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2010 sera-t-elle l’année de l’informatique nomade et polymorphe ?Commentaires fermés

Après presque 30 années de domination sans partage, j’ai comme l’impression que l’outil informatique traditionnel (écran + clavier + souris) est en train de sérieusement se ringardiser. Le couple Windows – Intel semble en effet avoir atteint son apogée et l’on se dirige tout droit vers un nouveau cycle d’innovation pour faire émerger de nouvelles catégories de terminaux et de nouveaux usages.

De l’internet mobile à l’internet nomade

Je pense ne pas me tromper en disant que la révolution mobile a fait long-feu en France et dans les pays occidentaux en général. Autant l’Asie a connu un formidable essor des services mobiles dans les années 2000 (principalement en Corée du Sud et au Japon), autant le WAP évoque un demi-échec (lire à ce sujet Ne confondez plus internet mobile et internet en situation de mobilité). Mais ne parlons plus du passé et tournons-nous vers l’avenir car l’avènement de l’iPhone et des netbooks a permit au marché de comprendre qu’il n’est pas forcément nécessaire d’avoir un écran de 19″ et un processeur à quadruple-coeur pour profiter de services en ligne dans de très bonnes conditions. L’idée étant de compenser du débit et de la puissance par de l’autonomie et de la praticité (il faut 30 secondes pour allumer son iPhone et relever ses mails).

De plus, je note une forte volonté des industriels de sortir de l’impasse du web gratuit où les producteurs et distributeurs de musique, films, séries TV, news… s’arrachent les cheveux pour trouver des modèles économiques viables sur un média où les utilisateurs sont habitués au tout gratuit. Les conditions de marché semblent donc réunies pour initier la révolution de l’outil informatique et sortir de la domination du PC (dans le sens “Personnal Computer“).

Bien évidement il existera toujours et nous continuerons à utiliser des ordinateurs (fixes ou portables), mais ils devront partager leur part d’audience avec d’autres types de terminaux qui nous permettrons de consommer des contenus, d’exploiter des services et de prolonger nos interactions sociales dans d’autres contextes. Ces terminaux nous les connaissons déjà (smartphones, netbooks, touchbooks, terminaux grand public ambiants…) mais leur prolifération et la part d’usage que nous leur réservons va petit à petit augmenter et inverser la tendance.

allbook

Eric Schmidt, PDG de Google, a ainsi déclaré que l’avenir de l’internet était au mobile. Ce n’est pas également un hasard si Steve Jobs a annoncé en ouverture de sa dernière keynote qu’Apple était une société de terminaux mobiles. Non pas que ces patrons ne croient plus en l’informatique “traditionnelle”, mais plutôt que les meilleures opportunités sont à chercher en dehors du cadre des ordinateurs tels que nous les connaissons (avec écran, clavier et souris). L’approche de services morcelés en widgets (ou applications chez Apple) semble en effet beaucoup plus facile à contrôler (d’un point de vue modèle économique).

Nous ne parlons pas seulement des terminaux qui tiennent dans la poche et que nous trimbalons partout avec nous, mais plutôt des terminaux à encombrement réduit et à grande autonomie qui peuvent servir partout mais dont l’essentiel des usages se fait en intérieur dans votre salon ou chambre (à l’image des consoles de jeux portables comme la Nintendo DS). L’avantage de ces terminaux est de supprimer toute dépendance aux fils (alimentation, réseau), nous parlons plus ainsi d’internet nomade plutôt que d’internet mobile.

Une course à la taille critique pour les systèmes d’exploitation

Il en va de même pour l’iPhone, terminal mobile de référence qui est également capable de rendre de très bon services d’appoint pour vous éviter d’avoir à démarrer votre ordinateur (regarder la météo ou le programme TV, vérifier ses emails ou Twitter, jouer 5 minutes…). L’iPhone et son modèle de distribution fermé fait ainsi beaucoup d’envieux. Nombreux sont ceux qui aimeraient bien réitérer cet exploit à l’image de Palm, Blackberry ou encore de cette alliance entre 24 opérateurs pour lancer une plateforme ouverte d’applications sur mobiles. Le but de la manoeuvre est de créer un marché-cible suffisamment grand pour créer un écosystèmes de développeurs et d’éditeurs d’applications.

OK très bien, mais il va falloir faire preuve de plus d’ambition pour convaincre le marché. D’autant plus que cette alliance ne prend en compte qu’une partie de l’équation (les terminaux mobiles). Je suis ainsi beaucoup plus attentif au tout récent partenariat entre Nokia et Intel pour fusionner leurs systèmes d’exploitation respectifs (Maemo et Moblin) en une plateforme unifiée du nom de MeeGo.

MeeGo
MeeGo, le système d'exploitation multi-terminaux

L’idée est de construire sur un noyau Linux une architecture logicielle suffisamment souple pour s’adapter à différents types de terminaux connectés :

MeeGo-Architecture
L'architecture logicielle de MeeGo

En proposant une plateforme logicielle unique pour un grand nombre de terminaux (smartphones, netbooks, TV et véhicules connectés…), Nokia/Intel s’assurent ainsi un soutien de nombreux développeurs et éditeurs souhaitant toucher un maximum de cibles et décliner leurs applications sur un maximum de terminaux en un minimum de temps. Nous allons donc très probablement assister à une course à la taille critique. Je ne pense pas qu’un système va écraser les autres mais plutôt une configuration où le marché est réparti entre 4 à 5 OS.

Des terminaux polymorphes pour contenter le plus grand nombre

À partir du moment où le “problème” du système d’exploitation (et du nombre d’applications disponibles) est résolu, rien n’empêche les industriels de segmenter le marché à l’infini et de proposer différents formats de terminaux pour cibler de façon plus fine les différentes niches de clients.

Des touchbooks pour petits et grands
Des touchbooks pour petits et grands

Le but de la manoeuvre est de proposer des machines parfaitement adaptées aux clients-cibles. Ça fonctionne donc pour les petits avec le iXL de Play Fish mais ça pourrait aussi fonctionner pour les séniors ou n’importe quelle autre niche.

Et puisque l’on parle de segmentation, impossible de ne pas évoquer le tout récent Windows Phone de Microsoft. Conscient du retard accumulé avec Windows mobile, les équipes de Microsoft ont pris la décision radicale de faire table rase du passée et de proposer un tout nouveau concept avec cette téléphone grand public propulsé par le système d’exploitation du Zune.

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Sage décision car le marché des smartphones sur-puissants à vocation BtoB commence à être sacrément bouché (Symbian, Android, BlackBerry, Palm). C’est donc un coup de maître de la part de Microsoft qui rompt définitivement l’héritage culturel de Windows et Office pour se montrer sur un nouvel angle (Xbox, Zune, Facebook). Ce nouveau positionnement grand public et plus abordable en terme de sophistication et de prix va permettre à Microsoft de réduire considérablement la pression concurrentielle en s’attaquant au middle-market (situé entre les téléphone basics et les smartphones).

Nouveaux usages = nouveaux revenus (ou pas)

Je n’ai pas eu la chance de participer au grand raout annuel de la mobilité à Barcelone (le Mobile World Congress), mais les comptes-rendus que je peux lire à droite et à gauche (cf. Mobile World Congress: some thoughts on day 1) me laissent penser qu’une nouvelle vague d’innovation est en train de déferler avec beaucoup d’investissements dans le software, une segmentation plus fine et une réflexion de fond sur les usages. Et même si les terminaux sont globalement plus intelligents, la sur-enchère technologique semble être compensée par des approches marché plus pertinente : Moins de puissance mais plus d’autonomie, de confort, d’adéquation…

L’innovation s’accélère, et les géants du monde informatique (Google, Apple, Microsoft) ne compte pas se laisser distancer. Pourquoi ? Tout simplement car cette vague de terminaux alternatifs va avoir une conséquence directe sur les revenus générés par la vache à lait du web : la recherche. Autant les ordinateurs sont parfaitement équipés pour faire une recherche dans de bonnes conditions (clavier complet pour saisir les mots-clés, large écran pour afficher les résultats, souris pour naviguer dans les résultats), autant sur un touchbbok ou un smartphone c’est complètement différent car les périphériques de saisie / d’affichage rendent la recherche plus délicate.

Nous sommes ainsi dans une dynamique de découverte plutôt que de recherche. Les géants comme Google, Apple et Microsoft investissent massivement pour ne pas perdre le contrôle de l’interface et se réserver des espaces de valorisation et de mise en avant du contenu. Les bannières et autres mots-clés sponsorisés vont donc être remplacés par des têtes de gondoles. Qui s’en plaindra ?

Un nouveau paradigme de l’outil informatique

Les 10 dernières années ont été consacrées au perfectionnement des services et contenus web consommés au travers d’un ordinateur. Les 10 prochaines années seront consacrées à la découverte de nouveaux services / contenus et à l’appropriation de nouveaux types de terminaux aux contraintes et spécificités très variées. Tout ceci vous semble peut-être un peu lointain, mais je vous donnes rendez-vous en 2020 pour faire le point sur ces usages nomades et surtout sur l’impact qu’ils vont avoir sur notre façon de concevoir, distribuer et consommer de nouveaux services et contenus. Peut-être engendreront-ils de nouvelles formes de dépendance ou de cyber-criminalité…

Je suis en tout cas fermement convaincu que nous entrons dans une nouvelle ère, celle de l’informatique nomade, tactile et sociale. Il va donc nous falloir complètement ré-inventer les expériences utilisateur (interfaces et contenus) pour mieux coller à ce paradigme du marché.

