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Le PC est mort, vive le PC ! (0)

Saviez-vous que le premier ordinateur personnel a été lancé en 1964 par Olivetti ? Le Programma 101 est encore considéré comme la machine qui a révolutionné l’informatique. Mais ce n’est vraiment qu’en 1981 que l’on commence à parler de PC, dans le sens Personal Computer, avec le lancement de l’IBM PC propulsé par MS-DOS. Vous connaissez la suite de l’histoire avec l’irrésistible ascension et le règne sans partage du couple Windows / Intel (Wintel pour les intimes) pendant plusieurs décennies.

Nous sommes maintenant en 2014 et l’avènement des smartphones, tablettes et autres terminaux alternatifs sonne le glas des PC (La fin de l’ordinateur individuel est programmée). Il ne faut pas être devin pour comprendre que la firme de Redmond ne parviendra pas à inverser la tendance et que son déclin sur le marché des ordinateurs personnels est irréversible. Et pourtant Microsoft reste très méprisant vis-à-vis de la concurrence : Microsoft mocks the Chromebook in a new video ad for its anti-Google ‘Scroogled’ campaign.

L’arrogance affichée par Microsoft semble déplacée, car ils se retrouvent dans une situation très délicate, clairement dans une position de faiblesse (L’écosystème numérique de demain est en train de se construire avec Google, Apple et Amazon). Du coup les constructeurs essayent de faire le pont entre les deux mondes avec des produits hybrides sans aucun intérêt (Putting Windows and Android on the same PC doesn’t solve anyone’s problems). Outre ces produits anecdotiques, nous commençons également à voir apparaitre des offres alternatives beaucoup plus intéressantes comme ce PC nomade sous la forme d’une grosse clé USBThis Dongle Is Dell’s Idea Of A New Kind Of Corporate PC That Should Make Microsoft Nervous.

Votre bureau dans la poche avec Pocketcloud de Dell
Votre bureau dans la poche avec Pocketcloud de Dell

L’idée est que vous ayez la possibilité d’emmener vos applications et fichiers dans votre poche et que vous puissiez vous brancher sur n’importe quel ordinateur ou écran pour retrouver tout votre environnement de travail : Dell Ships First Secure, Managed Ultra-Mobile Cloud-Access Device. Mais ne vous emballez pas, car si cette clé USB embarque tous les composants nécessaires pour en faire un ordinateur individuel, elle est propulsée par Android, le système d’exploitation mobile de Google. Certes, il est possible d’accéder à votre environnement de travail avec un émulateur Windows, mais ce n’est quand même pas l’idéal, d’autant plus qu’il faut visiblement un minimum de configuration au niveau du S.I. pour faire tourner l’offre PocketCloud.

Votre bureau Windows dans un clé à travers l'émulateur Windows
Votre bureau dans une clé à travers l’émulateur Windows

Vous noterez qu’il existe des équivalents natifs pour Windows grâce à l’offre Windows to Go, comme le DataTraveler Workspace de Kesington.

Votre ordinateur personnel (professionnel) dans une clé USB avec Windows to Go
Votre ordinateur dans une clé USB avec Windows to Go

L’idée d’utiliser Android pour accéder à vos applications et fichiers Windows est quand même un peu tordue. J’imagine que si Dell lance cette offre, c’est qu’ils ont de bonnes raisons de penser que le couple Wintel est réellement en fin de vie. D’ailleurs ils ne sont pas les seuls, puisque HP propose un ordinateur professionnel tout-en-un qui tourne également sous Android : In Another Bad Sign For Microsoft, HP Aims Its New Android PC At The Enterprise.

L'ordinateur tout en un de HP propulsé par Android
L’ordinateur tout-en-un de HP propulsé par Android

Le problème est qu’Android a été conçu pour les terminaux mobiles avec un écran tactile et en situation de mobilité (pas dans un contexte de productivité). Le système d’exploitation du XXIe siècle est donc plus à chercher du côté de ChromeOS et des Chromebooks qui font un tabac avec 21% de parts de marché sur le segment des ordinateurs portables : U.S. Commercial Channel Computing Device Sales Set to End 2013 with Double-Digit Growth).

L'impressionnante progression des ventes de chromebooks
L’impressionnante progression des ventes de Chromebooks

Du coup les constructeurs s’intéressent de près au filon, et plus particulièrement sur des niches verticales où les verrous psychologiques sont plus faciles à faire sauter, à savoir les étudiants : Dell Unveils Its First Chromebook, An 11-Inch Portable Designed Specifically For Education.

Annoncé il y a déjà plusieurs années, le développement de ChromeOS est dans un premier temps passé par des offres d’entrée de gamme sur des ordinateurs portables, mais les choses sont en train de changer : With Chromebooks A Success, Google Adds Focus On Chromeboxes. Fort de son succès sur le marché grand public, le système d’exploitation de Google est en train de se réorienter vers le marché professionnel avec l’aide de constructeurs de renom : HP veut imposer ses Chromebox en entreprise.

Les Chromebox commercialisées par HP
Les Chromebox commercialisées par HP

Équiper les employés avec des machines uniquement capables de faire tourner un navigateur web ? Une idée pas si folle, surtout dans un contexte où les DSI peinent à renouveler les licences Windows / Office (le ROI est difficile à justifier) et où de plus en plus de logiciels bascules dans les nuages (Salesforce, Adobe Marketing Cloud, Oracle…). L’informatique low-cost va-t-elle s’imposer comme la nouvelle norme en entreprise ? Très certainement, car l’idée a de quoi séduire les gestionnaires de gros parcs informatiques : conserver les écrans  /clavier et ne remplacer que l’unité centrale. Toujours est-il que le géant Intel y voit un second souffle salutaire : Mini-desktops are a rare bright spot in a shrinking PC industry, says Intel.

