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Quelles innovations pour les smartphones en 2014 (2)

Comme chaque année, les grands acteurs de la mobilité se sont réunis au Mobile World Congress de Barcelone. L’occasion pour la profession de faire le point sur les dernières tendances et innovations. Cette année ressemble un peu à l’année dernière, et à celle d’avant dans la mesure où il n’y a pas eu d’innovation fracassante. Vous noterez que je m’interrogeais déjà en 2011 sur le manque d’innovations réelles : Les smartphones sont-ils en fin de cycle d’évolution ?

Ceci étant dit, ne condamnons pas trop vite, il y a bien eu de nombreuses nouveautés, dont le très attendus Galaxy S5 de Samsung, mais nous sommes toujours dans le même registre du ”toujours plus” :

En opposition à cette surenchère technologique, d’autres fabricants ont fait le choix de privilégier les pays émergents, notamment en Afrique et en Amérique du Sud : Everyone’s Talking About The $35 Smartphone et Nokia announces Asha 230 and Nokia 220 feature phones.

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Autre tendance forte du congrès : l’utilisation d’une version “basique” du système d’exploitation mobile de Google (Android Open Source Platform) pour pouvoir remplacer les services de Google (Search, Gmail, Maps…) : Nokia Forks Android In Mobile Services Push et Yandex launches free Android firmware Yandex.Kit in a bid to replace Google’s apps with its own.

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Je n’ai pas eu l’occasion de tester le Nokia X, mais force est de constater qu’ils ont réussi à sortir un compromis très réussi entre simplicité de prise en main, cohérence avec l’environnement graphique Windows Phone 8 et intégration des services de Microsoft. Un exercice de haute voltige pour séduire les mobinautes les moins aguerris et les orienter vers une expérience plus qualitative sur… Windows Phone : Nokia’s Mobile UI Mixology Serves Up A Hybrid Family Of Devices To Outshine Budget ‘Droids.

En guise d’innovation, les participants au forum ont dû se contenter d’une évolution du téléphone à double écran de Yota déjà présenté l’année dernière : Next-Gen YotaPhone Follow-Up Unveiled, With Full-Touch E-Ink Rear Screen.

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À noter : l’alliance entre Visa et Mastercard pour contourner les limitations d’usages du paiement sans contact imposées par les opérateurs téléphoniques : Visa, Mastercard just made it much easier to buy stuff with an Android phone. L’authentification des transactions ne serait donc plus matérielle, mais logicielle par le biais de la technologie Host Card Emulation uniquement disponible dans la dernière version d’Android.

Je n’irais pas jusqu’à dire que l’édition 2014 du MWC a été décevante, puisque des annonces ont été faites en parallèle, notamment deux projets très intéressants chez Google :

Autant les constructeurs présents au MWC continue sur leur stratégie de vache à lait en nous ressortant toujours les mêmes terminaux avec quelques pixels ou mégas-je-ne-sais-quoi de plus, autant Google est franchement en rupture avec des projets tout à fait innovants. Enfin ! Du coup, on en vient à espérer une annonce prochaine pour un smartphone avec un écran haptique

Je ne sais pas pour vous, mais j’ai la très nette impression qu’Apple est d’une discrétion EX-EM-PLAI-RE. Même si la firme à la pomme cultive le secret comme personne et se réserve les annonces pour ses propres événements, l’édition 2014 du MWC a été largement dominée par Android, donc indirectement par Google.

Je suis plus qu’impatient de voir comment le marché va évoluer dans les prochains mois : les projets de Google, la réponse de Samsung à l’inexorable montée en puissance des fabricants chinois, le rapprochement entre Microsoft et Nokia, l’arrivée sur le marché des premiers smartphones tournant sous Firefox OS, peut-être un ultime sursaut de vie de Blackeberry…

Le PC est mort, vive le PC ! (0)

Saviez-vous que le premier ordinateur personnel a été lancé en 1964 par Olivetti ? Le Programma 101 est encore considéré comme la machine qui a révolutionné l’informatique. Mais ce n’est vraiment qu’en 1981 que l’on commence à parler de PC, dans le sens Personal Computer, avec le lancement de l’IBM PC propulsé par MS-DOS. Vous connaissez la suite de l’histoire avec l’irrésistible ascension et le règne sans partage du couple Windows / Intel (Wintel pour les intimes) pendant plusieurs décennies.

Nous sommes maintenant en 2014 et l’avènement des smartphones, tablettes et autres terminaux alternatifs sonne le glas des PC (La fin de l’ordinateur individuel est programmée). Il ne faut pas être devin pour comprendre que la firme de Redmond ne parviendra pas à inverser la tendance et que son déclin sur le marché des ordinateurs personnels est irréversible. Et pourtant Microsoft reste très méprisant vis-à-vis de la concurrence : Microsoft mocks the Chromebook in a new video ad for its anti-Google ‘Scroogled’ campaign.

L’arrogance affichée par Microsoft semble déplacée, car ils se retrouvent dans une situation très délicate, clairement dans une position de faiblesse (L’écosystème numérique de demain est en train de se construire avec Google, Apple et Amazon). Du coup les constructeurs essayent de faire le pont entre les deux mondes avec des produits hybrides sans aucun intérêt (Putting Windows and Android on the same PC doesn’t solve anyone’s problems). Outre ces produits anecdotiques, nous commençons également à voir apparaitre des offres alternatives beaucoup plus intéressantes comme ce PC nomade sous la forme d’une grosse clé USBThis Dongle Is Dell’s Idea Of A New Kind Of Corporate PC That Should Make Microsoft Nervous.

Votre bureau dans la poche avec Pocketcloud de Dell
Votre bureau dans la poche avec Pocketcloud de Dell

L’idée est que vous ayez la possibilité d’emmener vos applications et fichiers dans votre poche et que vous puissiez vous brancher sur n’importe quel ordinateur ou écran pour retrouver tout votre environnement de travail : Dell Ships First Secure, Managed Ultra-Mobile Cloud-Access Device. Mais ne vous emballez pas, car si cette clé USB embarque tous les composants nécessaires pour en faire un ordinateur individuel, elle est propulsée par Android, le système d’exploitation mobile de Google. Certes, il est possible d’accéder à votre environnement de travail avec un émulateur Windows, mais ce n’est quand même pas l’idéal, d’autant plus qu’il faut visiblement un minimum de configuration au niveau du S.I. pour faire tourner l’offre PocketCloud.

Votre bureau Windows dans un clé à travers l'émulateur Windows
Votre bureau dans une clé à travers l’émulateur Windows

Vous noterez qu’il existe des équivalents natifs pour Windows grâce à l’offre Windows to Go, comme le DataTraveler Workspace de Kesington.

Votre ordinateur personnel (professionnel) dans une clé USB avec Windows to Go
Votre ordinateur dans une clé USB avec Windows to Go

L’idée d’utiliser Android pour accéder à vos applications et fichiers Windows est quand même un peu tordue. J’imagine que si Dell lance cette offre, c’est qu’ils ont de bonnes raisons de penser que le couple Wintel est réellement en fin de vie. D’ailleurs ils ne sont pas les seuls, puisque HP propose un ordinateur professionnel tout-en-un qui tourne également sous Android : In Another Bad Sign For Microsoft, HP Aims Its New Android PC At The Enterprise.

