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Quelles innovations pour les smartphones en 2014 (2)

Comme chaque année, les grands acteurs de la mobilité se sont réunis au Mobile World Congress de Barcelone. L’occasion pour la profession de faire le point sur les dernières tendances et innovations. Cette année ressemble un peu à l’année dernière, et à celle d’avant dans la mesure où il n’y a pas eu d’innovation fracassante. Vous noterez que je m’interrogeais déjà en 2011 sur le manque d’innovations réelles : Les smartphones sont-ils en fin de cycle d’évolution ?

Ceci étant dit, ne condamnons pas trop vite, il y a bien eu de nombreuses nouveautés, dont le très attendus Galaxy S5 de Samsung, mais nous sommes toujours dans le même registre du ”toujours plus” :

En opposition à cette surenchère technologique, d’autres fabricants ont fait le choix de privilégier les pays émergents, notamment en Afrique et en Amérique du Sud : Everyone’s Talking About The $35 Smartphone et Nokia announces Asha 230 and Nokia 220 feature phones.

nokia-asha-230

Autre tendance forte du congrès : l’utilisation d’une version “basique” du système d’exploitation mobile de Google (Android Open Source Platform) pour pouvoir remplacer les services de Google (Search, Gmail, Maps…) : Nokia Forks Android In Mobile Services Push et Yandex launches free Android firmware Yandex.Kit in a bid to replace Google’s apps with its own.

nokia-x

Je n’ai pas eu l’occasion de tester le Nokia X, mais force est de constater qu’ils ont réussi à sortir un compromis très réussi entre simplicité de prise en main, cohérence avec l’environnement graphique Windows Phone 8 et intégration des services de Microsoft. Un exercice de haute voltige pour séduire les mobinautes les moins aguerris et les orienter vers une expérience plus qualitative sur… Windows Phone : Nokia’s Mobile UI Mixology Serves Up A Hybrid Family Of Devices To Outshine Budget ‘Droids.

En guise d’innovation, les participants au forum ont dû se contenter d’une évolution du téléphone à double écran de Yota déjà présenté l’année dernière : Next-Gen YotaPhone Follow-Up Unveiled, With Full-Touch E-Ink Rear Screen.

YotaPhone-2

À noter : l’alliance entre Visa et Mastercard pour contourner les limitations d’usages du paiement sans contact imposées par les opérateurs téléphoniques : Visa, Mastercard just made it much easier to buy stuff with an Android phone. L’authentification des transactions ne serait donc plus matérielle, mais logicielle par le biais de la technologie Host Card Emulation uniquement disponible dans la dernière version d’Android.

Je n’irais pas jusqu’à dire que l’édition 2014 du MWC a été décevante, puisque des annonces ont été faites en parallèle, notamment deux projets très intéressants chez Google :

Autant les constructeurs présents au MWC continue sur leur stratégie de vache à lait en nous ressortant toujours les mêmes terminaux avec quelques pixels ou mégas-je-ne-sais-quoi de plus, autant Google est franchement en rupture avec des projets tout à fait innovants. Enfin ! Du coup, on en vient à espérer une annonce prochaine pour un smartphone avec un écran haptique

Je ne sais pas pour vous, mais j’ai la très nette impression qu’Apple est d’une discrétion EX-EM-PLAI-RE. Même si la firme à la pomme cultive le secret comme personne et se réserve les annonces pour ses propres événements, l’édition 2014 du MWC a été largement dominée par Android, donc indirectement par Google.

Je suis plus qu’impatient de voir comment le marché va évoluer dans les prochains mois : les projets de Google, la réponse de Samsung à l’inexorable montée en puissance des fabricants chinois, le rapprochement entre Microsoft et Nokia, l’arrivée sur le marché des premiers smartphones tournant sous Firefox OS, peut-être un ultime sursaut de vie de Blackeberry…

Le succès d’Android ne profitera pas forcément à Google (5)

Nous sommes maintenant en 2014 et la domination d’Android sur le web mobile est incontestable. J’imagine que les équipes de Google doivent être fières des progrès réalisés. Cependant la victoire n’est pas forcément évidente pour Google tant la situation est complexe. Proposer un système d’exploitation gratuit a permis à Google de s’imposer auprès de nombreux constructeurs, mais il y a un revers à cette médaille : Google ne maîtrise plus réellement sa création. Ceci complique d’autant le travail des éditeurs de contenus et fournisseurs de services qui se retrouvent dans une configuration de marché complexe à appréhender.

Près de 75% de part de marché pour les smartphones

Nous savions déjà que la part de marché d’Android avait progressé de façon spectaculaire, mais les derniers chiffres nous montrent l’ampleur du phénomène : More Than Seven Out Of Ten Smartphones In People’s Hands Globally Are Android Devices.

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Ce qui frappe dans ce schéma est que l’on se rend compte que l’iPhone n’a jamais réellement eu une grosse part de marché. Le smartphone d’Apple était ultra dominant d’un point de vue médiatique, mais dans les faits, il n’a jamais réellement dépassé les 20% de part de marché globale (cf. L’iPhone est maintenant un produit de niche, l’iPad sera le prochain).

Si l’on s’attarde sur les chiffres des principaux marchés, on constate que les marchés anglophones et le Japon présentent des configurations de marché divergentes du reste du monde : Apple faces challenges in gaining smartphone sales market share from LG, Sony and Nokia. Les derniers chiffres fournis par Kantar Worldpanel sont ainsi très instructifs :

  • L’iPhone est largement dominant au Japon avec près de 70% de part de marché ;
  • iOS parvient à se maintenir aux États-Unis (43%) ainsi que les principaux marchés anglophones (GB, Canada, Australie) ;
  • Partout ailleurs, Android rafle au minimum 70% de parts de marché (87% en Espagne !).

Smartphone_OS_share

Je ne sais pas pour vous, mais jamais je ne me serais douté que la part de marché d’iOS pouvait être aussi basse dans un pays frontalier de la France. Toujours est-il qu’aujourd’hui tout le monde a les yeux braqués sur l’Asie, le marché présentant le plus gros potentiel, où Android est largement dominant : Smartphone sales surge 61% in Southeast Asia, Android dominates with 72% share et Android and Windows Phone see growing market share in India for Q3 2013.

Ceci étant dit, les constructeurs “historiques” n’ont pas dit leur dernier mot (Nokia’s brand is still strong in emerging markets, report suggests), et Apple non plus (Apple finally has access to China Mobile’s 700 million subscribers). Mais même si l’iPhone bénéficie d’une très bonne réputation, la firme de Cupertino va avoir bien du mal à freiner les ambitions des nombreux constructeurs chinois (Xiaomi, LTE, Oppo, Huawei, Lenovo, Yulong, Coolpad, Meizu…) qui comptent bien ne pas se laisser prendre des parts de marché.

Si tout le monde a les yeux braqués sur la chine, c’est parce que ce pays est à la fois le plus gros marché et la principale zone de production. Deux caractéristiques qui font un cocktail explosif, d’autant plus quand on apprend que le VP Android a été débauché par le constructeur le plus en vue du moment : Android’s Hugo Barra Departs Google for China’s Xiaomi.