Mais outre l’argument du prix, c’est la facilité d’installation et d’administration, ainsi que l’intégration native avec Google Apps qui font de l’ombre aux ordinateurs vieillissants qui encombrent les bureaux, d’autant plus avec des machines qui approche de la barre des 150 € : Meet the Asus Chromebox, a $179 fanless mini-desktop.

La Chromebox proposée par Asus
La Chromebox proposée par Asus

Sommes-nous en train d’assister au grand retour du client léger, un concept qui a fait long-feu aux débuts d’internet ? Très certainement, du coup les constructeurs déclinent des machines sous ChromeOS à toutes les sauces :  LG’s Chromebase all-in-one brings Chrome OS to Web kiosks.

L'ordinateur tout-en-un propulsé par ChromeOs de LG
L’ordinateur tout-en-un propulsé par ChromeOS de LG

Microsoft ne devrait pas se moquer, car nous sommes réellement en train de vivre les dernières heures du PC façon Wintel pour assister à sa renaissance avec le couple ChromeOS / ARM. Certes, il y aura toujours l’argument de la compatibilité, mais celui-ci commence à faire long-feu : Tous vos documents bureautiques consultables directement dans votre navigateur. Pire : dans un sursaut de lucidité, Microsoft commence à assurer ses arrières en faisant rentrer le loup dans la bergerie : Strange bedfellows, Microsoft could bring Android apps to Windows et Google partners with VMware to let Chrome OS users access their Windows desktops, data, and applications.

Non, vous ne rêvez pas : l’obsession du nouveau CEO de Microsoft pour le cloud le pousse à envisager de faire tourner des applications Android sur Windows, et inversement de faire tourner des solutions de virtualisation sur ChromeOS. Une nouvelle orientation qui doit faire grincer des dents à Redmond, mais qui semble logique dans la mesure où le marché se déporte des licences vers les offres en SaaS (Software as a Service). Le pragmatisme l’emporte sur la culture, une très bonne chose en fait.

Moralité : l’avenir de l’ordinateur personnel est aux offres dans les nuages… mais il vous faudra quand même un PC pour y accéder, simplement il ne sera plus propulsé par Windows.

Microsoft prépare l’après-PC avec sa tablette Surface (0)

Après de multiples rumeurs, Microsoft a enfin présenté hier de façon officielle sa tablette : Microsoft Announces Surface: New Family of PCs for Windows. Il ne vous aura pas échappé que le titre du communiqué de presse ne fait pas référence à une tablette, mais à “une nouvelle famille de PC“. La distinction est subtile, mais elle résume bien la posture de la firme de Redmond pour différencier son produit des autres tablettes du marché.

Surface n’est pas une tablette, c’est un PC de nouvelle génération

C’est donc au cours d’un événement secret à L.A. que Steve Balmer a levé le voile sur la première tablette commercialisée par Microsoft : la Surface. Un lancement très attendu par le marché, car même si  Microsoft a été précurseur en laçant le concept de Tablet PC en 2001, force est de constater qu’ils étaient complètement largués face à Apple et Google.

Surface

Pour le moment on ne connait ni le prix, ni la date de sortie de cette tablette, nous pouvons néanmoins compter sur un lancement synchronisé avec celui de Windows 8 (prévu pour les prochains mois). Par contre, nous avons des indications assez précises sur les spécifications avec deux versions : une “légère” propulsée par Windows RT et une autre plus puissante propulsée par Windows 8 : Microsoft announces new 10.6″ Microsoft Surface tablets, running Windows 8 in RT and ‘Pro’ flavors.

Certes, Microsoft se lance largement après les autres, mais ce retard n’est pas forcément une mauvaise chose, car la tablette de Microsoft n’est pas un produit isolé, mais un chainon essentiel de l’offre globale Windows 8. Le fait que la Surface soit commercialisée avec un clavier intégré à son clapet n’est pas un hasard : la proposition de valeur est plus proche d’un ordinateur portable que d’une tablette low-cost comme le Kindle Fire. Dès les premières minutes de la conférence, Steve Balmer a été très clair sur le positionnement de cette tablette via-à-vis de la concurrence : “People want to consume and create, they want to play and work” (l’intégralité de la keynote est disponible ici). Vous remarquerez que la connectique n’est pas en reste, car la Surface possède un port USB 2.0.

MS surface touch

Ce lancement est donc un authentique retour en force de Microsoft qui a présenté un produit très abouti en termes de hardware (avec une superbe coque en magnésium) et de software (ils ont pris le temps de peaufiner l’interface Metro). Force est de constater qu’ils ne peuvent pas se permettre d’échouer, car cette Surface est résolument le produit phare de l’ère post-PC de Microsoft. Elle bénéficie ainsi du savoir-faire des équipes hardware de Microsoft (qui ont conçu des produits remarquables comme la souris Arc), ainsi que des équipes spécialisées dans les interfaces ou l’expérience utilisateur (qui compte des personnalités comme Bill Buxton que j’apprécie énormément).

Il existe d’autres tablettes équipées d’un clavier (comme l’Asus EeePad Transformer), mais cette Surface réussie le tour de force de proposer un produit complet pour consommer dans votre canapé (en mode “lean back“) ou pour travailler en déplacement ou en réunion. Vous noterez ainsi qu’il y a deux versions du clapet : avec touches tactiles ou avec des touches en relief.