L'ordinateur tout en un de HP propulsé par Android
L’ordinateur tout-en-un de HP propulsé par Android

Le problème est qu’Android a été conçu pour les terminaux mobiles avec un écran tactile et en situation de mobilité (pas dans un contexte de productivité). Le système d’exploitation du XXIe siècle est donc plus à chercher du côté de ChromeOS et des Chromebooks qui font un tabac avec 21% de parts de marché sur le segment des ordinateurs portables : U.S. Commercial Channel Computing Device Sales Set to End 2013 with Double-Digit Growth).

L'impressionnante progression des ventes de chromebooks
L’impressionnante progression des ventes de Chromebooks

Du coup les constructeurs s’intéressent de près au filon, et plus particulièrement sur des niches verticales où les verrous psychologiques sont plus faciles à faire sauter, à savoir les étudiants : Dell Unveils Its First Chromebook, An 11-Inch Portable Designed Specifically For Education.

Annoncé il y a déjà plusieurs années, le développement de ChromeOS est dans un premier temps passé par des offres d’entrée de gamme sur des ordinateurs portables, mais les choses sont en train de changer : With Chromebooks A Success, Google Adds Focus On Chromeboxes. Fort de son succès sur le marché grand public, le système d’exploitation de Google est en train de se réorienter vers le marché professionnel avec l’aide de constructeurs de renom : HP veut imposer ses Chromebox en entreprise.

Les Chromebox commercialisées par HP
Les Chromebox commercialisées par HP

Équiper les employés avec des machines uniquement capables de faire tourner un navigateur web ? Une idée pas si folle, surtout dans un contexte où les DSI peinent à renouveler les licences Windows / Office (le ROI est difficile à justifier) et où de plus en plus de logiciels bascules dans les nuages (Salesforce, Adobe Marketing Cloud, Oracle…). L’informatique low-cost va-t-elle s’imposer comme la nouvelle norme en entreprise ? Très certainement, car l’idée a de quoi séduire les gestionnaires de gros parcs informatiques : conserver les écrans  /clavier et ne remplacer que l’unité centrale. Toujours est-il que le géant Intel y voit un second souffle salutaire : Mini-desktops are a rare bright spot in a shrinking PC industry, says Intel.

Mais outre l’argument du prix, c’est la facilité d’installation et d’administration, ainsi que l’intégration native avec Google Apps qui font de l’ombre aux ordinateurs vieillissants qui encombrent les bureaux, d’autant plus avec des machines qui approche de la barre des 150 € : Meet the Asus Chromebox, a $179 fanless mini-desktop.

La Chromebox proposée par Asus
La Chromebox proposée par Asus

Sommes-nous en train d’assister au grand retour du client léger, un concept qui a fait long-feu aux débuts d’internet ? Très certainement, du coup les constructeurs déclinent des machines sous ChromeOS à toutes les sauces :  LG’s Chromebase all-in-one brings Chrome OS to Web kiosks.

L'ordinateur tout-en-un propulsé par ChromeOs de LG
L’ordinateur tout-en-un propulsé par ChromeOS de LG

Microsoft ne devrait pas se moquer, car nous sommes réellement en train de vivre les dernières heures du PC façon Wintel pour assister à sa renaissance avec le couple ChromeOS / ARM. Certes, il y aura toujours l’argument de la compatibilité, mais celui-ci commence à faire long-feu : Tous vos documents bureautiques consultables directement dans votre navigateur. Pire : dans un sursaut de lucidité, Microsoft commence à assurer ses arrières en faisant rentrer le loup dans la bergerie : Strange bedfellows, Microsoft could bring Android apps to Windows et Google partners with VMware to let Chrome OS users access their Windows desktops, data, and applications.

Non, vous ne rêvez pas : l’obsession du nouveau CEO de Microsoft pour le cloud le pousse à envisager de faire tourner des applications Android sur Windows, et inversement de faire tourner des solutions de virtualisation sur ChromeOS. Une nouvelle orientation qui doit faire grincer des dents à Redmond, mais qui semble logique dans la mesure où le marché se déporte des licences vers les offres en SaaS (Software as a Service). Le pragmatisme l’emporte sur la culture, une très bonne chose en fait.

Moralité : l’avenir de l’ordinateur personnel est aux offres dans les nuages… mais il vous faudra quand même un PC pour y accéder, simplement il ne sera plus propulsé par Windows.

Google se lance dans la course à l’Internet des objets avec le rachat de Nest (0)

La nouvelle est tombée comme une bombe en début de semaine : Google va débourser un montant record pour acheter Nest, la startup qui commercialise les célèbres thermostats et détecteurs de fumée connectés : Google to acquire connected home device maker Nest for $3.2B. Je ne sais pas pour vous, mais je trouve personnellement que c’est un TRÈS gros chèque. D’aucuns pourront dire que cette opération est largement surévaluée, surtout pour une petite startup qui ne vend “que” des gadgets connectés (Here’s What The $3.2 Billion Nest Thermostat Actually Does).

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De nombreuses raisons ont été avancées pour expliquer le montant très élevé de la transaction. Le fondateur invoque la possibilité d’accélérer leur développement à l’international (Nest’s CEO Tony Fadell explains why he teamed up with Google: it’s about infrastructure), d’autres parlent de transfert de compétences (Nest can teach Google to make hardware, Google can help Nest go fast), mais il s’agit vraisemblablement d’une manoeuvre défensive pour éviter que cette stratup parte à la concurrence (Nest Gives Google A Head Start On The Future Of Hardware). Et comme c’est toujours le cas, nous avons également droit au sempiternel débat autour de la confidentialité et du respect de la vie privée (When Google closes the Nest deal, privacy issues for the internet of things will hit the big time).

Nest-Google-Privacy

J’ai même vu des articles faisant le rapprochement avec l’acquisition récente de Boston Dynamics… Heureusement que certains ont une réflexion plus constructive (Minimizing Risk Is Easy: Adopt a Bill of Rights).

Bref, tout ça pour dire qu’après quelques années d’échauffement, cette acquisition marque le début de la course à l’internet des objets par les géants du web, et plus généralement de l’IT. Vous noterez par ailleurs que ce n’est pas la première incursion de Google dans ce domaine puisqu’ils commercialisent déjà (à grande peine) le Nexus Q et qu’ils se sont enlisés avec Android@Home et PowerMeter.

Un marché déjà bien encombré

Croyez ou non, mais l’internet des objets est un secteur particulièrement compétitif où de nombreux industriels se livrent une bataille acharnée. Si l’on se contente d’étudier les objets connectés pour le grand public, les volumes sont pour le moment anecdotiques. Mais si l’on élargit le spectre, là c’est tout de suite autre chose. L’IDATE vient de publier à ce sujet la 6e édition de son étude (M2M : The Machine-to-Machine Market, 2013-2017) où l’on apprend le marché des objets connectés représente un volume de 175 M d’unités pour un C.A. de 24,2 MM d’€. Le tout avec de très belles perspectives de croissance.

