoles de jeux portables sont enfin trop souvent oubliées, elles permettent pourtant de surfer sur le web et de récupérer des jeux ou contenus sur des marketplaces. Les prochaines générations de DS et PSP devraient intégrer de façon native des services comme Facebook ou Twitter et proposer des modèles d’interactions un peu plus éloignés de leur fonction d’origine (le jeu). Pour le moment les consoles de Nintendo et Sony évoluent à leur propre rythme, mais il faudra surveiller de près des alternatives open source comme la Pandora.

Les différents formats sont évalués en fonction des critères suivants :

  • Web = La capacité à consulter des sites web ;
  • Social = La capacité à exploiter les plateformes sociales (au travers d’applications dédiées) ;
  • Lecture = L’expérience de consommation de livres, magazines et journaux électroniques ;
  • Jeux = L’expérience proposée au travers de jeux ;
  • Travail = La capacité à exploiter des documents ou services professionnels.

    N’oublions pas les objets connectés

    A ces 7 formats de terminaux alternatifs, il faudra également rajouter tous les objets communicants qui proposent des interactions douces (captage de présence, alertes, notifications…). Ces objets peuvent communiquer grâce à différentes technologies : connexion Wifi, connexion via un compteur électrique intelligent (smart grid), puce RFID ou NFC. Ces objets de toutes tailles et fonctions permettent de rendre des services rudimentaires dont on sous-évalue la valeur ajoutée :

    • Un vide-poche qui avertit vos proches de votre retour à la maison quand vous déposez vos clés dedans ;
    • Un badge qui transmet vos coordonnées aux personnes avec lesquelles vous avez parlé lors d’un salon professionnel ;
    • Des appareils électriques qui vont aider votre fournisseur d’électricité à optimiser votre facture en fonction de vos habitudes de consommation (ex : exploiter les heures creuses pendant lesquelles le KWh est moins cher)…

    Bref, les cas d’usage sont nombreux et nous n’en sommes qu’aux balbutiements de l’internet des objets qui va potentiellement transformer notre quotidien et ouvrir d’innombrables possibilités de nouveaux services. Mais ne nous égarons pas dans la futurologie, les terminaux alternatifs présentés plus haut sont déjà disponibles sur le marché et offrent des opportunités réelles.

    Des terminaux nomades pour prolonger le temps d’attention / d’exposition

    Tous ces formats de terminaux alternatifs existent pour satisfaire aux mieux les besoins du quotidien des utilisateurs. Ce quotidien a beaucoup évolué sur les 5 dernières années et les utilisateurs ont développé de nouvelles attentes :

    • Etre connecté en permanence à son cercle d’amis et contacts ;
    • Pouvoir consommer des contenus numériques partout où l’on se trouve (musique, jeux, livres, journaux et magazines…) ;
    • Vivre de nouvelles expériences reposant sur les avancées technologiques (3D, débits élevés) et l’intégration de pratiques sociales.

    Quant on y réfléchit bien, le but de tous ces terminaux alternatifs est d’étendre au maximum le temps d’attention des utilisateurs, une bonne nouvelle pour les producteurs de contenus et services, une très bonne nouvelle pour les annonceurs qui bénéficient également d’une plus grande période d’exposition pour placer leurs messages

    Si l’Europe et les Etats-Unis ont très clairement raté le virage de l’internet mobile au début des années 2000 (contrairement au marché asiatique), l’arrivée de l’iPhone sur le marché en 2008 a permis de rattraper une partie du retard et de réduire le nombre de formats en circulation (cf. Les smartphones vont-ils tuer les terminaux portables dédiés). Les années 2010 / 2011 marquent par contre le début d’une nouvelle ère d’innovations et de multiplication des formats (vos poches et sacs à main n’ont pas fini d’être encombrés par toute une série d’appareils).

    Quels défis pour les annonceurs ?

    Concernant l’exploitation que les annonceurs pourraient faire de ces différents formats de terminaux alternatifs, elle sera dépendante de leur capacité à bien appréhender les spécificités de ces derniers. En d’autres termes : pour qu’une marque puisse exploiter de façon convaincante ces différents terminaux alternatifs, elles devront au préalable acquérir une compréhension fine des capacités et faiblesses induites par les formats ainsi que des contextes d’usages.