MS Surface Keyboard

Nous manquons de précisions, mais cette Tablette sera visiblement commercialisée avec un stylet pour une plus grande précision. Le positionnement de la Surface est donc limpide : elle est plus épaisse, plus lourde, plus chère, mais c’est un vrai ordinateur déguisé en tablette. De ce point de vue, je ne peux que saluer l’effort de Microsoft pour ne pas se retrouver en concurrence frontale avec les autres produits du marché. L’approche de Microsoft est donc d’éviter une comparaison avec l’iPad, les autres tablettes tournant sous Android, le Kindle Fire…(cf. Microsoft Surface vs. Surface… and the Windows, Android, and iOS tablet competition). Nous verrons ce que Google va présenter la semaine prochaine lors de sa conférence I/O, mais je pense qu’ils vont opter pour un format 7″, offrant ainsi une bonne lisibilité des offres pour le grand public.

Si comme moi, vous vous demandez ce que va devenir l’ancienne Surface (Surface 2.0, la nouvelle table tactile de Microsoft enfin disponible), ne vous inquiétez pas, elle est toujours disponible et change simplement de nom : Pixel Sense.

Surface et l’écosystème Windows

Comme précisé plus haut, la Surface n’est qu’un produit s’insérant dans l’écosystème Windows. Un écosystème très vaste où un certain nombre de terminaux (ordinateur, smartphone, tablette, console, TV connectée…) sont synchronisés entre eux pour proposer une expérience cohérente de consommations de contenus, services et jeux.

Cela n’a pas été explicitement dit, mais la Surface s’inscrit donc dans le projet SmartGlass qui permet de lier les terminaux entre eux et de synchroniser les contenus. Pour le moment rien n’a été annoncé de façon officielle, mais Microsoft a une road map très complète sur l’évolution de son écosystème et la façon dont ils vont s’approprier les médias numériques.

Xbox Roadmap

Une vision parfaitement en phase avec l’évolution des attentes et la maturation du marché  (Il n’y aura pas de révolution mobile, car elle a déjà eu lieu). Attendez-vous donc dans un futur très proche à pouvoir regarder un film sur votre Xbox et les bonus sur votre tablette, à jouer à un jeu en dual screen (façon Wii U) ou à piloter votre TV avec votre smartphone.

MS media ecosystem

Donc même si le retard de Microsoft en terme d’offre de tablette est manifeste, ils sont par contre plutôt en avance pour proposer une offre de divertissement globale sachant tirer parti de la Xbox, de Kinect… Tous les éléments sont donc à peu près en place, il ne reste plus qu’à lancer la pièce maitresse de ce dispositif : Windows 8.

Je pense ne pas me tromper en disant que Microsoft tient le bon bout, à partir du moment où ils tiennent leurs engagements et sont en capacité de livrer ce qu’ils ont montré. Il reste par contre un certain nombre de questions en suspend :

  • Quel va être le prix de vente et le circuit de distribution ?
  • Que va proposer l’offre de personal cloud de Microsoft et comment Surface va-t-elle s’insérer dedans ?
  • À quoi va ressembler l’offre pour les entreprises ?

Bref, il reste encore de nombreux détails à régler. Mais chaque chose en son temps, j’imagine que pour le moment les équipes sont concentrées sur la finalisation de Windows 8 et que nous aurons l’occasion d’obtenir des réponses à ses questions dans les prochains mois. Affaire à suivre…

Apple et Google n’ont pas encore gagné la bataille du mobile (5)

Si vous vous intéressez à la mobilité et au marché des smartphones, il ne vous aura pas échappé que le marché est actuellement scindé en deux entre iOS et Android. Les statistiques montrent en effet une domination écrasante d’Apple et de Google / Samsung :

Cet affrontement épique ne reflète néanmoins pas la dynamique réelle du marché. Il y a en effet des acteurs historiques toujours présents qui fournissent des efforts considérables pour finaliser de nouvelles offres et de nouveaux concurrents qui expérimentent des pistes tout à fait intéressantes. Apple a mis l’industrie KO avec la sortie son iPhone, ça leur a prit 5 ans, mais les acteurs historiques de la téléphonie commencent enfin à contre-attaquer avec des propositions plus que crédibles.

RIM est ainsi le plus bel exemple de cette contre-attaque avec la présentation la semaine dernière de sa plateforme Blackberry 10 qui tente un pari audacieux (The Future Of RIM: “BlackBerry Isn’t For Everyone), mais néanmoins tout à fait convainquant : BlackBerry 10, a closer look.

Outre le fait que cette nouvelle version de leur système d’exploitation soit la seule plateforme réellement multi-tâche, un certain nombre de nouveautés tout à fait intéressantes nous prouvent qu’Apple n’a pas le monopole de l’innovation :

  • Un clavier virtuel remarquablement bien pensé
  • Un appareil photo exploitant à merveille le mode vidéo pour des photos plus réussies
  • Une gestion pro/perso facilitée

Autant le dire tout de suite, il y a bien longtemps que je n’avais pas été autant enthousiasmé par des innovations sur les smartphones.

Microsoft a également fait un pari audacieux avec Windows Phone 7 en optant pour une interface et une logique applicative radicalement différente de celle prise par iOS (et Android). Ils ont, eux aussi, mis un certain temps à accoucher d’un appareil qui tienne la comparaison, mais y sont finalement parvenus avec le Lumia 900 de chez Nokia. Pour le moment la réponse du marché n’est significative, mais ils pourraient bien nous surprendre avec Windows Phone 8 qui a plus d’un atout dans sa manche (intégration de Skype, synchronisation avec Windows 8…) et des parts de marché à conquérir sur le segment des utilisateurs professionnels délaissé par Apple et Google.

Enfin, d’autres acteurs explorent une troisième option avec un système d’exploitation plus léger et une interface reposant sur HTML. (ce qui n’est pas sans rappeler Chrome OS). Mozilla a ainsi présenté en fin d’année dernière son projet Boot to Gecko (Mozilla’s Boot to Gecko – The Web is the Platform) qui devrait se concrétiser prochainement : Brazil will be the first country to get Mozilla’s Boot to Gecko open web devices.