Idate_M2M

Le problème de ces études est qu’aucune ne repose sur un référentiel commun. Comprenez par là que le périmètre de ces études varie. Il existe de nombreuses définitions de ce qu’est vraiment l’internet des objets (Defining The The Internet Of Things). Celle de Wikipedia est un peu complexe à mon goût : “un réseau de réseaux qui permet, via des systèmes d’identification électronique normalisés et unifiés, et des dispositifs mobiles sans fil, d’identifier directement et sans ambiguïté des entités numériques et des objets physiques et ainsi de pouvoir récupérer, stocker, transférer et traiter, sans discontinuité entre les mondes physiques et virtuels, les données s’y rattachant“. Pour simplifier, je vous propose cette définition : les objets connectés sont des objets du quotidien capables de se connecter à l’internet pour capter et diffuser des données ou exécuter des fonctions simples à distance. Vous noterez que cette définition englobe les objets pour le grand public et ceux pour le secteur industriel, que la connexion à l’internet peut se faire de façon directe ou indirecte (à travers un smarpthone, une borne ou une technologie propriétaire).

Plusieurs domaines d’application sont concernés par les objets connectés :

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D’une certaine manière, après l’avènement du Software-as-a-Service, et des Infrastructure-as-a-Service, nous entrons dans l’ère du  Device-and-a-Service. Comprenez par là que les fabricants vont pouvoir augmenter considérablement la valeur d’usage de leurs produits en les dotant de capteurs et fonctions avancées et en fournissant le service qui va avec. L’exemple de la raquette connectée de Babolat Play est pour moi très représentatif :

Sur ce créneau, les entreprises françaises sont particulièrement bien placées :

Bref, le secteur est en ébullition, et la french touch plaît au monde entier. Reste maintenant à savoir si ses startups sauront résister au rouleau compresseur de Google…

Les défis que Google devra relever

En mettant la main sur Nest, Google récupère donc une marque solide et une base d’utilisateurs déjà bien remplie (on parle de centaines de milliers d’unités déjà vendues). Ceci étant dit, outre la question de la confidentialité, Google devra relever de nombreux défis pour pouvoir s’imposer sur l’internet des objets :

  1. Faire adopter un système d’exploitation universel. Android est naturellement l’OS qui vient à l’esprit, mais est-ce bien raisonnable de vouloir faire rentrer un OS mobile aussi sophistiqué dans une brosse à dents ou une fourchette ? Tout le monde s’accorde à dire que le système d’exploitation de l’internet des objets n’a pas encore été identifié. Intel mise sur une version épurée de Linux et un System-on-a-Chip optimisé (Intel’s Vision: Wearables Everywhere In A Post-Windows World), tandis que Qualcomm concentre ses efforts sur un protocole de communication (Qualcomm’s decidedly different plan to connect your devices to the internet of things). En tout les enjeux semblent très importants (L’entreprise qui créera l’OS de l’IoT aura un potentiel infiniment plus large que les Androïd et iOS) et le problème est lion d’être réglé (La bataille des standards nuit-elle à l’adoption de l’internet des objets).
  2. Localiser et indexer les différents objets. Il semble tout naturel que Google se charge de référencer lui-même les multitudes d’objets ainsi que les services qu’ils rendent, mais c’est plutôt son grand rival qui semble s’en charger (Wolfram’s Connected Devices Project starts to catalog all electronics for the Internet of Things).
  3. Déployer des services à grande échelle. Si Google semble avoir pris une longueur d’avance sur la niche des équipements pour le foyer, il va lui falloir du temps pour équiper individuellement toute la population. Des chantiers comme les usines intelligentes, les écoles ou les villes connectées semblent être bien plus prometteurs (ou rentables, à vous de choisir). IBM bénéficie déjà d’une bonne notoriété avec son programme Smarter Cities.

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Comme vous pouvez le constater, ceux qui sont le plus en avance sur les “vrais” sujets ne sont pas forcément ceux dont on parle le plus. Dommage, car en payant le prix fort pour Nest, Google n’est-il pas en train de s’accaparer un territoire de marque pour pouvoir déployer par la suite de nouveaux services ou faire de nouvelles acquisitions ?

Toujours est-il que l’année démarre en fanfare pour l’internet des objets et que la suite des événements va être assurément passionnante !

Un assistant personnel dans votre smartphone avec Siri, Now et Gimbal (3)

Lancé en octobre 2011 par Apple avec son iPhone 4s, Siri est vite devenu un objet de curiosité pour bon nombre d’observateurs. Il faut bien avouer que cette nouvelle fonctionnalité a de quoi surprendre : un assistant personnel dans votre smartphone que vous interrogez en parlant, rien de tel pour se faire passer pour le dernier de zinzins. Après des débuts chaotiques, Siri a fini par trouver sa place… surtout aux États-Unis où Apple a su nouer des partenariats intéressants avec de grands fournisseurs de contenus et services.

L’interface de Siri

Outre l’interface vocale qui a beaucoup été décriée, quoique l’on puisse y trouver un intérêt (La Chevrolet sera la première voiture à parler le Siri), c’est plus sa capacité d’intelligence artificielle couplée à un accès direct aux données personnelles de l’utilisateur (messages, emails, carnet d’adresses, calendrier, localisation…) qui en fait un terrain d’expérimentation particulièrement intéressant. L’attrait de Siri ne repose donc pas dans le fait de pouvoir programmer un RDV en faisant son jogging, mais plutôt d’y associer toujours plus de services et de sources d’information. Apple y croit très fort, mais semble pour le moment plus préoccupé par le brevetage de son système (Apple seeks patent for Siri automated assistant). Dans la réalité, surtout la nôtre, Siri pêche encore par sa compréhension du français et par la valeur ajoutée très limitée des services qu’il propose aux utilisateurs français.

Plus pragmatique, Google a lancé son propre assistant personnel en juin 2012 avec la sortie d’Android 4.1 : Google Now. Présenté comme un concentré des services et du savoir-faire de Google, ce Now a tout de suite impressionné la communauté par sa redoutable efficacité.

Accessible depuis l’écran de verrouillage, Google Now se présente sous la forme de fiches (cards en anglais) vous indiquant la météo locale, le trajet pour votre prochain RDV, les informations de votre prochaine réservation (avion, restaurant, train…), les anniversaires de vos proches… Vous avez également la possibilité de définir des alertes en fonction de sujets d’actualité, du cours d’une action, d’une rencontre sportive, d’un concert…

L’interface de Google Now

Tout comme Siri, Google Now est également activable et interrogeable à la voix, et on parle même d’une prochaine intégration à Chrome : Chrome code update reveals plans for desktop Google Now integration.

Là où Google Now impressionne, c’est qu’il anticipe vos besoins, par exemple en vous prévenant que si vous ne partez pas dans l’instant, vous allez être en retard à votre RDV (il propose aussi d’envoyer un SMS pour prévenir du retard). Au début ça fait peur, mais après, on commence à envisager une infinité de possibilités, d’autant plus que les équipes ont d’énormes ambitions pour améliorer le service : How Google Plans to Find the UnGoogleable.

Est-ce donc ça l’avenir de la recherche : apporter des premiers éléments de réponse en fonction du contexte avant même que l’utilisateur ait fait une recherche ? Peut-être… Toujours est-il que les acteurs de la mobilité s’intéressent de très près à ses assistants personnels à des fins de fidélisation comme Samsung avec S-Voice (Samsung S-Voice is a Siri rival for Galaxy S III) ou LG avec Quick Voice (LG launches ‘Quick Voice’ on its phones in Korea, goes head to head with S Voice and Siri).