Android est partout, mais moins qu’iOS (!?)

Le système d’exploitation mobile de Google a donc rattraper son retard en quelques années, un exploit, et à relayer l’iPhone dans une niche de marché, là où le smartphone d’Apple est le plus à l’aise : Android will pass 1 billion users across all devices in 2014, according to Gartner. Le pire dans cette histoire, est qu’Android est également passé à la première place sur le créneau des tablettes (IDC estimates 221m tablets shipped in 2013; Android top with 61%, then iOS 35% and Windows 3% et Bilan du marché des tablettes en 2013, et perspectives 2014) et commencent même à s’imposer sur celui des voitures connectées : Google launches the Android-based Open Automotive Alliance with Audi, Honda, GM, and more.

Android a donc su profiter de la prolifération de smartphones d’entrée de gamme pour inonder le marché. Cette stratégie de Blitzkrieg s’est par contre faite au détriment de l’homogénéité du parc. Il existe ainsi de nombreuses versions d’Android en circulation, et la mise à jour est un processus beaucoup plus lent que sur l’iPhone : Fragmentation lives: iOS 7 now on 74% of iPhones, while KitKat has only reached 1% of Android devices.

Android-Versions

L’autre problème est qu’à partir du moment où l’on touche la majorité tardive, on a forcément à faire à Mr tout-le-monde et à Mme Michu, qui n’utilisent pas leur smartphone comme les adopteurs précoces : Google’s Dirty Secret: Android Phones Are Basically Used As Dumbphones. D’après Simon Khalaf, le patron du réseau publicitaire mobile Flury, les utilisateurs d’Android ne génèrent qu’1/4 de revenus par rapport aux utilisateurs d’iPhone. En d’autres termes : les smartphones d’entrée de gamme sont utilisés comme de simples téléphones. J’avais lu quelque part (impossible de remettre la main sur la source) qu’1/3 des utilisateurs de smarthones Android n’installaient pas d’application, et qu’un autre tiers n’installait que 3 à 4 applications. C’est un peu gênant, surtout si c’est le constructeur qui décide des applications installées par défaut.

Google perd le contrôle de sa création

Pour bien comprendre la situation délicate dans laquelle se trouvent les équipes de Google, il vous suffit de regarder les tablettes vendues par Amazon : les Kindle Fire sont bien propulsées par Android, mais une version modifiée qui permet à Amazon d’imposer son interface et surtout ses services (Google Play entrant en concurrence directe avec Amazon MP3 par exemple). En Chine, la situation est encore plus tendue puisque les principaux acteurs ont commencé il y a plus de deux ans à développer leurs propres versions d’Android :

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Il semblerait donc que Google soit en train de se faire piéger à son propre jeu : The Naked Android. Certes, la domination d’Android est incontestable, mais elle s’est faite au détriment du contrôle par son initiateur. Traduction : Android est devenu un système d’exploitation mobile générique que chacun accommode à sa sauce. Pour éviter que la situation ne lui échappe complètement, Google s’efforce de tirer le marché vers le haut avec des terminaux de référence comme le Nexus 5 ou le Moto X. Outre les brevets, le rachat de Motorolla était certainement motivé par la volonté de Google de proposer une offre intégrée software + hardware.

Toujours est-il que l’éclatement d’Android est un gros problème pour Google, surtout si ceux qui développent leur propre version proposent des alternatives très crédibles aux services de Google. C’est justement le cas de Baidu qui édite un moteur de recherche, un service de cartographie, un portail marchand… Dans ce contexte, Google est le grand perdant, car il distribue gratuitement son système d’exploitation, mais ne peut pas récupérer de revenus publicitaires à travers ses services.

Du coup, pour éviter de souffrir de la concurrence d’autres places de marché d’applications, les équipes de Google sont en train de travailler sur une nouvelle stratégie : sécuriser ses revenus grâce à Chrome. Plusieurs chantiers techniques me font penser que Google est en train de faire de son navigateur la nouvelle pierre angulaire de sa stratégie mobile :

En résumé : Google est en train de faire de Chrome un environnement d’exécution pour y faire tourner des applications légères. Dans cette logique, les développeurs n’auraient plus besoin de s’arracher les cheveux pour assurer une bonne compatibilité à leurs applications natives, ils se contenteraient de développer des services ou des contenus en ligne qui se comporteraient comme des applications natives. Gain de temps et gain d’argent. Le concept de Rich Mobile Application n’est pas neuf, mais la concurrence des géants chinois force Google à mettre les bouchées doubles pour finaliser une vision qu’Adobe n’a pas su transformer (Adobe livre AIR pour Android et officialise les Rich Mobile Applications).

Dans cette histoire, tout le monde y gagne :

  • Les éditeurs diminuent leurs coûts de développement et augmentent leur population cible ;
  • Les utilisateurs bénéficient de contenus et services de qualité sans avoir à passer par les app stores ;
  • Google s’assure que les possesseurs d’Android ne remplacent pas le navigateur Chrome par un autre.

Comme vous l’aurez compris, tout l’intérêt de cette histoire pour Google est de sécuriser ses revenus publicitaires en imposant Chrome, car si les développeurs ne peuvent plus vendre leurs contenus et services dans une app store, ils se financeront avec de la publicité, donc auprès du réseau de Google (AdMob). Et la boucle sera bouclée.

2014 va donc être une année décisive pour Google qui devra rester extrêmement vigilant quant à la concurrence chinoise. Le pire scénario serait que Samsung décide de lancer sa propre version d’Android. Google aurait alors bien du mal à assumer ces deux fronts…

Facebook tente de séduire les jeunes et les pays émergents avec son propre smartphone (0)

Normalement vous devriez déjà être au courant du lancement de Facebook Home, son interface pour smartphones Android. Si l’annonce est plus ou moins conforme à ce que le marché attendait (un produit novateur et un smartphone avec le logo Facebook), ce lancement nous prouve surtout que Mark Zuckerberg voit loin : conquérir son deuxième milliards d’utilisateurs.

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Avant de nous lancer dans une analyse de l’impact de ce lancement, quelques éléments de contexte sur Facebook et la mobilité :

  • 680 M d’utilisateurs actifs par mois dans le monde (+ 57% sur un an), dont 157 M n’utilisent que la version mobile ;
  • Facebook représente 23% du temps consacré à l’utilisation d’applications sur mobile, le fil d’actualité est à l’origine de 65% des Likes et 45% des commentaires ;
  • 185.000 applications iOS et Android intègrent Facebook ;
  • 33% des utilisateurs mobiles envoient tous les jours des messages Facebook à leurs amis, 46% des personnes consultent Facebook pendant leur shopping…

Comme vous pouvez le constater, la mobilité est une caractéristique essentielle de Facebook, d’autant plus si l’on tient compte d’Instagram. Il était donc tout naturel que les équipes proposent une stratégie plus sophistiquée que la mise à disposition de quelques applications. C’est maintenant chose faite avec Home, le nouveau fer de lance de Facebook en matière de mobilité.