Dans le même esprit, Intel et ses partenaires (la fondation Linux et Samsung) vient de dévoiler Tizen le successeur du défunt MeeGo et qui propose également une interface légère : HTML5-based MeeGo successor Tizen hits 1.0 milestone.

Au final, nous pensions que la firme à la pomme avait réduit la concurrence au silence, mais la situation a changé, car une nouvelle vague d’innovations s’apprête à déferler sur le secteur des smartphones, Apple n’est plus le seul capable d’innover. Ce nouveau souffle va dynamiser la concurrence et bien évidemment profiter aux utilisateurs finaux qui vont enfin pour choisir des alternatives crédibles à l’iPhone (devenu bien trop fermé à mon goût).

Les cartes sont donc à nouveau distribuées, le marché sera selon moi piloté par deux leviers :

Affaire à suivre…

Nomophobie : les jeunes plus accrocs au PC qu’à leur téléphone ? (2)

Même si aujourd’hui dans le monde, il se vend plus de smartphones que de PC, et que le marché du mobile semble rentrer depuis 12 mois dans une nouvelle ère où :

  • Les applications des marques, et notamment marchandes se multiplient ;

  • Certains réseaux sociaux se lancent exclusivement sur ce terminal, conscients que le partage en temps réel prend d’abord place depuis son téléphone. On peut par exemple citer Instagram qui continue son fort développement et avec le lancement de sa version Android il y a quelques jours devrait voir sa croissance se poursuivre puisque en 24 heures l’application a déjà été téléchargée 1 million de fois (Instagram sur Android : Plus d’un million de téléchargements en 24h) ou bien encore Path qui vient de lever 20 millions de $ dernièrement (Le réseau social mobile Path lève 20 millions de dollars);

  • Google vient de revoir sa plateforme de téléchargement des applications pour Android en suivant la même stratégie d’Apple et son iTunes. L’idée est de maximiser la visibilité des applications Android en couplant tous les services de téléchargements de Google qu’étaient entre autres Google Music ou bien encore Google EBookStore. Pour en savoir plus : Google lance son Google Play, pour concurrencer directement iTunes.

Les prochaines années, la montée en puissance des terminaux alternatifs que sont entre autres les tablettes tactiles et les smartphones va se poursuivre comme le démontre ce graphique issu d’une étude récente de Gartner.

Donc jusqu’ici tout porterait à croire que le PC vit ses dernières heures face aux smartphones et que probablement, la population des Digital Natives serait encore plus enclin à abandonner à leur PC pour leur smartphone. Microsoft, dans le cadre d’une étude menée auprès de l’usage des ordinateurs auprès des jeunes, nous révèle une toute autre réalité. En effet, l’infographie ci-dessous nous présente quelques chiffres intéressants :

  • Le PC est jugé par les 15 / 24 ans comme plus indispensable que leur téléphone ;

  • 87% ont accès à un ordinateur portable au sein de leur foyer, contre seulement 79% pour le téléphone portable.

  • Les 3 raisons pour lesquelles les jeunes déclarent préférer l’ordinateur portable au smartphone sont la richesse des usages, la rapidité d’accès à Internet et le confort de navigation.

Bref des chiffres qui pondèrent certainement la vision de jeunes addict à leurs téléphones portables… même si l’étude ayant été mandatée par Microsoft reste également à prendre avec des pincettes.

Surface 2.0, la nouvelle table tactile de Microsoft enfin disponible (2)

Presque un an après son annonce (Microsoft dévoile la Surface 2.0), la nouvelle mouture de la table tactile Surface de Microsoft est enfin disponible : Samsung SUR40 for Microsoft Surface Now Available for Pre-order. Au programme des nouveautés :

  • Un nouveau châssis plus fin fabriqué par Samsung (Samsung SUR40: A New Way to Interact) qui repose sur des pieds ou peu être fixé à un mur ;
  • La nouvelle technologie de rétroéclairage PixelSense qui permet aux diodes infrarouges de détecter jusqu’à 50 points de contact en exploitant les capteurs intégrés dans les couches supérieures de l’écran (recouvert d’une couche Gorilla Glass pour le rendre plus résistant) ;
  • Des options d’administration à distance et des accès rapides aux contrôles de base (volume, luminosité…) ;
  • Un processeur double-coeur et une carte graphique AMD pour pouvoir faire tourner Windows 7 et exécuter les applications développées avec WPF 4.0 et le .NET Framework 4.0 ;
  • Disponible dans 23 pays à un prix unitaire de 9.000$.
La nouvelle version de la table Surface de Microsoft

Un certain nombre de marques ont réceptionné leur exemplaire et ont déjà lancé des prototypes d’applications interactives (et tactiles) : Surface Solution Showcase invites retailers to get hands-on at NRF 2012. Parmi les premières expérimentations, nous retrouvons des choses très intéressantes :

  • Une application de vente assistée pour les points de vente Le Métier de Beauté ;
  • Cette démonstration de coulage entre une borne et un téléphone ;
  • Une belle application de géolocalisation baptisée NRF Concierge ;
  • Une application médicale appelée VitruView.

Comme vous pouvez le voir, les domaines d’application sont variés. Des concepteurs de mobilier sont également de la partie avec notamment Herman Miller qui propose ce support rotatif très pratique :

Tout comme la sortie de l’iPad avec généré une vague d’innovations, je suis convaincu que les surfaces tactiles, comme cette Surface, bénéficient d’un énorme potentiel, le tout étant de trouver le bon dosage entre innovation, praticité et surtout de bien modéliser le scénario de vente avec les vendeurs en magasin. Ce dernier point est selon moi essentiel : je n’envisage pas de point de vente ou d’espace public où les tables tactiles seraient laissées en libre-service, mais plutôt comme des supports d’interactivité entre les clients / visiteurs et les vendeurs / guides.

