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Hypothèses d’usages et opportunités de revenus pour l’iPadCommentaires fermés

Suite à une annonce ayant généré beaucoup trop d’excitation et d’attentes pour contenter les plus exigeants (dont je fais partie : Avec l’iPad, Apple lance un touchbook qui ne risque pas de concurrencer les ebooks) et après quelques jours de réflexion, je souhaite partager avec vous quelques hypothèses sur les usages et opportunités de revenus autour de l’iPad.

L’iPad n’est pas fait pour les livres électroniques

J’ai déjà abordé ce sujet dans des précédents billets mais la lecture des diverses réactions suite à la présentation publique de l’iPad me conforte dans l’idée que touchbooks et ebooks boxent dans deux catégories bien distinctes (cf. Quels contenus pour les touchbooks et ebooks ?). Je pense donc ne pas me tromper en affirmant que la vente de livres et journaux électroniques sur l’iPad sera un flop, à moins qu’ils apportent des évolutions technologiques majeures comme l’encre électronique (comme le fait la machine de PixelQi).

La compétition iPad / Kindle s’arrête là dans la mesure où Amazon a prit une sérieuse longueur d’avance sur un marché encore embryonnaire avec plus de 2 millions d’unités vendus (Amazon CEO: “Millions” of Kindles Sold) et une dynamique commerciale très incisive (Amazon Unveils New Kindle Royalty Option; Incentive To Keep E-Book Prices Down et Amazon Now Sells 6 Kindle Books for Every 10 Physical Books When Both Editions Are Available).

Des magazines digitaux financés par de la publicité ultra-ciblée

Intéressons-nous maintenant à ce pour quoi l’iPad a été conçu : du contenu rich media. Nous savons ainsi que plusieurs groupes de presse travaillent sur un nouveau format de magazine digital mélangeant texte, photos et vidéos dans une interface spécifiquement adaptée aux touchbooks (cf. Sports Illustrated Tablet Demo et Condé Nast Will Have Apple iPad Apps Ready For Shipping Day).

Concept de magazine digital sur un touchbook
Concept de magazine digital sur un touchbook

L’intérêt de ces magazines serait de proposer une nouvelle expérience de lecture (cf. Quelles interfaces pour les touchbooks ?). Ils pourraient être lus en ligne ou hors ligne (sous forme d’applications) et seraient achetés à l’unité (0,99$) ou sous forme d’abonnement pour pouvoir accéder à des services complémentaires comme des bases de données sportives, financières, historiques…

Accès aux statistiques de joueurs sur un touchbook
Accès aux statistiques de joueurs sur un touchbook

Ou alors… ces magazines pourraient être financés par de la publicité, mais pas n’importe laquelle : celle d’Apple. Souvenez-vous ainsi qu’Apple a très récemment racheté une société spécialisée dans la publicité mobile (Quattro Wireless). Vu sous cet angle, on comprend mieux pourquoi Apple ne veut pas du lecteur Flash sur l’iPhone et l’iPad : pour pouvoir bloquer toutes les régies publicitaires et imposer la sienne. Avec ce rachat, Apple est maintenant le seul maître d’un écosystème où il maitrise la chaine de distribution, de monétisation et d’encaissement (cf. The iPad Will Make Apple’s Acquisition Of Quattro Wireless Look Even Smarter).

iTunes est ainsi la pierre angulaire pour une technologie de recommandations personnalisées et de ciblage publicitaire en fonction du profil des utilisateurs (selon leurs goûts musicaux ou ludiques), l’historique des achats, la localisation (puce GPS ou triangulation). La fonction Genius se transformerait ainsi en une sorte d’assistant d’achat.

Des catalogues VPC numériques financés par l’affiliation

En poussant cette logique d’expérience de lecture enrichie, nous pourrions également l’appliquée aux VPCistes qui existent déjà sous forme de catalogues et de sites web. La version touchbook serait une application à mi-chemin entre catalogue en ligne et publi-reportages verticalisés : fashion pour les fringues, lifestyle pour les objets du quotidien, bricolages pour le petit outillage, voyages, cuisine…

Tout l’intérêt d’un tel dispositif serait de proposer une expérience intégrée avec de l’achat en un clic. Certes, Amazon le propose depuis longtemps, mais son catalogue est limité et le contenu inspirationnel fait cruellement défaut. J’imagine tout à fait Apple réclamer un “pas de porte virtuel” aux VPCistes pour installer leur application par défaut et leur donner accès à sa base d’utilisateurs (en plus prélever une commission sur les transactions). Hé oui, car l’iPad s’insère dans un dispositif bien rôdé où Apple a déjà collecté 150 millions de N° de cartes bancaires.

Vous pourriez me dire que tout le monde est libre d’installer n’importe quelle application, certes, à condition qu’elle soit référencée dans l’App Store. Avec un écran de 1024*768 ce type d’applications marchandes pourrait faire des merveilles : Apple’s iPad Raises Stakes on Rich Advertising and Branded Apps.

Pour les annonceurs et distributeurs, ce micro-canal de distribution présenterait l’énorme avantage d‘immerger le prospect / client dans un environnement maitrisé où la concurrence n’est plus réellement à un clic. Exemple avec l’application Rugby de Ralph Lauren pour l’iPhone / iPad :

Application marchande de Ralph Lauren pour iPhone / iPad
Application marchande de Ralph Lauren

Une télécommande “riche” pour des contenus additionnels et piloter vos contenus multimédia

Regarder un film ou écouter un album sur l’iPad ne semble pas présenter un grand intérêt. Par contre si vous couplez l’iPad avec un autre terminal (iMac ou TV), vous ouvrez la porte à de nombreuses possibilités. L’iPad serait ainsi une sorte d’écran complémentaire vous permettant de bénéficier de contenus additionnels (résumés d’épisodes précédents pour une série TV, statistiques ou autres angles de vue pour un évènement sportif…).

Nous pourrions même envisager un usage inédit : Piloter un media center au travers d’une expérience bien plus riche (coverflow…). L’idée serait ici de pouvoir visionner / consommer des contenus multimédias stockés sur un serveur (une sorte de time capsule en version XL) sans avoir à allumer votre ordinateur. Ceci fonctionne aussi avec l’AppleTV (peut-être mieux !).

Il est également possible d’imaginer de nombreuses applications à valeur ajoutée en ce qui concerne la domotique.

Une nouvelle approche du jeu tactile

L’iPhone s’est rapidement imposé comme la nouvelle coqueluche des casual games, mais les caractéristiques avantageuses de l’iPad laissent présager une nouvelle génération de jeux tirant parti du large écran tactile, de l’accéléromètre, du GPS et de la puissance de la machine (prolongeant ainsi le gameplay tactile de la DS de Nintendo).

Autre domaine où l’iPad pourrait proposer une nouvelle approche : le jeux sociaux. Le magazine Fast Company avance ainsi une hypothèse très crédible de mécanique de jeux où l’iPad servirait de serveur pour cordonner plusieurs joueurs sur iPhone en mode P2P local : Here’s the Vision of iPad Gaming Greatness Apple Overlooked.

Concept de jeu de poker en mode P2P
Concept de jeu de poker en mode P2P local

Certains ’hésites pas à dire que l’iPad pourrait être l’évolution ultime du jeu de plateau : iPad board games: Apple has created a ‘Jumanji platform’.

Bientôt un Monopoly tactile sur l'iPad ?
Bientôt un Monopoly tactile sur l'iPad ?

Ce principe ne s’applique pas à tous les jeux, mais pourrait générer des revenus non-négligeables sur certains types de jeux très rentables.

Autre exemple avec les MMORPG : l’iPad pourrait servir d’écran supplémentaire pour pouvoir gérer vos armes et armures, pour afficher la carte du niveau ou encore pour communiquer avec les autres joueurs : What could Apple’s new iPad mean for MMOs?. Encore une fois, ceci ne concerne pas des dizaines de millions de joueurs, mais peut représenter des revenus complémentaires intéressants pour les éditeurs.

Reste enfin la niche des MMTRG qui seraient bien plus intéressants à jouer avec un écran plus large et un processeur plus puissant.

