Lancé en octobre 2011 par Apple avec son iPhone 4s, Siri est vite devenu un objet de curiosité pour bon nombre d’observateurs. Il faut bien avouer que cette nouvelle fonctionnalité a de quoi surprendre : un assistant personnel dans votre smartphone que vous interrogez en parlant, rien de tel pour se faire passer pour le dernier de zinzins. Après des débuts chaotiques, Siri a fini par trouver sa place… surtout aux États-Unis où Apple a su nouer des partenariats intéressants avec de grands fournisseurs de contenus et services.
L’interface de Siri
Outre l’interface vocale qui a beaucoup été décriée, quoique l’on puisse y trouver un intérêt (La Chevrolet sera la première voiture à parler le Siri), c’est plus sa capacité d’intelligence artificielle couplée à un accès direct aux données personnelles de l’utilisateur (messages, emails, carnet d’adresses, calendrier, localisation…) qui en fait un terrain d’expérimentation particulièrement intéressant. L’attrait de Siri ne repose donc pas dans le fait de pouvoir programmer un RDV en faisant son jogging, mais plutôt d’y associer toujours plus de services et de sources d’information. Apple y croit très fort, mais semble pour le moment plus préoccupé par le brevetage de son système (Apple seeks patent for Siri automated assistant). Dans la réalité, surtout la nôtre, Siri pêche encore par sa compréhension du français et par la valeur ajoutée très limitée des services qu’il propose aux utilisateurs français.
Plus pragmatique, Google a lancé son propre assistant personnel en juin 2012 avec la sortie d’Android 4.1 : Google Now. Présenté comme un concentré des services et du savoir-faire de Google, ce Now a tout de suite impressionné la communauté par sa redoutable efficacité.
Accessible depuis l’écran de verrouillage, Google Now se présente sous la forme de fiches (cards en anglais) vous indiquant la météo locale, le trajet pour votre prochain RDV, les informations de votre prochaine réservation (avion, restaurant, train…), les anniversaires de vos proches… Vous avez également la possibilité de définir des alertes en fonction de sujets d’actualité, du cours d’une action, d’une rencontre sportive, d’un concert…
Là où Google Now impressionne, c’est qu’il anticipe vos besoins, par exemple en vous prévenant que si vous ne partez pas dans l’instant, vous allez être en retard à votre RDV (il propose aussi d’envoyer un SMS pour prévenir du retard). Au début ça fait peur, mais après, on commence à envisager une infinité de possibilités, d’autant plus que les équipes ont d’énormes ambitions pour améliorer le service : How Google Plans to Find the UnGoogleable.
Dernier exemple en date : Gimbal, la technologie d’intelligence contextuelle que Qualcomm est en train de tester en Asie : Gimbal, Qualcomm’s innovative mobile technology, set for first rollout with Dentsu in Japan. Le principe de Gimbal est de créer un profil enrichi des utilisateurs de terminaux mobiles en fonction des endroits où ils se déplacent, de leurs usages et de leur rythme. Ce profil est ensuite mis à disposition des applications pour proposer une expérience plus personnalisée.
Assistant personnel ou moteur de ciblage publicitaire ? Le moins que l’on puisse dire est que les équipes de Qualcomm se sont plus souciées de séduire les annonceurs et développeurs d’application que les utilisateurs finaux ! Très peu d’informations ont filtré sur cette technologie, mais elle vient accréditer mon intuition sur le prochain cheval de bataille des services mobiles : l’hyper-personnalisation.
Après de longs mois de spéculation, Google vient enfin de présenter de façon officielle sa propre tablette, la Nexus 7, lors de l’évènement Google I/O 2012 (Google Nexus 7 official: $199 tablet from Asus ships mid-July with Android 4.1 Jelly Bean). Ce lancement s’accompagne d’un certain nombre de nouveautés qui nous permettent de voir plus clair dans la stratégie adoptée par le géant californien : déplacer le centre de gravité de son écosystème de son système d’exploitation Android vers ses terminaux (la gamme Nexus) et vers sa boutique de contenus et applications Play. L’avenir des contenus numériques va donc se jouer à trois entre Apple et Amazon et Google.
Nexus 7 : une tablette low-cost centrée sur les contenus
La tablette de Google va donc s’appeler la Nexus 7, elle sera fabriquée par Samsung et coûtera 200$. En sortant une tablette plus petite que l’iPad, Google souhaite donc éviter une confrontation directe avec l’iPad et chasser sur les terres d’Amazon et de son Kindle Fire.
Les caractéristiques techniques sont plutôt sobres : outre le processeur à quatre coeurs, tout a été fait pour maintenir le prix de vente sous la barre des 200$ (pour les caractéristiques complètes, voyez ici : La tablette Google Nexus 7 officiellement présentée). Rien de très surprenant à cela dans la mesure où les consommateurs ne peuvent tout simplement pas s’équiper d’un smartphone dernier cri, d’une tablette haut de gamme et potentiellement d’un boitier supplémentaire pour connecter leur TV. Google joue donc la complémentarité avec ses autres produits en les regroupant sous la marque Nexus.
À priori, rien ne distingue la Nexus 7 de ce que peuvent produire des fabricants comme Asus ou Acer, si ce n’est le fait que les produits Google seront les premiers à intégrer les dernières versions de son système d’exploitation. En l’occurrence, nous parlons ici d’Android 4.1, une évolution mineure qui est censée apporter tout de même un certain nombre d’améliorations pour améliorer le confort d’usage (avec le système prédictif Project Butter pour plus de fluidité) et l’efficacité (notamment au travers de son toujours très performant système de notification).
Il y a néanmoins deux nouveautés qui ont retenu mon attention :
Voice Search, l’équivalent de Siri, qui permet de faire des requêtes en langage naturel (et qui fonctionne hors-ligne) ;
Google Now, une sorte de mini-écran d’accueil qui synthétise différentes informations en fonction de l’heure et de l’endroit où vous vous trouvez (la température locale, l’état du trafic routier, les dernières infos locales…).
Force est de constater qu’avec Jelly Bean, les équipes d’Android cherchent toujours à imiter et à dépasser sur certains points la référence en la matière : iOS. Mais dans la mesure où l’offre d’Apple semble indéboulonnable sur le segment haut de gamme, Google cherche plutôt à appliquer ses principes de simplicité et d’élégance pour proposer une expérience utilisateur convenant au plus grand nombre.
Et puisque l’on parle de nombre, les derniers chiffres annoncés par Google sont éloquents : il y a maintenant 400M de terminaux tournant sous Android en circulation et un rythme d’activation en croissante constante avec un pic à 1 M d’activation par jour. De ce point de vue là, personne ne peut contester le fait que Google a réussi son pari d’imposer un système d’exploitation au marché. Maintenant que cet objectif est atteint, il devient évident que Google s’est fixé de nouvelles ambitions.
Nexus Q : le sésame pour vos contenus stockés dans les nuages
Outre sa tablette, Google a surpris tout le monde en présentant le Nexus Q, un boitier permettant de connecter votre TV, vos smartphones et même vos enceintes aux contenus disponibles sur Google Play.
Ce Nexus Q serait-il la réponse de Google à l’Apple TV ? Oui et non. Oui, car il permet de consommer les contenus achetés sur Google Play ou sur Google Music ; non, car l’offre Google TV existe toujours et vient même d’évoluer avec un nouveau boitier proposé par Sony (Google Due To Launch TV Service In UK).