Dernier exemple en date : Gimbal, la technologie d’intelligence contextuelle que Qualcomm est en train de tester en Asie : Gimbal, Qualcomm’s innovative mobile technology, set for first rollout with Dentsu in Japan. Le principe de Gimbal est de créer un profil enrichi des utilisateurs de terminaux mobiles en fonction des endroits où ils se déplacent, de leurs usages et de leur rythme. Ce profil est ensuite mis à disposition des applications pour proposer une expérience plus personnalisée.

Assistant personnel ou moteur de ciblage publicitaire ? Le moins que l’on puisse dire est que les équipes de Qualcomm se sont plus souciées de  séduire les annonceurs et développeurs d’application que les utilisateurs finaux ! Très peu d’informations ont filtré sur cette technologie, mais elle vient accréditer mon intuition sur le prochain cheval de bataille des services mobiles : l’hyper-personnalisation.

Google étend sa gamme Nexus pour capitaliser sur Play et nous projette dans l’avenir avec ses objets intelligents (3)

Après de longs mois de spéculation, Google vient enfin de présenter de façon officielle sa propre tablette, la Nexus 7, lors de l’évènement Google I/O 2012 (Google Nexus 7 official: $199 tablet from Asus ships mid-July with Android 4.1 Jelly Bean). Ce lancement s’accompagne d’un certain nombre de nouveautés qui nous permettent de voir plus clair dans la stratégie adoptée par le géant californien : déplacer le centre de gravité de son écosystème de son système d’exploitation Android vers ses terminaux (la gamme Nexus) et vers sa boutique de contenus et applications Play. L’avenir des contenus numériques va donc se jouer à trois entre Apple et Amazon et Google.

Nexus 7 : une tablette low-cost centrée sur les contenus

La tablette de Google va donc s’appeler la Nexus 7, elle sera fabriquée par Samsung et coûtera 200$. En sortant une tablette plus petite que l’iPad, Google souhaite donc éviter une confrontation directe avec l’iPad et chasser sur les terres d’Amazon et de son Kindle Fire.

Les caractéristiques techniques sont plutôt sobres : outre le processeur à quatre coeurs, tout a été fait pour maintenir le prix de vente sous la barre des 200$ (pour les caractéristiques complètes, voyez ici : La tablette Google Nexus 7 officiellement présentée). Rien de très surprenant à cela dans la mesure où les consommateurs ne peuvent tout simplement pas s’équiper d’un smartphone dernier cri, d’une tablette haut de gamme et potentiellement d’un boitier supplémentaire pour connecter leur TV. Google joue donc la complémentarité avec ses autres produits en les regroupant sous la marque Nexus.

À priori, rien ne distingue la Nexus 7 de ce que peuvent produire des fabricants comme Asus ou Acer, si ce n’est le fait que les produits Google seront les premiers à intégrer les dernières versions de son système d’exploitation. En l’occurrence, nous parlons ici d’Android 4.1, une évolution mineure qui est censée apporter tout de même un certain nombre d’améliorations pour améliorer le confort d’usage (avec le système prédictif Project Butter pour plus de fluidité) et l’efficacité (notamment au travers de son toujours très performant système de notification).

Il y a néanmoins deux nouveautés qui ont retenu mon attention :

  • Voice Search, l’équivalent de Siri, qui permet de faire des requêtes en langage naturel (et qui fonctionne hors-ligne) ;
  • Google Now, une sorte de mini-écran d’accueil qui synthétise différentes informations en fonction de l’heure et de l’endroit où vous vous trouvez (la température locale, l’état du trafic routier, les dernières infos locales…).

Force est de constater qu’avec Jelly Bean, les équipes d’Android cherchent toujours à imiter et à dépasser sur certains points la référence en la matière : iOS. Mais dans la mesure où l’offre d’Apple semble indéboulonnable sur le segment haut de gamme, Google cherche plutôt à appliquer ses principes de simplicité et d’élégance pour proposer une expérience utilisateur convenant au plus grand nombre.

Et puisque l’on parle de nombre, les derniers chiffres annoncés par Google sont éloquents : il y a maintenant 400M de terminaux tournant sous Android en circulation et un rythme d’activation en croissante constante avec un pic à 1 M d’activation par jour. De ce point de vue là, personne ne peut contester le fait que Google a réussi son pari d’imposer un système d’exploitation au marché. Maintenant que cet objectif est atteint, il devient évident que Google s’est fixé de nouvelles ambitions.

Nexus Q : le sésame pour vos contenus stockés dans les nuages

Outre sa tablette, Google a surpris tout le monde en présentant le Nexus Q, un boitier permettant de connecter votre TV, vos smartphones et même vos enceintes aux contenus disponibles sur Google Play.

Ce Nexus Q serait-il la réponse de Google à l’Apple TV ? Oui et non. Oui, car il permet de consommer les contenus achetés sur Google Play ou sur Google Music ; non, car l’offre Google TV existe toujours et vient même d’évoluer avec un nouveau boitier proposé par Sony (Google Due To Launch TV Service In UK).

Il est pour le moment difficile de bien comprendre les limites de ce que peut offrir le Nexus Q, surtout à 300$, mais cette petite boule nous en dit long sur la nouvelle orientation stratégique de Google.

Android n’est plus un OS, mais un circuit de distribution

Smartphone, tablette et maintenant boitier multimédia. La gamme Nexus présentée cette semaine témoigne du nouveau stade de maturité franchi par Google. La première étape a ainsi été de lancer un système d’exploitation et de fédérer un écosystème de développeurs autour. La seconde étape a consisté à lancer des terminaux en marque propre pour rehausser le niveau et fixer un standard de qualité pour éviter que les constructeurs ne tirent la qualité vers le bas. La troisième étape est maintenant de déployer une chaine de distribution complète, maitrisée de bout en bout entre les contenus (Google Play) et les consommateurs (équipés de terminaux Nexus ou de terminaux propulsés par Android).

Vous remarquerez que Google n’invente rien, les équipes se contentent de reproduire le modèle qui a fait ses preuves chez Apple et Amazon. Au vu des chiffres annoncés, nous sommes en droit de nous dire que l’élève aura bientôt dépassé le maitre : plus de 600.000 applications proposées, 20 MM d’applications installées… (Google Play: 600K Apps, 1.5B Installs Per Month, 20B Total, Now With Byte-Sized Smart App Updates).

Certes, Google nous a prouvé que ses équipes étaient en capacité de livrer un système d’exploitation fiable et abouti, ainsi que de concevoir des terminaux de très bonne facture. Il leur reste maintenant à relever deux défis :

  • Sécuriser des contrats de distribution avec les grands éditeurs de livres et journaux, les chaines de TV, les studios de cinéma et les labels musicaux pour étoffer les catalogues de Google Play ;
  • Amorcer une transition en douceur pour faire fabriquer ses propres terminaux par Motorola (racheté à prix d’or) et non plus par Samsung (qui ne se gène pas pour sortir des produits en concurrence directe).

Sous cet angle, la concurrence d’Amazon semble plus menaçante que celle d’Apple. Vous noterez à ce sujet que Google n’a toujours rien proposé en ce qui concerne les ebooks, malgré un rapprochement avec iRiver… Toujours est-il que Google semble bien parti pour relever ces défis et stabiliser un écosystème riche et lucratif. Car c’est bien de ça dont il est question : diversifier les revenus pour réduire la dépendance aux offres publicitaires reposant sur le moteur de recherche.

