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Une conférence sur les objets connectés le 18 juin à Paris (0)

L’internet des objets est un sujet très chaud en ce moment, surtout depuis le rachat de Nest (Google se lance dans la course à l’Internet des objets avec le rachat de Nest). Mais ça reste néanmoins un sujet complexe à appréhender. Il en résulte des fausses promesses et surtout des attentes qui ne peuvent être comblées, la preuve avec cette inquiétante statistique révélée par le Guardian : 1/3 des gadgets connectés sont abandonnés ou revendus (Wearables: one-third of consumers abandoning devices).

Je pense ne rien vous apprendre en écrivant que les startups françaises ont pris une longueur d’avance (cf. 50 objets connectés français et Sigfox un million de km2 couverts par le réseau, et un booking de plus de 5 millions d’objets connectés). Pour pouvoir capitaliser sur ce savoir-faire national et mieux comprendre les enjeux de l’internet des objets, je vous incite à participer à la Connected Conference qui va se dérouler les 18 et 19 juin prochains à Paris.

ConnectedConference

Cette conférence sera l’occasion de venir écouter des intervenants particulièrement légitimes sur le sujet :

  • Loic Poirier, le CEO d’Archos
  • Ludovic Le Moan, co-fondateur de Sigfox
  • Rafi Haladjian, CEO de Sen.se
  • Fred Potter, CEO de Netatmo
  • Jack Lang, co-fondateur de Raspeberry Pi
  • Laurent Fournier, senior director de Qualcomm Europe
  • Gary Atkinson, Head of Emerging Technology chez ARM
  • Kate Drane, Design, Tech & Harware Lead chez Indiegogo

La liste des intervenants est particulièrement impressionnante, aussi ne ratez pas cette occasion, car elles sont rares.

Les balises de proximité vont aider les distributeurs à basculer dans l’ère numérique (0)

Régulièrement, la presse grand public nous fait le coup de la “technologie révolutionnaire qui va bouleverser le monde” (NFC, impression 3D…). Le problème est que ces articles sont généralement assez peu fouillés et exagérément optimistes. Le dernier en date concerne la technologie iBeacon de Apple : Avec iBeacon, Apple va rendre le smartphone plus intelligent. J’avoue volontiers être parfois d’humeur grincheuse, mais cet article, et l’engouement généralisé pour iBeacon me fait penser à la confusion persistante autour du paiement sans contact (Le smartphone deviendra-t-il notre moyen de paiement principal ?). Je vous propose dans cet article de faire le point sur iBeacon, sur les technologies alternatives et surtout sur le potentiel réel.

La micro-localisation existe depuis de nombreuses années

iBeacon est l’appellation utilisée par Apple pour décrire des APIs autour du service de géolocalisation. Traduction : iBeacon vous permet de lancer des actions sur un smartphone compatible en fonction de l’endroit où se trouve l’utilisateur (iBeacon briefing: What is it, and what can we expect from it?). iBeacon exploite la technologie Bluetooth pour faire communiquer votre smartphone avec des balises implantées dans des lieux publics, notamment pour vous envoyer des alertes (promotions et offres éphémères) ou pour effectuer des transactions.

Exemple de balise iBeacon et d'alerte contextuelle
Exemple de balise iBeacon et d’alerte contextuelle

La promesse d’iBeacon est plus de rendre les magasins et lieux publics intelligents que les smartphones. OK très bien, mais comme à son habitude, Apple s’approprie les innovations des autres, les repackage et nous les présentent comme des révolutions. Si je suis convaincu de l’intérêt des balises de proximité pour déployer des services à valeur ajoutée avec les terminaux mobiles, je tiens tout de même à préciser qu’Ericsson avait lancé une offre similaire en 2001, soit il y a 13 ans : Ericsson sees its new “blips” everywhere. Les bornes BLIP (“Bluetooth Local Infotainment Point“) étaient ainsi destinées aux commerçants souhaitant exploiter les téléphones équipés de Bluetooth comme des leviers d’engagement avec les visiteurs : An interview with Ericsson’s BLIP project R&D manager. De même, le principe de Geofencing n’est pas nouveau et il existe de nombreuses offres pour faire des alertes push via SMS (cf. Fidzup, lance son offre de retargeting pour le Brick&Mortar).

Les smartphones réconcilient la distribution analogique et numérique

Plus généralement, iBeacon se positionne comme une des solutions technologiques pour faire de la géolocalisation indoor, ou plutôt de la détection de proximité. L’intérêt pour les commerçants est de pouvoir reconnaitre le client dès qu’il entre dans la boutique et commencer à interagir avec lui en fonction de son profil : message de bienvenue, suggestions de produits… Une innovation qui tombe à pic, car la distribution est en train de se réinventer : Enjeux et opportunités du web-to-store et L’avenir du commerce en ligne est au commerce, et inversement. Pour résumer ces deux articles : les chaînes de distribution cherchent des solutions pour réduire la fracture numérique entre les boutiques et les clients. C’est justement dans ce contexte que les smartphones se révèlent particulièrement pertinents pour assurer la liaison entre le monde analogique (le vendeur et sa caisse) et le monde numérique (le client, son profil et son historique d’achat).