Une interface séduisante et un smartphone cohérent

Ce tout nouveau Facebook Home se présente donc sous la forme d’une interface pour smartphones Android, au même titre que les interfaces TouchWiz chez Samsung, Sense chez HTC ou Optimus UI chez LG. Concrètement, Home est une application que vous pourrez installer sur votre smartphone Android et qui viendra modifier l’écran d’accueil et vous donnera accès à des fonctionnalités permanentes comme le Cover Feed, les Chat Heads, le app launcher et les notifications : Hands-on with Facebook Home.

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Si l’omniprésence de Facebook sur votre smartphone ne vous gêne pas, alors il y a fort à parier que vous serez séduit par ce Home, car son fonctionnement est plaisant et plutôt intuitif : Watch Videos Of How To Use Cover Feed, Notifications And Chat Heads On Facebook Home. Même si Home s’installera comme une “simple” application, il est donc plus proche de nombreux lanceurs d’applications, ce qui risque de relancer l’intérêt pour ce segment et de donner des idées aux autres plateformes sociales (Android Launchers Are A Small Market, Can Facebook Home Change That?).

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Dans un premier temps, Facebook Home ne sera disponible que pour un nombre restreint de smartphones (dont les HTC One et Samsung Galaxy), mais d’autres modèles devraient être rajoutés au fur et à mesure. De même, une version pour tablettes devrait être proposée d’ici à quelques mois.

FB-Home-Smartphones

Autre grande annonce, le lancement du HTC First, le premier smartphone officiellement conçu pour Home : Meet The HTC First, The First Android Phone To Come Preloaded With Facebook Home. Rien de révolutionnaire dans cette annonce, si ce n’est que cet appareil rassemble toutes les caractéristiques d’un bon smartphone et qu’il sera proposé sous la barre symbolique des 100$, avec une disponibilité prévue pour cet été en Europe : Orange France, EE In The UK Will Get First Facebook Home HTC First Phones In Europe In Summer 2013.

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Force est de constater qu’ils ont donc bien préparé leur coup et que l’offre est sacrément bien ficelée avec un appareil parfaitement bien positionné en terme de qualité / prix. Difficile de dire pour le moment si HTC parviendra à écouler des dizaines de millions de son appareil, car d’autres constructeurs devraient logiquement lui emboiter le pas, mais je pense que la tâche va tout de même être ardue. Rappelons ainsi que d’autres s’y sont risqués avant (Facebook Home: A prettier Motoblur) et que placer l’utilisateur au centre n’est pas réellement une nouveauté (Microsoft Tells Facebook It Already Made A People-First Phone, Calling The Whole Concept Into Question).

Une mine d’or pour les annonceurs

Lors de l’annonce, Mark Zuckerberg a dû se justifier quant au choix de lancer une interface reposant sur Android et non un système d’exploitation ou un smartphone en son nom. La réponse est équivoque : lancer son propre produit n’aurait permis à Facebook que de toucher 0,1 à 0,5% de sa base d’utilisateurs. Ceci est d’autant plus vrai que Facebook est déjà intégré de façon native à Android et iOS, inutile de concevoir leur propre OS, d’autant plus que c’est un chantier colossal (Palm en a fait les frais avec Web OS). En ce qui concerne la conception d’un terminal, c’est encore pire puisque même Google et Microsoft ont délégué cette tâche à des partenaires techniques (respectivement LG et Nokia). Bref, ce Facebook Home est donc le meilleur compromis pour permettre à Facebook d’arriver à ses fins : contenter les announcers.

Il n’est un secret pour personne que Facebook a beaucoup de mal à trouver un produit publicitaire convainquant. Face à l’impatiente des marchés financiers, ils se devaient de réagir. La solution qu’ils ont trouvée est donc de placer Facebook au coeur de l’utilisation du smartphone et d’augmenter ainsi le temps d’exposition des membres. Avec Home et les notifications, les mobinautes sont donc en permanence connectés à Facebook, c’est à dire aux messages de leurs amis, mais également des sponsors et annonceurs (The Real Reason Advertisers Will Love Facebook Home Phones: Permanent Logins). Vous vous doutez bien que cette éventualité a de quoi inquiéter, et les réponses apportées par Facebook ne sont qu’à moitié convaincantes : Facebook details Home privacy: It won’t collect info from inside apps and it can be shut off completely.

Je veux bien admettre avoir une nette tendance à la paranoïa, mais ils avaient également juré qu’ils ne revendraient jamais les données personnelles des membres aux annonceurs, et ils se sont fait prendre la main dans la sac. Non pas qu’ils soient malveillants, mais la tentation est trop grande. Par contre, concernant la tentation de mettre des bannières de pub sur tous les écrans, ils ont déjà annoncé la couleur : Facebook will put ads in Home for Android, just not at launch (ça c’est fait !).

Donc si l’on résume le but de la manoeuvre : augmenter la fréquence d’utilisation et l’inventaire publicitaire, éloigner la concurrence (la barre de recherche de Google n’est pas présente dans l’écran de lancement des applications) et intensifier la collecte de données d’utilisation. Dans l’absolu, rien de réellement choquant pour un service gratuit, car il faut bien qu’ils gagnent de l’argent.

Les jeunes et les pays émergents sont les vrais marchés-cibles

S’il est très difficile d’anticiper le rythme d’adoption auprès des membres de Facebook, il y a visiblement consensus pour dire qu’avec Home, Facebook cherche à séduire d’autres cibles, à commencer par les jeunes. Nous savions déjà que les jeunes étaient accros aux SMS, ils le sont encore plus des applications de tchat mobiles : Millions Of Teens Are Skipping Facebook And Using A New Breed Of Flirty Mobile Messaging Apps.Plutôt que Facebook, où ils risquent de croiser leurs parents ou profs, les jeunes préfèrent ainsi utiliser des services mobiles de conversation et de partage de photos comme Snapchat, Kik ou WhatsApp. Cette tendance se confirme d’ailleurs sur d’autres zones géographiques comme l’Asie avec des services extrêmement populaires qui tentent de s’exporter comme WeChat ou Kakao.

C’est donc pour séduire ce segment de la population que Facebook a imaginé cette interface qui met en avant les photos et les conversations. Un peu comme Microsoft l’avait fait il y a quelques années avec son Kin, issu du rachat de Danger en 2008 (RIP, Danger, 2002 – 2011: Microsoft axing service on May 31st).

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Signalons de plus que le segment des jeunes a par ailleurs été fortement prospecté par BlackBerry qui y voyait un relais de croissance pour diversifier sa clientèle essentiellement captée dans le monde de l’entreprise. Le concurrent direct de Home sur le créneau des jeunes semble donc être BlackBerry plutôt qu’Android.

Outre les jeunes, ce Facebook Home est destiné à tous les adeptes du mobile first, ceux qui en ont fait le choix, et ce qui n’ont pas d’autres choix, comme dans les pays émergents. Je pense naturellement à la Chine, le Brésil, l’Afrique ou encore l’Inde (Facebook Home does have a market, it’s India). En ciblant ces marchés, Facebook entame donc un vaste de chantier de conquête des pays émergents, une décision plutôt maline, mais où la concurrence va être très rude.

