Archives pour la catégorie ‘Actualité’

Une conférence sur les objets connectés le 18 juin à Paris (0)

L’internet des objets est un sujet très chaud en ce moment, surtout depuis le rachat de Nest (Google se lance dans la course à l’Internet des objets avec le rachat de Nest). Mais ça reste néanmoins un sujet complexe à appréhender. Il en résulte des fausses promesses et surtout des attentes qui ne peuvent être comblées, la preuve avec cette inquiétante statistique révélée par le Guardian : 1/3 des gadgets connectés sont abandonnés ou revendus (Wearables: one-third of consumers abandoning devices).

Je pense ne rien vous apprendre en écrivant que les startups françaises ont pris une longueur d’avance (cf. 50 objets connectés français et Sigfox un million de km2 couverts par le réseau, et un booking de plus de 5 millions d’objets connectés). Pour pouvoir capitaliser sur ce savoir-faire national et mieux comprendre les enjeux de l’internet des objets, je vous incite à participer à la Connected Conference qui va se dérouler les 18 et 19 juin prochains à Paris.

ConnectedConference

Cette conférence sera l’occasion de venir écouter des intervenants particulièrement légitimes sur le sujet :

  • Loic Poirier, le CEO d’Archos
  • Ludovic Le Moan, co-fondateur de Sigfox
  • Rafi Haladjian, CEO de Sen.se
  • Fred Potter, CEO de Netatmo
  • Jack Lang, co-fondateur de Raspeberry Pi
  • Laurent Fournier, senior director de Qualcomm Europe
  • Gary Atkinson, Head of Emerging Technology chez ARM
  • Kate Drane, Design, Tech & Harware Lead chez Indiegogo

La liste des intervenants est particulièrement impressionnante, aussi ne ratez pas cette occasion, car elles sont rares.

Quelles innovations pour les smartphones en 2014 (2)

Comme chaque année, les grands acteurs de la mobilité se sont réunis au Mobile World Congress de Barcelone. L’occasion pour la profession de faire le point sur les dernières tendances et innovations. Cette année ressemble un peu à l’année dernière, et à celle d’avant dans la mesure où il n’y a pas eu d’innovation fracassante. Vous noterez que je m’interrogeais déjà en 2011 sur le manque d’innovations réelles : Les smartphones sont-ils en fin de cycle d’évolution ?

Ceci étant dit, ne condamnons pas trop vite, il y a bien eu de nombreuses nouveautés, dont le très attendus Galaxy S5 de Samsung, mais nous sommes toujours dans le même registre du ”toujours plus” :

En opposition à cette surenchère technologique, d’autres fabricants ont fait le choix de privilégier les pays émergents, notamment en Afrique et en Amérique du Sud : Everyone’s Talking About The $35 Smartphone et Nokia announces Asha 230 and Nokia 220 feature phones.

nokia-asha-230

Autre tendance forte du congrès : l’utilisation d’une version “basique” du système d’exploitation mobile de Google (Android Open Source Platform) pour pouvoir remplacer les services de Google (Search, Gmail, Maps…) : Nokia Forks Android In Mobile Services Push et Yandex launches free Android firmware Yandex.Kit in a bid to replace Google’s apps with its own.

nokia-x

Je n’ai pas eu l’occasion de tester le Nokia X, mais force est de constater qu’ils ont réussi à sortir un compromis très réussi entre simplicité de prise en main, cohérence avec l’environnement graphique Windows Phone 8 et intégration des services de Microsoft. Un exercice de haute voltige pour séduire les mobinautes les moins aguerris et les orienter vers une expérience plus qualitative sur… Windows Phone : Nokia’s Mobile UI Mixology Serves Up A Hybrid Family Of Devices To Outshine Budget ‘Droids.

En guise d’innovation, les participants au forum ont dû se contenter d’une évolution du téléphone à double écran de Yota déjà présenté l’année dernière : Next-Gen YotaPhone Follow-Up Unveiled, With Full-Touch E-Ink Rear Screen.

YotaPhone-2

À noter : l’alliance entre Visa et Mastercard pour contourner les limitations d’usages du paiement sans contact imposées par les opérateurs téléphoniques : Visa, Mastercard just made it much easier to buy stuff with an Android phone. L’authentification des transactions ne serait donc plus matérielle, mais logicielle par le biais de la technologie Host Card Emulation uniquement disponible dans la dernière version d’Android.

Je n’irais pas jusqu’à dire que l’édition 2014 du MWC a été décevante, puisque des annonces ont été faites en parallèle, notamment deux projets très intéressants chez Google :

Autant les constructeurs présents au MWC continue sur leur stratégie de vache à lait en nous ressortant toujours les mêmes terminaux avec quelques pixels ou mégas-je-ne-sais-quoi de plus, autant Google est franchement en rupture avec des projets tout à fait innovants. Enfin ! Du coup, on en vient à espérer une annonce prochaine pour un smartphone avec un écran haptique

Je ne sais pas pour vous, mais j’ai la très nette impression qu’Apple est d’une discrétion EX-EM-PLAI-RE. Même si la firme à la pomme cultive le secret comme personne et se réserve les annonces pour ses propres événements, l’édition 2014 du MWC a été largement dominée par Android, donc indirectement par Google.

Je suis plus qu’impatient de voir comment le marché va évoluer dans les prochains mois : les projets de Google, la réponse de Samsung à l’inexorable montée en puissance des fabricants chinois, le rapprochement entre Microsoft et Nokia, l’arrivée sur le marché des premiers smartphones tournant sous Firefox OS, peut-être un ultime sursaut de vie de Blackeberry…

Google se lance dans la course à l’Internet des objets avec le rachat de Nest (0)

La nouvelle est tombée comme une bombe en début de semaine : Google va débourser un montant record pour acheter Nest, la startup qui commercialise les célèbres thermostats et détecteurs de fumée connectés : Google to acquire connected home device maker Nest for $3.2B. Je ne sais pas pour vous, mais je trouve personnellement que c’est un TRÈS gros chèque. D’aucuns pourront dire que cette opération est largement surévaluée, surtout pour une petite startup qui ne vend “que” des gadgets connectés (Here’s What The $3.2 Billion Nest Thermostat Actually Does).

google-nest

De nombreuses raisons ont été avancées pour expliquer le montant très élevé de la transaction. Le fondateur invoque la possibilité d’accélérer leur développement à l’international (Nest’s CEO Tony Fadell explains why he teamed up with Google: it’s about infrastructure), d’autres parlent de transfert de compétences (Nest can teach Google to make hardware, Google can help Nest go fast), mais il s’agit vraisemblablement d’une manoeuvre défensive pour éviter que cette stratup parte à la concurrence (Nest Gives Google A Head Start On The Future Of Hardware). Et comme c’est toujours le cas, nous avons également droit au sempiternel débat autour de la confidentialité et du respect de la vie privée (When Google closes the Nest deal, privacy issues for the internet of things will hit the big time).