Les terminaux mobiles ne sont qu’une étape vers l’informatique pervasive

Nous pourrions argumenter toute la nuit pour savoir qui de ces trois acteurs (Apple, Amazon, Google) est le mieux placé pour dominer les segments des smartphones / tablettes. Par contre, tout le monde s’accorde à dire que si les équipes de Google sont légèrement en retard sur la révolution mobile, elles sont par contre sacrément en avance sur la prochaine révolution : celle de l’informatique pervasive et des interfaces transparentes.

Les équipes de R&D se sont ainsi illustrées l’année dernière en faisant homologuer la technologie Google permettant de faire rouler des véhicules sans conducteurs : Google’s Driverless Cars Now Officially Licensed in Nevada.

Cette année, Serguey Brin et ses équipes ont créé la sensation en faisant une démonstration live de la dernière itération des Google GlassProject Glass skydive stunt captured on video. Assurément la live demo la plus sensationnelle de ces dernières années :

Comme nous en avons l’habitude avec Google, ce Project Glass n’en est qu’au stade de projet expérimental (pas une beta, même pas une alpha). De ce fait, personne ne sait à quoi ces lunettes intelligentes vont réellement servir, mais le prototype semble néanmoins au point : Google’s Project Glass: first impressions. Une première version devrait sortir en début d’année prochaine avec le SDK pour que les développeurs commencent à se familiariser avec l’engin et conçoivent les premières applications. La version commerciale ne devrait sortir qu’en 2014 en partenariat avec des grands fabricants de lunettes : Google Project Glass now available for developers, to consumers in 2014.

Encore une fois, je ne suis pas certain que les équipes de Google aient une roadmap très précise pour ce produit, mais le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ouvre d’innombrables possibilités : réalité augmentée, contenus et services personnalisés, assistance et guidage, reconnaissance de formes et de visages… Imaginez un peu ce que cela pourrait donner dans un musée ou dans les jardins de Versailles, il y a une infinité de possibilités, d’autant plus si ces lunettes sont combinées avec un smarpthone Android.

Autant ce qui a été présenté en rapport avec leur smartphone nous laisse un arrière-goût de déjà-vu, autant avec ce Project Glass, Google nous projette dans le futur, dans LEUR futur. Un futur où Apple, Microsoft ou Samsung n’ont même pas commencé à envisager. Affaire à suivre…

Récapitulatif des tendances de la mobilité (1)

Cette semaine se déroulait à Barcelone le Mobile World Congress, LA grand-messe annuelle de la mobilité. Je pense ne pas me tromper en disant que cette édition 2012 en a déçu plus d’un (Want to see 2012′s mobile future? Look at 2011). Je n’ai pas pu y assister, mais les habitués s’accordent à dire qu’il y a eu moins d’annonces et d’innovations que les éditions précédentes. Ceci étant dit, l’actualité de ces deux dernières semaines a été tellement riche que ça n’a pas vraiment d’importance. Je vous propose donc de récapituler les annonces faites pendant et en dehors de la conférence.

Concernant les constructeurs :

Concernant les éditeurs et fournisseurs de solutions :

  •  Adobe a officiellement lancé Photoshop pour iOS ;
  • Le catalogue Marvel est maintenant proposé sur iBookstore ;
  • Facebook a officiellement annoncé son offre de marketing mobile ainsi qu’une proposition de standardisation du web mobile et du paiement sur terminaux mobiles ;
  • Des rumeurs annoncent la disponibilité dans le courant de l’année d’Android 5.0 (nom de code = Key Lime Pie) ;
  • Forrester nous rappelle qu’aucune tablette tournant sur Android ne dépasse les 5% de parts de marché, l’iPad reste donc un support de référence. À moins que le Kindle Fire ne vienne jouer les troubles fête en s’accaparant 1/3 du trafic ;
  • Windows 8 sera résolument tourné vers le monde mobile ;
  • Mozilla a surpris tout le monde avec l’annonce de Open Web Device, un projet de système d’exploitation mobile open source reposant sur HTML5 ;
  • Enfin Google vient tout juste de fusionner ses différentes places de marché de livres, jeux, applications, musiques et films en une destination unique : Google Play.

Vous conviendrez que si le congrès à été perçu comme décevant, les annonces pleuvent.

Maintenant que nous avons fait le tour des nouveautés, je vous propose de prendre du recul et de lister les tendances qui vont caractériser l’année 2012 :

  • Android domine le marché des smartphones. Les ambitions de Google concernant la mobilité sont connues depuis longtemps, ils se sont donné les moyens de leurs ambitions et les résultats : après une progression fulgurante et un rythme de 850.000 activations par jour, les smartphones propulsés par Android dominent maintenant le marché (2012 Mobile Future in Focus). Mais cette domination ne s’arrête pas là, car ils proposent également de nombreux services et ressources pour aider les marques et commerçants (ex : How to Go Mo). Bref, je pense que je peux éditer mon article de l’année dernière et retirer le point d’interrogation : Google en passe de s’approprier l’internet mobile ?.
  • Le marché des tablettes est très dynamique et les perspectives de croissance toujours aussi fortes (cf. 2012 sera l’année des tablettes et ).

    Force est de constater qu’Apple règne toujours en maitre sur ce créneau, malgré les très bons résultats du Kindle Fire d’Amazon (Amazon Expands Tablets’ Addressable Market). La position dominante de la firme de Cupertino ne risque pas de faiblir avec l’annonce imminente de l’iPad 3.
  • La montée en puissance du m-Marketing avec des solutions toujours plus mûres : +722% d’impressions publicitaires sur smartphones en Europe.
  • L’avènement du m-Commerce avec des chiffres très encourageants (97% of people have shopped online, 30% using a smartphone) et surtout les solutions de paiement via terminaux mobiles, à l’image de Square qui propose maintenant des solutions de paiement pour les boutiques et les taxis.

    Du coup Paypal lance un partenariat avec Tabbedout pour faire des paiements mobiles dans les bars et restaurants. Profitons-en pour rappeler que Starbucks est très content de son partenariat avec LevelUp, et que iZettle est officiellement disponible en Scandinavie.
  • De plus en plus de solutions MtoM (Machine-to-Machine) commencent à voir le jour. Un domaine particulièrement intéressant, surtout dans la domotique ou pour les capteurs distants. L’arrivée sur le marché d’offres de téléphonie low cost chez Free devrait générer de nombreuses opportunités (notamment avec le transfert de données par SMS grâce à des forfaits à 2€/mois).

2012 va résolument être une année passionnante, il va nous falloir in peu de temps pour digérer toutes ces annonces et voir comment tout ceci s’articule. Si le secteur grand public est naturellement privilégié, je pense que les innovations les plus intéressantes seront à chercher du côté de l’entreprise. Mais nous aurons l’occasion d’en reparler…

Google à l’assaut de votre télévision (6)

Le sujet de la TV connectée n’est pas neuf, j’en parlais déjà il y a quelques années (Internet = l’avenir de la télévision et inversement et La télévision est-elle l’avenir de l’internet ? En partie) et le débat continue, car il est complexe (TV connectée : de l’euphorie au pragmatisme). Lancée il y a un an et demi, Google TV s’installe lentement mais sûrement dans le paysage audiovisuel. Pour le moment, le taux de pénétration de Google TV est anecdotique, car d’autres systèmes lui font barrage (notamment TiVo aux États-Unis et Free en France), mais l’argument massue du système plus que gratuit (OS gratuit et partage des revenus publicitaires) va immanquablement finir par séduire les constructeurs.