/!\ Article initialement publié sur FredCavazza.net.

Pourquoi l’iPad n’a pas besoin de FlashCommentaires fermés

Voilà maintenant 2 semaines que l’iPad a été annoncé… et deux semaines que le marché se demande quand Apple va se décider à implémenter Flash. Autant le dire tout de suite : Je ne pense pas que Flash soit un jour disponible sur l’iPad (ni sur l’iPhone) et je n’y tiens pas car cela ruinerait toute l’expérience utilisateur.

Le succès de l’iPhone (et celui de l’iPad) repose sur une parfaite maitrise de l’interface

Quand vous y réfléchissez bien, quels facteurs ont participé au succès de l’iPhone : Des interfaces et modalités d’interactions homogènes et un usage quotidien reposant sur les applications. Pour être exacte, il s’agit plus de mini-applications qui sont utilisées de façon intermittente et ponctuelle.

En lançant un iPad propulsé par le même système d’exploitation que l’iPhone, Apple souhaite ainsi capitaliser sur cet héritage et même enrichir l’expérience avec des contenus multimédia (des comics comme chez PanelFly ou des magazine digitalisés comme chez Condé Nast).

Panelfly

Le web sans Flash est-il encore le web ?

L’iPad est également vendu comme le terminal de référence pour surfer sur le web depuis votre canapé. OK, mais tout comme l’iPhone, l’iPad ne permet pas d’afficher des contenus Flash. Ors d’après Adobe, Flash est devenu un élément indispensable du web : Open Access to Content and Applications et Apple’s iPad, a broken link?. Je ne peux qu’abonder dans ce sens car une grosse partie des contenus que nous consommons repose tout ou partie sur Flash (les vidéos sur YouTube, les jeux dans Facebook, une très grosse majorité de sites de marque, une part non-négligeable des applications en ligne… Lire à ce sujet l’article suivant : iPad Limits User’s Web Surfing.

Impossible d'afficher des contenus Flash sur l'iPad
Impossible d'afficher des contenus Flash sur l'iPad

À partir de là nous en venons donc à nous demander si le web sans Flash n’est pas un web limité, amoindri. Mais au fond, un web consulté à partir d’un terminal sans souris / clavier est de toute façon un web limité. D’autant plus si vous êtes habitué à surfer sur un écran plus grand que 1024*768 (soit 80% des lecteurs de ce blog) ou avec un navigateur comme Firefox et ses nombreuses extensions (plus de 60% des lecteurs de ce blog).

Bref, je suis convaincu que surfer sur un iPhone ou un iPad ne rend pas le même service que surfer depuis un ordinateur. Il s’agit donc d’un surf d’appoint, qui peut rendre de très précieux services, mais qui ne risque pas réellement de faire de la concurrence aux ordinateurs (et notamment les netbooks). Mais au final ce n’est pas très grave car cette limitation est compensée par la disponibilité de très nombreuses applications et par certains sites adaptés (comme Wikipedia).

À partir du moment où Apple à la capacité de fournir un service équivalent aux travers de ces applications (grande stabilité, basculement très rapide d’une application à l’autre) cela ne dérange pas les utilisateurs d’iPhone, moi le premier. Je dirais même plus que dans certains cas les applications sont plus performantes que les sites web (Facebook, Twitter…).

L’iPhone se passe très bien de Flash

Prenons un peu de recul et essayons de synthétiser l’usage de Flash et la gène que cela peut procurer aux utilisateurs d’iPhone :

  • Les vidéos ? Il y a déjà une application YouTube et de toute façon la bande passante en 3G est trop faible.
  • Les jeux ? Ceux disponibles en version native sont parfaitement adaptés aux capacités de l’iPhone et tournent plus vite.
  • Les applications en ligne ? Soyons sérieux, quelle application est réellement exploitable avec une surface d’affichage si restreinte et l’absence de souris / clavier.

Certes avec l’iPad et son écran beaucoup plus grand la gêne risque d’être plus forte, mais de toute façon les interactions reposant sur l’écran tactile sont beaucoup moins précises et efficientes qu’avec un clavier et une souris. Mieux vaut passer par une version de l’application spécifiquement adaptée aux contraintes / opportunités de la machine. De plus Flash est très gourmand et risquerait de fortement diminuer l’autonomie de l’iPad.

Donc au final l’iPhone se passant très bien de Flash, il n’y a pas de raison apparente pour que cela soit différent sur l’iPad. Ceci venant en plus s’ajouter à des histoires de DRM et de modèle économique qui font que Flash est perçu comme un danger pour l’iPhone (cf. Flash is the Real iPhone Killer).

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Flash risque de remettre en cause l’intégrité de l’expérience d’utilisation de l’iPhone / iPad

Mais ce qui est à mon avis un facteur rédhibitoire pour Flash, c’est l’impact qu’il pourrait avoir sur l’expérience utilisateur de l’iPad. Depuis le début de l’iPhone, les interfaces et interactions des applications doivent se conformer à la charte définie par Apple. C’est cette charte qui garantie l’intégrité et la cohérence des interface. Implémenter Flash veut dire s’extraire de la contrainte des applications native donc remettre en cause cette intégrité. Je suis convaincu que le succès de l’iPhone (et probablement celui de l’iPad) repose sur cette maitrise des interfaces.

Nous verrons bien ce que cela donnera sur les smartphones équipés d’Android (le système d’exploitation de Google qui permettra très bientôt de faire tourner des contenus Flash) ou sur les futurs touchbooks tournant sous Chrome OS, mais je pense que l’expérience sera moins bien maitrisée. Cela ouvrira beaucoup plus de possibilités, mais cela va rendre la prise en main plus complexe. Je reste donc fidèle à l’approche plus fermée d’Apple mais à ses interfaces parfaitement maitrisées (cf. Flash Is Never Coming To the iPhone).

Existe-t-il des alternatives ?

Oui bien sur, il existe toujours des alternatives :

  • La possibilité de compiler des contenus Flash en application iPhone avec la Creative Suite 5 (dont les performances et la stabilité restent encore à prouver);
  • La possibilité de passer par HTML5 et sa fameuse balise <video> ;
  • Le probable portage de Silverlight sur iPhone / iPad.

Silverlight sur l’iPhone OS ? Oui je sais ça peut sembler étrange comme idée mais je me devais de lister toutes les hypothèses. Pour le moment l’alternative technologique la plus crédible semble donc être HTML5. Mais n’oublions pas qu’Apple a l’entière maîtrise de la version mobile de Safari, donc ils peuvent tout à fait imposer des limitations de ce côté-là s’ils sentent une menace.

Donc au final il y a très peu de chances pour qu’une alternatives viable à Flash fasse sont apparition sur l’iPhone / iPad. De toutes façon ces machines n’en ont pas réellement besoin de Flash, et ça tombe bien car Apple n’est pas prêt à l’implémenter !

/!\ Article initialement publié sur InterfacesRiches.fr.

Quels modèles d’interaction pour les touchbooks ?Commentaires fermés

Je pense ne rien vous apprendre en déclarant que 2010 sera l’année des touchbooks : Présentation de nombreux modèles au CES 2010, lancement de l’iPad, concepts très intéressants de Google Tablet, rumeurs sur un iPad XL… Autant dire que le marché est en ébullition et que les éditeurs placent de gros espoirs dans les touchbooks.

Consultation de sites web sur l'iPad d'Apple
Consultation de sites web sur l'iPad d'Apple

Oui mais voilà, le format touchbook apporte de grosses différences dans la façon de consommer et d’interagir avec des contenus : Absence de périphériques de saisie (clavier / souris), utilisation de nombreux capteurs (écran tactile, accéléromètre, GPS). De ce fait les touchbooks induisent des modalités d’interaction complètement différentes des navigateurs (lire à ce sujet les très interessantes Form Factors Explorations de l’équipe en charge de l’interface de Chrome OS).

Répartition des types d'éléments d'interface en fonction du terminal
Répartition des types d'éléments d'interface en fonction du terminal

Prenons comme exemple le cas d’usage le plus évident : La consultation de contenus (article, livre, BD, photos…). En l’absence de clavier, l’utilisateur peut parcourir le contenu de façon laterale ou horizontale en utilisant l’écran tactile (pression sur les bords de l’écran comme sur Panelfly, drag & drop) ou l’accéléromètre (en inclinant le terminal pour faire “glisser” le contenu).

Consultation d'une bande dessinée sur un iPhone
Consultation d'une bande dessinée sur un iPhone

C’est sur ce type de contenus que les touchbooks vont exceller : proposer une expérience de lecture à la fois naturelle (manipulation avec les doigts) et enrichie (utilisation d’animations, de sons, de vidéos…). Je vous conseille à ce sujet la lecture de cet article qui prédit un retour en force des contenus d’éditeurs (par opposition aux contenus générés par les utilisateurs) : The return of the LP and the future of book publishing.