Nest-Google-Privacy

J’ai même vu des articles faisant le rapprochement avec l’acquisition récente de Boston Dynamics… Heureusement que certains ont une réflexion plus constructive (Minimizing Risk Is Easy: Adopt a Bill of Rights).

Bref, tout ça pour dire qu’après quelques années d’échauffement, cette acquisition marque le début de la course à l’internet des objets par les géants du web, et plus généralement de l’IT. Vous noterez par ailleurs que ce n’est pas la première incursion de Google dans ce domaine puisqu’ils commercialisent déjà (à grande peine) le Nexus Q et qu’ils se sont enlisés avec Android@Home et PowerMeter.

Un marché déjà bien encombré

Croyez ou non, mais l’internet des objets est un secteur particulièrement compétitif où de nombreux industriels se livrent une bataille acharnée. Si l’on se contente d’étudier les objets connectés pour le grand public, les volumes sont pour le moment anecdotiques. Mais si l’on élargit le spectre, là c’est tout de suite autre chose. L’IDATE vient de publier à ce sujet la 6e édition de son étude (M2M : The Machine-to-Machine Market, 2013-2017) où l’on apprend le marché des objets connectés représente un volume de 175 M d’unités pour un C.A. de 24,2 MM d’€. Le tout avec de très belles perspectives de croissance.

Idate_M2M

Le problème de ces études est qu’aucune ne repose sur un référentiel commun. Comprenez par là que le périmètre de ces études varie. Il existe de nombreuses définitions de ce qu’est vraiment l’internet des objets (Defining The The Internet Of Things). Celle de Wikipedia est un peu complexe à mon goût : “un réseau de réseaux qui permet, via des systèmes d’identification électronique normalisés et unifiés, et des dispositifs mobiles sans fil, d’identifier directement et sans ambiguïté des entités numériques et des objets physiques et ainsi de pouvoir récupérer, stocker, transférer et traiter, sans discontinuité entre les mondes physiques et virtuels, les données s’y rattachant“. Pour simplifier, je vous propose cette définition : les objets connectés sont des objets du quotidien capables de se connecter à l’internet pour capter et diffuser des données ou exécuter des fonctions simples à distance. Vous noterez que cette définition englobe les objets pour le grand public et ceux pour le secteur industriel, que la connexion à l’internet peut se faire de façon directe ou indirecte (à travers un smarpthone, une borne ou une technologie propriétaire).

Plusieurs domaines d’application sont concernés par les objets connectés :

IoT_Landscape

D’une certaine manière, après l’avènement du Software-as-a-Service, et des Infrastructure-as-a-Service, nous entrons dans l’ère du  Device-and-a-Service. Comprenez par là que les fabricants vont pouvoir augmenter considérablement la valeur d’usage de leurs produits en les dotant de capteurs et fonctions avancées et en fournissant le service qui va avec. L’exemple de la raquette connectée de Babolat Play est pour moi très représentatif :

Sur ce créneau, les entreprises françaises sont particulièrement bien placées :

Bref, le secteur est en ébullition, et la french touch plaît au monde entier. Reste maintenant à savoir si ses startups sauront résister au rouleau compresseur de Google…

Les défis que Google devra relever

En mettant la main sur Nest, Google récupère donc une marque solide et une base d’utilisateurs déjà bien remplie (on parle de centaines de milliers d’unités déjà vendues). Ceci étant dit, outre la question de la confidentialité, Google devra relever de nombreux défis pour pouvoir s’imposer sur l’internet des objets :

  1. Faire adopter un système d’exploitation universel. Android est naturellement l’OS qui vient à l’esprit, mais est-ce bien raisonnable de vouloir faire rentrer un OS mobile aussi sophistiqué dans une brosse à dents ou une fourchette ? Tout le monde s’accorde à dire que le système d’exploitation de l’internet des objets n’a pas encore été identifié. Intel mise sur une version épurée de Linux et un System-on-a-Chip optimisé (Intel’s Vision: Wearables Everywhere In A Post-Windows World), tandis que Qualcomm concentre ses efforts sur un protocole de communication (Qualcomm’s decidedly different plan to connect your devices to the internet of things). En tout les enjeux semblent très importants (L’entreprise qui créera l’OS de l’IoT aura un potentiel infiniment plus large que les Androïd et iOS) et le problème est lion d’être réglé (La bataille des standards nuit-elle à l’adoption de l’internet des objets).
  2. Localiser et indexer les différents objets. Il semble tout naturel que Google se charge de référencer lui-même les multitudes d’objets ainsi que les services qu’ils rendent, mais c’est plutôt son grand rival qui semble s’en charger (Wolfram’s Connected Devices Project starts to catalog all electronics for the Internet of Things).
  3. Déployer des services à grande échelle. Si Google semble avoir pris une longueur d’avance sur la niche des équipements pour le foyer, il va lui falloir du temps pour équiper individuellement toute la population. Des chantiers comme les usines intelligentes, les écoles ou les villes connectées semblent être bien plus prometteurs (ou rentables, à vous de choisir). IBM bénéficie déjà d’une bonne notoriété avec son programme Smarter Cities.

IBM-Smarter-Cities-2

Comme vous pouvez le constater, ceux qui sont le plus en avance sur les “vrais” sujets ne sont pas forcément ceux dont on parle le plus. Dommage, car en payant le prix fort pour Nest, Google n’est-il pas en train de s’accaparer un territoire de marque pour pouvoir déployer par la suite de nouveaux services ou faire de nouvelles acquisitions ?

Toujours est-il que l’année démarre en fanfare pour l’internet des objets et que la suite des événements va être assurément passionnante !