En fin d’année dernière, les équipes de Google nous ont ainsi présenté une nouvelle version de Google TV propulsée par la version 3.1 d’AndroidAn Update on Google TV.

La nouvelle interface de Google TV

Au programme des nouveautés :

  • Une nouvelle interface simplifie la découverte de films et séries TV
  • Une fonction de recherche simplifiée
  • Une intégration transparente de YouTube
  • La possibilité de consulter vos photos stockées dans les nuages

Tout ceci est donc très alléchant, mais le meilleur reste à venir grâce à l’Android Market : Google TV, Take 2: Android Apps Join the Smart TV Party. Le système d’exploitation Android donne ainsi accès à des centaines de milliers d’applications qui forment un écosystème dense, inspiré de celui de Apple (Google Chrome OS = iOS + iTunes). Bon dans les faits, les applications proposées ont été pensées pour les smartphones, les éditeurs doivent donc intégralement repenser les interfaces pour tenir compte des contraintes d’affichage et de saisie (Google publie des recommandations pour la conception d’interfaces TV).

Les applications Android disponibles sur la Google TV

Concrètement, il existe moins d’une centaine d’applications spécifiquement conçues pour la TV, mais nous commençons à voir des choses très intéressantes, comme des portages de jeux (Zynga Poker Debuts On Google TV) ou des applications de social TV comme BuddyTV qui se pilotent à partir de votre smartphone ou de votre tablette. Tout l’intérêt de ses applications réside en effet dans un usage multi-écran : Vous créez un compte sur votre ordinateur, vous êtes prévenu d’un programme sur votre smartphone, vous le regardez sur votre télé tout en le commentant avec vos amis sur votre tablette (De l’intérêt des touchbooks comme écrans secondaires). Ces applications multi-écrans offrent d’innombrables possibilités qui vont bien au-delà des programmes TV (Four Stopgap Apps That Almost Fix Google TV 2.0).

Malgré les qualités de cette nouvelle version, Google va devoir faire face à une concurrence féroce :

  • Des fournisseurs d’accès comme Free qui proposent des boitiers intelligents (la Freebox Revolution permet ainsi de jouer à une petite sélection de jeux ainsi que d’applications comme Facebook et Twitter). Free a clairement pris l’avantage sur ce terrain, mais Google TV permettra justement aux opérateurs à la traîne de gagner un temps précieux et surtout de limiter les dépenses de R&D.
  • Des constructeurs de TV comme Samsung qui proposent leur propre système (Samsung et ses 10 millions d’applications téléchargées). Là encore, Samsung a pris de l’avance, mais son système va avoir beaucoup de mal à tenir la comparaison, d’autant plus que Google et Samsung sont étroitement liés sur le segment des smartphones. Nous pouvons donc nous attendre à un repli stratégique du géant coréen qui préfèrera couper son budget R&D pour faire face à ses rivaux Sony et LG.
  • Des fabricants de consoles comme Microsoft avec sa Xbox. Même si l’offre de Microsoft est cohérente, les OS de la Xbox et des Windows Phone sont encore dissociés, contrairement à Android qui propulse les smartphones, les tablettes et dont les applications sont compatibles avec Chrome OS.
  • Des autres plateformes sociales qui essayent de faire valoir leur position privilégiée entre les clients (téléspectateurs) et les fournisseurs de contenus (les chaines). Si l’on commence à voir des initiatives très intéressantes autour de la social TV avec Facebook et Twitter (Twitter Embraces Its Social Role in TV et Is There A Future For Social TV?), les plateformes sociales seront toujours dans une position très fragiles.
  • De la part d’Apple qui pourrait bien jouer les trouble-fête (Apple Plots Its TV Assault). Pour le moment ce ne sont que des spéculations, mais de toute façon, Si l’offre de Apple avec iOS est le modèle dominant, Google ne joue pas dans la même gamme de prix.

Comme si la bataille n’était pas assez rude sur le web ou sur le mobile, Google c’est donc lancé sur un autre créneau ultra-concurrentiel. Encore une fois, si les parts de marché de Google TV sont aujourd’hui très faibles (euphémisme), et si la concurrence s’organise (PayPal a créé une solution dédiée aux paiements en ligne depuis son téléviseur connecté), Google finira bien par gagner car son offre propose une intégration plus large de services (régie publicitaire, applications, recherche…) : Why Google TV will win. Ceci étant dit, la conquête du territoire national nécessitera une concertation avec les pouvoirs publics (Pour une stratégie européenne de la TV connectée), ça tombe bien, car notre président s’entend bien avec Eric Schmidt (ils ont récemment inauguré tous les deux le nouveau centre de recherche de Google à Paris).

MàJ (06/01/2012) : Nous en savons un peu plus sur les plans de Google : Google TV on track to launch around the world in 2012. Plusieurs annonces devraient être confirmées lors du prochain salon CES en fin de mois, mais nous savons déjà que des partenariats ont été conclus avec Samsung et LG pour la commercialisation de TV intégrant la technologie Google.

La nouvelle télé de LG propulsée par Google TV

De même, des accords ont été passés avec deux concepteurs de puces (Marvell et MediaTek) pour faire évoluer le système Google TV vers une architecture ARM (donc un prix de vente plus bas).

Google en passe de s’approprier l’internet mobile ? (0)

Cette semaine Google a lancé une initiative intéressante baptisée GoMo (comme dans “Go Mobile“). L’idée est de proposer un site d’évangélisation autour de la mobilité présentant de façon didactique l’intérêt pour un annonceur local de proposer un site mobile. Le contenu est très bien fait et la vidéo est on ne peut plus explicite :

Ils proposent également des exemples de réalisations et un annuaire de prestataires compétents pour développer des sites mobiles. Vous doutez bien qu’avec cette initiative, les équipes ont une idée derrière la tête. En fait ce site n’est pas la première mais plutôt la dernière pierre de leur stratégie de domination sur le mobile.

Ce n’est en effet pas la première fois que Google fait du prosélytisme sur la mobilité, car ils avaient déjà publié des articles très intéressants sur le sujet dans leur Think QuarterlyThe Mobile Metamorphosis. Ils avaient également fourni des données pleines d’optimisme sur le potentiel de la mobilité : Notre planète mobile.