Il est pour le moment difficile de bien comprendre les limites de ce que peut offrir le Nexus Q, surtout à 300$, mais cette petite boule nous en dit long sur la nouvelle orientation stratégique de Google.
Android n’est plus un OS, mais un circuit de distribution
Smartphone, tablette et maintenant boitier multimédia. La gamme Nexus présentée cette semaine témoigne du nouveau stade de maturité franchi par Google. La première étape a ainsi été de lancer un système d’exploitation et de fédérer un écosystème de développeurs autour. La seconde étape a consisté à lancer des terminaux en marque propre pour rehausser le niveau et fixer un standard de qualité pour éviter que les constructeurs ne tirent la qualité vers le bas. La troisième étape est maintenant de déployer une chaine de distribution complète, maitrisée de bout en bout entre les contenus (Google Play) et les consommateurs (équipés de terminaux Nexus ou de terminaux propulsés par Android).
Vous remarquerez que Google n’invente rien, les équipes se contentent de reproduire le modèle qui a fait ses preuves chez Apple et Amazon. Au vu des chiffres annoncés, nous sommes en droit de nous dire que l’élève aura bientôt dépassé le maitre : plus de 600.000 applications proposées, 20 MM d’applications installées… (Google Play: 600K Apps, 1.5B Installs Per Month, 20B Total, Now With Byte-Sized Smart App Updates).
Certes, Google nous a prouvé que ses équipes étaient en capacité de livrer un système d’exploitation fiable et abouti, ainsi que de concevoir des terminaux de très bonne facture. Il leur reste maintenant à relever deux défis :
Sécuriser des contrats de distribution avec les grands éditeurs de livres et journaux, les chaines de TV, les studios de cinéma et les labels musicaux pour étoffer les catalogues de Google Play ;
Amorcer une transition en douceur pour faire fabriquer ses propres terminaux par Motorola (racheté à prix d’or) et non plus par Samsung (qui ne se gène pas pour sortir des produits en concurrence directe).
Sous cet angle, la concurrence d’Amazon semble plus menaçante que celle d’Apple. Vous noterez à ce sujet que Google n’a toujours rien proposé en ce qui concerne les ebooks, malgré un rapprochement avec iRiver… Toujours est-il que Google semble bien parti pour relever ces défis et stabiliser un écosystème riche et lucratif. Car c’est bien de ça dont il est question : diversifier les revenus pour réduire la dépendance aux offres publicitaires reposant sur le moteur de recherche.
Les terminaux mobiles ne sont qu’une étape vers l’informatique pervasive
Nous pourrions argumenter toute la nuit pour savoir qui de ces trois acteurs (Apple, Amazon, Google) est le mieux placé pour dominer les segments des smartphones / tablettes. Par contre, tout le monde s’accorde à dire que si les équipes de Google sont légèrement en retard sur la révolution mobile, elles sont par contre sacrément en avance sur la prochaine révolution : celle de l’informatique pervasive et des interfaces transparentes.
Cette année, Serguey Brin et ses équipes ont créé la sensation en faisant une démonstration live de la dernière itération des Google Glass : Project Glass skydive stunt captured on video. Assurément la live demo la plus sensationnelle de ces dernières années :
Comme nous en avons l’habitude avec Google, ce Project Glass n’en est qu’au stade de projet expérimental (pas une beta, même pas une alpha). De ce fait, personne ne sait à quoi ces lunettes intelligentes vont réellement servir, mais le prototype semble néanmoins au point : Google’s Project Glass: first impressions. Une première version devrait sortir en début d’année prochaine avec le SDK pour que les développeurs commencent à se familiariser avec l’engin et conçoivent les premières applications. La version commerciale ne devrait sortir qu’en 2014 en partenariat avec des grands fabricants de lunettes : Google Project Glass now available for developers, to consumers in 2014.
Encore une fois, je ne suis pas certain que les équipes de Google aient une roadmap très précise pour ce produit, mais le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ouvre d’innombrables possibilités : réalité augmentée, contenus et services personnalisés, assistance et guidage, reconnaissance de formes et de visages… Imaginez un peu ce que cela pourrait donner dans un musée ou dans les jardins de Versailles, il y a une infinité de possibilités, d’autant plus si ces lunettes sont combinées avec un smarpthone Android.
Autant ce qui a été présenté en rapport avec leur smartphone nous laisse un arrière-goût de déjà-vu, autant avec ce Project Glass, Google nous projette dans le futur, dans LEUR futur. Un futur où Apple, Microsoft ou Samsung n’ont même pas commencé à envisager. Affaire à suivre…
Cette semaine se déroulait à Barcelone le Mobile World Congress, LA grand-messe annuelle de la mobilité. Je pense ne pas me tromper en disant que cette édition 2012 en a déçu plus d’un (Want to see 2012′s mobile future? Look at 2011). Je n’ai pas pu y assister, mais les habitués s’accordent à dire qu’il y a eu moins d’annonces et d’innovations que les éditions précédentes. Ceci étant dit, l’actualité de ces deux dernières semaines a été tellement riche que ça n’a pas vraiment d’importance. Je vous propose donc de récapituler les annonces faites pendant et en dehors de la conférence.
Concernant les constructeurs :
Toshiba a présenté sa Excite 10LE, la tablette la plus fine du monde ;
Le catalogue Marvel est maintenant proposé sur iBookstore ;
Facebook a officiellement annoncé son offre de marketing mobile ainsi qu’une proposition de standardisation du web mobile et du paiement sur terminaux mobiles ;
Des rumeurs annoncent la disponibilité dans le courant de l’année d’Android 5.0 (nom de code = Key Lime Pie) ;
Forrester nous rappelle qu’aucune tablette tournant sur Android ne dépasse les 5% de parts de marché, l’iPad reste donc un support de référence. À moins que le Kindle Fire ne vienne jouer les troubles fête en s’accaparant 1/3 du trafic ;
Windows 8 sera résolument tourné vers le monde mobile ;
Enfin Google vient tout juste de fusionner ses différentes places de marché de livres, jeux, applications, musiques et films en une destination unique : Google Play.
Vous conviendrez que si le congrès à été perçu comme décevant, les annonces pleuvent.
Maintenant que nous avons fait le tour des nouveautés, je vous propose de prendre du recul et de lister les tendances qui vont caractériser l’année 2012 :
Android domine le marché des smartphones. Les ambitions de Google concernant la mobilité sont connues depuis longtemps, ils se sont donné les moyens de leurs ambitions et les résultats : après une progression fulgurante et un rythme de 850.000 activations par jour, les smartphones propulsés par Android dominent maintenant le marché (2012 Mobile Future in Focus). Mais cette domination ne s’arrête pas là, car ils proposent également de nombreux services et ressources pour aider les marques et commerçants (ex : How to Go Mo). Bref, je pense que je peux éditer mon article de l’année dernière et retirer le point d’interrogation : Google en passe de s’approprier l’internet mobile ?.
Le marché des tablettes est très dynamique et les perspectives de croissance toujours aussi fortes (cf. 2012 sera l’année des tablettes et ).
Force est de constater qu’Apple règne toujours en maitre sur ce créneau, malgré les très bons résultats du Kindle Fire d’Amazon (Amazon Expands Tablets’ Addressable Market). La position dominante de la firme de Cupertino ne risque pas de faiblir avec l’annonce imminente de l’iPad 3.