Certes, il reste le “détail” du prix de vente unitaire qui est élevé, mais nous pouvons faire confiance au géant coréen Samsung pour progressivement baisser ce prix. Sinon vous pourrez toujours vous tourner vers la concurrence asiatique : Lenovo IdeaCentre A720: a Microsoft Surface for the rest of us.

Microsoft dévoile l’interface tactile de windows 8 (1)

Suite au lancement de l’iPad l’année dernière, les constructeurs informatiques et éditeurs de logiciels sont travaillent d’arrache-pied pour finaliser une offre décente de touchbook (cf. Définition et usages des touchbooks). Microsoft n’est pas en reste puisque la firme de Redmond vient tout juste de lever le voile sur l’interface tactile du futur Windows : Previewing Windows 8.

Pour résumer une longue histoire, cette interface sera donc exploitée par les touchbook tournants sous Windows 8 et capitalise sur l’approche Metro UI des nouveaux Windows Phone. L’écran d’accueil est ainsi composé de tuiles mélangeant raccourcis vers des applications, infos fraîches (météo, bourse…) ainsi que notifications de réseaux sociaux :

Win8 start

Le concept de tuiles est d’ailleurs repris dans les autres écrans, par exemple celui de l’application News :

Win8 news

L’aspect épurée des différents écrans fonctionne plutôt bien et présente une déclinaison harmonieuse dans les différentes applications, ici les cours de bourse :

Win8 stocks

Force est de constater qu’un effort très important à été réalisé par Microsoft pour proposer une expérience en rupture avec ce que propose l’iPad ou les touchbooks tournant sous Android (cf. Google présente la V.3 d’Android pour les touchbooks). Signalons au passage que l’idée de l’écran d’accueil mélangeant raccourcis, news et notifications sociales n’est pas neuve, car elle remonte à 2009 avec la seconde version de Moblin, le système d’exploitation d’Intel dédié aux netbooks (fusionné depuis avec le projet Maemo pour former MeeGo) : Intel et Jolicloud à la recherche de l’interface parfaite pour les netbooks et Quelle interface pour le système d’exploitation de demain ?.

Saluons néanmoins le très bon travail des équipes de Microsoft sur cette interface qui propose tout de même de très belles innovations comme le clavier séparé en deux pour une utilisation avec les pouces (copié d’ailleurs par Apple dans iOS5) :

Win8 keyboard

Notez également qu’un soin particulier a été apporté à la lisibilité en faisant disparaitre les cadres d’application pour augmenter la surface d’affichage. Sur la capture d’écran suivante, la barre d’adresse et les onglets d’IE sont accessibles en périphérie de l’écran :

Win8 browser

Avec cette nouvelle interface, Microsoft est très clairement sur la bonne voie pour crédibiliser sont offre auprès des constructeurs. Je suis d’ailleurs tout à fait d’accord avec certains spécialistes qui saluent la reconversion (quasi)réussie de Microsoft pour préparer l’après-Windows : Windows 8, The “Post PC” PC Recalls Windows 1.0, UMPC & Xbox 360.

Pour le moment ils sont encore en train de finaliser cette interface, espérons que les équipes de Microsoft vont savoir capitaliser sur cette nouvelle approche de l’outil informatique pour repenser Windows. Car si cette interface tactile impressionne, la version classique de Windows 8 est toujours enlisée dans le modèle bureau / dossiers. Windows 9 marquera peut-être la rupture avec MS-Dos…

Arrivée à maturité des smartphones grand publicCommentaires fermés

Saviez-vous qu’il y avait 10 fois plus de téléphones en circulation dans le monde que d’ordinateurs ? Rien qu‘au premier trimestre 2010, se sont plus de 55 millions d’unités qui ont été vendues dans le monde. La France arrive en seconde position sur le marché européen avec une croissance de près de 50% en une année (La France affiche une des plus fortes croissances du nombre d’abonnés équipés d’un smartphone en Europe). Ces chiffres sont impressionnants, d’autant plus que les smartphones ne sont pas des gadgets vendus seuls, ils sont indissociables de leur forfait et des nombreux services qui vont avec.

Introduit dans un premier temps auprès des populations professionnelles qui souhaitaient pouvoir consulter email et agenda en situation de mobilité, les smartphones semblent maintenant s’orienter vers une nouvelle cible : Le grand public. Autant les terminaux de chez BlackBerry ou Nokia sont ainsi très clairement conçus pour coller aux besoins des pros, la nouvelle vague de terminaux ambitionne de séduire une population totalement différente. Autant les BlackBerry ont tout de suite trouvés leur cible, autant les constructeurs se sont cassés les dents à plusieurs reprises avec des terminaux qui n’ont pas su convaincre (Nokia N-Gage, Motorola RockR, Danger Sidekick…).

Il aura fallu attendre 2007 et l’arrivée de l’iPhone sur le marché pour bien cerner l’équation magique : Un terminal de qualité, un forfait data illimité, des applications tiers distribuées au travers d’une marketplace. Tout le monde s’accorde à dire qu’il y a un avant et un après iPhone. OK… et maintenant ? Maintenant les industriels sont sur le pied-de-guerre pour trouver et déployer une alternative viable à l’iPhone.

Google et BlackBerry à la traine derrière l’iPhone

Le concurrent le plus visible de l’iPhone est pour le moment Google avec son système d’exploitation mobile Android. Distribué librement auprès des constructeurs, Google a rapidement été confronté à deux gros problèmes :

  • La prolifération de nombreuses versions de l’OS (donc autant d’effort à fournir pour la maintenance) ;
  • Des terminaux aux caractéristiques divergentes qui ralentissent l’innovation.