De nombreux nouveaux usages à inventer et un gros concurrent à surveiller

Ces quelques hypothèses ne sont qu’une petite partie du potentiel de ce terminal qui doit encore trouver sa place. Souvenez qu’à la sortie de l’iPhone nous étions loin de nous douter que ce petit appareil allait révolutionner le monde des télécoms. Au fil des mises à jour, l’iPhone s’est même transformé en un combiné multi-fonctions à très forte valeur ajoutée : téléphone, agenda, baladeur numérique, console de jeux, GPS, modem… L’iPhone est selon moi l’invention la plus révolutionnaire de ces 10 dernières années, attendons de voir ce que pourra donner l’iPad dans sa troisième ou quatrième itération.

Malgré de nombreux pseudo-concurrents déjà sur les starting blocks (9 Upcoming Tablet Alternatives to the Apple iPad), Apple semble tout de même avoir pris une sacré longueur d’avance grâce à un écosystème déjà très dense et un parc de dizaines de millions d’utilisateurs. Et n’oublions pas qu’en plus de maitriser le software, Apple est en train d’élever de très sérieuses barrières à l’entrée au niveau du hardware avec une tout nouveau processeur fabriqué par une société rachetée en 2008 (cf. The Real iPad Revolution Is The A4 Chip That’s Running It) ainsi qu’une technologie révolutionnaire de batteries longue durée (10 H d’autonomie) déjà éprouvée sur les nouveaux MacBook.

Aujourd’hui le seul acteur qui pourrait inquiéter Apple est Google : Non seulement car ils ont une alternative très crédible déjà en phase de commercialisation (MSI to Release Its Own Tablet, Does Multitasking) et qu’il s’apprêtent à frapper fort avec Chrome OS (Google Building Touch into Chrome OS? et The iPad And Chrome OS Netbooks Are On A Collision Course).

Plutôt que de faire des prédictions hasardeuses sur l’issue de la bataille Apple contre le-reste-du-monde, j’invite plutôt les annonceurs à réfléchir dès maintenant à la façon dont ils pourraient repenser leur présence en ligne au travers d’applications / widgets compatibles avec les touchbooks.

De là à dire que nous allons probablement voir apparaitre un nouveau type d’agences (les agences “touch-web“) il n’y a qu’un pas. À votre avis, quels acteurs seraient les plus légitimes : les agences web ou les agences spécialisés en applications mobiles ?

/!\ Article initialement publié sur FredCavazza.net.

Quels contenus pour les touchbooks et ebooks ?Commentaires fermés

Alors que la blogosphère n’en finit plus de spéculer sur le probable lancement du touchbook d’Apple la semaine prochaine, je m’interroge aujourd’hui sur les nouveaux usages qui vont se développer autour de ces nouveaux terminaux (puisqu’ils finiront par sortir, chez Apple ou un autre). Et tant que j’y suis, je souhaiterai également partager avec vous ma réflexion sur la dichotomie entre les contenus destinés aux touchbooks et ceux destinés aux ebooks.

Surf d’appoint, contenus numérisés et additionnels pour les touchbooks

Les dernières rumeurs concernant le touchbook d’Apple parlent d’un terminal versatile utilisé par toute la famille. Une rumeur parfaitement fondée car j’imagine tout à fait ce terminal de petit format trainer dans le salon afin de pouvoir faire des consultations rapides sur tel ou tel site.

Le probable look&feel du probable touchbook d'Apple
Le probable look&feel du probable touchbook d'Apple (image de Fotoboer)

Pour une session de surf plus longue, les ordinateurs traditionnels (et même les netbooks) sont bien évidemment plus confortables, mais ils sont plus longs à démarrer et ne sont pas forcément rangés dans le salon. Outre cet usage premier, j’anticipe toute une série d’usages et de contenus spécifiquement adaptés aux caractéristiques de la machine (petite taille, très bonne autonomie, démarrage en quelques secondes…).

Concernant les contenus, différents scénarios sont à envisager :

Il y a également un ensemble de contenus additionnels couplés à des programmes TV ou autre :

  • Des encyclopédies de séries TV (résumés des épisodes, fiches sur les personnages…) qui seraient consultables avant / pendant ou après le visionnage d’un épisode (pourquoi pas sous forme d’abonnement ou sponsorisées) ;
  • Une retransmission enrichie d’évènements sportifs comme par exemple les J.O; d’hiver ou la coupe du monde, où il serait possible d’avoir les résultats et statistiques en temps réel sur votre touchbook pendant que vous regardez à la TV le direct, de même que des fiches très détaillées sur une équipe de foot ou un joueur (disponibles également sur abonnement ou sponsorisées par une marque) ;
  • Des flux d’informations ultra-fraîches centrées sur un évènement particulier, par exemple la catastrophe en Haïti qui serait couverte sous tous les angles ;
  • Des publications hybrides (texte + énigmes + visuels + vidéos) comme le propose Level 26 (cf. Le Diginovel Level 26 à l’épreuve du clic)…

Les possibilités sont nombreuses (cf. 5 Industries an Apple Tablet Could Revolutionize) mais je suis persuadé qu’il est tout à fait possible de développer un écosystème viable d’applications et de contenus autour des touchbooks pour parfaitement exploiter leurs caractéristiques.

Jeux low-fi, livres interactifs et apprentissage sur les ebooks

Intéressons-nous maintenant aux ebooks. et plus particulièrement au Kindle d’Amazon qui combine la technologie révolutionnaire d’encre numérique (excellent contraste, autonomie de plusieurs semaines) et des capacités de communication via le réseau 3G Wispernet.

Mais avant toute chose, juste une précision pour ne pas polluer votre réflexion : Non les livres électroniques ne remplaceront pas les livres papier, ils sont aux livres traditionnels ce que les fichiers MP3 sont au CD. Comprenez par là que l’expérience de lecture / écoute est certes inférieure, mais vous compensez cela par une praticité inégalée (n’importe quel chanson / livre accessible en quelques clics) et surtout du volume (des milliers de chansons / livres dans votre poche).

Le livre électronique d'Amazon
Le livre électronique d'Amazon

La grosse annonce de cette semaine a été la disponibilité prochaine d’un kit pour pouvoir développer des applications pour le Kindle : Amazon to Launch App Store for Kindle. Ce kit ouvre ainsi de nombreuses possibilités :

  • Des jeux low-fidelity qui pourraient être joués en local (casse-tête et casual games : EA Readying ‘Popular and Fun’ Kindle Games) ou joués en ligne (des parties d’échec ou de dames qui seraient jouées en asynchrone contre un adversaire humain ou contre un agent intelligent) ;
  • Des livres-jeu comme il en existait avant (cf. la série des Livres dont vous êtes le héros) qui pourraient facilement être remis au goût du jour pour cibler leur public d’origine ;
  • Des cours de langue ou autre contenus pédagogiques (sous forme de leçons + exercices) ;
  • Des applications de personnal coaching (toujours sous forme de leçons + exercices / méditations) qui seraient une version simplifiée des programmes d’entrainement cérébraux mais sur des thématiques plus larges…

Là encore tout reste à inventer et je suis persuadé que le Kindle (ou d’autres) peut s’aménager une niche très rentable s’il parvient à trouver sa cible (générations x et au-delà) et à lui fournir des contenus et applications adaptées (après tout Nintendo a bien réussi à convertir les seniors…).

2010 sera une année cruciale pour la structuration du marché

Je précise une chose importante : Touchbooks et ebooks ne sont pas à considérer comme des produits réellement grand public mais plutôt comme des offres de niche. Cela ne veut en aucune façon dire que ces niches ne seront pas rentables, bien au contraire ! Face à un internet où les utilisateurs sont habitués au tout gratuit, ces deux types de terminaux pourraient bien représenter de véritables bouffées d’oxygène pour certains secteurs à l’agonie.

Pour le moment l’offre est tellement embryonnaire et le marché instable qu’il faut impérativement des acteurs sur-puissants pour “ouvrir la voie” et orchestrer de façon viable la rencontre entre ces machines, les contenus d’éditeurs tiers et le public qui ne sait pas encore trop à quoi cela va lui servir. Heureusement nous avons Amazon et Apple qui vont dominer le marché (au moins dans un premier temps) et éviter l’erreur de faire trop de compromis comme les constructeurs de netbooks ont pu le faire (et tuer ainsi un concept très prometteur).