L’avènement du m-Commerce avec des chiffres très encourageants (97% of people have shopped online, 30% using a smartphone) et surtout les solutions de paiement via terminaux mobiles, à l’image de Square qui propose maintenant des solutions de paiement pour les boutiques et les taxis.
Du coup Paypal lance un partenariat avec Tabbedout pour faire des paiements mobiles dans les bars et restaurants. Profitons-en pour rappeler que Starbucks est très content de son partenariat avec LevelUp, et que iZettle est officiellement disponible en Scandinavie.
De plus en plus de solutions MtoM (Machine-to-Machine) commencent à voir le jour. Un domaine particulièrement intéressant, surtout dans la domotique ou pour les capteurs distants. L’arrivée sur le marché d’offres de téléphonie low cost chez Free devrait générer de nombreuses opportunités (notamment avec le transfert de données par SMS grâce à des forfaits à 2€/mois).
2012 va résolument être une année passionnante, il va nous falloir in peu de temps pour digérer toutes ces annonces et voir comment tout ceci s’articule. Si le secteur grand public est naturellement privilégié, je pense que les innovations les plus intéressantes seront à chercher du côté de l’entreprise. Mais nous aurons l’occasion d’en reparler…
Le sujet de la TV connectée n’est pas neuf, j’en parlais déjà il y a quelques années (Internet = l’avenir de la télévision et inversement et La télévision est-elle l’avenir de l’internet ? En partie) et le débat continue, car il est complexe (TV connectée : de l’euphorie au pragmatisme). Lancée il y a un an et demi, Google TV s’installe lentement mais sûrement dans le paysage audiovisuel. Pour le moment, le taux de pénétration de Google TV est anecdotique, car d’autres systèmes lui font barrage (notamment TiVo aux États-Unis et Free en France), mais l’argument massue du système plus que gratuit (OS gratuit et partage des revenus publicitaires) va immanquablement finir par séduire les constructeurs.
En fin d’année dernière, les équipes de Google nous ont ainsi présenté une nouvelle version de Google TV propulsée par la version 3.1 d’Android : An Update on Google TV.
La nouvelle interface de Google TV
Au programme des nouveautés :
Une nouvelle interface simplifie la découverte de films et séries TV
Une fonction de recherche simplifiée
Une intégration transparente de YouTube
La possibilité de consulter vos photos stockées dans les nuages
Les applications Android disponibles sur la Google TV
Concrètement, il existe moins d’une centaine d’applications spécifiquement conçues pour la TV, mais nous commençons à voir des choses très intéressantes, comme des portages de jeux (Zynga Poker Debuts On Google TV) ou des applications de social TV comme BuddyTV qui se pilotent à partir de votre smartphone ou de votre tablette. Tout l’intérêt de ses applications réside en effet dans un usage multi-écran : Vous créez un compte sur votre ordinateur, vous êtes prévenu d’un programme sur votre smartphone, vous le regardez sur votre télé tout en le commentant avec vos amis sur votre tablette (De l’intérêt des touchbooks comme écrans secondaires). Ces applications multi-écrans offrent d’innombrables possibilités qui vont bien au-delà des programmes TV (Four Stopgap Apps That Almost Fix Google TV 2.0).
Malgré les qualités de cette nouvelle version, Google va devoir faire face à une concurrence féroce :
Des fournisseurs d’accès comme Free qui proposent des boitiers intelligents (la Freebox Revolution permet ainsi de jouer à une petite sélection de jeux ainsi que d’applications comme Facebook et Twitter). Free a clairement pris l’avantage sur ce terrain, mais Google TV permettra justement aux opérateurs à la traîne de gagner un temps précieux et surtout de limiter les dépenses de R&D.
Des constructeurs de TV comme Samsung qui proposent leur propre système (Samsung et ses 10 millions d’applications téléchargées). Là encore, Samsung a pris de l’avance, mais son système va avoir beaucoup de mal à tenir la comparaison, d’autant plus que Google et Samsung sont étroitement liés sur le segment des smartphones. Nous pouvons donc nous attendre à un repli stratégique du géant coréen qui préfèrera couper son budget R&D pour faire face à ses rivaux Sony et LG.
Des fabricants de consoles comme Microsoft avec sa Xbox. Même si l’offre de Microsoft est cohérente, les OS de la Xbox et des Windows Phone sont encore dissociés, contrairement à Android qui propulse les smartphones, les tablettes et dont les applications sont compatibles avec Chrome OS.
Des autres plateformes sociales qui essayent de faire valoir leur position privilégiée entre les clients (téléspectateurs) et les fournisseurs de contenus (les chaines). Si l’on commence à voir des initiatives très intéressantes autour de la social TV avec Facebook et Twitter (Twitter Embraces Its Social Role in TV et Is There A Future For Social TV?), les plateformes sociales seront toujours dans une position très fragiles.
De la part d’Apple qui pourrait bien jouer les trouble-fête (Apple Plots Its TV Assault). Pour le moment ce ne sont que des spéculations, mais de toute façon, Si l’offre de Apple avec iOS est le modèle dominant, Google ne joue pas dans la même gamme de prix.
Comme si la bataille n’était pas assez rude sur le web ou sur le mobile, Google c’est donc lancé sur un autre créneau ultra-concurrentiel. Encore une fois, si les parts de marché de Google TV sont aujourd’hui très faibles (euphémisme), et si la concurrence s’organise (PayPal a créé une solution dédiée aux paiements en ligne depuis son téléviseur connecté), Google finira bien par gagner car son offre propose une intégration plus large de services (régie publicitaire, applications, recherche…) : Why Google TV will win. Ceci étant dit, la conquête du territoire national nécessitera une concertation avec les pouvoirs publics (Pour une stratégie européenne de la TV connectée), ça tombe bien, car notre président s’entend bien avec Eric Schmidt (ils ont récemment inauguré tous les deux le nouveau centre de recherche de Google à Paris).
MàJ (06/01/2012) : Nous en savons un peu plus sur les plans de Google : Google TV on track to launch around the world in 2012. Plusieurs annonces devraient être confirmées lors du prochain salon CES en fin de mois, mais nous savons déjà que des partenariats ont été conclus avec Samsung et LG pour la commercialisation de TV intégrant la technologie Google.
La nouvelle télé de LG propulsée par Google TV
De même, des accords ont été passés avec deux concepteurs de puces (Marvell et MediaTek) pour faire évoluer le système Google TV vers une architecture ARM (donc un prix de vente plus bas).
Cette semaine Google a lancé une initiative intéressante baptisée GoMo (comme dans “Go Mobile“). L’idée est de proposer un site d’évangélisation autour de la mobilité présentant de façon didactique l’intérêt pour un annonceur local de proposer un site mobile. Le contenu est très bien fait et la vidéo est on ne peut plus explicite :
Ils proposent également des exemples de réalisations et un annuaire de prestataires compétents pour développer des sites mobiles. Vous doutez bien qu’avec cette initiative, les équipes ont une idée derrière la tête. En fait ce site n’est pas la première mais plutôt la dernière pierre de leur stratégie de domination sur le mobile.
Ce n’est en effet pas la première fois que Google fait du prosélytisme sur la mobilité, car ils avaient déjà publié des articles très intéressants sur le sujet dans leur Think Quarterly : The Mobile Metamorphosis. Ils avaient également fourni des données pleines d’optimisme sur le potentiel de la mobilité : Notre planète mobile.