Notre Planète Mobile par Google

Rajouter à cela le lancement en début d’année de Google Mobile Site Builder, un outil de création de site mobile à destination des commerçants qui fonctionne sur la base de templates :

L'outil de création de sites mobiles par Google

Donc si je récapitule, ils ont : les articles et données pour évangéliser le marché, les outils pour développer les sites mobiles, la place de marché de prestataires, la régie publicitaire (AdMob), les services de promotion locale (Places et Local Deals), la plateforme cartographique qui fait le lien entre ces services (Google Maps), le système d’exploitation qui propulse les smartphones (Android), une marque qui fabrique des smartphones (Motorola) et les partenariats industriels avec d’autres constructeurs (Samsung, HTC…). Si vous mettez tout ceci bout à bout, vous vous rendez compte qu’en quelques années ils ont élaboré et mis en oeuvre une stratégie de domination (quasi) sans partage de l’internet mobile. D’ailleurs leur stratégie d’évangélisation se poursuit avec cette nouvelle vidéo faisant l’article sur les Mobile Ads :

Tout ceci est la résultante de la vision annoncée par Eric Schmitt il y a quelques années : “L’avenir de l’internet sera mobile“. Devant une stratégie si bien exécutée, on se demande qui peut potentiellement se mettre en travers de leur route :

  • Apple ? Pas réellement, car si la firme de Cuppertino s’accapare le haut du marché (pour le moment le plus lucratif), la part de marché des terminaux propulsés par Android est en progression exponentielle.
  • Des petits éditeurs indépendants comme Sencha ou RhoMobile ? Aucune chance, ces éditeurs sont des puces se promenant entre les pattes d’un mammouth, Google pourrait les racheter avec les bénéfices engendrés en quelques jours.
  • Adobe ? Pas sûr, car même si le rachat de PhoneGap est un très beau coup, les deux sociétés ne sont pas réellement en compétition et ne souhaitent pas l’être (elles ont d’autres chats à fouetter).
  • Facebook et le rachat récent de Strobe (qui édite SproutCore ) ? Peut-être, même si ce rachat s’inscrit dans le cadre du projet Spartan, une refonte de la Facebook Platform en HTML5, donc un environnement fermé.

Au final, je ne vois pas trop qui pourrait empêcher Google de s’approprier l’internet mobile. Sur les 3 dernières années, l’iPhone a cristallisé les efforts de nombreux acteurs qui ont investis sans compter pour essayer de s’imposer sur le créneau des smartphones haut de gamme. Pendant ce temps, Google a su profiter de cette diversion pour avancer ses pions et paralyser ses concurrents sur l’échiquier. Je ne fais pas référence à Apple, mais plutôt à Microsoft (avec Mobile Phone), Nokia (avec Symbian) ou Samsung (avec Bada).

De plus, cette orientation très marquée vers les terminaux mobiles concerne TOUS les terminaux, même les feature phones qui sont bien trop souvent les parents pauvres : The One Chart You Need To See To Understand Mobile.

Répartition des terminaux mobiles par type et OS

J’attends beaucoup parler ces derniers temps du probable fin de règne de Google et de sa vache à lait (la recherche et les adwords), en mettant bout à bout ces différentes initiatives, on se rend compte qu’ils sont en passe d’en créer une nouvelle : le marketing mobile. Attendons de voir comment tout ceci va évoluer, mais je pense que d’autres rachats vont venir compléter ce tableau et que la domination de Google est inévitable. L’avenir nous dira si mon intuition est bonne, toujours est-il qu’il devient plus qu’urgent d’intégrer la dimension mobile dans votre plateforme de marque.

Avec Chrome OS, Google parie sur le CloudBookCommentaires fermés

Après 1 an 1/2 d’attente, Google a enfin dévoilé son fameux projet de système d’exploitation pour netbook : Chrome OS. Dire que les attentes du marché à ce sujet étaient élevées est un euphémisme (cf. Google lance Chrome OS, un système d’exploitation pour netbooksChrome OS, la pierre angulaire de l’empire Google et Avec Chrome OS Google se positionne sur l’outil informatique du futur). Au final, Chrome OS ressemble à ce qui avait déjà été présenté. Pour résumer : Chrome OS = Chrome, je vous laisse découvrir les détails de l’annonce ici : Google Chrome OS, What You Need to Know.

Cloud Computing + Notebook =  ClouBook

Ce qui est par contre plus intéressant, c’est que pour pouvoir lancer une beta de Chrome OS, Google avait besoin d’un hardware bien spécifique, ils ont donc décidé de proposer leur propre machine : le Cr-48.

Le prototype Cr-48 de Google

Première surprise : ce n’est pas un netbook, mais le format au-dessus (12″, donc un ultra-portable). Deuxième surprise : ce notebook est livré avec une connexion 3G intégrée. Nous ne sommes donc pas en présence d’un smartbook comme je l’avais prévu. Précision importante : cette machine n’est pas et ne sera jamais commercialisée, elle est juste là pour héberger l’OS et tester le concept du cloudbook.

Si cette machine est livrée avec une connexion permanente (Wi-Fi + 3G) c’est tout simplement parce que Chrome OS ne peut pas fonctionner sans connexion internet. Pour être plus précis : Chrome OS n’étant qu’un système d’exploitation caché derrière un navigateur, il est quasi-inutilisable sans connexion. Les premières réactions à ce prototype Cr-48 sont plutôt mitigées (On The Road With Cr-48: The Chrome Notebook Is Both Shiny And Tarnished,Google Chrome notebook unboxing photos and first impressionsGoogle’s Cr-48 Netbook Review: Is this the dawn of computing’s future?, ), mais cela n’a pas d’importance dans la mesure où cette machine ne sera jamais commercialisée (les premiers produits devraient sortir dans le milieu de l’année 2011).

Vers une informatique sans applications ?

Intéressons-nous donc au coeur de l’offre de Google : le Web Store. Nous avons maintenant la confirmation que Chrome OS est une version dépouillée de Linux dont l’unique objectif est de faire tourner le navigateur Chrome. Cela veut dire qu’il n’est pas possible d’installer des applications sur une machine propulsée par Chrome OS. Les équipes de Google jouent sur les mots en vous disant qu’il existe des milliers d’applications dans le Chrome Web Store, mais ce ne sont en fait que des services en ligne. Puisque le hardware ne compte pas (pour le moment), puisque l’OS est transparent et puisque nous connaissons déjà tout ce qu’il y a à savoir sur Chrome, la pierre angulaire de Chrome OS est donc sa marketplace d’applications (cf. Google Chrome OS = iOS + iTunes) et le principe de cloudbook.

La place de marché d’applications de Google

Ne vous laissez pas berner par le terme de cloudbook, c’est un concept qui n’est pas neuf : The Network Computer Arrives…Finally! et Time Your Attack: Oracle’s Lost Revolution. L’idée est de ne rien stocker sur la machine : les données ET les applications sont en ligne. Cette approche présente d’innombrables avantages (pérennisation des données, facilité d’entretien et de mise à jour, démarrage ultra-rapide…) mais présente aussi un gros inconvénient : pas de connexion, pas d’utilisation. C’est une approche radicale, mais pour bon nombre d’utilisateurs, un ordinateur n’a d’intérêt que s’il est connecté à internet.

La question est donc de savoir si un cloudbook peut remplacer un ordinateur traditionnel. Et là, les avis encore plus divisés : Chrome OS: What Is It Good For?In Defense Of Chrome OSGoogle, Chrome OS and the Big PictureGoogle Goes to the Cloud for New Idea in PC System… En substance : un cloudbook ne peut pas remplacer réellement remplacer un ordinateur, mais avons-nous encore besoin d’un ordinateur ? Et c’est là où se situe le pari de Google : concentrer l’ensemble des usages informatique dans le navigateur.

Force est de constater que pour une bonne partie des utilisateurs, tout se passe dans le navigateur. Reste 5 à 10% d’usages qui peuvent potentiellement être migrés (retouche photo, musique…). Mon estimation est qu’une machine tournant sous Chrome OS pourrait convenir à la moitié de la population (grand public ET entreprise). Et c’est là le tour de force de Google : proposer une nouvelle approche de l’outil informatique qui se décline en BtoC et en BtoB. Si nous mettons de côté les graphistes et autres contrôleurs de gestion qui ont besoin de logiciels pour pouvoir travailler, il reste une très grosse partie de collaborateurs qui pourraient tout à fait se satisfaire d’un système d’exploitation diminué où toutes les applications seraient dans le navigateur (Emails, intranet, SalesForce, Zoho, Google Apps…).