Deuxième cas de figure : La recherche d’informations. Là aussi l’absence de clavier peut être palliée par l’usage d’un clavier virtuel (pour une saisie d’appoint), de nuages de tags ou de concepts pour un affinage empirique à la Quintura ou de listes de résultats sous forme de frise comme chez Cooliris.

Le clavier virtuel de l'hypothétique touchbook de Google
Le clavier virtuel de l'hypothétique touchbook de Google

Autres possibilités d’interaction : Personnaliser les résultats de recherche en exploitant les senseurs (filtrage géographique à partir des données GPS) ou le profil de l’utilisateur (filtrage par affinités en fonction de l’historique d’achat iTunes).

Troisième cas de figure : Les jeux. Les jeux de type arcade pourront être exploités à l’aide d’un joystick virtuel (déjà largement éprouvé sur l’iPhone) , les jeux de conduite se serviront de l’accéléromètre et les jeux de plateau (de type Tower Defense) bénéficieront du multitouch. C’est également dans ce cas de figure que les touchbooks offriront une expérience très enrichissante pour les joueurs, d’autant plus si vous couplez ça avec le GPS comme pour les MMTRG.

Exemple de jeu de voiture sur l'iPad
Exemple de jeu de voiture sur l'iPad

Dernier cas de figure : les applications sociales. Ici il ne serait pas tant question de rédiger un billet pour un blog mais plutôt de consulter des flux d’activité. Pour cela des interfaces “aériennes” comme celle de Seesmic Look se manipuleraient très bien en faisant défiler les entrés et en cliquant à droite et à gauche sur l’écran. L’absence de clavier n’est ici pas pénalisante quand il s’agit de parcourir un flux, envoyer un poke, noter un contenu ou faire un re-tweet.

L'interface aérienne de Seesmic Look
L'interface aérienne de Seesmic Look

Au final la consommation de contenus et services sur un touchbook est beaucoup plus éloignée de ce que nous pratiquons sur un ordinateur que vous ne le pensez. Je rejoins ainsi l’avis de Luke W sur la nécessité de définir une toute nouvelle expérience : iPad User Experience Guidelines.

Mais le pire dans tout ça, c’est que nous n’en sommes qu’au balbutiement de l’informatique tactile. Microsoft nous a ouvert les yeux sur les nombreuses possibilités des interface tactiles avec sa table Surface et l’on commence à voir des choses très intéressantes comme le bureau 3D de BumpTop.

Imaginez un peu ce que cela va donner avec les améliorations hardware suivantes :

  • Utilisation de la webcam pour capter les gestes, la position de l’utilisateur ou encore ses expressions faciales ;
  • Utilisation de gâchettes sur les tranches de la machine (comme sur les DS) ou de zones tactiles à l’arrière de l’appareil ;
  • Utilisation d’écran en relief

Tout ceci vous semble farfelu et lointain ? Vous seriez très surpris d’apprendre pourtant que ces technologies sont bien plus avancées que vous ne le pensez. Pour vous en convaincre, jetez donc un oeil à ça : Synaptics Debuts Fuse™ Next-Generation Mobile Phone Concept.

Alors ?

/!\ Article initialement publié sur SimpleWeb.fr.

Hypothèses d’usages et opportunités de revenus pour l’iPadCommentaires fermés

Suite à une annonce ayant généré beaucoup trop d’excitation et d’attentes pour contenter les plus exigeants (dont je fais partie : Avec l’iPad, Apple lance un touchbook qui ne risque pas de concurrencer les ebooks) et après quelques jours de réflexion, je souhaite partager avec vous quelques hypothèses sur les usages et opportunités de revenus autour de l’iPad.

L’iPad n’est pas fait pour les livres électroniques

J’ai déjà abordé ce sujet dans des précédents billets mais la lecture des diverses réactions suite à la présentation publique de l’iPad me conforte dans l’idée que touchbooks et ebooks boxent dans deux catégories bien distinctes (cf. Quels contenus pour les touchbooks et ebooks ?). Je pense donc ne pas me tromper en affirmant que la vente de livres et journaux électroniques sur l’iPad sera un flop, à moins qu’ils apportent des évolutions technologiques majeures comme l’encre électronique (comme le fait la machine de PixelQi).

La compétition iPad / Kindle s’arrête là dans la mesure où Amazon a prit une sérieuse longueur d’avance sur un marché encore embryonnaire avec plus de 2 millions d’unités vendus (Amazon CEO: “Millions” of Kindles Sold) et une dynamique commerciale très incisive (Amazon Unveils New Kindle Royalty Option; Incentive To Keep E-Book Prices Down et Amazon Now Sells 6 Kindle Books for Every 10 Physical Books When Both Editions Are Available).

Des magazines digitaux financés par de la publicité ultra-ciblée

Intéressons-nous maintenant à ce pour quoi l’iPad a été conçu : du contenu rich media. Nous savons ainsi que plusieurs groupes de presse travaillent sur un nouveau format de magazine digital mélangeant texte, photos et vidéos dans une interface spécifiquement adaptée aux touchbooks (cf. Sports Illustrated Tablet Demo et Condé Nast Will Have Apple iPad Apps Ready For Shipping Day).

Concept de magazine digital sur un touchbook
Concept de magazine digital sur un touchbook

L’intérêt de ces magazines serait de proposer une nouvelle expérience de lecture (cf. Quelles interfaces pour les touchbooks ?). Ils pourraient être lus en ligne ou hors ligne (sous forme d’applications) et seraient achetés à l’unité (0,99$) ou sous forme d’abonnement pour pouvoir accéder à des services complémentaires comme des bases de données sportives, financières, historiques…

Accès aux statistiques de joueurs sur un touchbook
Accès aux statistiques de joueurs sur un touchbook

Ou alors… ces magazines pourraient être financés par de la publicité, mais pas n’importe laquelle : celle d’Apple. Souvenez-vous ainsi qu’Apple a très récemment racheté une société spécialisée dans la publicité mobile (Quattro Wireless). Vu sous cet angle, on comprend mieux pourquoi Apple ne veut pas du lecteur Flash sur l’iPhone et l’iPad : pour pouvoir bloquer toutes les régies publicitaires et imposer la sienne. Avec ce rachat, Apple est maintenant le seul maître d’un écosystème où il maitrise la chaine de distribution, de monétisation et d’encaissement (cf. The iPad Will Make Apple’s Acquisition Of Quattro Wireless Look Even Smarter).

iTunes est ainsi la pierre angulaire pour une technologie de recommandations personnalisées et de ciblage publicitaire en fonction du profil des utilisateurs (selon leurs goûts musicaux ou ludiques), l’historique des achats, la localisation (puce GPS ou triangulation). La fonction Genius se transformerait ainsi en une sorte d’assistant d’achat.

Des catalogues VPC numériques financés par l’affiliation

En poussant cette logique d’expérience de lecture enrichie, nous pourrions également l’appliquée aux VPCistes qui existent déjà sous forme de catalogues et de sites web. La version touchbook serait une application à mi-chemin entre catalogue en ligne et publi-reportages verticalisés : fashion pour les fringues, lifestyle pour les objets du quotidien, bricolages pour le petit outillage, voyages, cuisine…

Tout l’intérêt d’un tel dispositif serait de proposer une expérience intégrée avec de l’achat en un clic. Certes, Amazon le propose depuis longtemps, mais son catalogue est limité et le contenu inspirationnel fait cruellement défaut. J’imagine tout à fait Apple réclamer un “pas de porte virtuel” aux VPCistes pour installer leur application par défaut et leur donner accès à sa base d’utilisateurs (en plus prélever une commission sur les transactions). Hé oui, car l’iPad s’insère dans un dispositif bien rôdé où Apple a déjà collecté 150 millions de N° de cartes bancaires.

Vous pourriez me dire que tout le monde est libre d’installer n’importe quelle application, certes, à condition qu’elle soit référencée dans l’App Store. Avec un écran de 1024*768 ce type d’applications marchandes pourrait faire des merveilles : Apple’s iPad Raises Stakes on Rich Advertising and Branded Apps.

Pour les annonceurs et distributeurs, ce micro-canal de distribution présenterait l’énorme avantage d‘immerger le prospect / client dans un environnement maitrisé où la concurrence n’est plus réellement à un clic. Exemple avec l’application Rugby de Ralph Lauren pour l’iPhone / iPad :

Application marchande de Ralph Lauren pour iPhone / iPad
Application marchande de Ralph Lauren

Une télécommande “riche” pour des contenus additionnels et piloter vos contenus multimédia

Regarder un film ou écouter un album sur l’iPad ne semble pas présenter un grand intérêt. Par contre si vous couplez l’iPad avec un autre terminal (iMac ou TV), vous ouvrez la porte à de nombreuses possibilités. L’iPad serait ainsi une sorte d’écran complémentaire vous permettant de bénéficier de contenus additionnels (résumés d’épisodes précédents pour une série TV, statistiques ou autres angles de vue pour un évènement sportif…).