    Non, l’iPad n’est pas l’eldorado attendu des éditeurs de livres et journaux. Non, Facebok n’est pas l’avenir des TV connectées. Non, les smartphones ne sont pas l’avenir des jeux mobiles. La réalité est plus nuancée et je vous invite à vous méfier des analyses et prédictions trop tranchées. J’anticipe ainsi une configuration de marché où l’attention des utilisateurs sera partagée entre différents terminaux, mais pourra être maintenue sur un nombre réduit de canaux / services. Facebook, Twitter, YouTube ou le Kindle Player sont ainsi disponibles sur la majeure partie de ces terminaux.

    Le plus gros défi des annonceurs va donc être d’adapter leur discours de marque et campagnes aux spécificités de ces terminaux afin de proposer une expérience et des interactions cohérentes. Nous connaissons déjà le transmédia, il va maintenant falloir se familiariser avec le transformat, à savoir des contenus et services qui sont disponibles sur les différents formats de terminaux alternatifs. Est-ce que la multiplication des formats va faire exploser les coûts de production / distribution ? Pas forcément, tout est une question d’anticipation et de compréhension des spécificités et contextes d’usage.

    Google publie des recommandations pour la conception d’interfaces TVCommentaires fermés

    La nouvelle est tombée la semaine dernière : Google va lancer cette année une offensive sur la télévision et proposer sa technologie de recherche et sa plateforme de widgets au travers d’une TV Box (à découvrir ici : Introducing Google TV). L’annonce est alléchante et les possibilités très nombreuses car cette TV box exploitera la système d’exploitation Android, bien connu des développeurs. Cela veut dire qu’il va être extrêmement simple de développer des applications pour les TV compatibles avec le système Google TV. Cela veut surtout dire que la tâche des concepteurs va encore se complexifier car il va falloir appréhender un nouveau support (en plus des terminaux mobiles) avec de nouvelles contraintes.

    GoogleTV

    Voilà pourquoi Google a prit les devants et publier un certain nombre de recommandations pour ceux qui souhaitent se lancer dans la conception d’applications : Designing websites for Google TV. L’approche de Google est différente de celle d’Apple (qui a plus l’habitude d’imposer des guidelines très strictes) dans la mesure où ils ne publient qu’une série de bons conseils.

    Recommandations générales :

    • Ne pas gêner le spectateur dans le visionnage de son programme ;
    • Bien prendre en compte le contexte du salon (plus de distractions) ;
    • L’affichage est différent des ordinateurs (écrans plus larges et rendu des couleurs différent) ;
    • Les modalités d’interaction sont différentes (pas de souris ou de clavier, pas de scroll…).

    Concernant la simplicité d’usage :

    • Ne conserver que le strict nécessaire à l’écran ;
    • Un seul niveau de navigation (donc de hiérarchie d’information) ;
    • Une navigation omniprésente et adaptée à la télécommande (quatre flèches directionnelles) ;
    • Des items de navigation / action très explicites (pas d’icônes).

    Concernant l’affichage et les textes :

    • Exploiter le format 16/9 ;
    • Respecter les zones de sûreté ;
      SafeZones_TV
    • Ne pas utiliser du blanc pour le fond d’écran car cela peut provoquer des scintillements ;
    • Éviter les contrastes trop prononcés ;
    • Limiter la taille des paragraphes à 90 mots (et des lignes à 12 mots) ;
    • Préférer du texte blanc sur fond noir que l’inverse…

    Bref, il y a beaucoup de conseils très intéressants dans cette page que je vous recommande de consulter. Il y a également des recommandations sur l’utilisation du son (notamment pour les retours sonores comme dans les jeux vidéo) et de Flash (qui pourra être exploité). Après les Rich Internet Applications, les Rich Mobile Applications, nous aurons bientôt des Rich TV Applications !

    Pour approfondir le sujet, je vous recommande également ces études plus anciennes :

    J’ai comme l’impression que la conquête de nouveaux supports (smartphones, TV, touchbooks…) va se faire de façon moins douloureuse que celle du web car les concepteurs et éditeurs de contenus et services ont conscience de l’importance de la simplicité et du confort d’usage. D’où ces recommandations très utiles.

    /!\ Article initialement publié sur SimpleWeb.fr.

    La télévision est-elle l’avenir de l’internet ? En partieCommentaires fermés

    Vous connaissez la télévision ? Mais si enfin, ce gros boitier moche qui trône au beau milieu de votre salon, celui-là même qui n’a quasiment pas évolué en 20 ans (si ce n’est quelques centimètres d’épaisseur en moins). Et bien figurez-vous qu’après des décennies de bons et loyaux services, la télévision s’apprête enfin à connaitre sa révolution. Non je ne veux pas parler de la haute définition (il s’agit “juste” de quelques pixels en plus) mais plutôt de la révolution des services accessibles au travers de cette télévision. Des services que l’on retrouvent ailleurs (ordinateurs, mobiles…) mais qui prennent un sens différent dans le contexte de l’écran de télévision.