Le succès d’Android ne profitera pas forcément à Google (5)

Nous sommes maintenant en 2014 et la domination d’Android sur le web mobile est incontestable. J’imagine que les équipes de Google doivent être fières des progrès réalisés. Cependant la victoire n’est pas forcément évidente pour Google tant la situation est complexe. Proposer un système d’exploitation gratuit a permis à Google de s’imposer auprès de nombreux constructeurs, mais il y a un revers à cette médaille : Google ne maîtrise plus réellement sa création. Ceci complique d’autant le travail des éditeurs de contenus et fournisseurs de services qui se retrouvent dans une configuration de marché complexe à appréhender.

Près de 75% de part de marché pour les smartphones

Nous savions déjà que la part de marché d’Android avait progressé de façon spectaculaire, mais les derniers chiffres nous montrent l’ampleur du phénomène : More Than Seven Out Of Ten Smartphones In People’s Hands Globally Are Android Devices.

global_smartphone_share

Ce qui frappe dans ce schéma est que l’on se rend compte que l’iPhone n’a jamais réellement eu une grosse part de marché. Le smartphone d’Apple était ultra dominant d’un point de vue médiatique, mais dans les faits, il n’a jamais réellement dépassé les 20% de part de marché globale (cf. L’iPhone est maintenant un produit de niche, l’iPad sera le prochain).

Si l’on s’attarde sur les chiffres des principaux marchés, on constate que les marchés anglophones et le Japon présentent des configurations de marché divergentes du reste du monde : Apple faces challenges in gaining smartphone sales market share from LG, Sony and Nokia. Les derniers chiffres fournis par Kantar Worldpanel sont ainsi très instructifs :

  • L’iPhone est largement dominant au Japon avec près de 70% de part de marché ;
  • iOS parvient à se maintenir aux États-Unis (43%) ainsi que les principaux marchés anglophones (GB, Canada, Australie) ;
  • Partout ailleurs, Android rafle au minimum 70% de parts de marché (87% en Espagne !).

Smartphone_OS_share

Je ne sais pas pour vous, mais jamais je ne me serais douté que la part de marché d’iOS pouvait être aussi basse dans un pays frontalier de la France. Toujours est-il qu’aujourd’hui tout le monde a les yeux braqués sur l’Asie, le marché présentant le plus gros potentiel, où Android est largement dominant : Smartphone sales surge 61% in Southeast Asia, Android dominates with 72% share et Android and Windows Phone see growing market share in India for Q3 2013.

Ceci étant dit, les constructeurs “historiques” n’ont pas dit leur dernier mot (Nokia’s brand is still strong in emerging markets, report suggests), et Apple non plus (Apple finally has access to China Mobile’s 700 million subscribers). Mais même si l’iPhone bénéficie d’une très bonne réputation, la firme de Cupertino va avoir bien du mal à freiner les ambitions des nombreux constructeurs chinois (Xiaomi, LTE, Oppo, Huawei, Lenovo, Yulong, Coolpad, Meizu…) qui comptent bien ne pas se laisser prendre des parts de marché.

Si tout le monde a les yeux braqués sur la chine, c’est parce que ce pays est à la fois le plus gros marché et la principale zone de production. Deux caractéristiques qui font un cocktail explosif, d’autant plus quand on apprend que le VP Android a été débauché par le constructeur le plus en vue du moment : Android’s Hugo Barra Departs Google for China’s Xiaomi.

Android est partout, mais moins qu’iOS (!?)

Le système d’exploitation mobile de Google a donc rattraper son retard en quelques années, un exploit, et à relayer l’iPhone dans une niche de marché, là où le smartphone d’Apple est le plus à l’aise : Android will pass 1 billion users across all devices in 2014, according to Gartner. Le pire dans cette histoire, est qu’Android est également passé à la première place sur le créneau des tablettes (IDC estimates 221m tablets shipped in 2013; Android top with 61%, then iOS 35% and Windows 3% et Bilan du marché des tablettes en 2013, et perspectives 2014) et commencent même à s’imposer sur celui des voitures connectées : Google launches the Android-based Open Automotive Alliance with Audi, Honda, GM, and more.

Android a donc su profiter de la prolifération de smartphones d’entrée de gamme pour inonder le marché. Cette stratégie de Blitzkrieg s’est par contre faite au détriment de l’homogénéité du parc. Il existe ainsi de nombreuses versions d’Android en circulation, et la mise à jour est un processus beaucoup plus lent que sur l’iPhone : Fragmentation lives: iOS 7 now on 74% of iPhones, while KitKat has only reached 1% of Android devices.

Android-Versions

L’autre problème est qu’à partir du moment où l’on touche la majorité tardive, on a forcément à faire à Mr tout-le-monde et à Mme Michu, qui n’utilisent pas leur smartphone comme les adopteurs précoces : Google’s Dirty Secret: Android Phones Are Basically Used As Dumbphones. D’après Simon Khalaf, le patron du réseau publicitaire mobile Flury, les utilisateurs d’Android ne génèrent qu’1/4 de revenus par rapport aux utilisateurs d’iPhone. En d’autres termes : les smartphones d’entrée de gamme sont utilisés comme de simples téléphones. J’avais lu quelque part (impossible de remettre la main sur la source) qu’1/3 des utilisateurs de smarthones Android n’installaient pas d’application, et qu’un autre tiers n’installait que 3 à 4 applications. C’est un peu gênant, surtout si c’est le constructeur qui décide des applications installées par défaut.

Google perd le contrôle de sa création

Pour bien comprendre la situation délicate dans laquelle se trouvent les équipes de Google, il vous suffit de regarder les tablettes vendues par Amazon : les Kindle Fire sont bien propulsées par Android, mais une version modifiée qui permet à Amazon d’imposer son interface et surtout ses services (Google Play entrant en concurrence directe avec Amazon MP3 par exemple). En Chine, la situation est encore plus tendue puisque les principaux acteurs ont commencé il y a plus de deux ans à développer leurs propres versions d’Android :

Baidu_ROM

Il semblerait donc que Google soit en train de se faire piéger à son propre jeu : The Naked Android. Certes, la domination d’Android est incontestable, mais elle s’est faite au détriment du contrôle par son initiateur. Traduction : Android est devenu un système d’exploitation mobile générique que chacun accommode à sa sauce. Pour éviter que la situation ne lui échappe complètement, Google s’efforce de tirer le marché vers le haut avec des terminaux de référence comme le Nexus 5 ou le Moto X. Outre les brevets, le rachat de Motorolla était certainement motivé par la volonté de Google de proposer une offre intégrée software + hardware.