Nous pourrions même envisager un usage inédit : Piloter un media center au travers d’une expérience bien plus riche (coverflow…). L’idée serait ici de pouvoir visionner / consommer des contenus multimédias stockés sur un serveur (une sorte de time capsule en version XL) sans avoir à allumer votre ordinateur. Ceci fonctionne aussi avec l’AppleTV (peut-être mieux !).

Il est également possible d’imaginer de nombreuses applications à valeur ajoutée en ce qui concerne la domotique.

Une nouvelle approche du jeu tactile

L’iPhone s’est rapidement imposé comme la nouvelle coqueluche des casual games, mais les caractéristiques avantageuses de l’iPad laissent présager une nouvelle génération de jeux tirant parti du large écran tactile, de l’accéléromètre, du GPS et de la puissance de la machine (prolongeant ainsi le gameplay tactile de la DS de Nintendo).

Autre domaine où l’iPad pourrait proposer une nouvelle approche : le jeux sociaux. Le magazine Fast Company avance ainsi une hypothèse très crédible de mécanique de jeux où l’iPad servirait de serveur pour cordonner plusieurs joueurs sur iPhone en mode P2P local : Here’s the Vision of iPad Gaming Greatness Apple Overlooked.

Concept de jeu de poker en mode P2P
Concept de jeu de poker en mode P2P local

Certains ’hésites pas à dire que l’iPad pourrait être l’évolution ultime du jeu de plateau : iPad board games: Apple has created a ‘Jumanji platform’.

Bientôt un Monopoly tactile sur l'iPad ?
Bientôt un Monopoly tactile sur l'iPad ?

Ce principe ne s’applique pas à tous les jeux, mais pourrait générer des revenus non-négligeables sur certains types de jeux très rentables.

Autre exemple avec les MMORPG : l’iPad pourrait servir d’écran supplémentaire pour pouvoir gérer vos armes et armures, pour afficher la carte du niveau ou encore pour communiquer avec les autres joueurs : What could Apple’s new iPad mean for MMOs?. Encore une fois, ceci ne concerne pas des dizaines de millions de joueurs, mais peut représenter des revenus complémentaires intéressants pour les éditeurs.

Reste enfin la niche des MMTRG qui seraient bien plus intéressants à jouer avec un écran plus large et un processeur plus puissant.

De nombreux nouveaux usages à inventer et un gros concurrent à surveiller

Ces quelques hypothèses ne sont qu’une petite partie du potentiel de ce terminal qui doit encore trouver sa place. Souvenez qu’à la sortie de l’iPhone nous étions loin de nous douter que ce petit appareil allait révolutionner le monde des télécoms. Au fil des mises à jour, l’iPhone s’est même transformé en un combiné multi-fonctions à très forte valeur ajoutée : téléphone, agenda, baladeur numérique, console de jeux, GPS, modem… L’iPhone est selon moi l’invention la plus révolutionnaire de ces 10 dernières années, attendons de voir ce que pourra donner l’iPad dans sa troisième ou quatrième itération.

Malgré de nombreux pseudo-concurrents déjà sur les starting blocks (9 Upcoming Tablet Alternatives to the Apple iPad), Apple semble tout de même avoir pris une sacré longueur d’avance grâce à un écosystème déjà très dense et un parc de dizaines de millions d’utilisateurs. Et n’oublions pas qu’en plus de maitriser le software, Apple est en train d’élever de très sérieuses barrières à l’entrée au niveau du hardware avec une tout nouveau processeur fabriqué par une société rachetée en 2008 (cf. The Real iPad Revolution Is The A4 Chip That’s Running It) ainsi qu’une technologie révolutionnaire de batteries longue durée (10 H d’autonomie) déjà éprouvée sur les nouveaux MacBook.

Aujourd’hui le seul acteur qui pourrait inquiéter Apple est Google : Non seulement car ils ont une alternative très crédible déjà en phase de commercialisation (MSI to Release Its Own Tablet, Does Multitasking) et qu’il s’apprêtent à frapper fort avec Chrome OS (Google Building Touch into Chrome OS? et The iPad And Chrome OS Netbooks Are On A Collision Course).

Plutôt que de faire des prédictions hasardeuses sur l’issue de la bataille Apple contre le-reste-du-monde, j’invite plutôt les annonceurs à réfléchir dès maintenant à la façon dont ils pourraient repenser leur présence en ligne au travers d’applications / widgets compatibles avec les touchbooks.

De là à dire que nous allons probablement voir apparaitre un nouveau type d’agences (les agences “touch-web“) il n’y a qu’un pas. À votre avis, quels acteurs seraient les plus légitimes : les agences web ou les agences spécialisés en applications mobiles ?

/!\ Article initialement publié sur FredCavazza.net.

Quels contenus pour les touchbooks et ebooks ?Commentaires fermés

Alors que la blogosphère n’en finit plus de spéculer sur le probable lancement du touchbook d’Apple la semaine prochaine, je m’interroge aujourd’hui sur les nouveaux usages qui vont se développer autour de ces nouveaux terminaux (puisqu’ils finiront par sortir, chez Apple ou un autre). Et tant que j’y suis, je souhaiterai également partager avec vous ma réflexion sur la dichotomie entre les contenus destinés aux touchbooks et ceux destinés aux ebooks.

Surf d’appoint, contenus numérisés et additionnels pour les touchbooks

Les dernières rumeurs concernant le touchbook d’Apple parlent d’un terminal versatile utilisé par toute la famille. Une rumeur parfaitement fondée car j’imagine tout à fait ce terminal de petit format trainer dans le salon afin de pouvoir faire des consultations rapides sur tel ou tel site.

Le probable look&feel du probable touchbook d'Apple
Le probable look&feel du probable touchbook d'Apple (image de Fotoboer)

Pour une session de surf plus longue, les ordinateurs traditionnels (et même les netbooks) sont bien évidemment plus confortables, mais ils sont plus longs à démarrer et ne sont pas forcément rangés dans le salon. Outre cet usage premier, j’anticipe toute une série d’usages et de contenus spécifiquement adaptés aux caractéristiques de la machine (petite taille, très bonne autonomie, démarrage en quelques secondes…).

Concernant les contenus, différents scénarios sont à envisager :

Il y a également un ensemble de contenus additionnels couplés à des programmes TV ou autre :

  • Des encyclopédies de séries TV (résumés des épisodes, fiches sur les personnages…) qui seraient consultables avant / pendant ou après le visionnage d’un épisode (pourquoi pas sous forme d’abonnement ou sponsorisées) ;
  • Une retransmission enrichie d’évènements sportifs comme par exemple les J.O; d’hiver ou la coupe du monde, où il serait possible d’avoir les résultats et statistiques en temps réel sur votre touchbook pendant que vous regardez à la TV le direct, de même que des fiches très détaillées sur une équipe de foot ou un joueur (disponibles également sur abonnement ou sponsorisées par une marque) ;
  • Des flux d’informations ultra-fraîches centrées sur un évènement particulier, par exemple la catastrophe en Haïti qui serait couverte sous tous les angles ;
  • Des publications hybrides (texte + énigmes + visuels + vidéos) comme le propose Level 26 (cf. Le Diginovel Level 26 à l’épreuve du clic)…

Les possibilités sont nombreuses (cf. 5 Industries an Apple Tablet Could Revolutionize) mais je suis persuadé qu’il est tout à fait possible de développer un écosystème viable d’applications et de contenus autour des touchbooks pour parfaitement exploiter leurs caractéristiques.

Jeux low-fi, livres interactifs et apprentissage sur les ebooks

Intéressons-nous maintenant aux ebooks. et plus particulièrement au Kindle d’Amazon qui combine la technologie révolutionnaire d’encre numérique (excellent contraste, autonomie de plusieurs semaines) et des capacités de communication via le réseau 3G Wispernet.

Mais avant toute chose, juste une précision pour ne pas polluer votre réflexion : Non les livres électroniques ne remplaceront pas les livres papier, ils sont aux livres traditionnels ce que les fichiers MP3 sont au CD. Comprenez par là que l’expérience de lecture / écoute est certes inférieure, mais vous compensez cela par une praticité inégalée (n’importe quel chanson / livre accessible en quelques clics) et surtout du volume (des milliers de chansons / livres dans votre poche).

Le livre électronique d'Amazon
Le livre électronique d'Amazon

La grosse annonce de cette semaine a été la disponibilité prochaine d’un kit pour pouvoir développer des applications pour le Kindle : Amazon to Launch App Store for Kindle. Ce kit ouvre ainsi de nombreuses possibilités :

  • Des jeux low-fidelity qui pourraient être joués en local (casse-tête et casual games : EA Readying ‘Popular and Fun’ Kindle Games) ou joués en ligne (des parties d’échec ou de dames qui seraient jouées en asynchrone contre un adversaire humain ou contre un agent intelligent) ;
  • Des livres-jeu comme il en existait avant (cf. la série des Livres dont vous êtes le héros) qui pourraient facilement être remis au goût du jour pour cibler leur public d’origine ;
  • Des cours de langue ou autre contenus pédagogiques (sous forme de leçons + exercices) ;
  • Des applications de personnal coaching (toujours sous forme de leçons + exercices / méditations) qui seraient une version simplifiée des programmes d’entrainement cérébraux mais sur des thématiques plus larges…

Là encore tout reste à inventer et je suis persuadé que le Kindle (ou d’autres) peut s’aménager une niche très rentable s’il parvient à trouver sa cible (générations x et au-delà) et à lui fournir des contenus et applications adaptées (après tout Nintendo a bien réussi à convertir les seniors…).