    Télévision + Internet = $

    Souvenez-vous, il y a plus de 3 ans j’avais rédigé un article sur les intérêts croisés de la télévision et de l’internet : Internet = l’avenir de la télévision (et inversement). Il y était question des ambitions de conquêtes des grandes chaînes TV sur le net et des grands acteurs du net sur la TV. Ce sujet est toujours d’actualité mais la situation a largement eu le temps de mûrir :

    Bref, plus que jamais les uns convoitent les audiences des autres, ou plus exactement les parts d’audience.

    Le web s’invite sur les télévisions

    D’après un récent rapport de Forrester (Connected TVs Need To Sharpen Their Value Proposition), les télévisions connectées devraient représenter près d’1/3 du parc d’ici à 2014 :

    Croissance des parts de marché des TV connectées
    Croissance des parts de marché des TV connectées

    De nombreux constructeurs sont ainsi lancés dans une course à l’armement (Samsung, Philips, Sony…), mais également des industriels comme Intel (qui vient de lancer un processeur dédié à ce marché : Intel tries anew to built its smarts into TVs), des éditeurs comme Opera (et son navigateur Opera for TV) ainsi que des éditeurs de services comme Yahoo! avec sa Yahoo! Connected TV :

    FlickR sur Yahoo! Connected TV
    Les widgets de Yahoo! sur votre TV

    Avec autant de gros acteurs sur le créneau, il faut croire que le marché à du potentiel. Mais ce n’est pas tout, car il sera bientôt possible d’intégrer bien plus de choses que des widgets dans votre télévision.

    Télévision + médias sociaux = :-)

    Le problème des services distribués sur des TV connectées, c’est qu’il faut qu’elles le soient (connectables). Si ce n’est pas le cas, pas de problème il y a toujours une solution. Et cette solution c’est les consoles de jeux au travers desquelles il va être possible d’exploiter des services comme Facebook ou Twitter : Twitter and Facebook Launch on the Xbox 360 et PS3 3.10 Update Adds Facebook Features, Fixes Up Friends List.

    Facebook sur votre Xbox 360
    Facebook sur votre Xbox 360

    Notez que cela fonctionne aussi avec des contenus TV diffusés sur le net et regardés sur votre télévision à l’aide de boitiers comme la future Boxee Box (cf. The Boxee Box will rock your sox!). Vous seriez tenté de me dire “pourquoi ne pas tout simplement être devant sa télé à l’heure où le programme est diffusé ?” et je vous répondrais “non, l’époque de l’asservissement des spectateurs par les grilles de programme est révolue !“. Car les téléspectateurs sont également des internautes comblés, comblés par la praticité de l’internet et par sa dimension sociale que l’on ne retrouve absolument pas dans la télé à papa. Ces terminaux (et une connexion haut débit) permettront ainsi de réconcilier ces deux mondes : l’interactivité et la sociabilisation de l’internet avec les contenus de la télé (cf. The future of television: Social TV).

    Pourquoi la TV est-elle l’avenir de l’internet ?

    Tout simplement parce qu’il reste très peu de leviers de croissance sur le web. Comprenez par là que l’audience de l’internet est en croissante constante depuis ces dernières années mais que cette croissance va très bientôt se tasser à mesure que les foyers vont s’équiper. À partir de là, comment va-t-on faire pour gagner des parts d’audience ? Tout simplement en augmentant le temps d’exposition en multipliant les occasions de connexions. Et pour cela, rien de tel que la diversification des terminaux. Vous passez de moins en moins de temps devant les programmes de la télévision pour aller sur le net ? Qu’à cela ne tienne, ils sont en train de travailler dur pour injecter le web dans votre TV pour faire en sorte que vous ne bougiez pas vos fesses du canapé. Car c’est bien là qu’est l’enjeu : vous maintenir devant l’écran (et les coupures pubs).

    Autant le mobile est l’avenir de l’internet car il permet de prolonger le temps d’exposition à des services en ligne pour les utilisateurs en situation de mobilité (ça fonctionne aussi avec les netbooks), autant la télévision est également l’avenir de l’internet car il permet de prolonger le temps d’exposition à des services en ligne pour les utilisateurs en situation de repos. Hé oui, car un autre enjeu de cette évolution est de pouvoir toucher les internautes dans un contexte différent (en mode “détente”) où les sites des concurrents ne sont plus réellement à un clic de souris vu que ces internautes n’ont pas de souris à portée de main (juste une télécommande améliorée).