Toujours est-il que l’éclatement d’Android est un gros problème pour Google, surtout si ceux qui développent leur propre version proposent des alternatives très crédibles aux services de Google. C’est justement le cas de Baidu qui édite un moteur de recherche, un service de cartographie, un portail marchand… Dans ce contexte, Google est le grand perdant, car il distribue gratuitement son système d’exploitation, mais ne peut pas récupérer de revenus publicitaires à travers ses services.

Du coup, pour éviter de souffrir de la concurrence d’autres places de marché d’applications, les équipes de Google sont en train de travailler sur une nouvelle stratégie : sécuriser ses revenus grâce à Chrome. Plusieurs chantiers techniques me font penser que Google est en train de faire de son navigateur la nouvelle pierre angulaire de sa stratégie mobile :

En résumé : Google est en train de faire de Chrome un environnement d’exécution pour y faire tourner des applications légères. Dans cette logique, les développeurs n’auraient plus besoin de s’arracher les cheveux pour assurer une bonne compatibilité à leurs applications natives, ils se contenteraient de développer des services ou des contenus en ligne qui se comporteraient comme des applications natives. Gain de temps et gain d’argent. Le concept de Rich Mobile Application n’est pas neuf, mais la concurrence des géants chinois force Google à mettre les bouchées doubles pour finaliser une vision qu’Adobe n’a pas su transformer (Adobe livre AIR pour Android et officialise les Rich Mobile Applications).

Dans cette histoire, tout le monde y gagne :

  • Les éditeurs diminuent leurs coûts de développement et augmentent leur population cible ;
  • Les utilisateurs bénéficient de contenus et services de qualité sans avoir à passer par les app stores ;
  • Google s’assure que les possesseurs d’Android ne remplacent pas le navigateur Chrome par un autre.

Comme vous l’aurez compris, tout l’intérêt de cette histoire pour Google est de sécuriser ses revenus publicitaires en imposant Chrome, car si les développeurs ne peuvent plus vendre leurs contenus et services dans une app store, ils se financeront avec de la publicité, donc auprès du réseau de Google (AdMob). Et la boucle sera bouclée.

2014 va donc être une année décisive pour Google qui devra rester extrêmement vigilant quant à la concurrence chinoise. Le pire scénario serait que Samsung décide de lancer sa propre version d’Android. Google aurait alors bien du mal à assumer ces deux fronts…

Résultats du championnat de France du développement mobile 2013 (0)

Le mois dernier s’est déroulée la première édition du championnat de France du développement mobile, une manifestation organisée par l’AFPDM qui s’est déroulée dans toute la France grâce au soutien de l’Epitech qui avait mis à disposition ses locaux pour l’occasion. Le principe de ce championnat était de développer  une application mobile en 24h (le week-end du 23 et 24 novembre). Je me suis donc pointé comme une fleur le dimanche midi pour constater que la salle était vide. En fait on m’a rapidement expliqué que les différents candidats avaient travaillé toute la nuit, qu’ils avaient livré leur application et étaient parti se coucher pour quelques heures, oups !

La salle de brief du championnat
La salle de brief du championnat (après la bataille)

L’exercice imposé consistait à développer MobiDevLand, application mobile servant à mettre en relation les développeurs d’applications mobiles. On trouve des traces des différentes équipes sur GitHub et sur Behance (cette application devrait être finalisée et officiellement lancée dans les prochaines semaines). Les participants étaient répartis dans quatre catégories (Android, iOS, Windows Phone et Design). Le jury était également réparti en trois groupes chargés d’évaluer le code, le design et l’aspect fonctionnel (j’étais dans ce groupe).

Le jury du Championnat du développement mobile
Le jury du Championnat du développement mobile

Après évaluations et délibérations, les résultats sont enfin tombés, et je vous les livre.

Dans la catégorie Android, présidée par l’Android User Groupe et Frandroid :

  1. Thomas Guérin (Paris)
  2. Aurore Penault / Julien Galhault (Rennes)
  3. Nidal Djemam / Vincent Ducastel (Bordeaux)

Dans la catégorie iOS, présidée par Motwin et 99designs :

  1. Thomas Gallinari (Toulouse)
  2. Damien Martin (Paris)
  3. Pascal Roche / Younes Rezzouki (?)

Dans la catégorie Windows Phone, présidée par Microsoft et Frawin :

  1. Nazer Aminou (Paris)
  2. Vincent Cibelli (Nantes)
  3. Stéphane Mikolajczyk / David Barthelemy (Lille)

Dans la catégorie Design, présidée par Orange et e-ArtSup :

  1. Adrien Griveau (Paris)
  2. Romain Gerardin (Paris)
  3. Centis Menant (Paris)

Le Grand Prix spécial du jury a été décerné à l’équipe formée de Pascal Roche et Younes Rezzouki de Wayma pour avoir concouru dans les 3 catégories !

Les lauréats de la catégorie Android
Les vainqueurs du Championnat de France du développement mobile 2013

Bravo à eux, et un grand merci à l’organisation, aux sponsors et aux membres du jury. Petit clin d’oeil à Cédric, un lecteur de ce blog qui s’est inscrit en lisant mon précédent article et qui a gagné la possibilité d’intégrer un incubateur pendant un an pour y développer l’activité autour de son application Une touche d’histoire.

Il y a un communiqué officiel des résultats, mais nous sommes toujours en attente des photos officielles…

En tout cas, j’ai été ravi de participer à ce premier championnat, et j’ai été impressionné par l’énergie des participants. Normalement la prochaine édition devrait inclure une catégorie HTML5, ce qui va dans le sens du marché. Rendez-vous l’année prochaine !

Les objets connectés à l’assaut des maisons (et des entreprises) (0)

Quand on mentionne les objets connectés, ce sont généralement les produits de Nest ou de Jawbone qui sont cités. Normal, ce sont ceux qui ont bénéficié de la plus large couverture de presse. Pourtant, les producteurs français sont pionniers en la matière, à l’image de Withings ou Netatmo. Mais c’est bien dans le domaine industriel que l’on trouve aujourd’hui le plus d’exemples, notamment avec les innombrables applications pour les capteurs intelligents (ou passifs comme les puces RFID). Avec la commercialisation prochaine des Google Glass (qui n’ont pourtant pas grand-chose à voir avec les objets connectés précités), le marché de l’internet des objets est en pleine ébullition. Il suffit de voir la frénésie autour des montres connectées pour s’en rendre compte. Si ces dernières peuvent vous sembler superflues, le potentiel est bien réel : How Big The Internet Of Things Could Become.