2010 sera une année cruciale pour la structuration du marché

Je précise une chose importante : Touchbooks et ebooks ne sont pas à considérer comme des produits réellement grand public mais plutôt comme des offres de niche. Cela ne veut en aucune façon dire que ces niches ne seront pas rentables, bien au contraire ! Face à un internet où les utilisateurs sont habitués au tout gratuit, ces deux types de terminaux pourraient bien représenter de véritables bouffées d’oxygène pour certains secteurs à l’agonie.

Pour le moment l’offre est tellement embryonnaire et le marché instable qu’il faut impérativement des acteurs sur-puissants pour “ouvrir la voie” et orchestrer de façon viable la rencontre entre ces machines, les contenus d’éditeurs tiers et le public qui ne sait pas encore trop à quoi cela va lui servir. Heureusement nous avons Amazon et Apple qui vont dominer le marché (au moins dans un premier temps) et éviter l’erreur de faire trop de compromis comme les constructeurs de netbooks ont pu le faire (et tuer ainsi un concept très prometteur).

2010 sera donc une année cruciale pour bien poser les règles et conditions de marché pour qu’un écosystème durable se crée. Inutile de vous dire que je suis plus qu’impatient de voir comment cela va se dérouler…

/!\ Article initialement publié sur FredCavazza.net.

Vers une nouvelle bataille des navigateurs pour les ebooks et touchbooks ?Commentaires fermés

Comme annoncé dans mes prédictions (et par 99% des experts et éditorialistes), 2010 sera résolument l’année des terminaux à format disruptif : ebooks et touchbooks. Cette disruption ne concerne pas que la taille de l’écran mais également les technologies employées (encre électronique pour les premiers, large écran tactile pour les seconds) et les usages.

On annonce ainsi une authentique révolution pour la presse et l’édition qui verraient dans ces nouvelles machines l’opportunité de monétiser correctement leurs contenus. Le Kindle d’Amazon propose ainsi une expérience de lecture quasi-similaire à du papier pour des contenus de type news consommés sous forme d’abonnements. Les futurs touchbooks des grands constructeurs (Apple, HP, Dell…) proposeront également une expérience de lecture beaucoup plus riche pour des contenus de type magazine (cf. la démonstration de Time inc.).

Concept de magazine digitalisé sur un touchbook
Concept de magazine digitalisé sur un touchbook

Pour le moment les scénarios d’usage sont assez limpides et ne semblent pas poser de problème.

Ebooks et touchbooks en concurrence sur les bases de données

Sauf que si l’on creuse un peu, on se rend compte que ces deux familles de terminaux,qui ne répondent en théorie pas réellement aux mêmes usages, pourraient bien entrer en concurrence directe sur un point bien précis : les bases de données. Tout l’intérêt des journaux électroniques comme ceux diffusés via le Kindle est de pouvoir facilement chercher et accéder à de l’information complémentaire (en passant ainsi d’un article à un dossier thématique à un autre article…).

Exemple de documentation technique sur un Kindle
Exemple d'article sur le Kindle

De même, tout l’intérêt des magazines numériques est de pouvoir consommer de l’information façon rich media (texte avec belle mise en page, photos, vidéos…) dans un contexte agréable et non limitatif (article sur le dernier match de foot > tableau des scores du championnat > statistiques d’une équipe > meilleurs buts…). Dans les deux cas de figure, plus la base de données est riche et facile à parcourir et plus l’offre est alléchante. L’offre ? Quelle offre ? L’abonnement premium enfin ! Car c’est bien de cela dont nous sommes en train de parler : un principe d’abonnement qui donne droit aux infos les plus fraîches et aux données les plus complètes. Auparavant ce type de produit était vendu sur CD / DVD mais la possibilité de s’affranchir du support physique est bénéfique à la fois pour l’éditeur (meilleure marge) et pour l’utilisateur (plus de confort).

Les éditeurs de presse traditionnelle proposaient déjà des formules payantes pour accéder à leurs archives, mais il est tout à fait possible d’étendre ce modèle (actus + base de données) à d’autres secteurs : le sport, la cuisine, les voyages, la documentation professionnelle (ex. Vidal, Dalloz, LefebvreLexisNexis et cie)… L’intérêt pour un éditeur sera donc de pouvoir proposer ce type d’abonnement sur le plus grand nombre de machines possibles (afin d’augmenter le nombre de clients potentiels). Problème : Les tailles / formats / technologies d’affichage varient d’une machine à l’autre. Le plus simple serait donc de pouvoir publier du contenu dans un format suffisamment souple pour pouvoir s’adapter aux contraintes / spécificités de ces différentes machines. Un format qui serait ensuite retravaillé au niveau de la machine par un… navigateur. Hé oui, car c’est bien de cela dont il s’agit : une nouvelle génération de navigateurs conçus pour manier un type bien particulier de contenu (actus + photos/vidéos + recherche dans une base de données) sur un type bien particulier de machines (cf. Quelles interfaces pour les touchbooks ?).

Une nouvelle génération de navigateurs

Outre la manipulation du contenu (lecture, recherche…) et des différents supports (livres, journaux…), ces fameux navigateurs de nouvelle génération pourraient également servir à deux fonctions bien précises :

  • Parcourir la marketplace de contenus (recommandations et achats de nouveaux contenus) ;
  • Gérer les transactions (vous ne donnez pas à chaque fois votre numéro de CB).
Le Kindle Store d'Amazon
Le Kindle Store d'Amazon

Lire et gérer ces contenus, parcourir les rayons et acheter de nouveaux contenus, gérer les transactions… tout ceci ne vous rappelle rien ? iTunes peut-être ? Hé oui, car c’est bien de cela dont nous sommes en train de parler : un logiciel à mi-chemin entre Safari et iTunes. Et puisque l’on parle d’ iTunes, comment ne pas aborder le cas des applications. Prenons l’exemple du Cooq : il embarque des recettes, des fiches ingrédient mais également des applications de gestion de listes de course ou de planification des menus. Il pourrait en être de même pour les secteurs cités précédemment.

Et puisque l’on parle d’iTunes, pourquoi ne pas aborder le cas des jeux ? Il y a bien évidemment l’exemple des jeux “papier” facilement transposables comme les grilles de sudoku ou les mots croisés / fléchés, mais il serait tout à fait envisageable d’avoir des jeux d’échec ou de dames sur un ebook : la machine ne gère que l’affichage du damier, les calculs sont effectués sur le serveur (c’est donc une forme de cloud-gaming).

Alors bien sûr vous pourriez me dire que les tablets PC actuels embarquent Windows et disposent de toute l’artillerie nécessaire pour faire cela, mais je me permettrait de vous rappeler que nous ne parlons pas tout à fait de la même chose. La toute récente HP Slate présentée au CES 2010 est propulsée par Windows 7, mais ne répond pas du tout aux critères d’autonomie ou de confort de lecture que je me fait des touchbooks : il s’agit plus d’un ordinateur diminué (sans clavier ni souris) que d’un support de lecture viable (en tout cas ce n’est pas elle qui va sauver les métiers de la presse et de l’édition).

La slate de HP, un contre-exemple de touchbook
La slate de HP, un touchbook "obèse" gavé à Windows 7

Sans rentrer dans le débat je suis persuadé que la surenchère technologique est vaine et je rejoins tout à fait l’avis de Paul Carr : Hey! Look behind you! It’s the tablet of the future!. Bref, il va bien falloir un socle technologique pour afficher du contenu dans de bonnes conditions (livre ou magazine électronique), gérer les abonnements et les transactions, faire tourner les applications… et gérer la publicité également. Hé oui, car c’est là un autre critère très important à prendre en compte : qui contrôle le navigateur contrôle également les publicités affichées dedans ? Ce n’est ainsi pas un hasard si Apple vient de mettre la main sur Quattro Wireless (une régie publicitaire mobile), c’est pour augmenter les revenus sur iPhone mais également pour préparer ceux de sa future iSlate : Apple to Acquire Mobile Ad Platform Quattro Wireless.

Le Skiff Reader en ation
Exemple de publicité sur le Skiff Reader

J’anticipe déjà des contenus distribués gratuitement via iTunes car financés par de la publicité (mais disponibles également sans pub en version payante). Ceci est valable à la fois pour les journaux, les magazines et revues pro, les livres…

Dans ce scénario peut-être que le mieux placé finalement ça sera Google. Google qui dispose du software (Android et Google Chrome OS), du hardware (il existe déjà un Nexus One, pourquoi pas un Nexus Two ?) et des contenus au travers de Google News, Goole Fast Flip et Google Books. Quand on y réfléchit bien Google sera peut-être le dernier à tirer mais semble cependant le mieux placé (cf. Say Hello to the Google Tablet et Google and HTC Working On a Chrome OS Tablet.