Notre Planète Mobile par Google
Rajouter à cela le lancement en début d’année de Google Mobile Site Builder, un outil de création de site mobile à destination des commerçants qui fonctionne sur la base de templates :
L'outil de création de sites mobiles par Google
Donc si je récapitule, ils ont : les articles et données pour évangéliser le marché, les outils pour développer les sites mobiles, la place de marché de prestataires, la régie publicitaire (AdMob), les services de promotion locale (Places et Local Deals), la plateforme cartographique qui fait le lien entre ces services (Google Maps), le système d’exploitation qui propulse les smartphones (Android), une marque qui fabrique des smartphones (Motorola) et les partenariats industriels avec d’autres constructeurs (Samsung, HTC…). Si vous mettez tout ceci bout à bout, vous vous rendez compte qu’en quelques années ils ont élaboré et mis en oeuvre une stratégie de domination (quasi) sans partage de l’internet mobile. D’ailleurs leur stratégie d’évangélisation se poursuit avec cette nouvelle vidéo faisant l’article sur les Mobile Ads :
Tout ceci est la résultante de la vision annoncée par Eric Schmitt il y a quelques années : “L’avenir de l’internet sera mobile“. Devant une stratégie si bien exécutée, on se demande qui peut potentiellement se mettre en travers de leur route :
Apple ? Pas réellement, car si la firme de Cuppertino s’accapare le haut du marché (pour le moment le plus lucratif), la part de marché des terminaux propulsés par Android est en progression exponentielle.
Des petits éditeurs indépendants comme Sencha ou RhoMobile ? Aucune chance, ces éditeurs sont des puces se promenant entre les pattes d’un mammouth, Google pourrait les racheter avec les bénéfices engendrés en quelques jours.
Adobe ? Pas sûr, car même si le rachat de PhoneGap est un très beau coup, les deux sociétés ne sont pas réellement en compétition et ne souhaitent pas l’être (elles ont d’autres chats à fouetter).
Facebook et le rachat récent de Strobe (qui édite SproutCore ) ? Peut-être, même si ce rachat s’inscrit dans le cadre du projet Spartan, une refonte de la Facebook Platform en HTML5, donc un environnement fermé.
Au final, je ne vois pas trop qui pourrait empêcher Google de s’approprier l’internet mobile. Sur les 3 dernières années, l’iPhone a cristallisé les efforts de nombreux acteurs qui ont investis sans compter pour essayer de s’imposer sur le créneau des smartphones haut de gamme. Pendant ce temps, Google a su profiter de cette diversion pour avancer ses pions et paralyser ses concurrents sur l’échiquier. Je ne fais pas référence à Apple, mais plutôt à Microsoft (avec Mobile Phone), Nokia (avec Symbian) ou Samsung (avec Bada).
De plus, cette orientation très marquée vers les terminaux mobiles concerne TOUS les terminaux, même les feature phones qui sont bien trop souvent les parents pauvres : The One Chart You Need To See To Understand Mobile.
Répartition des terminaux mobiles par type et OS
J’attends beaucoup parler ces derniers temps du probable fin de règne de Google et de sa vache à lait (la recherche et les adwords), en mettant bout à bout ces différentes initiatives, on se rend compte qu’ils sont en passe d’en créer une nouvelle : le marketing mobile. Attendons de voir comment tout ceci va évoluer, mais je pense que d’autres rachats vont venir compléter ce tableau et que la domination de Google est inévitable. L’avenir nous dira si mon intuition est bonne, toujours est-il qu’il devient plus qu’urgent d’intégrer la dimension mobile dans votre plateforme de marque.
Ce qui est par contre plus intéressant, c’est que pour pouvoir lancer une beta de Chrome OS, Google avait besoin d’un hardware bien spécifique, ils ont donc décidé de proposer leur propre machine : le Cr-48.
Le prototype Cr-48 de Google
Première surprise : ce n’est pas un netbook, mais le format au-dessus (12″, donc un ultra-portable). Deuxième surprise : ce notebook est livré avec une connexion 3G intégrée. Nous ne sommes donc pas en présence d’un smartbook comme je l’avais prévu. Précision importante : cette machine n’est pas et ne sera jamais commercialisée, elle est juste là pour héberger l’OS et tester le concept du cloudbook.
Intéressons-nous donc au coeur de l’offre de Google : le Web Store. Nous avons maintenant la confirmation que Chrome OS est une version dépouillée de Linux dont l’unique objectif est de faire tourner le navigateur Chrome. Cela veut dire qu’il n’est pas possible d’installer des applications sur une machine propulsée par Chrome OS. Les équipes de Google jouent sur les mots en vous disant qu’il existe des milliers d’applications dans le Chrome Web Store, mais ce ne sont en fait que des services en ligne. Puisque le hardware ne compte pas (pour le moment), puisque l’OS est transparent et puisque nous connaissons déjà tout ce qu’il y a à savoir sur Chrome, la pierre angulaire de Chrome OS est donc sa marketplace d’applications (cf. Google Chrome OS = iOS + iTunes) et le principe de cloudbook.
La place de marché d’applications de Google
Ne vous laissez pas berner par le terme de cloudbook, c’est un concept qui n’est pas neuf : The Network Computer Arrives…Finally! et Time Your Attack: Oracle’s Lost Revolution. L’idée est de ne rien stocker sur la machine : les données ET les applications sont en ligne. Cette approche présente d’innombrables avantages (pérennisation des données, facilité d’entretien et de mise à jour, démarrage ultra-rapide…) mais présente aussi un gros inconvénient : pas de connexion, pas d’utilisation. C’est une approche radicale, mais pour bon nombre d’utilisateurs, un ordinateur n’a d’intérêt que s’il est connecté à internet.
Force est de constater que pour une bonne partie des utilisateurs, tout se passe dans le navigateur. Reste 5 à 10% d’usages qui peuvent potentiellement être migrés (retouche photo, musique…). Mon estimation est qu’une machine tournant sous Chrome OS pourrait convenir à la moitié de la population (grand public ET entreprise). Et c’est là le tour de force de Google : proposer une nouvelle approche de l’outil informatique qui se décline en BtoC et en BtoB. Si nous mettons de côté les graphistes et autres contrôleurs de gestion qui ont besoin de logiciels pour pouvoir travailler, il reste une très grosse partie de collaborateurs qui pourraient tout à fait se satisfaire d’un système d’exploitation diminué où toutes les applications seraient dans le navigateur (Emails, intranet, SalesForce, Zoho, Google Apps…).
Un des gros enjeux de Google va donc être de convaincre les DSI que l’ensemble des collaborateurs n’a pas forcément besoin d’une machine avec Windows et Office. Ils ont donc tout naturellement lancé il y a quelques jours un outil de déploiement de Chrome pour les entreprises : Chrome is Ready for Business. Il est ainsi tout à fait envisageable d’équiper le personnel “terrain” avec de telles machines en remplacement des terminaux client/serveur : gestionnaires d’entrepôts, vendeurs en boutique, guichetiers…
Le deuxième gros enjeu va être de séduire le grand public avec des applications en ligne qui tiennent la route. Et sur ce sujet, il existe déjà des choses tout à fait intéressantes : The Five Best Chrome Webapps That Aren’t Just Bookmarks. Et ce n’est qu’un début puisqu’il reste encore 6 mois à la communauté pour proposer des applications en ligne disruptives et 6 mois à Google pour perfectionner son OS. De plus, le principe de cloudbook est également une solution viable pour tous les contenus de divertissement :
Pourquoi cette obsession pour le navigateur ? Tout simplement parce que c’est là où Google gagne de l’argent. Plus Apple vous éloigne de votre navigateur (en déportant vos usages sur des applications propriétaires et vos loisirs sur des contenus verrouillés) et plus ils gagnent de l’argent. Avec Google, c’est l’inverse : plus vous passer de temps dans votre navigateur et plus ils gagneront de l’argent (notamment via leur modèle publicitaire qui se diversifie d’année en année).