Trois défis à surmonter

Si les premiers produits grand public ont bien été livrés, la mise en réseau de milliards d’objets n’est pas tâche facile pour autant. Il y a en effet de nombreux défis à relever pour pouvoir déployer et connecter en masse :

Tout comme le déploiement à grande échelle du web grand public ne s’est pas fait sans accrocs, il n’y a pas de raison pour que celui des objets fasse exception à la règle. Ceci étant dit, les talents et les budgets engagés devront suffire à surmonter ces difficultés rapidement. Je suis confiant quant à la capacité des fabricants et industriels à se mettre en ordre de marche pour conquérir le marché domestique.

De nouveaux produits chez Netatmo, Parrot, Nest…

C’est justement pour s’imposer sur un marché encore balbutiant que les constructeurs de la première heure multiplient les produits pour imposer leur marque. Après son thermostat connecté, l’américain Nest vient ainsi de sortir un détecteur d’intérieur : Nest unveils its $129 Protect smoke and carbon monoxide detector, available from November.

Le détecteur de fumée de Nest
Le détecteur de fumée de Nest

Toujours outre-Atlantique, signalons ce très ambitieux projet de serrure connectée chez Lockitron qui va très prochainement entrer en phase de commercialisation : As The Lockitron Nears Shipping, Apigy Partners With Schlage And Details Building Gadgets On IOUs.

La serrure connectée de Lockitron
La serrure connectée de Lockitron

En ce qui concerne les industriels européens, Philips vient de lancer une nouvelle version de ses ampoules connectées : Philips Hue Continues To Dominate Smart Lighting With New BR30, GU10 And Disney Lights.

Du côté des fabricants français, nous avons pu assister au lancement de deux produits ces dernières semaines avec notamment le thermostat de Netatmo qui vient compléter la station météo : Netatmo releases a connected thermostat, a European ‘Nest’ with French Design.

Le thermostat connecté de Netatmo
Le thermostat connecté de Netatmo

La palme de l’innovation revient à Parrot avec son incroyable Flower Power, un capteur intelligent pour vos plantes vertes : Le Parrot Flower Power surveille les plantes.

Le capteur intellignet de Parrot pour vos plantes vertes
Le capteur intelligent de Parrot pour vos plantes vertes

Vous pourriez me dire que la technologie n’a rien à faire dans un jardin, et je vous répondrais que les agriculteurs n’ont pas attendu les geeks pour optimiser leur production avec des outils informatisés. À plus petite échelle, nous pouvons néanmoins constater que les passionnés de potagers s’en donnent à coeur joie : A Connected Garden Can Reap More Of What You Sow. Des startups comme Arduino ou HarvestGeek proposent des kits et environnements de développement très pragmatiques pour mélanger jardinage et cloud computing.

L'environnement de développement de HarvestGeek
L’environnement de développement de HarvestGeek

Est-ce bien raisonnable de truffer ses bacs à plantes de capteurs ? Non probablement pas, mais c’est très certainement le meilleur moyen de démocratiser les usages et de fertiliser l’innovation, sans mauvais jeu de mots ! Même si tout ceci peut vous sembler absurde, je peux vous garantir qu’il y a bien longtemps que je n’avais pas vu un tel niveau de foisonnement. Toutes les conditions sont assurément réunies pour doper la créativité et l’innovation.

Le vrai marché est pour les entreprises et l’industrie

Ces histoires de pots de fleurs connectés me font une transition parfaite avec l’avenir des objets connectés. Une récente étude de ARM révèle ainsi que les grands dirigeants sont très optimistes vis-à-vis de l’internet des objets et comptent en explorer les différents domaines d’application : 75 percent of global business leaders are exploring the economic opportunities created by the Internet of Things. Ceci met en évidence la réalité du marché : les applications grand public ne sont que la partie visible de l’iceberg, elles vont permettre un développement plus rapide pour les applications industrielles.

C’est donc bien dans le monde de l’entreprise que l’on va trouver les applications les plus intéressantes, celles qui ont un impact direct sur la performance et la rentabilité : A tale of two internets of things: Connectivity will invade your home and office in different ways. Une prévision qui ne me surprend pas vraiment, dans la mesure où les applications industrielles existent depuis de nombreuses années. Près de 100.000 arbres dans la capitale sont ainsi équipés de capteurs depuis 2005 : Paris trace la vie de ses arbres grâce au RFID.

Moralité : peu importe que la station météo de Netatmo vous semble superflue, elle ouvre la voie à de nombreuses innovations dont bénéficieront les agriculteurs et industriels.

Participez au premier championnat de France du développement mobile les 23 et 24 novembre 2013 (10)

Même si ce blog est le dernier que j’ai lancé, je m’intéresse au sujet de la mobilité depuis de nombreuses années. J’avais d’ailleurs rédigé à ce sujet un livret blanc en 2000, il y a plus de 13 ans ! Si vous lisez ce blog régulièrement, alors je n’ai pas à vous convaincre de l’impact que les terminaux mobiles ont eu sur le quotidien des internautes et sur la façon dont les marques et organisations interagissent avec leurs clients. La mobilité est donc un secteur très dynamique, et nous avons la chance d’avoir en France de nombreux talents autour du développement d’applications et de services mobiles. C’est dans le but de promouvoir ce secteur et les acteurs qui en composent l’écosystème que l’Association Française de la Promotion du Développement Mobile a été créée (AFPDM pour les intimes). Comme j’ai eu l’occasion de travailler avec son fondateur sur divers projets, je suis un des membres d’honneur de cette association.

AFPDM

Pour mettre en avant les talents et plus largement pour assurer la promotion de l’activité, l’association organise le premier Championnat de France du Développement Mobile qui se tiendra les 23 et 24 novembre prochain. Les meilleurs designeurs et développeurs vont avoir l’occasion d’exprimer leur talent au cours d’un week-end de compétition pour remporter les titres officiels de Champions Français du Développement Mobile. Chose rare, cette manifestation se déroulera partout en France avec des rassemblements en simultané dans les 11 établissements d’Epitech.