En lançant une variante d’Android (HTC And Facebook Confirm They Modified Android To Optimize The “First” Phone For Home) Facebook se retrouve en concurrence avec des acteurs surpuissants comme Amazon ou Alibaba qui ont lancé leur propre instance d’Android (cf. La domination d’Android menacée par les cloudphones et Aliyun ?), et contre des éditeurs alternatifs comme Mozilla avec son Firefox OS.

Mais avant tout, c’est à Google que Facebook s’attaque en interposant son Home entre Android et les utilisateurs mobiles (Facebook dares Google to take control of Android with Home). J’attends avec impatience la réponse du géant californien, qui sera très certainement présentée le mois prochain lors de la conférence Google I/O. Déjà que l’affrontement entre Apple, Google, Microsoft, BlackBerry et cie était particulièrement spectaculaire, l’arrivée de Facebook dans l’équation va encore compliquer la donne. Affaire à suivre…

Android régnera sur le marché des smartphones en 2013, mais ne sera pas seul (1)

D’après une étude récente de Gartner, il devrait se vendre 1,2 milliard de smartphones et tablettes en 2013. Vous conviendrez que ça représente un sacré gros chiffre, beaucoup trop gros pour que seulement deux acteurs se le partagent : Apple et Google. Bon dans la réalité le marché est un peu plus homogène, mais au vu de l’évolution des parts de marché, on se dit qu’il ne restera bien tôt plus qu’Android et iOS…

Évolution des parts de marché des smartphones

Si vous suivez ce blog, vous devez déjà être au courant de cette tendance de marché. Par contre, je vous propose ce soir de vous intéresser à la dernière tranche, Other, car la domination d’Apple et de Google n’est en fait pas réellement acquise. La situation s’est en effet terriblement compliquée ces derniers mois. Je vous propose donc de faire le point sur les systèmes d’exploitation mobiles disponibles sur le marché.

Il y a tout d’abord les deux OS de référence :

  • iOS d’Apple, qui reste la référence en la matière, mais qui a subi récemment la colère de ses usagers en coulant imposer sa propre application de cartographie. Logiquement l’iPhone devrait petit à petit se retrancher sur le segment supérieur avec une part de marché oscillant autour des 15 à 20%. La grosse inconnue pour le moment est de savoir ce que la marque à la pomme va faire d’iTunes, le boulet qu’elle traine depuis des années.
  • Android de Google, la nouvelle coqueluche des marchés émergents qui n’en finit pas de progresser. Mais cette progression spectaculaire ne s’est pas faite sans contre-partie : la fragmentation des versions de l’OS est ainsi un casse-tête qu’ils mettront des années à résoudre.

Nous avons ensuite trois OS de second plan qui aimeraient bien revenir sur le devant de la scène :

Nous pouvons ajouter à cette liste quatre OS de niche :

  • Bada de Samsung, qui est censé équiper les téléphones d’entrée de gamme.
  • Brew de Qualcomm, qui est également censé propulser des téléphones d’entrée de gamme.
  • WebOS de Palm, qui est passé en open source suite au rachat par HP.
  • Tizen, la version ouverte de MeeGo, un projet de système d’exploitation mobile commun entre Nokia et Intel né de la fusion de Maemo et Moblin (dont vous trouverez un résumé passionnant ici : The story of MeeGo).

Nous en venons maintenant à deux projets tout à fait intéressants :

Oui je sais, c’est un peu compliqué à suivre tout ça, mais l’interface à l’air particulièrement soignée :

Tout ça ne nous fait pas moins d’une dizaine de systèmes d’exploitation mobiles concurrents. Partant du principe qu’Apple va progressivement s’isoler du reste du marché pour se concentrer sur le très haut de gamme, il n’y a qu’une seule plateforme qui compte vraiment : Android. La part de marché d’Android est ainsi remontée à 75% en quelques années et dépasse même les 90% en Asie : Android crushes the competition in China as it passes 90% smartphone market share.

Évolution de la part de marché d’Android en Chine

Ceci étant dit, j’utilise volontairement le terme plateforme, parce que Android ne peut pas être considéré comme un système d’exploitation homogène tant il y a de versions et de branches en circulation. Même si Google s’efforce de faire rapidement basculer le parc de smartphones vers la version 4, il reste encore de nombreux smartphones d’ancienne génération. Ne négligeons pas non plus la rumeur d’un smartphone Amazon qui viendrait compléter la gamme Kindle Fire.

Mais c’est en Chine qu’il faut se tourner pour réaliser à quel point la situation est compliquée :

Je pense ne pas me tromper en disant que Google est dans une situation très désagréable en Chine : face à un marché trop gros et trop complexe (culturellement et politiquement), ils ont préféré dénaturer leur produit pour faire barrage à la concurrence d’Apple. L’avenir nous dira si cette politique de la terre brûlée a été une bonne manoeuvre, surtout au vu des taux de croissance faramineux (The Growth Of China’s Smartphone Market Is Absolutely Staggering).

Toujours est-il que nous sommes donc dans une situation de marché particulièrement complexe. Plus que jamais, il est essentiel de bien comprendre toutes les subtilités de ce bazar et de bien appréhender les enjeux de cette bataille : devenir le prochain Microsoft. Si je ne me fait pas trop de soucis pour Apple qui saura parfaitement défendre sa position sur la niche haut-de-gamme, force est de constater que Google a su prendre les bonnes décisions pour donner à Android l’inertie qui lui permettra de dominer le marché en 2013.

Le basculement d’un écosystème fermé et très structuré (iPhone / iOS / iTunes) à un écosystème ouvert et beaucoup moins homogène (Android / Google Play) va engendrer de profonds changements que je détaillerais dans un prochain article.

L’iPhone est maintenant un produit de niche, l’iPad sera le prochain (8)

La compétition entre Google et Apple pour la domination de la sphère mobile n’a jamais été aussi acharnée, surtout avec la sortie récente de la gamme complète Nexus. Ces derniers trimestres ont été marqués par l’inexorable montée en puissance des smartphones propulsés par Android. Force est de constater que nous avons maintenant franchi un palier avec la sortie d’un rapport équivoque par IDC : Android Marks Fourth Anniversary Since Launch with 75.0% Market Share in Third Quarter. En quatre ans, Android a donc réussi à conquérir 75% de parts de marché, laissant Apple avec à peine 15%.

Répartition des volumes et parts de marché des smartphones (source : IDC)

Précisons que ces chiffres correspondent aux unités livrées aux distributeurs et non vendues (mais elles seront bien vendues un jour). Cette spectaculaire domination soudaine est la résultante de chiffres de vente exceptionnels pour des modèles de référence comme le Galaxy S3 de Samsung, ainsi qu’une période creuse pour Apple qui vient à peine de lancer l’iPhone 5.