MàJ (08/10/2010) : Nintendo pourrait être l’invité de dernière minute : Nintendo 1er sur le livre électronique en France en 2010 ?

Amazon, Apple et Google… qui pouvait rêver de meilleurs compétiteurs pour un marché où celui qui proposera l’expérience d’utilisation la plus fluide remportera la mise. Et aussi les choix technologiques les plus pertinents. Et le modèle économique le plus viable. Et le navigateur le plus polyvalent (d’où le titre de l’article).

/!\ Article initialement publié sur FredCavazza.net.

Quelles interfaces pour les touchbooks ?Commentaires fermés

Je pense que les avis convergent pour prédire que 2010 sera l’année de l’explosion des touchbooks (autrement appelés “tablet PC” mais le “PC” peut prêter à confusion). Entre les différents produits déjà lancé en 2009 (cf. Netbook + TabletPC = Touchbook, et le web devient tactile) et les rumeurs de futurs machines chez Apple et Google, le marché est en ébulition.

Mais qui dit nouvelles machines, dit nouveaux services et surtout nouvelles interfaces. Car n’oublions pas que l’interface est un élément clé dans l’adoption et le succès d’une innovation technologique (cf. l’iPhone qui a révolutionné le marché). Je souhaiterais donc partager avec vous les différents concepts d’interfaces déjà proposés par certains.

Commençons avec la ces particulier des magazines papier “portés” sur support numérique comme cette démonstration technologique de Condé Nast, l’éditeur de nombreux magazines US (dont Wired), qui devraient être disponible sur la tablet d’Apple : Condé Nast’s Offering for Apple’s Mystery Tablet: Wired Magazine.

Il y a ensuite cette très belle illustration d’un magazine de sport en version électronique (Time Inc. shows off magazine tablet demo) :

Votre magazine de sport en versino électronique et tactile
Votre magazine de sport en version électronique et tactile

Le texte et les images occupent donc toute la surface d’affichage avec un menu radial qui est affiché en tapotant l’écran. Démonstration vidéo ici :

Plus futuriste mais nettement plus impressionnant, le Mag+ de l’éditeur suédois Bonnier (Bonnier Takes A Stab At Re-Inventing The Mag) :

Concept futuriste de touchbook
Concept futuriste de touchbook

À découvrir en vidéo ici :

Il y a aussi le grand retour de l’OLPC (l’ordinateur à 100$) qui pourrait bien faire un retour en force avec une machine de troisième génération à la sauce touchscreen (OLPC Comes Up With a Beautiful, Thin Tablet Concept) :

Evolution de l'OLPC en touchscreen
Evolution de l'OLPC en touchscreen

Pour finir n’oublions pas le brevet déposer par Apple pour un écran à retour de force (Possible Apple tablet multi-touch tactile keyboard detailed) un concept dont j’avais déjà parlé dans un précédent billet (Interfaces en relief et crayonnage 3D) :

L'écran en relief d'Apple
L'écran en relief d'Apple

Donc comme vous pouvez le constater c’est un véritable festival d’innovations en tout genre pour les différents constructeurs et éditeurs qui semblent prêt à se lancer dans une course à l’armement autour de ce nouveau format (les touchbooks).

Tout ceci n’est-il pas un peu précipité ? Si, bien sûr que si dans la mesure où les ordinateurs à écran tactile existent déjà depuis de nombreuses années et où un système d’exploitation comme Windows 7 intègre maintenant de façon plus fine la gestion du multitouch. Le frein à l’adoption se situe donc bien du côté du logiciel plutôt que du côté du hardware ou des services. Comprenez par là que les machines sont prêtes, mais que les interfaces permettant de “consommer” de l’information et des services sont encore à inventer. Et sur ce point précis, c’est Adobe qui semble le mieux placé. Pourquoi ? Tout simplement parce que les interfaces tactiles vont littéralement inonder le marché et qu’il va falloir gérer de nombreux terminaux et systèmes d’exploitation. Ors, c’est justement pour palier à ce défi que AIR a été conçu.

D’autant plus que AIR est une technologie qui a fait ses preuves avec le Times Reader qui pourrait donc s’imposer comme la référence de facto de la presse en ligne qu’il faudrait “juste” adapter aux écrans tactiles, dont le iSlate d’Apple qui sera le premier à sortir sur le marché. Oui mais voilà, le torchon brule entre Adobe et Apple (notamment en ce qui concerne le portage de Flash sur l’iPhone ou les problèmes de performance du dernier Flash Player sur Mac OS). Il se pourrait donc que nous soyons à l’aube d’une belle bataille entre Apple et le reste de l’industrie soutenue par Adobe (Can Adobe and Apple Play Nicely When–And If–The Tablet Shows Up?).

Pour résumer une longue histoire, je suis intimement persuadé qu’une partie du succès de ces touchbooks va reposer sur leur capacité à proposer une expérience enrichissante de consommation d’informations et de services à valeur ajoutée. Tout comme il existe des applications mobiles payantes pour smartphones éditées par les grands journaux, attendez-vous à voir fleurir des offres équivalentes adaptées au format des touchbooks dans différents domaines (news, sport, cuisine…). L’innovation dans ce domaine a toutes les chances d’être passionnante, notamment dans le commerce en ligne.

/!\ Article initialement publié sur InterfacesRiches.fr.

Avec Chrome OS Google se positionne sur l’outil informatique du futurCommentaires fermés

Depuis l’annonce préliminaire de juillet dernier j’attendais avec impatience la sortie de Chrome OS, le système d’exploitation de Google (cf. Chrome OS, la pierre angulaire de l’empire Google). C’est maintenant chose faite avec une présentation publique en fin de semaine dernière dont vous trouverez une retranscription complète ici : Live From Google’s Chrome OS Event.

Chrome = Chrome OS

Pour faire simple disons que ce système d’exploitation n’est ni plus ni moins que le navigateur que nous connaissons déjà (Chrome). Comprenez par là qu’avec Chrome OS vous pourrez faire tout ce que vous avez envie de faire… du moment que ça se passe dans le navigateur (Chrome), en d’autres termes : applications et stockage en ligne obligatoires.

Dans leur façon de présenter les choses, ils ont retiré tout ce qui n’était pas nécessaire pour ne garder que l’essentiel (le navigateur). Donc dans l’absolu, Chrome OS est plus un navigateur augmenté qu’un système d’exploitation diminué. Le principal bénéfice avancé est que Chrome OS sera hyper-rapide à démarrer et ultra-sécurisé (du moins autant que Chrome). Le principal inconvénient est de… ne pas réellement proposer la même chose qu’un autre système d’exploitation.

Comparaison OS / Chrome OS
Comparaison OS / Chrome OS

L’interface de Chrome OS ressemble donc forcément beaucoup à Chrome :

L'interface de Chrome OS
L'interface de Chrome OS

Les seules différences notables viennent des indicateurs de charge en haut à droite et de l’onglet d’applications en haut à gauche :

L'onglet applications de Chrome OS
L'onglet applications de Chrome OS

Vous noterez la possibilité de “figer” des onglets pour vos applications favorites (Gmail, Google Docs…) :

Zoom sur le système d'onglets de Chrome OS
Zoom sur le système d'onglets de Chrome OS

Pour en savoir plus, je vous recommande cette vidéo sur la philosophie de l’interface :

Sinon dans les grandes lignes Chrome OS ne pourra pas être téléchargé et installé (il faudra utiliser un matériel spécifique dont nous n’avons pas encore les spécifications si ce n’est que ces machines devront être obligatoirement équipées de disques SSD), la version définitive ne sortira qu’en fin d’année prochaine mais le code source est d’ores et déjà disponible en open source.

Pour une revue plus complète des détails, je vous propose de lire ces articles :

Ce dernier article m’interpelle particulièrement car il est mentionné en fin d’article que tout ce que proposera Chrome OS sera également disponible dans Chrome (donc pour Windows, Mac OS…). Une information non-négligeable mais dont je n’ai trouvé confirmation nulle part ailleurs.

Chrome OS n’est qu’une pièce du puzzle

Si nous résumons bien : Google Chrome repose entièrement sur Chrome donc hérite de ses fonctionnalités, il ne tournera que sur du matériel adapté (visiblement au format netbook et sans disque dur) qui imposera le stockage en ligne (ils disent “data-on-the-cloud” parce que ça fait plus chic) et les applications en ligne (de préférence celles de Google). Chrome OS est donc la pierre angulaire de nombreux produits et services de Google que nous pouvons résumer avec l’équation suivante :

Chrome OS = Chrome + Gears + NaCl + Storage

À cette liste devraient pouvoir s’ajouter les technologies en cours de finalisation (comme le protocole SPDY qui est censé améliorer les performances de HTTP ou encore O3D). En fait la liste est très loin d’être complète… du moment que cela ne rentre pas en concurrence avec Android, l’autre système d’exploitation de Google mais pour les terminaux mobiles. Peut-être est-ce cette proximité dans la gamme de produits de Google que les membres de l’équipes se sont sentis obligés de préciser que les futurs machines “compatibles” Chrome OS seraient au format netbook mais avec un écran légèrement plus grand (au moins 11″).