CFDM

Cette première édition du championnat est parrainée par Bernard Benhamou (Délégué aux Usages de l’Internet du Ministère de l’Economie numérique) et  sera organisé autour de 5 podiums avec plus de 25.000€ de lots à gagner (dotation, cadeaux prestigieux, et services d’incubation pour encourager l’entrepreneuriat) :

  • Grand Prix Android
  • Grand Prix iOS
  • Grand Prix Windows Phone
  • Grand Prix du design
  • Prix spécial du jury

Les 25 membres du jury (dont je fais partie) vont avoir l’occasion d’évaluer les réalisations des candidats sur un thème imposé. Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 20 novembre, avec une participation de 30 €. Bonne nouvelle, je dispose de 15 invitations pour les premiers d’entre-vous qui me laisseront leur email dans les commentaires.

Seconde bonne nouvelle, ce championnat va également être l’occasion de s’amuser et de profiter des nombreuses animations de la Fiesta du Dev Mobile.

FDM

Je ne saurais que trop vous encourager à tenter votre chance en vous inscrivant à ce championnat. Sinon, vous avez également la possibilité d’y assister et de profiter de l’énergie et de l’enthousiasme qui sera déployé à cette occasion. En attendant, vous pouvez suivre les dernières infos du championnat sur le compte Twitter @CDMFr et même relayer les news grâce au hashtag #cdmfr.

Panorama des terminaux alternatifs 2013 (2)

Comme à chaque rentrée scolaire, je vous propose de faire une revue exhaustive des terminaux alternatifs (cf. les versions 2011 et 2012). Cette année, ce panorama est publié en décalage, car pas mal de nouveaux produits sont sortis ses dernières semaines. Ce panorama est d’autant plus important à mes yeux, que je constate une très nette re-diversification des équipements.

Si l’on remonte le temps, à une époque où les smartphones n’existaient pas encore, les utilisateurs avaient à leur disposition tout un ensemble d’appareils (PDA, lecteur MP3, APN, console de jeux portable, GPS…). Avec l’avènement des smartphones, et de l’iPhone en particulier, les ventes de ces appareils se sont petit à petit effondrées, car les utilisateurs préféraient regrouper toutes ces fonctions en un unique terminal. Depuis, les usages et attentes ont évolué, il en résulte un plus haut niveau d’exigence qui pousse à nouveau les utilisateurs à se ré-équiper de terminaux dédiés : liseuse, tablette, mini-caméra… Après une phase de concentration, le marché est donc en train de s’atomiser au fur et à mesure que sortent des terminaux offrant plus de sophistication dans des ordres de coût raisonnables.

Re-diversification des terminaux alternatifs
Re-diversification des terminaux alternatifs

Vous pourriez penser que j’en rajoute et que tous les Français n’ont pas les moyens de s’acheter un smartphone, une tablette, une liseuse, une montre connectée… Pourtant les statistiques nous montrent que la France est le second marché le mieux équipé : États des lieux des terminaux alternatifs en France en 2013. Comme quoi, la donne change dès que l’on raisonne au niveau du foyer.

Je vous propose donc d’étudier en détail les différentes catégories de terminaux alternatifs.

Dix formats pour neuf critères d’usage

Pour cette troisième version de mon panorama, vous constaterez que les phablettes ont fait leur apparition (entre les smartphones et les tablettes) et que les consoles portables ont été remplacées par les micro-consoles, nettement plus intéressantes, car touchant un public plus diversifié.

Concernant les critères, j’ai rajouté le critère “Média” qui correspond à la faculté d’un terminal d’accéder facilement et de diffuser un média (principalement des films ou séries TV). Le confort visuel est donc un élément important (les petits écrans sont forcément pénalisés), mais nous prenons également en compte la capacité à accéder et partager une bibliothèque de médias.

Sans surprise, les formats qui proposent la plus grande richesse fonctionnelle sont les tablettes. Pour autant, n’allez pas croire qu’elles vont devenir le format de référence, car elles sont toujours très limitées dans les tâches bureautiques. Elles se révèlent par contre être un complément parfait pour les ordinateurs low-cost. Nous retrouvons également en bas de tableau les objets connectés. Est-il bien pertinent de comparer une tablette avec un thermostat ? Non, par contre, ce panorama ne serait pas complet si j’avais fait l’impasse sur cette catégorie.

Le tableau suivant est difficile à lire, mais vous pouvez accéder à une version plus grande en cliquant dessus.

Panorama-terminaux-alternatifs-2013
Comparaison des différents formats de terminaux alternatifs

Maintenant que vous avez une vue exhaustive des différents formats, je vous propose quelques commentaires et explications :