Nous pouvons donc officiellement dire qu’Android est la plateforme mobile dominante et que l’iPhone est un produit de niche. Une affirmation qui ne me surprend pas vraiment tant l’écart des prix de vente est important entre les derniers smartphones Android et celui de la marque à la pomme. Apple se retrouve dans la configuration de marché qu’il aurait toujours dû avoir : un verrouillage du segment supérieur. 15% de parts de marché suffisent largement à Apple pour dégager des bénéfices très confortables et continuer à faire rêver les utilisateurs du monde entier.

Pour les tablettes, la tendance est la même : une irrésistible érosion des parts de marché de l’iPad face à une concurrence impitoyable (Apple drops to 50.4% tablet market share in Q3). Même si Apple parvient à conserver la moitié des parts de marché, ils ne peuvent pas lutter face aux prix pratiqués par Samsung, Asus et Amazon.

Répartition des volumes et parts de marché des tablettes (source : IDC)

Là encore, nous parlons d’unités livrées et non vendues, mais il n’y a aucune raison pour que le marché des tablettes ne suive pas la même progression que celui des smartphones. D’autant plus qu’Apple doit faire face à une concurrence encore plus pressante de Samsung, de Google / Asus (qui vend 1 million de Nexus 7 par mois) ou de distributeurs comme Amazon, Barnes & Nobles ou même de Kobo.

Encore une fois, rien de tout ceci n’est surprenant dans la mesure où les géants de l’internet investissent des sommes et une énergie considérable dans ce domaine (Microsoft et Google rattrapent leur retard sur Apple). La grande inconnue dans cette histoire est de savoir comment Microsoft va s’en sortir avec sa tablette hybride et hypothétiquement un smartphone sous sa marque (Microsoft Is Reportedly Testing Its Own Smartphone). Il y a encore de très belles places à prendre sur le marché professionnel, encore faudrait-il que les équipes de Microsoft se décident à sortir les offres adéquates.

Maintenant que nous savons où le marché se dirige, il devient plus qu’urgent de définir une feuille de route viable à long terme et de faire monter en compétences vos équipes internes pour pouvoir aborder la mobilité avec plus de sérénité (Pourquoi lancer une application mobile ne sert à rien).

Google étend sa gamme Nexus pour capitaliser sur Play et nous projette dans l’avenir avec ses objets intelligents (3)

Après de longs mois de spéculation, Google vient enfin de présenter de façon officielle sa propre tablette, la Nexus 7, lors de l’évènement Google I/O 2012 (Google Nexus 7 official: $199 tablet from Asus ships mid-July with Android 4.1 Jelly Bean). Ce lancement s’accompagne d’un certain nombre de nouveautés qui nous permettent de voir plus clair dans la stratégie adoptée par le géant californien : déplacer le centre de gravité de son écosystème de son système d’exploitation Android vers ses terminaux (la gamme Nexus) et vers sa boutique de contenus et applications Play. L’avenir des contenus numériques va donc se jouer à trois entre Apple et Amazon et Google.

Nexus 7 : une tablette low-cost centrée sur les contenus

La tablette de Google va donc s’appeler la Nexus 7, elle sera fabriquée par Samsung et coûtera 200$. En sortant une tablette plus petite que l’iPad, Google souhaite donc éviter une confrontation directe avec l’iPad et chasser sur les terres d’Amazon et de son Kindle Fire.

Les caractéristiques techniques sont plutôt sobres : outre le processeur à quatre coeurs, tout a été fait pour maintenir le prix de vente sous la barre des 200$ (pour les caractéristiques complètes, voyez ici : La tablette Google Nexus 7 officiellement présentée). Rien de très surprenant à cela dans la mesure où les consommateurs ne peuvent tout simplement pas s’équiper d’un smartphone dernier cri, d’une tablette haut de gamme et potentiellement d’un boitier supplémentaire pour connecter leur TV. Google joue donc la complémentarité avec ses autres produits en les regroupant sous la marque Nexus.

À priori, rien ne distingue la Nexus 7 de ce que peuvent produire des fabricants comme Asus ou Acer, si ce n’est le fait que les produits Google seront les premiers à intégrer les dernières versions de son système d’exploitation. En l’occurrence, nous parlons ici d’Android 4.1, une évolution mineure qui est censée apporter tout de même un certain nombre d’améliorations pour améliorer le confort d’usage (avec le système prédictif Project Butter pour plus de fluidité) et l’efficacité (notamment au travers de son toujours très performant système de notification).

Il y a néanmoins deux nouveautés qui ont retenu mon attention :

  • Voice Search, l’équivalent de Siri, qui permet de faire des requêtes en langage naturel (et qui fonctionne hors-ligne) ;
  • Google Now, une sorte de mini-écran d’accueil qui synthétise différentes informations en fonction de l’heure et de l’endroit où vous vous trouvez (la température locale, l’état du trafic routier, les dernières infos locales…).

Force est de constater qu’avec Jelly Bean, les équipes d’Android cherchent toujours à imiter et à dépasser sur certains points la référence en la matière : iOS. Mais dans la mesure où l’offre d’Apple semble indéboulonnable sur le segment haut de gamme, Google cherche plutôt à appliquer ses principes de simplicité et d’élégance pour proposer une expérience utilisateur convenant au plus grand nombre.

Et puisque l’on parle de nombre, les derniers chiffres annoncés par Google sont éloquents : il y a maintenant 400M de terminaux tournant sous Android en circulation et un rythme d’activation en croissante constante avec un pic à 1 M d’activation par jour. De ce point de vue là, personne ne peut contester le fait que Google a réussi son pari d’imposer un système d’exploitation au marché. Maintenant que cet objectif est atteint, il devient évident que Google s’est fixé de nouvelles ambitions.

Nexus Q : le sésame pour vos contenus stockés dans les nuages

Outre sa tablette, Google a surpris tout le monde en présentant le Nexus Q, un boitier permettant de connecter votre TV, vos smartphones et même vos enceintes aux contenus disponibles sur Google Play.

Ce Nexus Q serait-il la réponse de Google à l’Apple TV ? Oui et non. Oui, car il permet de consommer les contenus achetés sur Google Play ou sur Google Music ; non, car l’offre Google TV existe toujours et vient même d’évoluer avec un nouveau boitier proposé par Sony (Google Due To Launch TV Service In UK).

Il est pour le moment difficile de bien comprendre les limites de ce que peut offrir le Nexus Q, surtout à 300$, mais cette petite boule nous en dit long sur la nouvelle orientation stratégique de Google.

Android n’est plus un OS, mais un circuit de distribution

Smartphone, tablette et maintenant boitier multimédia. La gamme Nexus présentée cette semaine témoigne du nouveau stade de maturité franchi par Google. La première étape a ainsi été de lancer un système d’exploitation et de fédérer un écosystème de développeurs autour. La seconde étape a consisté à lancer des terminaux en marque propre pour rehausser le niveau et fixer un standard de qualité pour éviter que les constructeurs ne tirent la qualité vers le bas. La troisième étape est maintenant de déployer une chaine de distribution complète, maitrisée de bout en bout entre les contenus (Google Play) et les consommateurs (équipés de terminaux Nexus ou de terminaux propulsés par Android).