2010 sera donc une année cruciale pour bien poser les règles et conditions de marché pour qu’un écosystème durable se crée. Inutile de vous dire que je suis plus qu’impatient de voir comment cela va se dérouler…

/!\ Article initialement publié sur FredCavazza.net.

Vers une nouvelle bataille des navigateurs pour les ebooks et touchbooks ?Commentaires fermés

Comme annoncé dans mes prédictions (et par 99% des experts et éditorialistes), 2010 sera résolument l’année des terminaux à format disruptif : ebooks et touchbooks. Cette disruption ne concerne pas que la taille de l’écran mais également les technologies employées (encre électronique pour les premiers, large écran tactile pour les seconds) et les usages.

On annonce ainsi une authentique révolution pour la presse et l’édition qui verraient dans ces nouvelles machines l’opportunité de monétiser correctement leurs contenus. Le Kindle d’Amazon propose ainsi une expérience de lecture quasi-similaire à du papier pour des contenus de type news consommés sous forme d’abonnements. Les futurs touchbooks des grands constructeurs (Apple, HP, Dell…) proposeront également une expérience de lecture beaucoup plus riche pour des contenus de type magazine (cf. la démonstration de Time inc.).

Concept de magazine digitalisé sur un touchbook
Concept de magazine digitalisé sur un touchbook

Pour le moment les scénarios d’usage sont assez limpides et ne semblent pas poser de problème.

Ebooks et touchbooks en concurrence sur les bases de données

Sauf que si l’on creuse un peu, on se rend compte que ces deux familles de terminaux,qui ne répondent en théorie pas réellement aux mêmes usages, pourraient bien entrer en concurrence directe sur un point bien précis : les bases de données. Tout l’intérêt des journaux électroniques comme ceux diffusés via le Kindle est de pouvoir facilement chercher et accéder à de l’information complémentaire (en passant ainsi d’un article à un dossier thématique à un autre article…).

Exemple de documentation technique sur un Kindle
Exemple d'article sur le Kindle

De même, tout l’intérêt des magazines numériques est de pouvoir consommer de l’information façon rich media (texte avec belle mise en page, photos, vidéos…) dans un contexte agréable et non limitatif (article sur le dernier match de foot > tableau des scores du championnat > statistiques d’une équipe > meilleurs buts…). Dans les deux cas de figure, plus la base de données est riche et facile à parcourir et plus l’offre est alléchante. L’offre ? Quelle offre ? L’abonnement premium enfin ! Car c’est bien de cela dont nous sommes en train de parler : un principe d’abonnement qui donne droit aux infos les plus fraîches et aux données les plus complètes. Auparavant ce type de produit était vendu sur CD / DVD mais la possibilité de s’affranchir du support physique est bénéfique à la fois pour l’éditeur (meilleure marge) et pour l’utilisateur (plus de confort).

Les éditeurs de presse traditionnelle proposaient déjà des formules payantes pour accéder à leurs archives, mais il est tout à fait possible d’étendre ce modèle (actus + base de données) à d’autres secteurs : le sport, la cuisine, les voyages, la documentation professionnelle (ex. Vidal, Dalloz, LefebvreLexisNexis et cie)… L’intérêt pour un éditeur sera donc de pouvoir proposer ce type d’abonnement sur le plus grand nombre de machines possibles (afin d’augmenter le nombre de clients potentiels). Problème : Les tailles / formats / technologies d’affichage varient d’une machine à l’autre. Le plus simple serait donc de pouvoir publier du contenu dans un format suffisamment souple pour pouvoir s’adapter aux contraintes / spécificités de ces différentes machines. Un format qui serait ensuite retravaillé au niveau de la machine par un… navigateur. Hé oui, car c’est bien de cela dont il s’agit : une nouvelle génération de navigateurs conçus pour manier un type bien particulier de contenu (actus + photos/vidéos + recherche dans une base de données) sur un type bien particulier de machines (cf. Quelles interfaces pour les touchbooks ?).

Une nouvelle génération de navigateurs

Outre la manipulation du contenu (lecture, recherche…) et des différents supports (livres, journaux…), ces fameux navigateurs de nouvelle génération pourraient également servir à deux fonctions bien précises :

  • Parcourir la marketplace de contenus (recommandations et achats de nouveaux contenus) ;
  • Gérer les transactions (vous ne donnez pas à chaque fois votre numéro de CB).
Le Kindle Store d'Amazon
Le Kindle Store d'Amazon

Lire et gérer ces contenus, parcourir les rayons et acheter de nouveaux contenus, gérer les transactions… tout ceci ne vous rappelle rien ? iTunes peut-être ? Hé oui, car c’est bien de cela dont nous sommes en train de parler : un logiciel à mi-chemin entre Safari et iTunes. Et puisque l’on parle d’ iTunes, comment ne pas aborder le cas des applications. Prenons l’exemple du Cooq : il embarque des recettes, des fiches ingrédient mais également des applications de gestion de listes de course ou de planification des menus. Il pourrait en être de même pour les secteurs cités précédemment.

Et puisque l’on parle d’iTunes, pourquoi ne pas aborder le cas des jeux ? Il y a bien évidemment l’exemple des jeux “papier” facilement transposables comme les grilles de sudoku ou les mots croisés / fléchés, mais il serait tout à fait envisageable d’avoir des jeux d’échec ou de dames sur un ebook : la machine ne gère que l’affichage du damier, les calculs sont effectués sur le serveur (c’est donc une forme de cloud-gaming).

Alors bien sûr vous pourriez me dire que les tablets PC actuels embarquent Windows et disposent de toute l’artillerie nécessaire pour faire cela, mais je me permettrait de vous rappeler que nous ne parlons pas tout à fait de la même chose. La toute récente HP Slate présentée au CES 2010 est propulsée par Windows 7, mais ne répond pas du tout aux critères d’autonomie ou de confort de lecture que je me fait des touchbooks : il s’agit plus d’un ordinateur diminué (sans clavier ni souris) que d’un support de lecture viable (en tout cas ce n’est pas elle qui va sauver les métiers de la presse et de l’édition).

La slate de HP, un contre-exemple de touchbook
La slate de HP, un touchbook "obèse" gavé à Windows 7

Sans rentrer dans le débat je suis persuadé que la surenchère technologique est vaine et je rejoins tout à fait l’avis de Paul Carr : Hey! Look behind you! It’s the tablet of the future!. Bref, il va bien falloir un socle technologique pour afficher du contenu dans de bonnes conditions (livre ou magazine électronique), gérer les abonnements et les transactions, faire tourner les applications… et gérer la publicité également. Hé oui, car c’est là un autre critère très important à prendre en compte : qui contrôle le navigateur contrôle également les publicités affichées dedans ? Ce n’est ainsi pas un hasard si Apple vient de mettre la main sur Quattro Wireless (une régie publicitaire mobile), c’est pour augmenter les revenus sur iPhone mais également pour préparer ceux de sa future iSlate : Apple to Acquire Mobile Ad Platform Quattro Wireless.

Le Skiff Reader en ation
Exemple de publicité sur le Skiff Reader

J’anticipe déjà des contenus distribués gratuitement via iTunes car financés par de la publicité (mais disponibles également sans pub en version payante). Ceci est valable à la fois pour les journaux, les magazines et revues pro, les livres…

Dans ce scénario peut-être que le mieux placé finalement ça sera Google. Google qui dispose du software (Android et Google Chrome OS), du hardware (il existe déjà un Nexus One, pourquoi pas un Nexus Two ?) et des contenus au travers de Google News, Goole Fast Flip et Google Books. Quand on y réfléchit bien Google sera peut-être le dernier à tirer mais semble cependant le mieux placé (cf. Say Hello to the Google Tablet et Google and HTC Working On a Chrome OS Tablet.

MàJ (08/10/2010) : Nintendo pourrait être l’invité de dernière minute : Nintendo 1er sur le livre électronique en France en 2010 ?

Amazon, Apple et Google… qui pouvait rêver de meilleurs compétiteurs pour un marché où celui qui proposera l’expérience d’utilisation la plus fluide remportera la mise. Et aussi les choix technologiques les plus pertinents. Et le modèle économique le plus viable. Et le navigateur le plus polyvalent (d’où le titre de l’article).

/!\ Article initialement publié sur FredCavazza.net.