    Elle est donc là l’astuce : repackager les services en ligne dans un contexte où les internautes seront plus perméables aux messages publicitaires (moins méfiants). Devant votre ordinateur vous êtes alerte, concentré, prêt à fermer les pop-up ou à ouvrir un nouvel onglet si un site est trop long à charger. Dans votre canapé ça sera différent : vous serez détendu (plus de temps, plus de patience) et vous n’aurez pas du tout le même équipement (un navigateur équipé d’un bloqueur de bannière).

    Faut-il se réjouir ou redouter ce scénario ? Il est encore trop tôt pour le dire. Ce dont je suis certain c’est que les publicitaires ne sont pas stupides et qu’ils seront faire preuve de subtilité pour ne pas nuire à cette nouvelle expérience de consommation de services en ligne au travers de votre télévision. D’autant plus que la concurrence sera rude (lire à ce sujet cet autre rapport de Forrester sur l’IP TV : European IPTV Forecast, 2009 To 2014) et que de nouveaux entrants vont également venir briguer la place en face du canapé (notamment les fournisseurs de cloud-gaming comme OnLive).

    Croissance des parts de marché de l'IPTV
    Croissance des parts de marché de l'IPTV

    Moralité : Grâce au web, vous passez plus de temps devant votre TV (et devant votre mobile) (et sur votre netbook).

    /!\ Article initialement publié sur FredCavazza.net.

    Flash s’invite sur la télévision, une révolution pour la VoD ?Commentaires fermés

    Grosses annonces en ce début de semaine pour Adobe concernant la vidéo en ligne : Big Video Announcements from Adobe. Il y a en premier lieu la disponibilité prochaine de Flash sur la télévision : Adobe Extends Flash Platform to Digital Home. Pour être plus précis il s’agit de l’implémentation de Flash dans un certain nombre de terminaux (TV connectées, Set-top box et lecteurs Blue-ray). De nombreux partenariats ont été signés auprès de producteurs de puces, de câblo-opérateurs et diffuseurs de contenus pour assurer un lancement dans la second moitié de l’année.

    Nous pouvons voir dans cette annonce la concrétisation de l’Open Screen Project et la réponse d’Adobe à des initiatives similaires comme Yahoo! Connected TV ou ce qu’ambitionne Sun avec JavaFX (et dans une certaine mesure Google : Google’s Android Going to Set-Top Boxes).

    flashtv

    Mais l’ambition d’Adobe ne s’arrête à la diffusion de widgets sur votre TV (qui cependant reste une très bonne idée puisque de nombreux services seraient alors disponibles). Les premières analyses tablent plutôt sur une mini révolution dans la diffusion de contenus et notamment la VoD : Adobe Flash for Your TV Means Hulu in Your Living Room et Can Adobe’s Flash Take TV To The Next Level?.

    Adobe choisit donc de déporter la bataille du contenu sur d’autres supports que votre ordinateur et s’attaque à la nouvelle génération d’installation TV. Une manoeuvre intelligente car la technologie Flash a déjà fait ses preuves pour la VoD (notamment sur Hulu) et le partenariat initié avec Brightcove va dans le sens d’une rationalisation de ce secteur pour pouvoir rassurer les producteurs de contenus (films, séries TV…) : Brightcove and Adobe Expand Strategic Alliance and Further Adoption of the Adobe Flash Platform. Au programme de ce partenariat : une meilleur performance pour le streaming de longs-métrages en HD, une gestion plus fine des DRM, une intégration complète avec la Creative Suite (pour remonter la chaîne de production).

    Et ce n’est pas tout puisqu’Adobe annonce aussi le lancement de Strobe, un framework open source de développement de media player : Adobe Unveils New Framework for Media Player Development.

    strobe
    Flash va-t-il devenir le standard de-facto de la vidéo en ligne ?

    Traduction : Adobe a bien compris les inquiétudes de la communauté vis à vis de sa position dominante pour la diffusion de contenus vidéos (reposant sur Flash, une technologie propriétaire) et essaye de noyauter tous les acteurs pour une adoption encore plus forte et une domination totale des lecteurs vidéos en Flash. Encore une manoeuvre habille pour contrer les dernières avancées de Microsoft et de Silverlight 3 avec son Smooth Streaming ainsi que les initiatives de media player conformes aux standards web (cf. Faire de la vidéo un citoyen du Web à part entière).

    L’année 2009 sera-t-elle l’année du renouveau de la télévision grâce au web ?

    /!\ Article initialement publié sur InterfacesRiches.fr.