Vous remarquerez que Google n’invente rien, les équipes se contentent de reproduire le modèle qui a fait ses preuves chez Apple et Amazon. Au vu des chiffres annoncés, nous sommes en droit de nous dire que l’élève aura bientôt dépassé le maitre : plus de 600.000 applications proposées, 20 MM d’applications installées… (Google Play: 600K Apps, 1.5B Installs Per Month, 20B Total, Now With Byte-Sized Smart App Updates).

Certes, Google nous a prouvé que ses équipes étaient en capacité de livrer un système d’exploitation fiable et abouti, ainsi que de concevoir des terminaux de très bonne facture. Il leur reste maintenant à relever deux défis :

  • Sécuriser des contrats de distribution avec les grands éditeurs de livres et journaux, les chaines de TV, les studios de cinéma et les labels musicaux pour étoffer les catalogues de Google Play ;
  • Amorcer une transition en douceur pour faire fabriquer ses propres terminaux par Motorola (racheté à prix d’or) et non plus par Samsung (qui ne se gène pas pour sortir des produits en concurrence directe).

Sous cet angle, la concurrence d’Amazon semble plus menaçante que celle d’Apple. Vous noterez à ce sujet que Google n’a toujours rien proposé en ce qui concerne les ebooks, malgré un rapprochement avec iRiver… Toujours est-il que Google semble bien parti pour relever ces défis et stabiliser un écosystème riche et lucratif. Car c’est bien de ça dont il est question : diversifier les revenus pour réduire la dépendance aux offres publicitaires reposant sur le moteur de recherche.

Les terminaux mobiles ne sont qu’une étape vers l’informatique pervasive

Nous pourrions argumenter toute la nuit pour savoir qui de ces trois acteurs (Apple, Amazon, Google) est le mieux placé pour dominer les segments des smartphones / tablettes. Par contre, tout le monde s’accorde à dire que si les équipes de Google sont légèrement en retard sur la révolution mobile, elles sont par contre sacrément en avance sur la prochaine révolution : celle de l’informatique pervasive et des interfaces transparentes.

Les équipes de R&D se sont ainsi illustrées l’année dernière en faisant homologuer la technologie Google permettant de faire rouler des véhicules sans conducteurs : Google’s Driverless Cars Now Officially Licensed in Nevada.

Cette année, Serguey Brin et ses équipes ont créé la sensation en faisant une démonstration live de la dernière itération des Google GlassProject Glass skydive stunt captured on video. Assurément la live demo la plus sensationnelle de ces dernières années :

Comme nous en avons l’habitude avec Google, ce Project Glass n’en est qu’au stade de projet expérimental (pas une beta, même pas une alpha). De ce fait, personne ne sait à quoi ces lunettes intelligentes vont réellement servir, mais le prototype semble néanmoins au point : Google’s Project Glass: first impressions. Une première version devrait sortir en début d’année prochaine avec le SDK pour que les développeurs commencent à se familiariser avec l’engin et conçoivent les premières applications. La version commerciale ne devrait sortir qu’en 2014 en partenariat avec des grands fabricants de lunettes : Google Project Glass now available for developers, to consumers in 2014.

Encore une fois, je ne suis pas certain que les équipes de Google aient une roadmap très précise pour ce produit, mais le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ouvre d’innombrables possibilités : réalité augmentée, contenus et services personnalisés, assistance et guidage, reconnaissance de formes et de visages… Imaginez un peu ce que cela pourrait donner dans un musée ou dans les jardins de Versailles, il y a une infinité de possibilités, d’autant plus si ces lunettes sont combinées avec un smarpthone Android.

Autant ce qui a été présenté en rapport avec leur smartphone nous laisse un arrière-goût de déjà-vu, autant avec ce Project Glass, Google nous projette dans le futur, dans LEUR futur. Un futur où Apple, Microsoft ou Samsung n’ont même pas commencé à envisager. Affaire à suivre…

Apple et Google n’ont pas encore gagné la bataille du mobile (5)

Si vous vous intéressez à la mobilité et au marché des smartphones, il ne vous aura pas échappé que le marché est actuellement scindé en deux entre iOS et Android. Les statistiques montrent en effet une domination écrasante d’Apple et de Google / Samsung :

Cet affrontement épique ne reflète néanmoins pas la dynamique réelle du marché. Il y a en effet des acteurs historiques toujours présents qui fournissent des efforts considérables pour finaliser de nouvelles offres et de nouveaux concurrents qui expérimentent des pistes tout à fait intéressantes. Apple a mis l’industrie KO avec la sortie son iPhone, ça leur a prit 5 ans, mais les acteurs historiques de la téléphonie commencent enfin à contre-attaquer avec des propositions plus que crédibles.

RIM est ainsi le plus bel exemple de cette contre-attaque avec la présentation la semaine dernière de sa plateforme Blackberry 10 qui tente un pari audacieux (The Future Of RIM: “BlackBerry Isn’t For Everyone), mais néanmoins tout à fait convainquant : BlackBerry 10, a closer look.

Outre le fait que cette nouvelle version de leur système d’exploitation soit la seule plateforme réellement multi-tâche, un certain nombre de nouveautés tout à fait intéressantes nous prouvent qu’Apple n’a pas le monopole de l’innovation :

  • Un clavier virtuel remarquablement bien pensé
  • Un appareil photo exploitant à merveille le mode vidéo pour des photos plus réussies
  • Une gestion pro/perso facilitée

Autant le dire tout de suite, il y a bien longtemps que je n’avais pas été autant enthousiasmé par des innovations sur les smartphones.

Microsoft a également fait un pari audacieux avec Windows Phone 7 en optant pour une interface et une logique applicative radicalement différente de celle prise par iOS (et Android). Ils ont, eux aussi, mis un certain temps à accoucher d’un appareil qui tienne la comparaison, mais y sont finalement parvenus avec le Lumia 900 de chez Nokia. Pour le moment la réponse du marché n’est significative, mais ils pourraient bien nous surprendre avec Windows Phone 8 qui a plus d’un atout dans sa manche (intégration de Skype, synchronisation avec Windows 8…) et des parts de marché à conquérir sur le segment des utilisateurs professionnels délaissé par Apple et Google.

Enfin, d’autres acteurs explorent une troisième option avec un système d’exploitation plus léger et une interface reposant sur HTML. (ce qui n’est pas sans rappeler Chrome OS). Mozilla a ainsi présenté en fin d’année dernière son projet Boot to Gecko (Mozilla’s Boot to Gecko – The Web is the Platform) qui devrait se concrétiser prochainement : Brazil will be the first country to get Mozilla’s Boot to Gecko open web devices.

Dans le même esprit, Intel et ses partenaires (la fondation Linux et Samsung) vient de dévoiler Tizen le successeur du défunt MeeGo et qui propose également une interface légère : HTML5-based MeeGo successor Tizen hits 1.0 milestone.

Au final, nous pensions que la firme à la pomme avait réduit la concurrence au silence, mais la situation a changé, car une nouvelle vague d’innovations s’apprête à déferler sur le secteur des smartphones, Apple n’est plus le seul capable d’innover. Ce nouveau souffle va dynamiser la concurrence et bien évidemment profiter aux utilisateurs finaux qui vont enfin pour choisir des alternatives crédibles à l’iPhone (devenu bien trop fermé à mon goût).