Quelles interfaces pour les touchbooks ?Commentaires fermés

Je pense que les avis convergent pour prédire que 2010 sera l’année de l’explosion des touchbooks (autrement appelés “tablet PC” mais le “PC” peut prêter à confusion). Entre les différents produits déjà lancé en 2009 (cf. Netbook + TabletPC = Touchbook, et le web devient tactile) et les rumeurs de futurs machines chez Apple et Google, le marché est en ébulition.

Mais qui dit nouvelles machines, dit nouveaux services et surtout nouvelles interfaces. Car n’oublions pas que l’interface est un élément clé dans l’adoption et le succès d’une innovation technologique (cf. l’iPhone qui a révolutionné le marché). Je souhaiterais donc partager avec vous les différents concepts d’interfaces déjà proposés par certains.

Commençons avec la ces particulier des magazines papier “portés” sur support numérique comme cette démonstration technologique de Condé Nast, l’éditeur de nombreux magazines US (dont Wired), qui devraient être disponible sur la tablet d’Apple : Condé Nast’s Offering for Apple’s Mystery Tablet: Wired Magazine.

Il y a ensuite cette très belle illustration d’un magazine de sport en version électronique (Time Inc. shows off magazine tablet demo) :

Votre magazine de sport en versino électronique et tactile
Votre magazine de sport en version électronique et tactile

Le texte et les images occupent donc toute la surface d’affichage avec un menu radial qui est affiché en tapotant l’écran. Démonstration vidéo ici :

Plus futuriste mais nettement plus impressionnant, le Mag+ de l’éditeur suédois Bonnier (Bonnier Takes A Stab At Re-Inventing The Mag) :

Concept futuriste de touchbook
Concept futuriste de touchbook

À découvrir en vidéo ici :

Il y a aussi le grand retour de l’OLPC (l’ordinateur à 100$) qui pourrait bien faire un retour en force avec une machine de troisième génération à la sauce touchscreen (OLPC Comes Up With a Beautiful, Thin Tablet Concept) :

Evolution de l'OLPC en touchscreen
Evolution de l'OLPC en touchscreen

Pour finir n’oublions pas le brevet déposer par Apple pour un écran à retour de force (Possible Apple tablet multi-touch tactile keyboard detailed) un concept dont j’avais déjà parlé dans un précédent billet (Interfaces en relief et crayonnage 3D) :

L'écran en relief d'Apple
L'écran en relief d'Apple

Donc comme vous pouvez le constater c’est un véritable festival d’innovations en tout genre pour les différents constructeurs et éditeurs qui semblent prêt à se lancer dans une course à l’armement autour de ce nouveau format (les touchbooks).

Tout ceci n’est-il pas un peu précipité ? Si, bien sûr que si dans la mesure où les ordinateurs à écran tactile existent déjà depuis de nombreuses années et où un système d’exploitation comme Windows 7 intègre maintenant de façon plus fine la gestion du multitouch. Le frein à l’adoption se situe donc bien du côté du logiciel plutôt que du côté du hardware ou des services. Comprenez par là que les machines sont prêtes, mais que les interfaces permettant de “consommer” de l’information et des services sont encore à inventer. Et sur ce point précis, c’est Adobe qui semble le mieux placé. Pourquoi ? Tout simplement parce que les interfaces tactiles vont littéralement inonder le marché et qu’il va falloir gérer de nombreux terminaux et systèmes d’exploitation. Ors, c’est justement pour palier à ce défi que AIR a été conçu.

D’autant plus que AIR est une technologie qui a fait ses preuves avec le Times Reader qui pourrait donc s’imposer comme la référence de facto de la presse en ligne qu’il faudrait “juste” adapter aux écrans tactiles, dont le iSlate d’Apple qui sera le premier à sortir sur le marché. Oui mais voilà, le torchon brule entre Adobe et Apple (notamment en ce qui concerne le portage de Flash sur l’iPhone ou les problèmes de performance du dernier Flash Player sur Mac OS). Il se pourrait donc que nous soyons à l’aube d’une belle bataille entre Apple et le reste de l’industrie soutenue par Adobe (Can Adobe and Apple Play Nicely When–And If–The Tablet Shows Up?).

Pour résumer une longue histoire, je suis intimement persuadé qu’une partie du succès de ces touchbooks va reposer sur leur capacité à proposer une expérience enrichissante de consommation d’informations et de services à valeur ajoutée. Tout comme il existe des applications mobiles payantes pour smartphones éditées par les grands journaux, attendez-vous à voir fleurir des offres équivalentes adaptées au format des touchbooks dans différents domaines (news, sport, cuisine…). L’innovation dans ce domaine a toutes les chances d’être passionnante, notamment dans le commerce en ligne.

/!\ Article initialement publié sur InterfacesRiches.fr.

Avec Chrome OS Google se positionne sur l’outil informatique du futurCommentaires fermés

Depuis l’annonce préliminaire de juillet dernier j’attendais avec impatience la sortie de Chrome OS, le système d’exploitation de Google (cf. Chrome OS, la pierre angulaire de l’empire Google). C’est maintenant chose faite avec une présentation publique en fin de semaine dernière dont vous trouverez une retranscription complète ici : Live From Google’s Chrome OS Event.

Chrome = Chrome OS

Pour faire simple disons que ce système d’exploitation n’est ni plus ni moins que le navigateur que nous connaissons déjà (Chrome). Comprenez par là qu’avec Chrome OS vous pourrez faire tout ce que vous avez envie de faire… du moment que ça se passe dans le navigateur (Chrome), en d’autres termes : applications et stockage en ligne obligatoires.

Dans leur façon de présenter les choses, ils ont retiré tout ce qui n’était pas nécessaire pour ne garder que l’essentiel (le navigateur). Donc dans l’absolu, Chrome OS est plus un navigateur augmenté qu’un système d’exploitation diminué. Le principal bénéfice avancé est que Chrome OS sera hyper-rapide à démarrer et ultra-sécurisé (du moins autant que Chrome). Le principal inconvénient est de… ne pas réellement proposer la même chose qu’un autre système d’exploitation.

Comparaison OS / Chrome OS
Comparaison OS / Chrome OS

L’interface de Chrome OS ressemble donc forcément beaucoup à Chrome :

L'interface de Chrome OS
L'interface de Chrome OS

Les seules différences notables viennent des indicateurs de charge en haut à droite et de l’onglet d’applications en haut à gauche :

L'onglet applications de Chrome OS
L'onglet applications de Chrome OS

Vous noterez la possibilité de “figer” des onglets pour vos applications favorites (Gmail, Google Docs…) :

Zoom sur le système d'onglets de Chrome OS
Zoom sur le système d'onglets de Chrome OS

Pour en savoir plus, je vous recommande cette vidéo sur la philosophie de l’interface :

Sinon dans les grandes lignes Chrome OS ne pourra pas être téléchargé et installé (il faudra utiliser un matériel spécifique dont nous n’avons pas encore les spécifications si ce n’est que ces machines devront être obligatoirement équipées de disques SSD), la version définitive ne sortira qu’en fin d’année prochaine mais le code source est d’ores et déjà disponible en open source.

Pour une revue plus complète des détails, je vous propose de lire ces articles :

Ce dernier article m’interpelle particulièrement car il est mentionné en fin d’article que tout ce que proposera Chrome OS sera également disponible dans Chrome (donc pour Windows, Mac OS…). Une information non-négligeable mais dont je n’ai trouvé confirmation nulle part ailleurs.

Chrome OS n’est qu’une pièce du puzzle

Si nous résumons bien : Google Chrome repose entièrement sur Chrome donc hérite de ses fonctionnalités, il ne tournera que sur du matériel adapté (visiblement au format netbook et sans disque dur) qui imposera le stockage en ligne (ils disent “data-on-the-cloud” parce que ça fait plus chic) et les applications en ligne (de préférence celles de Google). Chrome OS est donc la pierre angulaire de nombreux produits et services de Google que nous pouvons résumer avec l’équation suivante :

Chrome OS = Chrome + Gears + NaCl + Storage

À cette liste devraient pouvoir s’ajouter les technologies en cours de finalisation (comme le protocole SPDY qui est censé améliorer les performances de HTTP ou encore O3D). En fait la liste est très loin d’être complète… du moment que cela ne rentre pas en concurrence avec Android, l’autre système d’exploitation de Google mais pour les terminaux mobiles. Peut-être est-ce cette proximité dans la gamme de produits de Google que les membres de l’équipes se sont sentis obligés de préciser que les futurs machines “compatibles” Chrome OS seraient au format netbook mais avec un écran légèrement plus grand (au moins 11″).