Au final, le cloudbook à la sauce Google ne pourra pas concurrencer les ordinateurs traditionnels, mais peut potentiellement répondre aux besoins d’une large majorité des utilisateurs. Quelle majorité ? Tout est une question de persuasion (faire adhérer le grand public et les entreprises au principe de cloudbook) et de temps. D’ici à 2012, l’offre de Google pourrait ainsi menacer la moitié des parts de marché de Microsoft.
Deux obstacles : les périphériques et Android
Google vient donc de lever le voile sur sa stratégie, force est de constater qu’elle est ambitieuse. Il reste maintenant à résoudre deux problèmes de taille :
Le casse-tête de la compatibilité des périphériques. Sur ce point-là, il y a deux écoles : Essayer de rendre compatible le plus de périphériques et finir avec un OS obèse (Windows), ou se limiter à une sélection restreinte de périphériques “casher” (Mac OS). Je ne suis pas un spécialiste, mais je pense que Google a tout intérêt à imposer sa norme, mais je suis preneur d’avis structurés sur ce point.
Encore une fois : Chrome OS tel qu’il nous ai présenté n’existe pas réellement. Le produit fini sera très certainement bien différent de ce que nous pouvons tester. Parviendront-ils à trouver des solutions à ces deux problèmes ? Oui je le pense. Les constructeurs sauront-ils proposer des machines avec un niveau de qualité suffisant ? Oui je le pense aussi. Google parviendra-t-il à nouer des partenariats intelligents avec les opérateurs pour proposer une offre viable ?Rien n’est moins sûr. Et c’est sur ce dernier “détail” que je suis le plus pessimiste. Puisse les opérateurs français voir plus loin que le bout de leur nez… Sinon il faudra attendre que Free lance son offre !
Après ChromeExperiments et The Wilderness Downtown, Google continue d’évangéliser le marché sur les capacités d’HTML5 avec un nouveau projet : 20 Things I Learned About Browsers and The Web. Il s’agit en fait d’un livre numérique (sur le même modèle que ce qui existe en Flash comme le FluidBook) qui vulgarise le web au travers d’explications courtes et d’illustrations enfantines :
Le livre numérique de Google en HTML5
Outre la qualité de la réalisation (mise en page, traitements graphiques), ce sont les animations et interactions qui sont les véritables vedettes de ce livre :
Le bord de la page se corne au survol de la souris ;
Les pages se tournent comme sur un vrai livre ;
Certaines illustrations sont animées ;
Il est possible de sauter directement à une page en cliquant sur la frise sous le livre.
Rien de très révolutionnaire, si ce n’est que tout est réalisé en HTML5, CSS3 et javascript. En quoi est important ? D’une part ce livre électronique ne repose sur aucune technologie propriétaire, mais chaque page possède sa propre URL et son contenu est parfaitement référencable (comme une page HTML en fait !).
L'index du livre
Cerise sur le gâteau, il existe même un mode de lecture à fort contraste pour lire au lit :
La version nuit
Au niveau du code source, vous pouvez aller vérifier vous même, mais c’est bien une page web traditionnelle :
Le code source
Vous pourriez me dire que cette première expérimentation signe l’arrêt de mort du format propriétaire iBooks d’Apple, mais les choses ne sont pas si simples, car ce livre électronique est illisible sur un iPad (malgré le fait que Safari utilise le même moteur de rendu que Chrome) :
Le livre électronique en HTML5 illisible sur l'iPad
Au-delà de cette (surprenante) incompatibilité, d’autres raisons font que cette expérimentation n’est pas réellement viable :
Les nombreux autres formats proposés par les constructeurs de e-readers (Comparison of e-book formats) ne vont certainement pas disparaitre, car il existe un important fonds documentaire à rentabiliser ;
Les e-readers ne sont pas assez puissants pour faire tourner un navigateur moderne comme Chrome.
Bref, cette expérimentation ressemble plus à une opération d’intimidation (voir de propagande) qu’à une réelle volonté de bouleverser le secteur des livres électroniques. Elle s’inscrit donc dans la stratégie à long terme de Google (cf. Google à l’assaut d’iTunes et d’iOS avec Chrome et HTML5 ?).
Si mes calculs sont exacts, voilà 1 an 1/2 que Google a annoncé son système d’exploitation Chrome OS (cf. Chrome OS, la pierre angulaire de l’empire Google). Une attente particulièrement longue qui pourrait probablement prendre fin bientôt, car la rumeur fait état d’un lancement probable le mois prochain : Google Chrome OS launching Nov 11? Difficile de dire si cette rumeur est infondée dans la mesure où ça n’a jamais dérangé Google de sortir un produit non achevé (euphémisme).
Toujours est-il que les attentes sont au plus fort car en 1 an 1/2 il s’est passé beaucoup de choses :
Apple a torpillé les ventes de netbooks avec son iPad ;
Les ventes de terminaux mobiles équipés d’Android cartonnent ;
Facebook s’est imposé comme le nouveau roi du web.
Quels enseignements peut-on tirer de ces trois faits marquants ?
Le marché des équipements informatiques est en plein bouleversement (les clients veulent du neuf) ;
La mobilité est une composante essentielle (indispensable pour faire des ventes)
Les services “sociaux” sont mieux valorisés que les logiciels (en témoignent les publicités récentes pour des smartphones où sont surtout mises en avant les capacités à se connecter à Facebook, MSN Messenger…).
Trois enseignements qui convergent vers Chrome OS et me font dire que Google a un très gros coup à jouer (cf. Avec Chrome OS Google se positionne sur l’outil informatique du futur), d’autant plus que son concurrent le plus sérieux (Apple) se retrouve avec une marge de manoeuvre extrêmement fine.
L'interface de Chrome OS
Apple, un géant qui risque de s’effondrer sous son propre poids
Inutile de revenir sur la succès story d’Apple avec iTunes ni sur la position dominante qu’il occupe dans la chaine de valeur des contenus numériques. Mais si l’on y regarde de plus près, Apple se trouve en fait dans une position très fragile car :
Étant N°1, ils sont exposés à une concurrence impitoyable (toute l’industrie cherche des solutions pour contourner ce quasi-monopole) ;
Ils vont devoir accélérer la diversification pour tenir les promesses faites aux marchés financiers (notamment concernant l’iPad qui devrait petit à petit s’éloigner de l’iPhone, concernant l’Apple TV ou encore les services payants), hors diversification = risques ;
Le modèle de revenu, qui repose sur un écosystème ultra-fermé, ne leur permet pas d’avancer aussi vite que leurs concurrents.