Assez rapidement les équipes de Google sont arrivées à la conclusion que s’il voulait rattraper leur retard sur l’iPhone, il leur fallait maitriser la partie software mais également la partie hardware. Ils se sont donc lancés dans la conception et la distribution du Nexus One, vaisseau amiral de l’offre Android. Mais tout ne s’est pas passé comme prévu et le modèle de distribution en ligne choisit par Google a très vite montré ses limites (ils n’avaient même pas prévu de service client). Aujourd’hui ils ont revu leur copie et s’orientent vers un circuit de distribution plus traditionnel.

Le smartphone de Google
Le smartphone de Google

OK très bien, mais où est l’innovation par rapport à l’iPhone ? Malgré des caractéristiques techniques alléchantes, la proposition de valeur reste assez faible et les leviers de différenciations manquent à l’appel. Ce n’est donc pas un hasard si les utilisateurs de terminaux Android achètent deux fois moins d’application que les utilisateurs d’iPhone. Il reste encore du chemin à faire pour qu’Android et les terminaux exploitant cet OS parviennent à se différencier de l’iPhone.

Pour BlackBerry la situation est différente car ils bénéficient d’une solide réputation dans le monde de l’entreprise. Leur dernière campagne de publicité illustre pourtant un changement de stratégie ou du moins un élargissement de la cible :

J’étais extrêmement sceptique quand à cette nouvelle orientation (quel jeune aurait envie de s’afficher avec le smartphone de “papa” ?) mais une discussion avec Alexis Trichet d’Orange m’a persuadé du contraire : Le succès de BlackBerry repose en grande partie sur son système de messagerie très robuste. Or, qui sont de gros consommateurs de messagerie instantanée ? Bingo : Les jeunes qui trouvent dans ce terminal (avec son clavier physique et son offre de messagerie illimitée) le canal ultime de discussion et d’interactions sociales. Le marché est en tout cas plus que favorable et la proposition de valeur de la plateforme BlackBerry va petit à petit s’enrichir avec le lancement récent d’une marketplace d’applications.

Toujours d’après Alexis Trichet, la richesse de la place de marché est un bon signe de la maturité d’une offre, ou plutôt du dynamisme de son écosystème. Les 2.000 applications disponibles sur l’OVI Store de Nokia font ainsi pâle figure face aux 200.000 applications disponibles sur l’App Store. Mais les applications ne font pas tout et la première alternative viable nous vient d’un concurrent inattendu.

Microsoft (et Nokia) : Un pari sur les plateformes sociales

C’est Microsoft qui a ainsi surpris tout le monde avec l’annonce de sa plateforme Windows Phone puisqu’en complète rupture avec l’ancêtre Windows Mobile qui semble dater du siècle dernier. C’est donc une copie entièrement neuve que Microsoft propose avec sa gamme Kin : Deux terminaux à la forme particulière et un système d’exploitation de nouvelle génération à l’interface remarquable.

Kin, Le smartphone grand public de Microsoft
Kin, Le smartphone grand public de Microsoft

Non seulement Microsoft innove avec un hardware en rupture avec l’iPhone et sa légion de copies, mais ils ont en plus retenus les leçons du passé avec une gamme très restreinte pour simplifier le choix. Au niveau de l’interface (Windows Phone 7), là encore il y a eu un travail considérable pour proposer une expérience différente de l’iPhone avec un écran d’accueil mélangeant raccourcis et social stream ainsi que des micro-applications propulsées par Silverlight (la technologie d’interfaces riches made in Microsoft) :

L'interface grand public Windows Phone 7
L'interface grand public Windows Phone 7

Ce couple hardware / software est de plus complété par une couche sociale très intéressante (SpotStudio) qui permet aux utilisateurs de partager photos, vidéos, messages… C’est donc avec une offre entièrement neuve et particulièrement complète que Microsoft ambitionne de conquérir le segment des jeunes en bénéficiant de l’héritage du SideKick (racheté par la firme de Redmond en 2007).

Partagez vos photos et vidéos sur Kin Studio
Partagez vos photos et vidéos sur Kin Studio

Nous retrouvons un principe similaire lancé par Nokia il y a quelques années avec leur plateforme sociale Lifeblog qui permet également de partager tout un tas de trucs. Sur ce terrain là, nous sommes d’ailleurs toujours en attente d’une stratégie unifiée de la part d’un acteur qui a dépensé sans compter pour acquérir des plateformes sociales mobiles (notamment Plazes et Loopt). Même si Nokia n’est pas reconnu pour ses compétences en matière d’exploitation de services en ligne (euphémisme), je ne peux pas croire qu’ils n’ont pas une idée derrière la tête…

iAd, l’arme secrète d’Apple ?

Le marché s’organise pour rattraper leur retard sur Apple, mais le géant de Cupertino compte bien garder son avance avec la future quatrième version de son iPhone OS et notamment iAd, la plateforme publicitaire “maison”. Pour le moment nous ne savons pas grand chose de l’offre iAd, si ce n’est la démonstration montrée lors de la dernière keynote, mais il semble clair que les smartphones ouvrent d’innombrables possibilités en matière de marketing et de ciblage. Les rachats récents de QuattroWireless et AdMob (respectivement par Apple et Google) illustrent le potentiel de ces machines à large écrans capables de géolocaliser et d’alerter en push leurs utilisateurs.

Non, je ne pense pas que l’industrie se contentera d’adapter les bannières à la taille d’écran. Nous parlons ici de mécanismes de ciblage comportementaux très sophistiqués qui risquent bien d’effrayer les porteurs de smartphones. J’anticipe ainsi des offres plus subtiles où les opérations de promotion et autres messages commerciaux seraient habillement noyés dans l’interface et ne perturberaient pas l’expérience d’utilisation. OK, mais tout le monde ne s’appelle pas Pixar et la majeure partie des annonceurs ont plus d’un film à vendre tous les deux ans.