La répartition du marché selon Google
La répartition du marché selon Google

Donc si l’on décortique le schéma ci-dessus : les géants se battent pour les extrêmes (sur le segment des laptops et téléphones mobiles) alors que Google cible plutôt les offres intermédiaires (netbooks et tablets). Ce schéma prend tout son sens quand on apprend que Sergey Brin aurait évoqué à demi-mot la probable fusion d’Android et de Chrome Os dans un avenir proche : Brin evoque une fusion d’Android et Chrome OS.

Malgré ces précisions les premières réactions sont tout naturellement tournées vers l’impact de ce lancement (prochain) sur le marché des netbooks :

Mais attention à ne pas tirer de conclusions hâtives : Chrome OS n’est pas réellement concurrent de Windows mais plutôt de Windows sur netbook.

Pas réellement un concurrent de Windows (ni de Mac OS)

Je rejoins tout à fait l’avis de Ars Technica sur le fait que les équipes de Google ont opté pour un positionnement radicalement différent de Windows (ou de Mac OS) : oubliez votre desktop, l’avenir de l’informatique est dans les nuages. Pour résumer une longue histoire disons qu’après 20 ans de règne sans partage, Microsoft a érigé des barrières à l’entrée tellement hautes autour de son Windows que plus personne ne peut prétendre  l’en déloger. Il y a bien évidemment Apple mais son Mac OS n’a pas réellement cette ambition et se contente bien de son positionnement de niche (pour des raisons trop longues à lister dans cet article). Comprenez par là que Windows est et restera le système d’exploitation de référence pour les ordinateurs de type “desktop” et ce jusqu’à la disparition de ce segment de marché (probablement dans une dizaine d’années).

La disparition des desktops ? Oui tout à fait, les ordinateurs tels que nous les connaissons sont condamnés à disparaitre : trop cher à produire (surtout avec la raréfaction des matières premières à prévoir), trop gourmands en ressources, pas réellement adaptés à la réalité de ce que vont devenir les usages de l’informatique dans les années à venir. Le pari de Google est donc de se positionner en avance de phase et de miser sur la prochaine génération d’outils informatique : les netbooks XL. L’idée étant de ne pas faire supporter au client le cout de composants et logiciels permettant de supporter des tâches “lourdes” mais dont le grand public ne se sert quasiment jamais (Photoshop, montage vidéo, conception 3D…).

Regardez l’effervescence autour des médias sociaux (publication et partage de contenus, sociabilisation…) et des services “on-the-cloud” (données, musique…) et vous aurez une idée de ce à quoi ressemblera l’informatique grand public dans 10 ans. Bien évidemment il y aura toujours des “gros” ordinateurs pour faire tourner les applications professionnelles mais l’essentiel de ce que l’on pourra faire sera calculé sur des serveurs et délivré sur un machine “légère”. Alors vous pourriez bien me dire “peut-être mais moi je ne me séparerais jamais de ma musique que j’ai encodé avec mes petits doigts depuis ma médiathèque de 450 CD“, et je vous répondrais “ha mais moi non plus !“. Par contre ça sera complètement différent pour le commun des mortels (les djeunz de nos jours) qui n’ont jamais possédé de CD (ou encodé eux-mêmes des MP3).

Donc si je récapitule : la configuration de marché actuelle (majorité de desktops, minorité de netbooks) va s’inverser (majorité de netbooks, minorité de desktops). Il reste le cas particulier des jeux vidéos, principal vecteur de prescription des grosses configurations, mais quand on regarde la qualité des jeux auxquels il est possible de jouer en ligne (Dofus, Poptropica… et tout ce que nous réserve les Rich Internet Games), le raz-de-marée des casual / social games, la chute du prix des consoles… on se dit que cette configuration de marché là peut également changer (en évoluant notamment vers le cloud gaming).

Bref, l’avenir de l’informatique grand public est à chercher du côté des netbooks (pas des desktops) et Windows est plutôt mal parti de ce côté là, même avec Seven. Reste encore à Google à trouver l’équilibre entre prix, puissance et autonomie. Le facteur prix est forcément limité car la future tablet d’Apple va rafler le haut du marché (=> moins de 500 $). Le facteur autonomie est impérativement à privilégier pour se démarquer des laptops low-cost (=> plus de 8 h). Reste la puissance qui peut être modulée, et elle le sera à la baisse car il faudra impérativement doter ces machines compatibles Chrome OS d’une connexion permanente (Wi-Fi, 3G…) pour que l’alternative data-on-the-cloud soit à peu près crédible.

En tout cas le moins que l’on puisse dire est que ce positionnement radical divise la communauté :

La concurrence est déjà là

Si les netbooks sont donc l’avenir de l’informatique grand public, et je le pense fortement, la bataille va donc être rude pour Google car plusieurs acteurs sont déjà sur le coup (cf. Intel et Jolicloud à la recherche de l’interface parfaite pour les netbooks) :

Bref, il ne sera pas si simple de s’imposer sur ce créneau à fort potentiel. Et ce n’est rien de le dire car nous n’en sommes qu’aux prémices d’un changement radical dans notre façon d’exploiter l’outil informatique et les services en ligne. Changement tellement grand qu’il nécessitera plusieurs galops d’essais, et Google vient juste d’en faire un tout petit. Il reste donc un énorme travail à accomplir, et surtout un marché à faire évoluer.

/!\ Article initialement publié sur FredCavazza.net.

La télévision est-elle l’avenir de l’internet ? En partieCommentaires fermés

Vous connaissez la télévision ? Mais si enfin, ce gros boitier moche qui trône au beau milieu de votre salon, celui-là même qui n’a quasiment pas évolué en 20 ans (si ce n’est quelques centimètres d’épaisseur en moins). Et bien figurez-vous qu’après des décennies de bons et loyaux services, la télévision s’apprête enfin à connaitre sa révolution. Non je ne veux pas parler de la haute définition (il s’agit “juste” de quelques pixels en plus) mais plutôt de la révolution des services accessibles au travers de cette télévision. Des services que l’on retrouvent ailleurs (ordinateurs, mobiles…) mais qui prennent un sens différent dans le contexte de l’écran de télévision.

Télévision + Internet = $

Souvenez-vous, il y a plus de 3 ans j’avais rédigé un article sur les intérêts croisés de la télévision et de l’internet : Internet = l’avenir de la télévision (et inversement). Il y était question des ambitions de conquêtes des grandes chaînes TV sur le net et des grands acteurs du net sur la TV. Ce sujet est toujours d’actualité mais la situation a largement eu le temps de mûrir :

Bref, plus que jamais les uns convoitent les audiences des autres, ou plus exactement les parts d’audience.

Le web s’invite sur les télévisions

D’après un récent rapport de Forrester (Connected TVs Need To Sharpen Their Value Proposition), les télévisions connectées devraient représenter près d’1/3 du parc d’ici à 2014 :

Croissance des parts de marché des TV connectées
Croissance des parts de marché des TV connectées

De nombreux constructeurs sont ainsi lancés dans une course à l’armement (Samsung, Philips, Sony…), mais également des industriels comme Intel (qui vient de lancer un processeur dédié à ce marché : Intel tries anew to built its smarts into TVs), des éditeurs comme Opera (et son navigateur Opera for TV) ainsi que des éditeurs de services comme Yahoo! avec sa Yahoo! Connected TV :

FlickR sur Yahoo! Connected TV
Les widgets de Yahoo! sur votre TV

Avec autant de gros acteurs sur le créneau, il faut croire que le marché à du potentiel. Mais ce n’est pas tout, car il sera bientôt possible d’intégrer bien plus de choses que des widgets dans votre télévision.

Télévision + médias sociaux = :-)

Le problème des services distribués sur des TV connectées, c’est qu’il faut qu’elles le soient (connectables). Si ce n’est pas le cas, pas de problème il y a toujours une solution. Et cette solution c’est les consoles de jeux au travers desquelles il va être possible d’exploiter des services comme Facebook ou Twitter : Twitter and Facebook Launch on the Xbox 360 et PS3 3.10 Update Adds Facebook Features, Fixes Up Friends List.