La répartition du marché selon Google
La répartition du marché selon Google

Donc si l’on décortique le schéma ci-dessus : les géants se battent pour les extrêmes (sur le segment des laptops et téléphones mobiles) alors que Google cible plutôt les offres intermédiaires (netbooks et tablets). Ce schéma prend tout son sens quand on apprend que Sergey Brin aurait évoqué à demi-mot la probable fusion d’Android et de Chrome Os dans un avenir proche : Brin evoque une fusion d’Android et Chrome OS.

Malgré ces précisions les premières réactions sont tout naturellement tournées vers l’impact de ce lancement (prochain) sur le marché des netbooks :

Mais attention à ne pas tirer de conclusions hâtives : Chrome OS n’est pas réellement concurrent de Windows mais plutôt de Windows sur netbook.

Pas réellement un concurrent de Windows (ni de Mac OS)

Je rejoins tout à fait l’avis de Ars Technica sur le fait que les équipes de Google ont opté pour un positionnement radicalement différent de Windows (ou de Mac OS) : oubliez votre desktop, l’avenir de l’informatique est dans les nuages. Pour résumer une longue histoire disons qu’après 20 ans de règne sans partage, Microsoft a érigé des barrières à l’entrée tellement hautes autour de son Windows que plus personne ne peut prétendre  l’en déloger. Il y a bien évidemment Apple mais son Mac OS n’a pas réellement cette ambition et se contente bien de son positionnement de niche (pour des raisons trop longues à lister dans cet article). Comprenez par là que Windows est et restera le système d’exploitation de référence pour les ordinateurs de type “desktop” et ce jusqu’à la disparition de ce segment de marché (probablement dans une dizaine d’années).

La disparition des desktops ? Oui tout à fait, les ordinateurs tels que nous les connaissons sont condamnés à disparaitre : trop cher à produire (surtout avec la raréfaction des matières premières à prévoir), trop gourmands en ressources, pas réellement adaptés à la réalité de ce que vont devenir les usages de l’informatique dans les années à venir. Le pari de Google est donc de se positionner en avance de phase et de miser sur la prochaine génération d’outils informatique : les netbooks XL. L’idée étant de ne pas faire supporter au client le cout de composants et logiciels permettant de supporter des tâches “lourdes” mais dont le grand public ne se sert quasiment jamais (Photoshop, montage vidéo, conception 3D…).

Regardez l’effervescence autour des médias sociaux (publication et partage de contenus, sociabilisation…) et des services “on-the-cloud” (données, musique…) et vous aurez une idée de ce à quoi ressemblera l’informatique grand public dans 10 ans. Bien évidemment il y aura toujours des “gros” ordinateurs pour faire tourner les applications professionnelles mais l’essentiel de ce que l’on pourra faire sera calculé sur des serveurs et délivré sur un machine “légère”. Alors vous pourriez bien me dire “peut-être mais moi je ne me séparerais jamais de ma musique que j’ai encodé avec mes petits doigts depuis ma médiathèque de 450 CD“, et je vous répondrais “ha mais moi non plus !“. Par contre ça sera complètement différent pour le commun des mortels (les djeunz de nos jours) qui n’ont jamais possédé de CD (ou encodé eux-mêmes des MP3).

Donc si je récapitule : la configuration de marché actuelle (majorité de desktops, minorité de netbooks) va s’inverser (majorité de netbooks, minorité de desktops). Il reste le cas particulier des jeux vidéos, principal vecteur de prescription des grosses configurations, mais quand on regarde la qualité des jeux auxquels il est possible de jouer en ligne (Dofus, Poptropica… et tout ce que nous réserve les Rich Internet Games), le raz-de-marée des casual / social games, la chute du prix des consoles… on se dit que cette configuration de marché là peut également changer (en évoluant notamment vers le cloud gaming).

Bref, l’avenir de l’informatique grand public est à chercher du côté des netbooks (pas des desktops) et Windows est plutôt mal parti de ce côté là, même avec Seven. Reste encore à Google à trouver l’équilibre entre prix, puissance et autonomie. Le facteur prix est forcément limité car la future tablet d’Apple va rafler le haut du marché (=> moins de 500 $). Le facteur autonomie est impérativement à privilégier pour se démarquer des laptops low-cost (=> plus de 8 h). Reste la puissance qui peut être modulée, et elle le sera à la baisse car il faudra impérativement doter ces machines compatibles Chrome OS d’une connexion permanente (Wi-Fi, 3G…) pour que l’alternative data-on-the-cloud soit à peu près crédible.

En tout cas le moins que l’on puisse dire est que ce positionnement radical divise la communauté :

La concurrence est déjà là

Si les netbooks sont donc l’avenir de l’informatique grand public, et je le pense fortement, la bataille va donc être rude pour Google car plusieurs acteurs sont déjà sur le coup (cf. Intel et Jolicloud à la recherche de l’interface parfaite pour les netbooks) :

Bref, il ne sera pas si simple de s’imposer sur ce créneau à fort potentiel. Et ce n’est rien de le dire car nous n’en sommes qu’aux prémices d’un changement radical dans notre façon d’exploiter l’outil informatique et les services en ligne. Changement tellement grand qu’il nécessitera plusieurs galops d’essais, et Google vient juste d’en faire un tout petit. Il reste donc un énorme travail à accomplir, et surtout un marché à faire évoluer.

/!\ Article initialement publié sur FredCavazza.net.

La télévision est-elle l’avenir de l’internet ? En partieCommentaires fermés

Vous connaissez la télévision ? Mais si enfin, ce gros boitier moche qui trône au beau milieu de votre salon, celui-là même qui n’a quasiment pas évolué en 20 ans (si ce n’est quelques centimètres d’épaisseur en moins). Et bien figurez-vous qu’après des décennies de bons et loyaux services, la télévision s’apprête enfin à connaitre sa révolution. Non je ne veux pas parler de la haute définition (il s’agit “juste” de quelques pixels en plus) mais plutôt de la révolution des services accessibles au travers de cette télévision. Des services que l’on retrouvent ailleurs (ordinateurs, mobiles…) mais qui prennent un sens différent dans le contexte de l’écran de télévision.

Télévision + Internet = $

Souvenez-vous, il y a plus de 3 ans j’avais rédigé un article sur les intérêts croisés de la télévision et de l’internet : Internet = l’avenir de la télévision (et inversement). Il y était question des ambitions de conquêtes des grandes chaînes TV sur le net et des grands acteurs du net sur la TV. Ce sujet est toujours d’actualité mais la situation a largement eu le temps de mûrir :

Bref, plus que jamais les uns convoitent les audiences des autres, ou plus exactement les parts d’audience.

Le web s’invite sur les télévisions

D’après un récent rapport de Forrester (Connected TVs Need To Sharpen Their Value Proposition), les télévisions connectées devraient représenter près d’1/3 du parc d’ici à 2014 :

Croissance des parts de marché des TV connectées
Croissance des parts de marché des TV connectées

De nombreux constructeurs sont ainsi lancés dans une course à l’armement (Samsung, Philips, Sony…), mais également des industriels comme Intel (qui vient de lancer un processeur dédié à ce marché : Intel tries anew to built its smarts into TVs), des éditeurs comme Opera (et son navigateur Opera for TV) ainsi que des éditeurs de services comme Yahoo! avec sa Yahoo! Connected TV :

FlickR sur Yahoo! Connected TV
Les widgets de Yahoo! sur votre TV

Avec autant de gros acteurs sur le créneau, il faut croire que le marché à du potentiel. Mais ce n’est pas tout, car il sera bientôt possible d’intégrer bien plus de choses que des widgets dans votre télévision.

Télévision + médias sociaux = :-)

Le problème des services distribués sur des TV connectées, c’est qu’il faut qu’elles le soient (connectables). Si ce n’est pas le cas, pas de problème il y a toujours une solution. Et cette solution c’est les consoles de jeux au travers desquelles il va être possible d’exploiter des services comme Facebook ou Twitter : Twitter and Facebook Launch on the Xbox 360 et PS3 3.10 Update Adds Facebook Features, Fixes Up Friends List.

Facebook sur votre Xbox 360
Facebook sur votre Xbox 360

Notez que cela fonctionne aussi avec des contenus TV diffusés sur le net et regardés sur votre télévision à l’aide de boitiers comme la future Boxee Box (cf. The Boxee Box will rock your sox!). Vous seriez tenté de me dire “pourquoi ne pas tout simplement être devant sa télé à l’heure où le programme est diffusé ?” et je vous répondrais “non, l’époque de l’asservissement des spectateurs par les grilles de programme est révolue !“. Car les téléspectateurs sont également des internautes comblés, comblés par la praticité de l’internet et par sa dimension sociale que l’on ne retrouve absolument pas dans la télé à papa. Ces terminaux (et une connexion haut débit) permettront ainsi de réconcilier ces deux mondes : l’interactivité et la sociabilisation de l’internet avec les contenus de la télé (cf. The future of television: Social TV).