Pour être plus précis, ce n’est pas tant Apple qui est menacé mais plutôt le couple iTunes / iOS. Ce qui a fait la robustesse du système Apple va également faire sa faiblesse à mesure que la concurrence s’organise (et notamment celle de Google) :
iTunes, le canal de distribution et d’encaissement, fait figure de dinosaure avec ses mises à jour régulières de plus de 100 Mo et ses innombrables couches applicatives empilées les unes par dessus les autres (médiathèque + App Store + Genius + Ping…). À l’heure où tout le monde ne jure que par les logiciels en ligne, iTunes brille par sa rigidité et son opacité (impossible d’accéder autrement à votre iPhone / iPod).
iOS, le canal de consommation des contenus et applications repose sur une technologie hautement propriétaire. Présenté à la base comme le lien entre toutes les plateformes alternatives d’Apple (iPod / iPhone, iPad, iTV), ce système d’exploitation se retrouve maintenant confronté à un problème tout simple : 3 formats de terminaux = 3 types d’usages. Dur retour à la réalité pour Apple qui va devoir gérer un OS décliné en 3 distributions avec des spécificités toujours plus divergentes.
Non seulement le côté fermé du système Apple motive les hackers à sortir des jailbreaks toujours plus performants (littéralement, “jail break” = “s’évader de prison“, sous-entendu “Apple = prison“), mais en plus, cela limite le potentiel de croissance : Plus l’écosystème Apple est fermé et plus ses revenus sont élevés. Ce qui veut dire que quand il y a une brèche dans cet écosystème (les jailbreaks), les revenus s’effondrent ; mais également que pour augmenter ses revenus, Apple doit verrouiller toujours plus d’utilisateurs. Formuler autrement : Apple a BESOIN de verrouiller ses clients et son écosystème pour maintenir ses marges et tenir les promesses faites aux marchés financiers.
Même si ce modèle de revenu a fait ses preuves, et permis à l’action Apple de dépasser la barre des 300$, sa rigidité et son exposition aux critiques et jalousies vont ralentir sa croissance. Pire, le modèle fermé d’Apple se situe à l’opposé de celui de Google qui prône l’ouverture. Illustration avec le lancement récent de Game Center, une couche de social gaming, pour récupérer les parts de marché d’éditeurs indépendants comme Openfeint, Crystal, Plus+, Agon…
Chrome = OS + navigateur + SaaS + Store + Checkout + …
À l’opposé du modèle Apple, nous trouvons donc celui de Google avec Chrome : Un navigateur / système d’exploitation open source qui s’appuie sur la communauté. Ce n’est ainsi pas un hasard s’il n’existe pas de site web officiel de Chrome OS, uniquement un site officiel pour Chromium OS.
L’approche de Google repose donc sur des technologies et un écosystème ouverts. Le modèle économique de Google est ainsi parfaitement diversifié et sa croissance profitera à l’ensemble des acteurs de la chaine de valeur : Plus l’écosystème Chrome OS sera ouvert et plus les revenus seront élevés.
Le principal avantage de ce modèle est qu’il ne génère aucune dépendance. Mieux, Google a initié avec Android et ses partenaires industriels un deal unique : le plus que gratuit (l’OS est gratuit et Google s’engage à partager les revenus publicitaires). Il ne me semble pas que ça a été annoncé officiellement, mais il y a de fortes chances pour que de telles conditions soient appliquées avec Chrome OS.
Non seulement Chrome OS va bénéficier des faveurs de la communauté ainsi que des industriels, mais son évolution sera grandement simplifiée par le fait que les applications, services et contenus ne sont pas directement liés à l’OS ni même installés sur la machine :
Les technologies qui vont propulser Chrome OS sont également morcelées pour en faciliter la maintenance et l’évolution : Gears, NaCl, O3D, Storage… Et enfin, les canaux de distribution seront eux aussi désolidarisés de l’OS : Web Store, Music et Editions (qui devraient être lancés d’ici la fin de l’année). Il ne manquera plus que Google Games pour compléter ce tableau (le rachat d’une start-up comme OnLive devrait leur permettre de gagner du temps).
Premières images de Google Web Store
Google pourrait faire tourner 100% des équipements connectés
Avec Chrome OS et Android, Google pourrait potentiellement équiper n’importe quel équipement informatique :
Les ordinateurs, netbooks, et autres touchbooks ;
Les smartphones et smartbooks ;
Les TV et smartframes ;
Les kiosques et bornes tactiles ;
Les voitures, scooters, avions, bateaux et autres engins motorisés ;
Les objets connectés de plus petite taille (compteurs électriques, capteurs ambiants…)
Bref, Google pourrait devenir incontournable pour tout terminal ou outil informatique connecté. À une époque je m’étais posé la question de la concurrence entre Chrome OS et Android. Cette question ne se pose plus tant le nombre de terminaux ciblés est vaste (il est bien plus simple de couvrir tout le spectre avec deux OS qu’un seul). À partir du moment où les contenus et services sont accessibles indifféremment sur les deux OS au travers d’un navigateur ou de widgets, ça ne pose pas de problème. Chrome OS et Android seront donc au coeur d’un seul et même écosystème.
Une concurrence éloignée mais des acteurs à surveiller
Apple et Microsoft sont les concurrents “historiques”, mais leur modèle économique et leur circuit de distribution diffèrent tellement de ceux que va utiliser Google que l’on ne peut pas réellement les comparer (il faut aller dans une boutique et acheter un DVD dans une boîte en carton pour mettre à jour Windows ou Mac OS, la préhistoire !).
Mais tout n’est pas si simple, car Google devra également composer avec des acteurs de taille qui vont lui compliquer la tâche :
Facebook dont la domination du web ne cesse de croître et qui infiltre petit à petit l’ensemble des terminaux et services ;
Amazon qui progresse lentement mais sûrement sur les e-readers et pourrait nous surprendre avec une nouvelle génération de terminaux ;
Yahoo! qui pourrait bien jouer les trouble-fête en se mariant avec AOL et pourquoi pas un autre géant des médias (la naissance d’un consortium à trois bouleverserait le rapport de force dans le paysage des médias et des contenus, donc des annonceurs).
Bref, la partie n’est pas gagnée pour autant. De nombreux paramètres sont à prendre en compte dans l’équation du succès, Google en maitrise déjà un certain nombre, mais il y en a un qui me semble décisif dans ce projet : la couche sociale. Google Me permettrait d’unifier l’ensemble des services à caractères “sociaux” et de réduire la dépendance à Facebook.
Puisque Google propose déjà un modèle économique viable, des technologies robustes, de nombreux services et contenus, il ne resterait plus qu’à remettre à niveau la couche sociale de l’écosystème Chrome OS pour se mettre à l’abri de la concurrence (du moins pour les deux prochaines années). J’anticipe ainsi une configuration de marché où Apple continuerait d’exploiter les segments supérieurs (avec un fort ralentissement de sa croissance) et où Google viendrait s’installer durablement dans le quotidien numérique des foyers (le marché de masse).
Vous pourriez me dire qu’un tel scénario (domination de Google) n’est pas très réjouissant, mais avez-vous beaucoup souffert du monopole de Microsoft ces 20 dernières années ? RDV dans un mois pour avoir un avant-goût du futur de l’informatique selon Google.
MàJ (20/10/2010) : Il va falloir rajouter Mozilla dans la liste des concurrents potentiels avec ses Mozilla Web Apps :
Ce projet est très proche de celui de Google avec des applications 100% web, un répertoire, une boutique (pour les applications payantes) et des applications auto-distribuées (un peu comme les extensions de Firefox).