Facebook sur votre Xbox 360
Facebook sur votre Xbox 360

Notez que cela fonctionne aussi avec des contenus TV diffusés sur le net et regardés sur votre télévision à l’aide de boitiers comme la future Boxee Box (cf. The Boxee Box will rock your sox!). Vous seriez tenté de me dire “pourquoi ne pas tout simplement être devant sa télé à l’heure où le programme est diffusé ?” et je vous répondrais “non, l’époque de l’asservissement des spectateurs par les grilles de programme est révolue !“. Car les téléspectateurs sont également des internautes comblés, comblés par la praticité de l’internet et par sa dimension sociale que l’on ne retrouve absolument pas dans la télé à papa. Ces terminaux (et une connexion haut débit) permettront ainsi de réconcilier ces deux mondes : l’interactivité et la sociabilisation de l’internet avec les contenus de la télé (cf. The future of television: Social TV).

Pourquoi la TV est-elle l’avenir de l’internet ?

Tout simplement parce qu’il reste très peu de leviers de croissance sur le web. Comprenez par là que l’audience de l’internet est en croissante constante depuis ces dernières années mais que cette croissance va très bientôt se tasser à mesure que les foyers vont s’équiper. À partir de là, comment va-t-on faire pour gagner des parts d’audience ? Tout simplement en augmentant le temps d’exposition en multipliant les occasions de connexions. Et pour cela, rien de tel que la diversification des terminaux. Vous passez de moins en moins de temps devant les programmes de la télévision pour aller sur le net ? Qu’à cela ne tienne, ils sont en train de travailler dur pour injecter le web dans votre TV pour faire en sorte que vous ne bougiez pas vos fesses du canapé. Car c’est bien là qu’est l’enjeu : vous maintenir devant l’écran (et les coupures pubs).

Autant le mobile est l’avenir de l’internet car il permet de prolonger le temps d’exposition à des services en ligne pour les utilisateurs en situation de mobilité (ça fonctionne aussi avec les netbooks), autant la télévision est également l’avenir de l’internet car il permet de prolonger le temps d’exposition à des services en ligne pour les utilisateurs en situation de repos. Hé oui, car un autre enjeu de cette évolution est de pouvoir toucher les internautes dans un contexte différent (en mode “détente”) où les sites des concurrents ne sont plus réellement à un clic de souris vu que ces internautes n’ont pas de souris à portée de main (juste une télécommande améliorée).

Elle est donc là l’astuce : repackager les services en ligne dans un contexte où les internautes seront plus perméables aux messages publicitaires (moins méfiants). Devant votre ordinateur vous êtes alerte, concentré, prêt à fermer les pop-up ou à ouvrir un nouvel onglet si un site est trop long à charger. Dans votre canapé ça sera différent : vous serez détendu (plus de temps, plus de patience) et vous n’aurez pas du tout le même équipement (un navigateur équipé d’un bloqueur de bannière).

Faut-il se réjouir ou redouter ce scénario ? Il est encore trop tôt pour le dire. Ce dont je suis certain c’est que les publicitaires ne sont pas stupides et qu’ils seront faire preuve de subtilité pour ne pas nuire à cette nouvelle expérience de consommation de services en ligne au travers de votre télévision. D’autant plus que la concurrence sera rude (lire à ce sujet cet autre rapport de Forrester sur l’IP TV : European IPTV Forecast, 2009 To 2014) et que de nouveaux entrants vont également venir briguer la place en face du canapé (notamment les fournisseurs de cloud-gaming comme OnLive).

Croissance des parts de marché de l'IPTV
Croissance des parts de marché de l'IPTV

Moralité : Grâce au web, vous passez plus de temps devant votre TV (et devant votre mobile) (et sur votre netbook).

/!\ Article initialement publié sur FredCavazza.net.

Les smartphones vont-ils tuer les terminaux portables dédiés (0)

J’ai comme l’impression  qu’en ce moment entre le Peek et le WikiReader c’est la mode des terminaux portables dédiés. Les quoi ? Mais si enfin, les terminaux dédiés, ces petites machines portables (connectées ou non) qui sont entièrement dédiées à un service, par opposition aux assistants personnels qui sont capables de faire de nombreuses choses.

Même si le concept de terminal dédié présente des avantages (conception adaptée) il semblerait que cette approche soit en train de subir une concurrence fatale de la part des smartphones.

Navigateurs GPS vs. smartphones

Historiquement se sont les systèmes de navigation personnels qui ont ouvert la voix :

Exemple de navigateur GPS
Exemple de navigateur GPS

Le problème est que les routes évoluent (changement de noms) et que les données contextuelles (travaux, état du trafic…) sont très précieuses. De ce fait, ces systèmes embarquent maintenant des systèmes de synchronisation “over the air” qui peuvent faire doublon avec votre abonnement de téléphonie.

Illustration avec l’application iPhone proposé par TomTom :

La version iPhone de TomTom
La version iPhone de TomTom

C’est grosso-modo la même chose (écran tactile, GPS, compas…) mais vous ne payez que le soft et les données en temps réel. Je n’ai pas testé donc merci de ne pas troller sur le prix de l’application.

Là où ça se corse, c’est quand Google décide de sortir son propre service (Google Maps Navigation) qui exploite à la fois les données cartographiques de Google Maps, les photos de Google Street View :

Captures d'écran de Google Maps Navigation
Captures d’écran de Google Maps Navigation

Non seulement l’interface est un modèle d’intuitivité mais en plus l’application bénéficie de la base de données de Google Local. Cerise sur le gâteau : cette application est gratuite pour les terminaux propulsés par Android. Inutile de vous dire que cela doit donner des sueurs froides aux fabricants.

Baladeurs MP3 vs. smartphones

Autre exemple “historique”, les baladeurs MP3 (dont l’iPod) qui doivent maintenant subir la concurrence des smartphones comme l’iPhone ou Android :

iTunes sur l'iPhone
iTunes sur l’iPhone

Autant la gestion de la musique sur Android mérite encore quelques améliorations, autant l’iPhone est parfaitement au point et bénéficie en plus de l’intégration d’iTunes pour télécharger directement de la musique sans passer par l’ordinateur.

Là où ça devient intéressant, c’est quand des services en ligne musicaux par abonnement commencent à voir le jour (SpotifyLala…). Idem pour des services de recommandation comme Pandora qui présentent un avantage compétitif sans précédent par rapport à un simple baladeur MP3.

Consoles de jeux portables vs. smartphones

Oui je sais bien que Nintendo a réussi à vendre près de 120 millions de Game Boy et 115 millions de DS, mais le marché surveille tout de même de très près l’iPhone qui représente plus de 10% des parts de marché des jeux mobiles. Bien évidement il y a encore beaucoup moins d’iPhone en circulation que de consoles portables (un peu plus de 300 millions d’unités il me semble) mais c’est parce que les autres ont beaucoup d’avance. Dans tous les cas de figure, ce ne sont pas les caractéristiques techniques qui sont en défaveur de l’iPhone (si je ne dis pas de bêtise il est plus puissant qu’une DS ou une PSP) qui arrive en plus à conquérir un public différent grâce à son écran mulit touch :

FIFA 10 sur l'iPhone
FIFA 10 sur l’iPhone

La situation est d’autant plus critique pour les fabriquant historiques de consoles portables qui viennent à peine de revoir leur modèle de distribution (qui reposait jusqu’à présent sur les cartouches) avec le lancement de jeux à télécharger. D’ailleurs la toute récente PSP Go ne propose que des jeux à télécharger.

Encyclopédie et outils de communication dédiés vs. smartphones

Derniers nés de cette catégorie “terminaux dédiés portables”, le très intéressant WikiReader qui vous donne accès à la gigantesque base de données de Wikipedia :

Wikipedia dans votre poche avec le WikiReader
Wikipedia dans votre poche avec le WikiReader

Ce petit appareil a d’indéniables qualité (prix réduit, ergonomie adaptée, autonomie…) mais subit de fait une concurrence frontale avec la version mobile de Wikipedia (ou l’application) qui évite de devoir faire des mises à jour (facturée 29$).