Les cartes sont donc à nouveau distribuées, le marché sera selon moi piloté par deux leviers :

Affaire à suivre…

Récapitulatif des tendances de la mobilité (1)

Cette semaine se déroulait à Barcelone le Mobile World Congress, LA grand-messe annuelle de la mobilité. Je pense ne pas me tromper en disant que cette édition 2012 en a déçu plus d’un (Want to see 2012′s mobile future? Look at 2011). Je n’ai pas pu y assister, mais les habitués s’accordent à dire qu’il y a eu moins d’annonces et d’innovations que les éditions précédentes. Ceci étant dit, l’actualité de ces deux dernières semaines a été tellement riche que ça n’a pas vraiment d’importance. Je vous propose donc de récapituler les annonces faites pendant et en dehors de la conférence.

Concernant les constructeurs :

Concernant les éditeurs et fournisseurs de solutions :

  •  Adobe a officiellement lancé Photoshop pour iOS ;
  • Le catalogue Marvel est maintenant proposé sur iBookstore ;
  • Facebook a officiellement annoncé son offre de marketing mobile ainsi qu’une proposition de standardisation du web mobile et du paiement sur terminaux mobiles ;
  • Des rumeurs annoncent la disponibilité dans le courant de l’année d’Android 5.0 (nom de code = Key Lime Pie) ;
  • Forrester nous rappelle qu’aucune tablette tournant sur Android ne dépasse les 5% de parts de marché, l’iPad reste donc un support de référence. À moins que le Kindle Fire ne vienne jouer les troubles fête en s’accaparant 1/3 du trafic ;
  • Windows 8 sera résolument tourné vers le monde mobile ;
  • Mozilla a surpris tout le monde avec l’annonce de Open Web Device, un projet de système d’exploitation mobile open source reposant sur HTML5 ;
  • Enfin Google vient tout juste de fusionner ses différentes places de marché de livres, jeux, applications, musiques et films en une destination unique : Google Play.

Vous conviendrez que si le congrès à été perçu comme décevant, les annonces pleuvent.

Maintenant que nous avons fait le tour des nouveautés, je vous propose de prendre du recul et de lister les tendances qui vont caractériser l’année 2012 :

  • Android domine le marché des smartphones. Les ambitions de Google concernant la mobilité sont connues depuis longtemps, ils se sont donné les moyens de leurs ambitions et les résultats : après une progression fulgurante et un rythme de 850.000 activations par jour, les smartphones propulsés par Android dominent maintenant le marché (2012 Mobile Future in Focus). Mais cette domination ne s’arrête pas là, car ils proposent également de nombreux services et ressources pour aider les marques et commerçants (ex : How to Go Mo). Bref, je pense que je peux éditer mon article de l’année dernière et retirer le point d’interrogation : Google en passe de s’approprier l’internet mobile ?.
  • Le marché des tablettes est très dynamique et les perspectives de croissance toujours aussi fortes (cf. 2012 sera l’année des tablettes et ).

    Force est de constater qu’Apple règne toujours en maitre sur ce créneau, malgré les très bons résultats du Kindle Fire d’Amazon (Amazon Expands Tablets’ Addressable Market). La position dominante de la firme de Cupertino ne risque pas de faiblir avec l’annonce imminente de l’iPad 3.
  • La montée en puissance du m-Marketing avec des solutions toujours plus mûres : +722% d’impressions publicitaires sur smartphones en Europe.
  • L’avènement du m-Commerce avec des chiffres très encourageants (97% of people have shopped online, 30% using a smartphone) et surtout les solutions de paiement via terminaux mobiles, à l’image de Square qui propose maintenant des solutions de paiement pour les boutiques et les taxis.

    Du coup Paypal lance un partenariat avec Tabbedout pour faire des paiements mobiles dans les bars et restaurants. Profitons-en pour rappeler que Starbucks est très content de son partenariat avec LevelUp, et que iZettle est officiellement disponible en Scandinavie.
  • De plus en plus de solutions MtoM (Machine-to-Machine) commencent à voir le jour. Un domaine particulièrement intéressant, surtout dans la domotique ou pour les capteurs distants. L’arrivée sur le marché d’offres de téléphonie low cost chez Free devrait générer de nombreuses opportunités (notamment avec le transfert de données par SMS grâce à des forfaits à 2€/mois).

2012 va résolument être une année passionnante, il va nous falloir in peu de temps pour digérer toutes ces annonces et voir comment tout ceci s’articule. Si le secteur grand public est naturellement privilégié, je pense que les innovations les plus intéressantes seront à chercher du côté de l’entreprise. Mais nous aurons l’occasion d’en reparler…

Quel sera l’impact des tablettes low-cost ? (2)

Si Google semble avoir rattrapé son retard sur le marché des smartphones avec Android (dont la part de marché est maintenant supérieure à celle de l’iPhone sur les terminaux vendus), l’iPad domine encore largement le marché des tablettes. Euphémisme pour un acteur qui rafle les 2/3 du marché en terme de ventes et dispose d’une notoriété spontanée de quasiment 100% ! Pour faire simple, disons qu’Apple a imposé sa machine et s’est créé une niche où l’iPad domine sans partage, les autres tablettes se partagent les miettes, mais sont incapables de soutenir la comparaison, d’ailleurs certains abandonnent comme HP, d’autres se retrouvent avec des tonnes d’invendus sur les bras (RIM Could Be Sitting On An Inventory Of 800,000 Playbooks).

Jusqu’à récemment, le marché se résumait donc entre un match entre un Apple surpuissant et un Google tentant de rallier le plus de partenaires possibles (Samsung, Lenovo…) autour de son système d’exploitation Android. Dans la mesure où Apple possède une avance considérable, le seul moyen de prendre des parts de marché est d’éviter la confrontation directe et de proposer des machines moins chères ou avec un format différent. C’est ce que font notamment Samsung et Sony.

Mais tout ceci a été récemment remis en cause avec l’arrivée d’un concurrent inattendu : Amazon. Tout comme Apple a raflé la mise en démocratisant / viabilisant les tablettes, Amazon a donné ses lettres de noblesses au e-reader avec le Kindle. Tout le monde pensait qu’Amazon resterait confortablement installé dans sa niche (moi le premier), mais il semblerait que le géant de Seattle a décidé de venir jouer les trouble-fêtes avec une tablette qui devrait sortir pour la fin de l’année. Les spéculations les plus folles circulent au sujet de cette probable future tablette, d’autant plus depuis qu’un célèbre blogueur a pu mettre la main dessus : Amazon’s Kindle Tablet Is Very Real. I’ve Seen It, Played With It.