Pourquoi la TV est-elle l’avenir de l’internet ?

Tout simplement parce qu’il reste très peu de leviers de croissance sur le web. Comprenez par là que l’audience de l’internet est en croissante constante depuis ces dernières années mais que cette croissance va très bientôt se tasser à mesure que les foyers vont s’équiper. À partir de là, comment va-t-on faire pour gagner des parts d’audience ? Tout simplement en augmentant le temps d’exposition en multipliant les occasions de connexions. Et pour cela, rien de tel que la diversification des terminaux. Vous passez de moins en moins de temps devant les programmes de la télévision pour aller sur le net ? Qu’à cela ne tienne, ils sont en train de travailler dur pour injecter le web dans votre TV pour faire en sorte que vous ne bougiez pas vos fesses du canapé. Car c’est bien là qu’est l’enjeu : vous maintenir devant l’écran (et les coupures pubs).

Autant le mobile est l’avenir de l’internet car il permet de prolonger le temps d’exposition à des services en ligne pour les utilisateurs en situation de mobilité (ça fonctionne aussi avec les netbooks), autant la télévision est également l’avenir de l’internet car il permet de prolonger le temps d’exposition à des services en ligne pour les utilisateurs en situation de repos. Hé oui, car un autre enjeu de cette évolution est de pouvoir toucher les internautes dans un contexte différent (en mode “détente”) où les sites des concurrents ne sont plus réellement à un clic de souris vu que ces internautes n’ont pas de souris à portée de main (juste une télécommande améliorée).

Elle est donc là l’astuce : repackager les services en ligne dans un contexte où les internautes seront plus perméables aux messages publicitaires (moins méfiants). Devant votre ordinateur vous êtes alerte, concentré, prêt à fermer les pop-up ou à ouvrir un nouvel onglet si un site est trop long à charger. Dans votre canapé ça sera différent : vous serez détendu (plus de temps, plus de patience) et vous n’aurez pas du tout le même équipement (un navigateur équipé d’un bloqueur de bannière).

Faut-il se réjouir ou redouter ce scénario ? Il est encore trop tôt pour le dire. Ce dont je suis certain c’est que les publicitaires ne sont pas stupides et qu’ils seront faire preuve de subtilité pour ne pas nuire à cette nouvelle expérience de consommation de services en ligne au travers de votre télévision. D’autant plus que la concurrence sera rude (lire à ce sujet cet autre rapport de Forrester sur l’IP TV : European IPTV Forecast, 2009 To 2014) et que de nouveaux entrants vont également venir briguer la place en face du canapé (notamment les fournisseurs de cloud-gaming comme OnLive).

Croissance des parts de marché de l'IPTV
Croissance des parts de marché de l'IPTV

Moralité : Grâce au web, vous passez plus de temps devant votre TV (et devant votre mobile) (et sur votre netbook).

/!\ Article initialement publié sur FredCavazza.net.

Les smartphones vont-ils tuer les terminaux portables dédiés (0)

J’ai comme l’impression  qu’en ce moment entre le Peek et le WikiReader c’est la mode des terminaux portables dédiés. Les quoi ? Mais si enfin, les terminaux dédiés, ces petites machines portables (connectées ou non) qui sont entièrement dédiées à un service, par opposition aux assistants personnels qui sont capables de faire de nombreuses choses.

Même si le concept de terminal dédié présente des avantages (conception adaptée) il semblerait que cette approche soit en train de subir une concurrence fatale de la part des smartphones.

Navigateurs GPS vs. smartphones

Historiquement se sont les systèmes de navigation personnels qui ont ouvert la voix :

Exemple de navigateur GPS
Exemple de navigateur GPS

Le problème est que les routes évoluent (changement de noms) et que les données contextuelles (travaux, état du trafic…) sont très précieuses. De ce fait, ces systèmes embarquent maintenant des systèmes de synchronisation “over the air” qui peuvent faire doublon avec votre abonnement de téléphonie.

Illustration avec l’application iPhone proposé par TomTom :

La version iPhone de TomTom
La version iPhone de TomTom

C’est grosso-modo la même chose (écran tactile, GPS, compas…) mais vous ne payez que le soft et les données en temps réel. Je n’ai pas testé donc merci de ne pas troller sur le prix de l’application.

Là où ça se corse, c’est quand Google décide de sortir son propre service (Google Maps Navigation) qui exploite à la fois les données cartographiques de Google Maps, les photos de Google Street View :

Captures d'écran de Google Maps Navigation
Captures d’écran de Google Maps Navigation

Non seulement l’interface est un modèle d’intuitivité mais en plus l’application bénéficie de la base de données de Google Local. Cerise sur le gâteau : cette application est gratuite pour les terminaux propulsés par Android. Inutile de vous dire que cela doit donner des sueurs froides aux fabricants.

Baladeurs MP3 vs. smartphones

Autre exemple “historique”, les baladeurs MP3 (dont l’iPod) qui doivent maintenant subir la concurrence des smartphones comme l’iPhone ou Android :

iTunes sur l'iPhone
iTunes sur l’iPhone

Autant la gestion de la musique sur Android mérite encore quelques améliorations, autant l’iPhone est parfaitement au point et bénéficie en plus de l’intégration d’iTunes pour télécharger directement de la musique sans passer par l’ordinateur.

Là où ça devient intéressant, c’est quand des services en ligne musicaux par abonnement commencent à voir le jour (SpotifyLala…). Idem pour des services de recommandation comme Pandora qui présentent un avantage compétitif sans précédent par rapport à un simple baladeur MP3.

Consoles de jeux portables vs. smartphones

Oui je sais bien que Nintendo a réussi à vendre près de 120 millions de Game Boy et 115 millions de DS, mais le marché surveille tout de même de très près l’iPhone qui représente plus de 10% des parts de marché des jeux mobiles. Bien évidement il y a encore beaucoup moins d’iPhone en circulation que de consoles portables (un peu plus de 300 millions d’unités il me semble) mais c’est parce que les autres ont beaucoup d’avance. Dans tous les cas de figure, ce ne sont pas les caractéristiques techniques qui sont en défaveur de l’iPhone (si je ne dis pas de bêtise il est plus puissant qu’une DS ou une PSP) qui arrive en plus à conquérir un public différent grâce à son écran mulit touch :

FIFA 10 sur l'iPhone
FIFA 10 sur l’iPhone

La situation est d’autant plus critique pour les fabriquant historiques de consoles portables qui viennent à peine de revoir leur modèle de distribution (qui reposait jusqu’à présent sur les cartouches) avec le lancement de jeux à télécharger. D’ailleurs la toute récente PSP Go ne propose que des jeux à télécharger.

Encyclopédie et outils de communication dédiés vs. smartphones

Derniers nés de cette catégorie “terminaux dédiés portables”, le très intéressant WikiReader qui vous donne accès à la gigantesque base de données de Wikipedia :

Wikipedia dans votre poche avec le WikiReader
Wikipedia dans votre poche avec le WikiReader

Ce petit appareil a d’indéniables qualité (prix réduit, ergonomie adaptée, autonomie…) mais subit de fait une concurrence frontale avec la version mobile de Wikipedia (ou l’application) qui évite de devoir faire des mises à jour (facturée 29$).

Dernier exemple avec le Peek, un terminal dédié à la communication qui permet d’envoyer/recevoir des emails et messages à volonté (pour 15$/mois) :

Emails à volonté avec le Peek
Emails à volonté avec le Peek

Une offre intéressante car les forfaits “data” des opérateurs réservent parfois des surprises et car ce terminal est parfaitement adpaté à cette tâche. OK… mais les BlackBerry sont aussi positionnés sur ce créneau et remplissent parfaitement leur rôle.

Qu’à cela ne tienne, ils s’apprêtent à commercialiser une version spécifique pour Twitter (tweets illimités pour un prix de vente à 199$) : TwitterPeek. Là encore une offre qui fait réfléchir, mais qui va sûrement avoir du mal à trouver sa place face aux nombreuses applications de tweeting disponibles sur les smartphones : Would You Pay $199 for a Mobile Twitter Device With “Lifetime” Service?.

Conclusion

Comme nous venons de la voir, les smartphones sont capables de rivaliser avec chacun de ces terminaux de façon tout à fait convaincante. Pour le moment c’est l’iPhone qui tient le haut du panier avec une machine et un écosystème redoutablement bien intégré (et rentable pour Apple) mais qui sait ce que les autres acteurs nous préparent (Google / Android, Nokia…) ?

De mon point de vue il n’y a pas photo : je possédais un téléphone, un PDA, un baladeur numérique et une Game Boy. Maintenant tout ce dont j’ai besoin c’est de mon iPhone (et en prime il peut même faire modem 3G pour mon ordinateur). Peut-être les nouvelles générations de netbooks ou de touchbooks apporteront-elles du neuf dans cette compétition. À moins que la future tablet d’Apple nous replonge dans une situation de quasi-monopole…

/!\ Article initialement publié sur FredCavazza.net.

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