MàJ (22/10/2010) : Visiblement Apple ne compte pas se laisser faire puisqu’ils lanceront d’ici la fin de l’année leur propre Mac App Store.
Saviez-vous qu’il y avait 10 fois plus de téléphones en circulation dans le monde que d’ordinateurs ? Rien qu‘au premier trimestre 2010, se sont plus de 55 millions d’unités qui ont été vendues dans le monde. La France arrive en seconde position sur le marché européen avec une croissance de près de 50% en une année (La France affiche une des plus fortes croissances du nombre d’abonnés équipés d’un smartphone en Europe). Ces chiffres sont impressionnants, d’autant plus que les smartphones ne sont pas des gadgets vendus seuls, ils sont indissociables de leur forfait et des nombreux services qui vont avec.
Introduit dans un premier temps auprès des populations professionnelles qui souhaitaient pouvoir consulter email et agenda en situation de mobilité, les smartphones semblent maintenant s’orienter vers une nouvelle cible : Le grand public. Autant les terminaux de chez BlackBerry ou Nokia sont ainsi très clairement conçus pour coller aux besoins des pros, la nouvelle vague de terminaux ambitionne de séduire une population totalement différente. Autant les BlackBerry ont tout de suite trouvés leur cible, autant les constructeurs se sont cassés les dents à plusieurs reprises avec des terminaux qui n’ont pas su convaincre (Nokia N-Gage, Motorola RockR, Danger Sidekick…).
Il aura fallu attendre 2007 et l’arrivée de l’iPhone sur le marché pour bien cerner l’équation magique : Un terminal de qualité, un forfait data illimité, des applications tiers distribuées au travers d’une marketplace. Tout le monde s’accorde à dire qu’il y a un avant et un après iPhone. OK… et maintenant ? Maintenant les industriels sont sur le pied-de-guerre pour trouver et déployer une alternative viable à l’iPhone.
Google et BlackBerry à la traine derrière l’iPhone
Le concurrent le plus visible de l’iPhone est pour le moment Google avec son système d’exploitation mobile Android. Distribué librement auprès des constructeurs, Google a rapidement été confronté à deux gros problèmes :
La prolifération de nombreuses versions de l’OS (donc autant d’effort à fournir pour la maintenance) ;
Des terminaux aux caractéristiques divergentes qui ralentissent l’innovation.
Assez rapidement les équipes de Google sont arrivées à la conclusion que s’il voulait rattraper leur retard sur l’iPhone, il leur fallait maitriser la partie software mais également la partie hardware. Ils se sont donc lancés dans la conception et la distribution du Nexus One, vaisseau amiral de l’offre Android. Mais tout ne s’est pas passé comme prévu et le modèle de distribution en ligne choisit par Google a très vite montré ses limites (ils n’avaient même pas prévu de service client). Aujourd’hui ils ont revu leur copie et s’orientent vers un circuit de distribution plus traditionnel.
Le smartphone de Google
OK très bien, mais où est l’innovation par rapport à l’iPhone ? Malgré des caractéristiques techniques alléchantes, la proposition de valeur reste assez faible et les leviers de différenciations manquent à l’appel. Ce n’est donc pas un hasard si les utilisateurs de terminaux Android achètent deux fois moins d’application que les utilisateurs d’iPhone. Il reste encore du chemin à faire pour qu’Android et les terminaux exploitant cet OS parviennent à se différencier de l’iPhone.
Pour BlackBerry la situation est différente car ils bénéficient d’une solide réputation dans le monde de l’entreprise. Leur dernière campagne de publicité illustre pourtant un changement de stratégie ou du moins un élargissement de la cible :
J’étais extrêmement sceptique quand à cette nouvelle orientation (quel jeune aurait envie de s’afficher avec le smartphone de “papa” ?) mais une discussion avec Alexis Trichet d’Orange m’a persuadé du contraire : Le succès de BlackBerry repose en grande partie sur son système de messagerie très robuste. Or, qui sont de gros consommateurs de messagerie instantanée ? Bingo : Les jeunes qui trouvent dans ce terminal (avec son clavier physique et son offre de messagerie illimitée) le canal ultime de discussion et d’interactions sociales. Le marché est en tout cas plus que favorable et la proposition de valeur de la plateforme BlackBerry va petit à petit s’enrichir avec le lancement récent d’une marketplace d’applications.
Toujours d’après Alexis Trichet, la richesse de la place de marché est un bon signe de la maturité d’une offre, ou plutôt du dynamisme de son écosystème. Les 2.000 applications disponibles sur l’OVI Store de Nokia font ainsi pâle figure face aux 200.000 applications disponibles sur l’App Store. Mais les applications ne font pas tout et la première alternative viable nous vient d’un concurrent inattendu.
Microsoft (et Nokia) : Un pari sur les plateformes sociales
C’est Microsoft qui a ainsi surpris tout le monde avec l’annonce de sa plateforme Windows Phone puisqu’en complète rupture avec l’ancêtre Windows Mobile qui semble dater du siècle dernier. C’est donc une copie entièrement neuve que Microsoft propose avec sa gamme Kin : Deux terminaux à la forme particulière et un système d’exploitation de nouvelle génération à l’interface remarquable.
Kin, Le smartphone grand public de Microsoft
Non seulement Microsoft innove avec un hardware en rupture avec l’iPhone et sa légion de copies, mais ils ont en plus retenus les leçons du passé avec une gamme très restreinte pour simplifier le choix. Au niveau de l’interface (Windows Phone 7), là encore il y a eu un travail considérable pour proposer une expérience différente de l’iPhone avec un écran d’accueil mélangeant raccourcis et social stream ainsi que des micro-applications propulsées par Silverlight (la technologie d’interfaces riches made in Microsoft) :
L'interface grand public Windows Phone 7
Ce couple hardware / software est de plus complété par une couche sociale très intéressante (Spot + Studio) qui permet aux utilisateurs de partager photos, vidéos, messages… C’est donc avec une offre entièrement neuve et particulièrement complète que Microsoft ambitionne de conquérir le segment des jeunes en bénéficiant de l’héritage du SideKick (racheté par la firme de Redmond en 2007).
Partagez vos photos et vidéos sur Kin Studio
Nous retrouvons un principe similaire lancé par Nokia il y a quelques années avec leur plateforme sociale Lifeblog qui permet également de partager tout un tas de trucs. Sur ce terrain là, nous sommes d’ailleurs toujours en attente d’une stratégie unifiée de la part d’un acteur qui a dépensé sans compter pour acquérir des plateformes sociales mobiles (notamment Plazes et Loopt). Même si Nokia n’est pas reconnu pour ses compétences en matière d’exploitation de services en ligne (euphémisme), je ne peux pas croire qu’ils n’ont pas une idée derrière la tête…
iAd, l’arme secrète d’Apple ?
Le marché s’organise pour rattraper leur retard sur Apple, mais le géant de Cupertino compte bien garder son avance avec la future quatrième version de son iPhone OS et notamment iAd, la plateforme publicitaire “maison”. Pour le moment nous ne savons pas grand chose de l’offre iAd, si ce n’est la démonstration montrée lors de la dernière keynote, mais il semble clair que les smartphones ouvrent d’innombrables possibilités en matière de marketing et de ciblage. Les rachats récents de QuattroWireless et AdMob (respectivement par Apple et Google) illustrent le potentiel de ces machines à large écrans capables de géolocaliser et d’alerter en push leurs utilisateurs.