Dernier exemple avec le Peek, un terminal dédié à la communication qui permet d’envoyer/recevoir des emails et messages à volonté (pour 15$/mois) :

Emails à volonté avec le Peek
Emails à volonté avec le Peek

Une offre intéressante car les forfaits “data” des opérateurs réservent parfois des surprises et car ce terminal est parfaitement adpaté à cette tâche. OK… mais les BlackBerry sont aussi positionnés sur ce créneau et remplissent parfaitement leur rôle.

Qu’à cela ne tienne, ils s’apprêtent à commercialiser une version spécifique pour Twitter (tweets illimités pour un prix de vente à 199$) : TwitterPeek. Là encore une offre qui fait réfléchir, mais qui va sûrement avoir du mal à trouver sa place face aux nombreuses applications de tweeting disponibles sur les smartphones : Would You Pay $199 for a Mobile Twitter Device With “Lifetime” Service?.

Conclusion

Comme nous venons de la voir, les smartphones sont capables de rivaliser avec chacun de ces terminaux de façon tout à fait convaincante. Pour le moment c’est l’iPhone qui tient le haut du panier avec une machine et un écosystème redoutablement bien intégré (et rentable pour Apple) mais qui sait ce que les autres acteurs nous préparent (Google / Android, Nokia…) ?

De mon point de vue il n’y a pas photo : je possédais un téléphone, un PDA, un baladeur numérique et une Game Boy. Maintenant tout ce dont j’ai besoin c’est de mon iPhone (et en prime il peut même faire modem 3G pour mon ordinateur). Peut-être les nouvelles générations de netbooks ou de touchbooks apporteront-elles du neuf dans cette compétition. À moins que la future tablet d’Apple nous replonge dans une situation de quasi-monopole…

/!\ Article initialement publié sur FredCavazza.net.

Réalité augmentée, la revanche de l’Europe sur le Mobile 2.0 (0)

J’ai comme l’impression que les applications tournant autour de la réalité augmentée sur des terminaux mobiles sont en train d’exploser. Vous connaissiez déjà les audioguides (largement répandus dans les musées), mais avec l’arrivée sur le marché de smartphones équipés de puces GPS et de compas électronique, le marché risque bien de s’envoler.

Le principe est simple : vous installez une application sur votre smartphone et celle-ci récupère des données pour les afficher en sur-impression en mode caméra. Illustration avec Layar, un start-up hollandaise qui propose une offre très crédible : The first mobile Augmented Reality browser premiers in the Netherlands. Cette start-up propose en effet une plateforme pour héberger des couches de données ainsi que le navigateur qui permet de les consulter (dans un premier temps uniquement disponible pour Android) :

Layar1.jpg
Exemple d'application immobilière par Layar

Vous vous promenez donc dans une vile et l’application affiche des bulles qui sont autant de points d’intérêt. De points d’intérêt pour qui ? Et bien ça dépend du client qui finance la couche d’informations (“Information Layer” ou “Layar” en prononçant à l’anglaise). L’astuce de cette start-up est donc de démarcher des clients pour vendre une prestation complète de création et d’hébergement de cette fameuse couche d’informations. Pour le moment 4 clients ont déjà signés : ING (localisation de distributeurs de billet et agences bancaires), Funda (localisation de biens immobiliers), Hyves (application sociale)… Les domaines d’application sont très nombreux et l’intérêt de ce service va être fonction du nombre de terminaux supportés. Plus d’infos ici : Want to augment the reality? Layar adds API to their service. Ici une petite démonstration vidéo :

Dans le même esprit, il y a aussi l’application Nearest Tube d’Acrossair. Le principe est le même mais pour trouver une station de métro : Find Your Nearest Train Station with this Awesome Augmented Reality iPhone App. L’application fonctionne en mode “carte” où les stations sont indiquées en fonction de leur direction et de la distance (ici pourNew-York) :

NY_NearestSubway.jpg
Trouvez la station de métro la plus proche à NY

Mais il y a surtout le mode HUD (ici pour Londres) :

LondonNearestTube.jpg
Trouvez la station de métro la plus proche à Londres

Je vous recommande cette petite démo vidéo pour vous rendre compte de l’intérêt de cette application :

Troisième exemple avec Wikitude qui propose à tout le monde de créer des données (geo-tags) accessibles au travers du World Browser :

wikitude.png
Le World Browser de Wikitude

La particularité de Wikitude est de proposer une approche collaborative et de capitaliser sur une communauté (Wikitude.me). Pour le moment il n’existe qu’une version Android…

Et puisque l’on parle de communauté, pourquoi ne pas mélanger réalité augmentée en situation de mobilité et Twitter ? C’est chose faite avec Twittaround qui se charge de trouver les tweets ayant été publiés autour de vous : TwittaRound, An Augmented Reality Twitter App.

TwittARound.jpg
Twitter en mode ultra-local

Voici donc une déclinaison très intéressante de place stream, démonstration vidéo ici :

Terminons cette série d’exemples avec le principe d’identité augmentée (“Augmented ID“) qui repose sur de la reconnaissance faciale : Augmented ID, Augmented Reality Facial Recognition for Mobile.

AugmentedID.jpg
Votre identité augmentée avec Augmented ID

Pour le moment il ne s’agit que d’un prototype mais j’imagine le potentiel de cette application : vous n’oublierez plus jamais aucun nom ! Démonstration ici :

Inutile d’être devin pour comprendre la mine d’or que représente ce créneau. Les applications les plus évidentes se trouvent dans le secteur du tourisme ou de la culture (cf. iPhone Augmented Reality) auprès d’un public de niche avec un certain niveau d’instruction et des revenus élevés (suffisamment pour se payer un smartphone).

MobileAR_Tourism.jpg
Exemple d'application touristique de la réalité augmentée

Mais ne vous y trompez pas, la réalité augmentée va également toucher d’autres secteurs d’activité et notamment le jeu : Augmented Reality: Here’s Our Wishlist of Apps, What’s On Yours?. D’ailleurs quand on y réfléchi bien, est-ce que les Augmented Reality Mobile Games ne sont pas les cousins des MMTRG ?

Bref, tout ça pour dire que la révolution des informations augmentées et géo-localisées approche à grands pas. Bien évidement tout ne va pas changer du jour au lendemain mais cette niche commence à être sacrément concurrentielle.

/!\ Article initialement publié sur FredCavazza.net.

Quelle interface pour le système d’exploitation de demain ?Commentaires fermés

Avec la sortie prochaine de Chrome OS (le futur système d’exploitation de Google pour les netbooks) le débat est relancé sur l’évolution des interfaces des systèmes d’exploitation. Ou plutôt devrais-je dire sur la non-évolution des interface. Et oui, car force est de constater qu’en plus de 25 ans la logique des interfaces de nos systèmes d’exploitation n’a pas beaucoup évoluée : la résolution et le nombre de couleurs ont été améliorés, de même que les traitements graphiques (ombrages, reflêts, transparence…), mais tout repose sur le même triptyque : menus, icônes et fenêtres.

Quasiment pas de réelles innovations en 20 ans

Tout a commencé en 1981 avec le bureau 8010 Star de Xerox conçu au légendaire PARC (cf. Operating System Interface Design Between 1981-2009) :

Xerox8010.gif
L'interface 8010 Star de Xerox

Cette interface a par la suite été récupérée et adaptée par Microsoft avec Windows dont le règne a commencé avec Windows 3 :

windows3.gif
L'interface de Windows 3

Ici l’interface du futur Windows 7 qui n’apporte pas grand chose de neuf depuis l’apparition du bouton “Start” à partir de la version 95 :

Windows7.jpg
L'interface de Windows 7

Chez Apple c’est la même chose, lorsque l’on y regarde de plus près, tout était déjà en place à partir de 1984 avec le Mac OS 1 :

MacOS1.gif
L'interface de Mac OS 1

Nous sommes maintenant à la version 10.6 mais les fondamentaux sont toujours les mêmes (menu en haut, fenêtres avec les boutons dans le coin supérieur gauche, corbeille…) :

MacOS-Leopard.jpg
La dernière version de l'interface de Mac OS X

Bon OK, il y a bien le Dock qui a fait son apparition, mais c’est tout.

La 3D est-elle une solution ?