Un prototype de la probable future tablettes de Amazon

Passé l’effet de surprise (“pourquoi prendre un risque alors qu’ils dominent leur segment ?“), il ne faut pas longtemps pour se rendre compte qu’Amazon dispose de très sérieux atouts face à Apple : 5 Reasons Why Amazon’s Tablet Is The Only Real iPad Alternative. Je retiendrais deux aspects qui risquent de faire la différence :

  • Les rumeurs font état d’une tablette à 250$, un prix ultra-compétitif, qui pourrait même être abaissé à 200$ ou 150$ avec de la publicité (stratégie déjà adoptée pour le Kindle) ;
  • Le format retenu serait celui d’une machine de 7″, plus facile à transporter et donc plus versatile.

Sur le choix du format, les avis sont partagés, mais le consensus valide tout de même l’idée de na pas entrer en concurrence directe avec l’iPad (Amazon Is Only Launching A 7″ Tablet? Genius). Ce format intermédiaire entre smartphone et tablettes va-t-il séduire le marché ? Probablement pas les utilisateurs de l’iPad, mais très certainement un marché intermédiaire : les utilisateurs à budget limité qui ne possèdent pas de smartphone. L’avantage d’Amazon par rapport aux autres constructeurs est qu’ils n’ont pas de smartphone dans leur gamme, ils ne craignent donc pas d’effet de cannibalisation (totu comme Nook avec son Color).

Autre argument de poids en la faveur d’Amazon : Ils possèdent déjà une énorme base de clients et de N° de CB (certainement plus qu’Apple). Une marque forte, une expérience concluante de la commercialisation et l’exploitation de terminaux électroniques (le Kindle), un catalogue de contenus hyperexhaustif… tous les ingrédients semblent être réunis pour faire de cette probable tablette une réussite. Une réussite également pour Google ? Pas forcément, car tout laisse à penser qu’Amazon utiliserait une version dégradée d’Android avec sa propre interface, l’app store, le catalogue et les services d’Amazon.

La place de marché d’applications Android d’Amazon

Dans ces conditions, il est difficile de penser que Google puisse se réjouir du succès de la tablette d’Apple (Amazon’s Tablet Is No Threat To Apple, It’s A Huge Threat To Google). Qu’importe, si Google ne peut pas rattraper Apple avec ses partenaires historiques, il se servira d’Amazon pour inonder le marché de tablettes low-cost (quoi que… on se demande qui se sert de qui).

Mais ce lancement ne sera pas non plus si simple pour Amazon car ils devront surmonter les très nombreux problèmes de droits pour ouvrir leur catalogue de ebooks à l’international (Is Amazon’s knife sharp enough to carve into the tablet market?) et faire face à de nouveaux entrants (Microsoft Prepares Windows 8 for Battle Against the iPad).

Dans tous les cas de figure, l’arrivée d’Amazon sur le créneau est forcément une bonne nouvelle, à la fois pour les éditeurs (jeux, applications, livres et magazines électroniques…) et pour les clients qui vont pouvoir s’équiper pour les fêtes de fin d’année. Ça sera par contre un sacré défi et une grosse prise de risque pour Amazon qui va mécaniquement disperser ses moyens et avoir du mal à conserver son leadership sur le créneau des e-readers, surtout face à de nouveaux entrants comme Kobo ou iRiver, qui est partenaire de… Google. D’autant plus qu’Apple pourrait répliquer et rentrer dans une guerre des prix dès l’année prochaine avec une offre scindée entre le probable iPad 3 (pour le haut de gamme) et une version dégradée de l’iPad 2 (pour le low-cost).

Je serais bien incapable de vous prédire l’avenir, mais il y a une chose dont je suis sûr : La grande gagnante de cette affaire sera J.K. Rowlings, car la réédition numérique de Harry Potter (Pottermore) sera compatible avec l’ensemble des machines du marché !

MàJ (26/09/2011) : À lire chez GigaOM, la liste des prochaines tablettes à sortir sur le marché : Coming soon: A whole bunch of tablet pretenders.

Google présente la V.3 d’Android pour les touchbooks (2)

Après de nombreuses fuites et présentations officieuses, Google a finalement levé le voile la semaine dernière sur la troisième version d’Android, son système d’exploitation pour touchbooks (nom de code = Honeycomb) : Honeycomb is here: Google unveils Android 3.0, new Web-based Market. Pour le moment il n’existe pas de tablette commercialisée avec cet OS, mais ça ne serait tarder avec la sortie prochaine du Xoom chez Motorola.

Honeycomb introduit donc une nouvelle interface graphique qui exploite au mieux les contraintes et avantages des tablettes. Visite guidée :

Les innovations marquantes sont les suivantes :

  • Un nouvel écran d’accueil où vont venir se loger les raccourcis vers vos applications, mais également tous vos widgets. L’idée est donc d’aller un peu plus loin que ce que propose l’iPad (grand rival) et d’apporter de l’information à valeur ajoutée dès l’ouverture de la machine :

    L'écran d'accueil d'Android pour touchbooks
  • Les boutons physiques ont été remplacés par des boutons virtuels en bas à gauche de l’interface. Ces boutons se logent dans une Action Bar contextualisée qui permettra d’accéder aux fonctions principales et aux réglages ;
  • Le clavier a été simplifié et permet maintenant de faire des copier/coller :

    Le clavier virtuel d'Android pour touchbooks
  • Les services “maison” de Google comme Maps, Talk, YouTube et Gmail proposent maintenant une interface dédiée :

    L'interface de Gmail sur Android V.3
  • Un nouveau système de notification assure un usage multitâches plus performant :

    Les notifications dans Android V.3
  • Toutes les nouveautés sont détaillées ici : Android 3.0 Platform Highlights.

Les premières impressions sont plutôt bonnes (First Impressions Using Android Honeycomb, Google’s iPad Rival) même si l’interface semble plus complexe que celle d’un iPad. En fait, elle est plus sophistiquée, et c’est là le principal argument de Google face à la machine d’Apple qui reste (et restera) la référence sur ce créneau. Avec Honeycomb, Google souhaite réellement rehausser l’expérience d’Android face à l’iPad avec une approche plus sophistiquée (cf. Matias Duarte nous parle de l’interface d’Honeycomb). Il est en effet quasi impossible de rivaliser avec Apple sur le terrain de la simplicité d’usage, par contre il y a de nombreuses opportunités pour ceux qui souhaitent proposer un environnement plus ouvert et donc plus souple.

Les observateurs avertis semblent apprécier cette posture (Honeycomb Is The First Shot Fired Along Apple’s Bow) et sont en attente de ce que les constructeurs vont pouvoir livrer. Il est ainsi important de préciser que Google va laisser une grande marge de manoeuvre aux constructeurs pour personnaliser l’interface et proposer ainsi une expérience plus riche (ou du moins plus riche que les concurrents).

Le succès de l’iPad repose sur les directives d’Apple et sa capacité à imposer une homogénéité, le succès d’Android reposera sur l’absence de directives et la diversité dans les expériences proposées par les constructeurs. L’innovation reposera donc en partie sur l’écosystème des constructeurs, éditeurs et développeurs d’applications.

Attendons de voir comment le marché va réagir à cette entrée officielle d’Android sur le marché des tablettes, et attendons également la réaction d’Apple avec l’iPad 2 qui devrait être commercialisé dès le mois d’avril 2011.

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