Les observateurs avertis sont ainsi plus que mitigés face à cette offre “révolutionnaire” (Memo To Steve Jobs: The iAd Is No Miracle Worker). Nombreux sont les développeurs à se plaindre de la rigidité du modèle de distribution de l’App Store, en sera-t-il de même pour les annonceurs désirant exploiter l’iPhone ? Il y a de fortes chances, d’autant plus que l’on parle d’un ticket d’entrée à 1 million de $ !

A partir de là, nous pouvons envisager une configuration de marché où les régies, agences et annonceurs vont plutôt s’orienter vers d’autres plateformes plus ouvertes. Comme… Android par exemple. Ça tombe bien puisqu’en plus Android est maintenant capable de faire tourner du Flash (le format de référence pour les annonceurs). Ça tombe bien puisque Android devrait également être le système d’exploitation qui fera tourner la futur Google TV.

Heu… quel rapport entre Flash, la TV et les smartphones grand public ? La taille critique bien sûr ! Là où Apple déploie des efforts considérables pour verrouiller le segment supérieur, Google ambitionne d’inonder le marché avec une plateforme commune mobile / TV qui fédère les développeurs (autour du noyau Linux d’Android), les constructeurs (qui peuvent exploiter un système d’exploitation gratuit avec un potentiel reversement de revenus publicitaires), les annonceurs (qui ont déjà l’habitude de travailler avec Google) et les utilisateurs (qui font confiance à la marque Google).

Conclusion : La compétition va au-delà de la mobilité

L’avenir de la mobilité est-il au smartphone ? Oui et non. Oui car ces terminaux sont de véritables mines d’or en termes d’usages et de ciblage, non car ils ne sont pas à la portée de tous. La course à l’armement que sont en train de se livrer les constructeurs réduit petit à petit le marché cible à mesure que le prix des terminaux augmente. Gardez bien à l’esprit que le gros du marché est encore équipé de terminaux basiques et qu’il y a de grosses opportunités à saisir avec la moitié inférieure du marché. C’est ce que Qualcomm a compris en développant un système d’exploitation pour les feature phones (nom de code : Brew).

Je ne suis pas devin mais j’ai comme l’impression que c’est la taille qui va encore une fois départager les compétiteurs. La plateforme Android de Google est en forte phase de croissance et le fait de la coupler à d’autres types de terminaux (touchbooks, Google TV…) ne va faire qu’accélérer ce phénomène. Les lecteurs attentifs auront remarqués que Google est tranquillement en train de nous faire ce que Microsoft n’a pas réussi : Sortir des ordinateurs et inonder les appareils électroniques de notre quotidien (même les compteurs électriques intelligents !).

Ordinateur + mobile + TV, le triptyque magique qui fait saliver les annonceurs (et les actionnaires). Microsoft s’y ai cassé les dents (avec Windows Mobile et Windows Media Center), Apple aussi (avec l’Apple TV), Google a-t-il plus de chance de réussir ? Difficile à dire pour le moment. En tout cas la possibilité de piloter une campagne d’acquisition multi-supports auprès d’un guichet unique est sacrément alléchante. Et indirectement cela peut également intéresser le grand public qui pourrait s’équiper à bas prix avec des terminaux semi-subventionnés par de la publicité ciblée.

Oui je sais, tout ceci est un peu flippant et je ne me réjouis pas trop à l’idée d’être ciblé au quotidien en fonction de ce que je consulte sur mon ordinateur, mon smartphone ou ma TV. Quelle sera la prochaine étape : Ma console de jeux ? Ma voiture ?

C’est marrant comme j’ai un mal fou à finir cet article, j’ai démarré en parlant des smatphones et je ne parviens pas à re-boucler sur ce sujet. Peut-être est-ce parce que l’avenir de la mobilité se situe ailleurs ? Ou du moins peut-être que les leviers de conquête et de domination se situent ailleurs.

MàJ (01/07/2010) : 6 semaines après le lancement de son produit, Microsoft a décidé de stopper la commercialisation du Kin pour se concentrer sur la gamme Windows Phone 7 (cf. Microsoft Is Killing The Kin). Décidément, le Danger est maudit !

/!\ Article initialement publié sur FredCavazza.net.

Les interfaces naturelles d’aujourd’hui et de demainCommentaires fermés

J’ai déjà eu l’occasion de vous parler de l’évolution de l’outil informatique vers des terminaux polymorphes et nomades. Cette évolution du hardware se fera de concert avec le software et notamment les systèmes d’exploitation et les logiciels. D’ailleurs nous sommes en plein dedans avec la vague des widgets (sorte de mini-applications) qui font la fortune d’Apple sur l’iPhone et le prochain Chrome OS de Google qui sera un hybride entre navigateur et système d’exploitation.

Les interfaces naturelles bientôt dans notre quotidien

Depuis que j’ai assisté au speech très inspiré de Bill Buxton sur les interfaces naturelles, je m’interroge sur la pertinence du modèle écran / clavier / souris. Regardez de près le Project Gustav pour vous rendre compte du potentiel que pourrait représenter des interfaces faisant une utilisation optimale des écrans tactiles et des périphériques naturels (ici un simili-pinceau pour cette simulation de peinture) :

L'interface du Gustav Project
L'interface du Gustav Project

La prise en main est immédiate et l’utilisateur s’exprime d’autant mieux qu’il utilise les gestes et outils de son quotidien. Démonstration vidéo ici :

Ce type d’interface a d’ailleurs été vu sur les stands de Fiat et de Renault au récent Salon de Genève pour épater les visiteurs : Les configurateurs interactifs de Fiat et Renault au Salon de l’Auto de Genève.