  • Feature phones. Toujours en perte de vitesse, les téléphones “classiques” (sur lesquels vous ne pouvez pas installer d’applications) représentent toujours près de la moitié du marché. Attendez-vous néanmoins à une disparition progressive à mesure que les constructeurs asiatiques nous livrent des smartphones low-cost à des prix imbattables. Signalons cependant que certains constructeurs investissent encore dans ce segment, mais pour les pays en voie de développement (Nokia et Samsung à l’assaut des marchés émergents avec de nouveaux feature phones).
  • Smartphones. Un segment parfaitement mature dominé par Apple et Samsung chez les constructeurs, mais où Android règne maintenant en maître avec une part de marché qui dépasse les 60% . Si le marché est toujours aussi dynamique, je constate néanmoins que les innovations sont de plus en plus rares et que les constructeurs se contentent de rajouter des pixels et des gigahertz (cf. Yota et Ubuntu vont-ils réussir à révolutionner les smartphones ?).
  • Phablettes. Un segment intermédiaire qui ne fait pas beaucoup de sens à mes yeux, car le marché évolue vers des smartphones de plus en plus grands (5 pouces) et une majorité de tablettes d’entrée de gamme de petite taille (7 pouces). Il ne reste donc plus beaucoup de place pour les formats tournant autour de 6 pouces, pourtant les constructeurs y croient toujours…
  • Tablettes. De loin le segment le plus dynamique avec des taux de croissance insolents (Presque 1 milliard de tablettes en circulation dans 5 ans). Si l’iPad reste la machine la plus performante, Apple a beaucoup de mal à tenir la comparaison avec des tablettes d’excellente qualité vendues à la moitié du prix d’un iPad Mini (à l’image de la dernière version du Nexus 7 de Google). Attendez-vous à une déferlante de tablettes low-cost tournant sur Android, d’autant plus que la barre symbolique des 150$ vient d’être franchie (Dell announces Venue 7 and Venue 8 Android tablets, prices start at $149).
  • Cloudbooks. On ne parle pas beaucoup des successeurs des netbooks, pourtant la demande est toujours aussi forte (Like netbooks of old, Chromebooks are the fastest growing PC segment et Google Chromebooks Aren’t Completely Dead: 20 Percent Of IT Professionals Want Them). Une demande qui va très certainement être soutenue par la nouvelle vague de machines propulsées par le nouveau processeur d’Intel (HP, Acer, ASUS and Toshiba all announce new Haswell Chromebooks).
  • Liseuses. Encore un segment dont on ne parle pas beaucoup, dominé par Amazon et Kobo mais souffrant d’un gros problème de catalogue (Rentrée littéraire : pourquoi l’ebook s’embourbe en France). Dans ce marché tournant au ralenti, le français Bookeen a encore toutes ses chances de nous surprendre.
  • Smarts TVs. Si les constructeurs s’efforcent encore de vendre des TV équipées de systèmes propriétaires (un bel anachronisme), il apparaît comme évident que le salut des TV connectées passe par des boîtiers externes. Les box des fournisseurs d’accès sont naturellement très bien placées, pourtant elles pourraient subir une terrible concurrence de boîtiers de convergence comme le Chromecast de Google ou le HomeSync de Samsung.
  • Micro-consoles. Alors que l’industrie du jeu vidéo retient sont souffle à quelques semaines du lancement des nouvelles Playstation et Xbox, des petits malins ont créé la surprise avec des consoles low-cost tournant sous Android (Les micro-consoles vont-elles devancer les TV connectées ?). Une alternative particulièrement séduisante pour les foyers à revenus limités. Dans un tout autre registre, la société Valve a surpris tout le monde en proposant sa solution alternative (Valve announces SteamOS, a free Linux-based operating system and gaming platform for the living room). Les prochains mois à venir vont faire date dans l’industrie !
  • Voitures connectées. Là encore un segment sous-médiatisé, mais qui représente un gigantesque potentiel pour les constructeurs, fournisseurs de service et marchands. Les offres sont pour le moment décevantes (Renault R-Link, Peugeot Connect Apps et Opel IntelliLink : peuvent mieux faire), mais les applications progressent rapidement.
  • Objets connectés. Le cabinet Morgan Stanley prévoit qu’il y aura 75 milliards d’objets connectés d’ici à 2020 (How Big The Internet Of Things Could Become). Ce chiffre peut vous paraître complètement disproportionné, pourtant il me semble réaliste, car les domaines d’application dans les milieux industriels sont innombrables. Pour le moment on se focalise beaucoup (trop) sur les produits grands publics, et notamment les montres connectées, mais nous avons au moins la satisfaction de bénéficier d’un authentique savoir-faire français avec Fitbit, Netatmo ou Parrot. Par contre, le secteur souffre toujours de l’éternel problème de la compatibilité (La bataille des standards nuit-elle à l’adoption de l’internet des objets).

Comme vous pouvez le constater, il existe une grande diversité de format de terminaux alternatifs. Certes, pour le moment l’attention des médias et annonceurs se porte sur les smartphones et tablettes, mais les choses évoluent vite, surtout avec l’arrivé prochaine de produits déjà cultes comme l’Apple TV ou les Google Glass.

TL;DR : ce que les annonceurs doivent retenir

Avec ce tableau, j’espère bien vous avoir fait comprendre que le marché ne se limite pas aux smartphones et tablettes. À partir du moment où vos clients, prospects et cibles transfèrent leurs usages et attention des ordinateurs et TV, il convient de vous assurer que vos produits, services et offres sont disponibles dans de bonnes conditions sur ces nouveaux formats de terminaux.

J’ai déjà eu de nombreuses occasions d’expliquer que le Responsive Web Design n’est pas une solution, c’est un compromis, il convient donc également d’adapter votre feuille de route informatique pour tenir compte de l’évolution des usages et de la part toujours plus croissante de ces terminaux alternatifs dans le quotidien des Français. Pour résumer : ne vous croyez pas à l’abri si vous avez une application iPhone, car elle est TRÈS loin de satisfaire aux besoins des cibles que vous visez. La courbe d’apprentissage est importante, mais vous ne pouvez pas empêcher la diversification du marché, il faut donc vous y mettre au plus vite.

Quel avenir pour les montres connectées ? (1)

Les montres connectées ne sont pas une idée neuve. Les premiers prototypes sont apparus en 2011 (Vers des montres connectées), et il aura fallu presque deux ans aux constructeurs pour finaliser leur produit. Jusqu’à très récemment, la montre Peeble était le modèle le plus répandu (Pebble Sold 275K Units Through Kickstarter And Pre-Orders, Tops 1M Watch Apps Downloaded), mais de nombreux autres acteurs se sont positionnés entre-temps pour exploiter le filon.

Les équipes de Samsung ont ainsi dû travailler d’arrache-pied pour ressortir de vieux prototypes et finaliser en toute hâte la Galaxy Gear présentée en début de mois : Samsung Introduces Galaxy Gear, a Wearable Device to Enhance the Freedom of Mobile Communications.

La montre connectée de Samsung
La montre connectée de Samsung

Fidèle à ses habitudes, Samsung nous livre une montre regorgeant de fonctionnalités : notifications intelligentes, commande vocale, mini-APN intégré au bracelet et nombreuses applications associées à la plateforme (Galaxy Gear Integrates Fitness Apps, Competes With Trackers). Le tout pour… 300$ ! Certes, les caractéristiques techniques sont alléchantes, mais l’addition est salée.

Tout aussi sophistiqué et au même tarif, Qualcomm a lui aussi présenté son modèle, la Toq, qui est livrée avec des oreillettes et un écran à encre électronique couleur : Qualcomm takes on Samsung’s Galaxy Gear with Toq smartwatch, coming in Q4.

La montre connectée à écran couleur de Qualcomm
La montre connectée à écran couleur de Qualcomm

Je pense ne pas me tromper en disant que personne n’a jamais réellement émis le besoin d’avoir un écran couleur sur une montre. Ceci étant dit, je suis très content que les écrans à encre électronique couleur de technologie Mirasol voient enfin le jour sur un produit “grand public” (aux dernières nouvelles, Qualcomm avait jeté l’éponge). Les mauvaises langues diront d’ailleurs que cette montre n’est qu’un prétexte pour relancer l’intérêt autour des écrans à encre électronique couleur.