Un des gros enjeux de Google va donc être de convaincre les DSI que l’ensemble des collaborateurs n’a pas forcément besoin d’une machine avec Windows et Office. Ils ont donc tout naturellement lancé il y a quelques jours un outil de déploiement de Chrome pour les entreprises : Chrome is Ready for Business. Il est ainsi tout à fait envisageable d’équiper le personnel “terrain” avec de telles machines en remplacement des terminaux client/serveur : gestionnaires d’entrepôts, vendeurs en boutique, guichetiers…

Le deuxième gros enjeu va être de séduire le grand public avec des applications en ligne qui tiennent la route. Et sur ce sujet, il existe déjà des choses tout à fait intéressantes : The Five Best Chrome Webapps That Aren’t Just Bookmarks. Et ce n’est qu’un début puisqu’il reste encore 6 mois à la communauté pour proposer des applications en ligne disruptives et 6 mois à Google pour perfectionner son OS. De plus, le principe de cloudbook est également une solution viable pour tous les contenus de divertissement :

Pourquoi cette obsession pour le navigateur ? Tout simplement parce que c’est là où Google gagne de l’argent. Plus Apple vous éloigne de votre navigateur (en déportant vos usages sur des applications propriétaires et vos loisirs sur des contenus verrouillés) et plus ils gagnent de l’argent. Avec Google, c’est l’inverse : plus vous passer de temps dans votre navigateur et plus ils gagneront de l’argent (notamment via leur modèle publicitaire qui se diversifie d’année en année).

Au final, le cloudbook à la sauce Google ne pourra pas concurrencer les ordinateurs traditionnels, mais peut potentiellement répondre aux besoins d’une large majorité des utilisateurs. Quelle majorité ? Tout est une question de persuasion (faire adhérer le grand public et les entreprises au principe de cloudbook) et de temps. D’ici à 2012, l’offre de Google pourrait ainsi menacer la moitié des parts de marché de Microsoft.

Deux obstacles : les périphériques et Android

Google vient donc de lever le voile sur sa stratégie, force est de constater qu’elle est ambitieuse. Il reste maintenant à résoudre deux problèmes de taille :

  • Le casse-tête de la compatibilité des périphériques. Sur ce point-là, il y a deux écoles : Essayer de rendre compatible le plus de périphériques et finir avec un OS obèse (Windows), ou se limiter à une sélection restreinte de périphériques “casher” (Mac OS). Je ne suis pas un spécialiste, mais je pense que Google a tout intérêt à imposer sa norme, mais je suis preneur d’avis structurés sur ce point.
  • Le possible phagocytage avec Android. Maintenir deux OS est en effet un travail titanesque et la logique voudrait de capitaliser sur une seule et même plateforme (comme peut le faire Nokia avec Meego). Certains observateurs s’empressent d’enterrer Chrome OS (Gmail Creator Paul Buchheit: Chrome OS Will Perish Or “Merge” With AndroidAndroid Has Won — Time for Chrome OS to Move Along?), mais je reste persuadé que la disparité entre les terminaux ciblés est tellement large que c’est une tâche impossible (De la difficulté de concevoir une interface multi-terminaux). Exploiter deux OS me semble donc être une approche plus sécurisante dans un premier temps.

Encore une fois : Chrome OS tel qu’il nous ai présenté n’existe pas réellement. Le produit fini sera très certainement bien différent de ce que nous pouvons tester. Parviendront-ils à trouver des solutions à ces deux problèmes ? Oui je le pense. Les constructeurs sauront-ils proposer des machines avec un niveau de qualité suffisant ? Oui je le pense aussi. Google parviendra-t-il à nouer des partenariats intelligents avec les opérateurs pour proposer une offre viable ?Rien n’est moins sûr. Et c’est sur ce dernier “détail” que je suis le plus pessimiste. Puisse les opérateurs français voir plus loin que le bout de leur nez… Sinon il faudra attendre que Free lance son offre !

/!\ Article initialement publié sur FredCavazza.net.

Google expérimente les ebooks en HTML5Commentaires fermés

Après ChromeExperiments et The Wilderness Downtown, Google continue d’évangéliser le marché sur les capacités d’HTML5 avec un nouveau projet : 20 Things I Learned About Browsers and The Web. Il s’agit en fait d’un livre numérique (sur le même modèle que ce qui existe en Flash comme le FluidBook) qui vulgarise le web au travers d’explications courtes et d’illustrations enfantines :

Le livre numérique de Google en HTML5

Outre la qualité de la réalisation (mise en page, traitements graphiques), ce sont les animations et interactions qui sont les véritables vedettes de ce livre :

  • Le bord de la page se corne au survol de la souris ;
  • Les pages se tournent comme sur un vrai livre ;
  • Certaines illustrations sont animées ;
  • Il est possible de sauter directement à une page en cliquant sur la frise sous le livre.

Rien de très révolutionnaire, si ce n’est que tout est réalisé en HTML5, CSS3 et javascript. En quoi est important ? D’une part ce livre électronique ne repose sur aucune technologie propriétaire, mais chaque page possède sa propre URL et son contenu est parfaitement référencable (comme une page HTML en fait !).

L'index du livre

Cerise sur le gâteau, il existe même un mode de lecture à fort contraste pour lire au lit :

La version nuit

Au niveau du code source, vous pouvez aller vérifier vous même, mais c’est bien une page web traditionnelle :

Le code source

Vous pourriez me dire que cette première expérimentation signe l’arrêt de mort du format propriétaire iBooks d’Apple, mais les choses ne sont pas si simples, car ce livre électronique est illisible sur un iPad (malgré le fait que Safari utilise le même moteur de rendu que Chrome) :

Le livre électronique en HTML5 illisible sur l'iPad

Au-delà de cette (surprenante) incompatibilité, d’autres raisons font que cette expérimentation n’est pas réellement viable :

  • Il existe déjà un format ouvert pour les livres électroniques (ePub) qui fonctionne très bien et de plus sait gérer les DRM (et qui de plus est soutenu par Google : Google Now Offers Over a Million Free Ebooks in EPUB Format) ;
  • Les nombreux autres formats proposés par les constructeurs de e-readers (Comparison of e-book formats) ne vont certainement pas disparaitre, car il existe un important fonds documentaire à rentabiliser ;
  • Les e-readers ne sont pas assez puissants pour faire tourner un navigateur moderne comme Chrome.

Bref, cette expérimentation ressemble plus à une opération d’intimidation (voir de propagande) qu’à une réelle volonté de bouleverser le secteur des livres électroniques. Elle s’inscrit donc dans la stratégie à long terme de Google (cf. Google à l’assaut d’iTunes et d’iOS avec Chrome et HTML5 ?).

Bon ceci étant dit, je commence à voir de plus en plus d’initiative de remplacement de Flash par HTML5. Le lancement de Aviary HTML5 photo editor en est un bel exemple. Encore une fois, n’y voyez pas un signe de la mort prochaine de Flash (Pourquoi HTML5 et Flash ne peuvent être comparés) mais plutôt le retour sur le devant de la scène des technologies standards (CSS3 et javascript seront-elles les technologies RIA du future ?).

/!\ Article initialement publié sur InterfacesRiches.fr.

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