Depuis quelque temps nous commençons à voir arriver la 3D pour faire rentrer toujours plus de bordel fenêtres sur un seul écran avec notamment le très impressionnant KDE 4.2 reposant sur un noyau Linux :

KDE_42.jpg
Le bureau en 3D de KDE

La rumeur prétend qu’Apple travaillerait sur une version pseudo 3D de son Mac OS (Bientôt un bureau en 3D chez Apple ?) :

MacOS_3d.jpg
Prototype de version 3D pour le Mac OS

Même si la 3D apporte du sensationnel à l’interface, je doute qu’elle révolutionne le genre.

Nouveaux usages = nouvelles interfaces

En fait si les interfaces de nos systèmes d’exploitation n’ont pas beaucoup changées, c’est parce que les ordinateurs et les usages qui vont avec n’ont pas beaucoup changés : un écran, un clavier, une souris et des applications. Oui mais voilà, avec l’apparition des netbooks, les usages sont progressivement en train de changer. Et pour accompagner ces changement, les interfaces doivent s’adapter et prendre en compte le contexte et les habitudes de consommation des utilisateurs : mobilité, plateformes sociales…

Jusqu’à présent les quelques tentatives d’adaptation de systèmes d’exploitation n’étaient pas réellement convaincantes (du très rébarbatif Windows XP au simplissime Xandros), veines tentatives pour faire rentrer au chausse-pied des interfaces XL dans des machines XS. Heureusement qu’Intel a décidé d’investir pour développer Moblin, une interface novatrice qui colle beaucoup mieux aux coques des netbooks (cf. Intel et Jolicloud à la recherche de l’interface parfaite pour les netbooks).

Plusieurs innovations sont tout à fait remarquables dans cette interface next-gen, tout d’abord le tableau de bord (baptisé MyZone) qui présente un condensé d’informations et un accès simplifié aux principales fonctions :

Moblin_MyZone.jpg
La page de démarrage de Moblin

Cette page de démarrage est divisée en quatre espaces :

  • En haut la toolbar à mi-chemin entre un site web (pour les onglets) et un téléphone portable (pour l’heure et les icônes en haut à droite) ;
  • Sur la colonne de gauche, les activités récentes (RDV et applications récentes) ;
  • Sur la colonne centrale, les derniers sites web visités et fichiers ouverts ;
  • Sur la colonne de droite, les dernières infos en provenance de votre social graph.

Deux caractéristiques sont à retenir de cette interface : un fort contraste (pour ceux qui utilisent leur machine en extérieur) et des zones d’interaction bien larges (pour faciliter l’usage du pavé tactile). Vous noterez que cette interface tranche avec les autres interfaces de systèmes d’exploitation (Windows, Mac OS, Ubuntu…) dans la mesure où elle abandonne le principe d’icônes sur le bureau, de menu “Start” et autres side bar. C’est un changement majeur et l’inspiration semble plus venir du monde des mobiles que du monde des ordinateurs.

Dans les autres améliorations notables je citerais également l’onglet Network Connection qui est un modèle d’intuitivité et d’efficacité :

Moblin_Network-connection.jpg
L'interface de connexions réseaux de Moblin

Les plus observateur reconnaitront dans cet écran l’héritage de l’iPhone mais force est de constater que les équipes de Intel ont fait un travail remarquable pour intégrer dans cette interface les usages courant des utilisateurs (status update, friends list, media gallery…).

Il ne manque plus à ce Moblin que la prise en compte d’un écran tactile pour réussir le tour de force d’aligner l’interface d’un système d’exploitation avec les usages des utilisateurs. Je dois bien avouer être plus qu’enthousiasme face à ce Moblin qui préfigure un réel renouveau du genre. Attendons de voir ce qu’Apple va faire avec son futur netbook / tablet prévu pour octobre…

/!\ Article initialement publié sur SimpleWeb.fr.

Réalité augmentée, le nouvel eldorado des smartphones (0)

J’ai comme l’impression que les applications tournant autour de la réalité augmentée sur des terminaux mobiles sont en train d’exploser. Vous connaissiez déjà les audioguides (largement répandus dans les musées), mais avec l’arrivée sur le marché de smartphones équipés de puces GPS et de compas électronique, le marché risque bien de s’envoler.

Le principe est simple : vous installez une application sur votre smartphone et celle-ci récupère des données pour les afficher en sur-impression en mode caméra. Illustration avec Layar, un start-up hollandaise qui propose une offre très crédible : The first mobile Augmented Reality browser premiers in the Netherlands. Cette start-up propose en effet une plateforme pour héberger des couches de données ainsi que le navigateur qui permet de les consulter (dans un premier temps uniquement disponible pour Android) :

Layar1.jpg
Exemple d’application immobilière par Layar

Vous vous promenez donc dans une vile et l’application affiche des bulles qui sont autant de points d’intérêt. De points d’intérêt pour qui ? Et bien ça dépend du client qui finance la couche d’informations (“Information Layer” ou “Layar” en prononçant à l’anglaise). L’astuce de cette start-up est donc de démarcher des clients pour vendre une prestation complète de création et d’hébergement de cette fameuse couche d’informations. Pour le moment 4 clients ont déjà signés : ING (localisation de distributeurs de billet et agences bancaires), Funda (localisation de biens immobiliers), Hyves (application sociale)… Les domaines d’application sont très nombreux et l’intérêt de ce service va être fonction du nombre de terminaux supportés. Plus d’infos ici : Want to augment the reality? Layar adds API to their service. Ici une petite démonstration vidéo :

Dans le même esprit, il y a aussi l’application Nearest Tube d’Acrossair. Le principe est le même mais pour trouver une station de métro : Find Your Nearest Train Station with this Awesome Augmented Reality iPhone App. L’application fonctionne en mode “carte” où les stations sont indiquées en fonction de leur direction et de la distance (ici pourNew-York) :

NY_NearestSubway.jpg
Trouvez la station de métro la plus proche à NY

Mais il y a surtout le mode HUD (ici pour Londres) :

LondonNearestTube.jpg
Trouvez la station de métro la plus proche à Londres

Je vous recommande cette petite démo vidéo pour vous rendre compte de l’intérêt de cette application :

Troisième exemple avec Wikitude qui propose à tout le monde de créer des données (geo-tags) accessibles au travers du World Browser :

wikitude.png
Le World Browser de Wikitude

La particularité de Wikitude est de proposer une approche collaborative et de capitaliser sur une communauté (Wikitude.me). Pour le moment il n’existe qu’une version Android…

Et puisque l’on parle de communauté, pourquoi ne pas mélanger réalité augmentée en situation de mobilité et Twitter ? C’est chose faite avec Twittaround qui se charge de trouver les tweets ayant été publiés autour de vous :TwittaRound, An Augmented Reality Twitter App.

TwittARound.jpg
Twitter en mode ultra-local

Voici donc une déclinaison très intéressante de place stream, démonstration vidéo ici :

Terminons cette série d’exemples avec le principe d’identité augmentée (“Augmented ID“) qui repose sur de la reconnaissance faciale : Augmented ID, Augmented Reality Facial Recognition for Mobile.

AugmentedID.jpg
Votre identité augmentée avec Augmented ID

Pour le moment il ne s’agit que d’un prototype mais j’imagine le potentiel de cette application : vous n’oublierez plus jamais aucun nom ! Démonstration ici :

Inutile d’être devin pour comprendre la mine d’or que représente ce créneau. Les applications les plus évidentes se trouvent dans le secteur du tourisme ou de la culture (cf. iPhone Augmented Reality) auprès d’un public de niche avec un certain niveau d’instruction et des revenus élevés (suffisamment pour se payer un smartphone).

MobileAR_Tourism.jpg
Exemple d’application touristique de la réalité augmentée

Mais ne vous y trompez pas, la réalité augmentée va également toucher d’autres secteurs d’activité et notamment le jeu : Augmented Reality: Here’s Our Wishlist of Apps, What’s On Yours?. D’ailleurs quand on y réfléchi bien, est-ce que les Augmented Reality Mobile Games ne sont pas les cousins des MMTRG ?

Bref, tout ça pour dire que la révolution des informations augmentées et géo-localisées approche à grands pas. Bien évidement tout ne va pas changer du jour au lendemain mais cette niche commence à être sacrément concurrentielle.

/!\ Article initialement publié sur FredCavazza.net.

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