Non, je ne pense pas que l’industrie se contentera d’adapter les bannières à la taille d’écran. Nous parlons ici de mécanismes de ciblage comportementaux très sophistiqués qui risquent bien d’effrayer les porteurs de smartphones. J’anticipe ainsi des offres plus subtiles où les opérations de promotion et autres messages commerciaux seraient habillement noyés dans l’interface et ne perturberaient pas l’expérience d’utilisation. OK, mais tout le monde ne s’appelle pas Pixar et la majeure partie des annonceurs ont plus d’un film à vendre tous les deux ans.
Les observateurs avertis sont ainsi plus que mitigés face à cette offre “révolutionnaire” (Memo To Steve Jobs: The iAd Is No Miracle Worker). Nombreux sont les développeurs à se plaindre de la rigidité du modèle de distribution de l’App Store, en sera-t-il de même pour les annonceurs désirant exploiter l’iPhone ? Il y a de fortes chances, d’autant plus que l’on parle d’un ticket d’entrée à 1 million de $ !
A partir de là, nous pouvons envisager une configuration de marché où les régies, agences et annonceurs vont plutôt s’orienter vers d’autres plateformes plus ouvertes. Comme… Android par exemple. Ça tombe bien puisqu’en plus Android est maintenant capable de faire tourner du Flash (le format de référence pour les annonceurs). Ça tombe bien puisque Android devrait également être le système d’exploitation qui fera tourner la futur Google TV.
Heu… quel rapport entre Flash, la TV et les smartphones grand public ? La taille critique bien sûr ! Là où Apple déploie des efforts considérables pour verrouiller le segment supérieur, Google ambitionne d’inonder le marché avec une plateforme commune mobile / TV qui fédère les développeurs (autour du noyau Linux d’Android), les constructeurs (qui peuvent exploiter un système d’exploitation gratuit avec un potentiel reversement de revenus publicitaires), les annonceurs (qui ont déjà l’habitude de travailler avec Google) et les utilisateurs (qui font confiance à la marque Google).
Conclusion : La compétition va au-delà de la mobilité
L’avenir de la mobilité est-il au smartphone ? Oui et non. Oui car ces terminaux sont de véritables mines d’or en termes d’usages et de ciblage, non car ils ne sont pas à la portée de tous. La course à l’armement que sont en train de se livrer les constructeurs réduit petit à petit le marché cible à mesure que le prix des terminaux augmente. Gardez bien à l’esprit que le gros du marché est encore équipé de terminaux basiques et qu’il y a de grosses opportunités à saisir avec la moitié inférieure du marché. C’est ce que Qualcomm a compris en développant un système d’exploitation pour les feature phones (nom de code : Brew).
Je ne suis pas devin mais j’ai comme l’impression que c’est la taille qui va encore une fois départager les compétiteurs. La plateforme Android de Google est en forte phase de croissance et le fait de la coupler à d’autres types de terminaux (touchbooks, Google TV…) ne va faire qu’accélérer ce phénomène. Les lecteurs attentifs auront remarqués que Google est tranquillement en train de nous faire ce que Microsoft n’a pas réussi : Sortir des ordinateurs et inonder les appareils électroniques de notre quotidien (même les compteurs électriques intelligents !).
Ordinateur + mobile + TV, le triptyque magique qui fait saliver les annonceurs (et les actionnaires). Microsoft s’y ai cassé les dents (avec Windows Mobile et Windows Media Center), Apple aussi (avec l’Apple TV), Google a-t-il plus de chance de réussir ? Difficile à dire pour le moment. En tout cas la possibilité de piloter une campagne d’acquisition multi-supports auprès d’un guichet unique est sacrément alléchante. Et indirectement cela peut également intéresser le grand public qui pourrait s’équiper à bas prix avec des terminaux semi-subventionnés par de la publicité ciblée.
Oui je sais, tout ceci est un peu flippant et je ne me réjouis pas trop à l’idée d’être ciblé au quotidien en fonction de ce que je consulte sur mon ordinateur, mon smartphone ou ma TV. Quelle sera la prochaine étape : Ma console de jeux ? Ma voiture ?
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C’est marrant comme j’ai un mal fou à finir cet article, j’ai démarré en parlant des smatphones et je ne parviens pas à re-boucler sur ce sujet. Peut-être est-ce parce que l’avenir de la mobilité se situe ailleurs ? Ou du moins peut-être que les leviers de conquête et de domination se situent ailleurs.
MàJ (01/07/2010) : 6 semaines après le lancement de son produit, Microsoft a décidé de stopper la commercialisation du Kin pour se concentrer sur la gamme Windows Phone 7 (cf. Microsoft Is Killing The Kin). Décidément, le Danger est maudit !
La nouvelle est tombée la semaine dernière : Google va lancer cette année une offensive sur la télévision et proposer sa technologie de recherche et sa plateforme de widgets au travers d’une TV Box (à découvrir ici : Introducing Google TV). L’annonce est alléchante et les possibilités très nombreuses car cette TV box exploitera la système d’exploitation Android, bien connu des développeurs. Cela veut dire qu’il va être extrêmement simple de développer des applications pour les TV compatibles avec le système Google TV. Cela veut surtout dire que la tâche des concepteurs va encore se complexifier car il va falloir appréhender un nouveau support (en plus des terminaux mobiles) avec de nouvelles contraintes.
Voilà pourquoi Google a prit les devants et publier un certain nombre de recommandations pour ceux qui souhaitent se lancer dans la conception d’applications : Designing websites for Google TV. L’approche de Google est différente de celle d’Apple (qui a plus l’habitude d’imposer des guidelines très strictes) dans la mesure où ils ne publient qu’une série de bons conseils.
Recommandations générales :
Ne pas gêner le spectateur dans le visionnage de son programme ;
Bien prendre en compte le contexte du salon (plus de distractions) ;
L’affichage est différent des ordinateurs (écrans plus larges et rendu des couleurs différent) ;
Les modalités d’interaction sont différentes (pas de souris ou de clavier, pas de scroll…).
Concernant la simplicité d’usage :
Ne conserver que le strict nécessaire à l’écran ;
Un seul niveau de navigation (donc de hiérarchie d’information) ;
Une navigation omniprésente et adaptée à la télécommande (quatre flèches directionnelles) ;
Des items de navigation / action très explicites (pas d’icônes).
Concernant l’affichage et les textes :
Exploiter le format 16/9 ;
Respecter les zones de sûreté ;
Ne pas utiliser du blanc pour le fond d’écran car cela peut provoquer des scintillements ;
Éviter les contrastes trop prononcés ;
Limiter la taille des paragraphes à 90 mots (et des lignes à 12 mots) ;
Préférer du texte blanc sur fond noir que l’inverse…
Bref, il y a beaucoup de conseils très intéressants dans cette page que je vous recommande de consulter. Il y a également des recommandations sur l’utilisation du son (notamment pour les retours sonores comme dans les jeux vidéo) et de Flash (qui pourra être exploité). Après les Rich Internet Applications, les Rich Mobile Applications, nous aurons bientôt des Rich TV Applications !
Pour approfondir le sujet, je vous recommande également ces études plus anciennes :
J’ai comme l’impression que la conquête de nouveaux supports (smartphones, TV, touchbooks…) va se faire de façon moins douloureuse que celle du web car les concepteurs et éditeurs de contenus et services ont conscience de l’importance de la simplicité et du confort d’usage. D’où ces recommandations très utiles.