Le configurateur ludique de Fiat au Salon de Genève
Le configurateur ludique de Fiat au Salon de Genève

La dimension ludique est ici évidente et l’on se met à rêver des nombreuses possibilités offertes par des terminaux comme Surface… ou comme la Sphere, un autre projet de Microsoft qui combine un affichage sphérique et une surface tactile :

Le projet Sphere de Microsoft
Le projet Sphere de Microsoft

Mais pas la peine de sortir la grosse artillerie pour proposer une expérience différenciante. Exemple avec le Gesture Cube, un concept à mi-chemin entre touchbook et cadre numérique qui pousse encore plus loin la logique de terminal domestique connecté popularisée par le Chumby : Gesture Cube, Une interface 3D interactive.

Le concept de Gesture Cube
Le concept de Gesture Cube

Là encore, ce cube domestique aux formes et dimensions très proches d’un radio-reveil, exploite parfaitement les gestes naturels et surtout la contextualisation des informations / applications en fonction de la pièce dans laquelle vous vous trouvez :

Et dans la série “je fais du neuf avec du vieux“, je me permets également d’évoquer le concept Waveface Ultra proposé par Asus, un écran tactile souple que vous enroulez autour de votre poignet :

Le concept Waveface d'Asus
Le concept Waveface d'Asus

L’idée ici n’est pas de miniaturiser un smartphone mais plutôt de faire monter en compétence votre montre pour qu’elle puisse vous envoyer des notifications et qu’elle interagisse avec ce qui vous entoure :

Là encore vous remarquerez que le terminal et les gestes utilisés pour le manipuler sont les plus naturels possibles (l’interface est ici presque transparente).

Dernier exemple et pas des moindres avec SixthSens le concept d’interface gestuelle portable présentée par Pranav Mistry lors du dernier TED : An interview with Pranav Mistry, the genius behind Sixth Sense.

SithSens, l'interface gestuelle portable
SithSens, l'interface gestuelle portable

Imaginez-vous avec un terminal en forme de médaillon qui serait équipé d’un mini-projecteur (pour afficher des informations) et d’une caméra pour capter le mouvement de vos doigts. Lorsque vous allumez le terminal, vous choisissez une application et celui-ci projette alors une interface adaptée au contexte d’utilisation (ici, la lecture d’une vidéo en complément d’un article) :

L'interface gestuelle SixthSens en action
L'interface gestuelle SixthSens en action

Pour le moment le terminal en lui-même est rudimentaire mais l’on décèle un potentiel énorme dans la vidéo suivante :

Et comme dans les précédents exemples, c’est un objet du quotidien (un médaillon) qui est mis en scène dans notre quotidien (prendre une photo, lire un journal) et dont l’interface se manipule de façon tout à fait naturelle (avec les doigts).

Interfaces naturelles et jeu vidéo, une réalité

Bon nous sommes tous d’accord pour dire que ce n’est pas demain la veille où nous sortirons avec notre médaillon augmenté, il n’empêche que les interfaces naturelles sont une réalité pour un grand nombre de personnes (vous avez déjà essayé la Wii ?) et qu’il n’y a aucune raison pour que l’industrie du jeu vidéo n’aille pas plus loin (d’ailleurs elle a toujours été très précurseur).

La Wiimote pour reproduire les gestes naturels
La Wiimote pour reproduire les gestes naturels

Passé relativement inaperçu l’année dernière, le jeu EndWar est ainsi un bel exemple d’interface naturelle avec son principe de commandes vocales plutôt abouti :

L'interface à commandes vocales du jeu EndWar
L'interface à commandes vocales du jeu EndWar

Commandes gestuelles, commandes vocales, c’est la sortie en juin prochain de la déclinaison grand public du Project Natal de Microsoft qui devrait normalement rehausser la barre d’un cran avec des concepts de jeu tout à fait renversants. Exemple avec ce concept malheureusement abandonné de beat them all qui se joue avec les doigts : Indie studio reveals cancelled, finger-powered Natal game.

Un projet de jeu de combat avec les doigts
Un projet de jeu de combat avec les doigts

Quel dommage que ce concept n’ai pas été retenu car je me voyais tout à fait jouer avec mes doigts sur la table basse :

Illustration du jeu 2 Finger Heroes
Illustration du jeu 2 Finger Heroes

Bref, j’ai comme l’impression que les souris et claviers vont prendre une grosse claque avec la généralisation des écrans tactiles et des interfaces naturelles. Quoique…

Pas d’interfaces naturelles dans le milieu professionnel ?

Outre les métiers graphiques, j’ai du mal à anticiper une percée des interfaces naturelles dans le monde professionnel. Autant je suis convaincu du potentiel ludique et intuitif de ce type d’interfaces, autant je ne pense pas que l’on puisse améliorer la productivité d’un utilisateur de clavier / souris dans un contexte pro.

C’est donc malheureusement l’argument économique qui va pérenniser l’outil informatique tel que nous le connaissons sur le poste de travail. Rien de dramatique dans la mesure où nous pourrons toujours exploiter des interface naturelles dans nos moments de détente ou à la maison. La rupture entre le monde pro et perso sera ainsi d’autant plus nette et agréable.

Et le web dans tout ça ?

Reste une grande inconnue pour les interfaces naturelles : Comment les exploiter dans le cadre d’un navigateur web ? Et c’est là où nous nous heurtons au casse tête des interfaces web qui se manipulent à la fois avec la souris pour le clic ou le drag & drop (donc potentiellement la main ou le doigt), mais également avec le clavier pour saisir une URL ou remplir un formulaire.

Donc très clairement sur ce cas d’usage particulier je suis incapable de prendre position. Comme je fais un usage intensif du web, je penche tout de même en faveur du traditionnel couple clavier / souris. Mais tout ceci pourrait bien changer avec la “widgetisation” des sites web et services en ligne sur l’iPhone et encore plus sur l’iPad.

/!\ Article initialement publié sur FredCavazza.net.