Troisième constructeur à faire son annonce dans la même semaine, Sony présentait enfin sa Smartwatch 2, une montre connectée aux fonctionnalités similaires aux autres (notifications, connectivité sans fil, plateforme d’applications pour les développeurs…), mais au prix légèrement inférieur : Sony’s SmartWatch 2 is better than the first one, but still far too expensive.

La montre connectée de Sony
La montre connectée de Sony

Vous noterez qu’à l’instar de la Gear de Samsung, il est fortement recommandé d’utiliser cette SmatWatch2 avec un smartphone de la gamme Xperia…

Toujours est-il que ces trois modèles ne font pas vraiment l’unanimité. D’une part, car ces montres sont chères, et d’autre part, car elles ne savent pas faire grand-chose d’elles-mêmes. Comprenez par là qu’elles doivent impérativement être associées à un smartphone : Calling the Galaxy Gear a smartwatch is a disservice to the word “smart” et Smartwatches are still too dumb. Si la prouesse technologique est bien au rendez-vous, ce sont les usages qui déçoivent, car ces montres ne proposent rien qu’un smartphone ne puisse déjà faire, elles n’en sont que des extensions, mais en plus limitées : Some thoughts on smartwatches.

Nous sommes donc tout naturellement confrontés à la sempiternelle question : y a-t-il un marché pour ces montres ? Difficile à dire pour le moment. Par contre, nous commençons également à voir l’arrivée sur le marché d’une nouvelle génération de montres connectées dédiées aux activités sportives. En digne successeur de la MotoActv, la Forerunner Coach de Garmin est le compagnon idéal des coureurs : There’s A Coach In Every Watch: Garmin Forerunner 620 and 220 With Color Display.

La montre Forerunner Coach de Garmin
La montre Forerunner Coach de Garmin

Ne cherchez pas un quelconque effort de look & feel, ces montres ne cherchent pas à être glamour, mais à accompagner les joggeurs dans leur progression. C’est donc sérieux, très sérieux ! Par contre, on en vient logiquement à se demander si tous ces gadgets censés nous connecter à des applications toutes plus formidables les unes que les autres ne vont pas nous isoler du monde qui nous entoure : The Paradox of Wearable Technologies. Déjà que l’on dénombre quelques accidents avec des mobinautes qui ne lèvent plus le nez de leur écran, avec ces nouvelles montres, le risque va être encore plus fort !

Nous en sommes donc toujours au même point concernant l’utilité d’une montre connectée : n’est-ce pas le gadget de trop dans l’arsenal de geeks déjà bien équipés ? Finalement le salut de ces montres connectées réside certainement dans des niches comme celle qu’exploite Garmin, où celle qu’envisage d’attaquer le constructeur automobile Nissan avec ce concept très surprenant : Nissan unveils the Nismo smartwatch, a wearable device to connect drivers to their cars.

Dans l’idée, cette Nismo est donc très proche des montres Garmin, avec une utilisation centrée sur la performance et des capteurs ultra-précis. Idéalement, j’aurais bien vu une montre que l’on enfile au poignet quand on prend le volant et se met à vibrer si l’on s’énerve dans les embouteillages ou si l’on s’endort sur l’autoroute. Quoique… il me semble que des systèmes équivalents existent sur certains modèles haut de gamme avec des capteurs embarqués dans le rétroviseur intérieur qui surveillent les yeux du conducteur et font vibrer le siège dès que ce dernier pique du nez. Au-delà de la prouesse technologique, ses montres sont elles viables ? Retour à la case départ…

Presque 1 milliard de tablettes en circulation dans 5 ans (0)

Si vous lisez régulièrement ce blog, alors vous connaissez déjà le potentiel disruptif de ces machines. Déjà accusés d’avoir tué les netbooks, les chiffres de vente démontrent qu’elles sont maintenant en train d’étouffer le marché des ordinateurs portables. Un rapport publié par Forrester le mois dernier prévoit à ce sujet une croissance des ventes de 25% de moyenne au moins jusqu’en 2017 : Tablet Hyper-Growth Will Push Global Installed Base Past 905M By 2017. Le célèbre cabinet d’analyse anticipe donc un avenir radieux pour ces machines et parlent logiquement d’hyper-croissance.

Prévision de vente de tablettes sur 5 ans

Est-il réellement raisonnable de penser que nous dépasserons le milliard de tablettes dans 5 ans ? Probablement au vu de l’offre de plus en plus diversifiée et de prix toujours plus bas. Si les chiffres de vente explosent grâce au marché grand public (les foyers préfèrent se rééquiper en tablette plutôt qu’en ordinateur), les tablettes séduisent également le monde de l’entreprise, mais en complément des outils informatiques traditionnels : Forrester Finds That Despite The Tablet Invasion Of The Workplace, Workers Would Prefer A Keyboard, Too.

Même si l’on par le beaucoup d’applications métier et de mobilité, ne vous y trompez pas, les tablettes sont très largement utilisées dans un contexte sédentaire (dans le salon, la cuisine ou sur le lieu de vacances) : The Next Tech Wave is Collaboration via Tablets.

Tablet-Internet-Access
Répartition des lieux d’accès au web sur les tablettes

Concernant les parts de marché, c’est une publication d’IDC qui nous permet de mesurer la progression d’Android par rapport à iOS : Tablet Shipments Slow in the Second Quarter As Vendors Look To Capitalize on a Strong Second Half of 2013. Si le système d’exploitation de Google représente maintenant plus de 62% du marché, il ne faut pas négliger le phénomène de fragmentation, car ces parts de marché sont à répartir entre les différentes versions et variantes (notamment sur le Kindle d’Amazon).

Évolution des parts de marché des systèmes d’exploitation des tablettes

Du fait de l’étroitesse de sa gamme, Apple conserve néanmoins sa place de leader des constructeurs :

Évolution des parts de marché des constructeurs des tablettes

Plusieurs facteurs expliquent le succès des tablettes :

En un mot comme en cent : les tablettes sont là pour durer et elles vont considérablement changer les habitudes de consommation des internautes. À vous d’adapter en conséquence vos sites web et applications pour pouvoir profiter de cette formidable croissance.

Page 1 of 712345...Last »