Des coupons personnalisés sur votre smarpthone avec iBeacon
Des coupons personnalisés sur votre smarpthone avec iBeacon

Autant votre boulangère est capable de vous reconnaitre et de vous glisser un petit mot gentil, car vous lui achetez régulièrement des produits et que sa zone de chalandise est très réduite ; autant avec les chaines de distribution nationale, c’est beaucoup plus compliqué. Résultat : même si vous êtes un client fidèle d’une enseigne, on ne vous traite en tant que tel que lorsque vous passez en caisse et que vous présentez votre carte de fidélité. Le problème est que ce scénario ne concerne qu’une minorité des visiteurs d’une boutique et que généralement la décision d’achat est déjà prise, il est donc très compliqué d’influer dessus (par exemple pour faire une vente complémentaire ou alternative). Avec les balises de proximité, les visiteurs sont reconnus dès leur entrée dans la boutique et pistés pour mieux comprendre leur comportement et anticiper leurs attentes. iBeacon est en quelque sorte le cookie des magasins : il permet de reconnaitre le visiteur dès son arrivée et d’accéder à son profil pour l’enrichir et l’exploiter (iBeacon : Et si l’Internet des Objets favorisait le renouveau du retail ?).

De nombreux articles prennent comme exemple la scène du film Minority Report où Tom Cruise entre dans une boutique et est reconnu grâce au scan de ses rétines (sauf que ce ne sont pas les siennes, mais je ne voudrais pas vous gâcher le suspense si vous ne l’avez pas vu). Le principe est le même, sauf qu’au lieu de scanner la rétine de vos yeux, c’est votre smarpthone qui est utilisé pour vous identifier… sous réserve que vous ayez donné votre accord et que vous ayez installé la bonne application. La promesse est belle, mais il y a encore de nombreuses zones d’ombre techniques à lever.

De nombreuses technologies concurrentes et une zone grise juridique

Apple s’est donc autoproclamé le nouveau roi de la détection de proximité. Il est important de préciser que la technologie utilisée, Bluetooth 4.0, n’est pas la propriété d’Apple et que de nombreux autres fournisseurs de service l’exploitent dans un contexte similaire. Pourquoi Bluetooth ? Parce que c’est une technologie fiable qui a fait de gros progrès depuis sa version 4.0, notamment en matière de réduction de la consommation d’énergie : Bluetooth LE (pour “Low Energy“) a été conçu pour que les utilisateurs le laissent branché en permanence, c’est la condition synéquanone, car les visiteurs d’une galerie marchande ont autre chose à penser que de manipuler leur smarpthone pour avoir l’immense privilège d’être détectable par les balises. Ces dernières se présentent sous la forme de petits galets qui ont une portée de 10 à 20 mètres, il vous en faudra donc plusieurs pour couvrir de façon efficace votre boutique (comptez 20 à 100$ par balise en fonction de leur autonomie et précision).

Et puisque l’on parle de balises, précisons qu’il existe de nombreux fabricants de balises compatibles (Estimote,, Swirl, Roximity, Beaconic, Gelo…) ou non ! Datzing fonctionne ainsi uniquement sur les smartphones Android, Qualcomm propose des balises Gimbal et sa Context Aware Platform (Qualcomm’s Gimbal to compete with its customer Apple’s iBeacon for Bluetooth coupon dominance), de même que Shopkick avec ses shopBeacon.

Bref, tout le monde se rue dans la brèche et essaye d’imposer son propre système. Même Paypal s’y met avec ses beacons et son système de paiement sans fil : Did PayPal Just Kill NFC?.

Le système de Beacon de Paypal
Le système de Beacon de Paypal

La compétition s’annonce donc acharnée, illustrant ainsi les enjeux autour des nombreux cas d’usage :

  • Accueillir les visiteurs avec un message de bienvenue et leur recommander des nouveautés ou produits complémentaires ;
  • Suivre les déplacements des visiteurs au sein des boutiques et identifier les zones de stationnement ;
  • Fournir des informations complémentaires sur un produit ;
  • Proposer des incitations de façon proactive (Grocery stores use Apple’s iBeacon to remind you what you’re shopping for) ;
  • Faire du paiement sans contact (avec l’autorisation préalable de l’utilisateur)…

Les domaines d’application sont donc très nombreux, mais la technologie reste un facteur limitant. Pour faciliter son adoption, Apple a très récemment faire évoluer les spécifications de iBeacon (Apple iOS 7.1 Launches Major iBeacon Improvement) pour permettre notamment aux applications de tourner en tâche de fond : iBeacon active tout seul les applis dans iOS 7.1. Oui vous avez bien lu : la dernière version du système d’exploitation de l’iPhone permet aux balises iBeacon de solliciter une application et de vous envoyer des alertes. Pour limiter les abus, Apple a mis en place un programme baptisé MFi qui permet de référencer les sociétés souhaitant exploiter cette fonctionnalité, et les sanctionner si elles ne respectent pas la charte.

Avec une telle possibilité, vous vous doutez bien que le marché est extatique, mais un peu inquiet : Why Apple’s iBeacon Could Make or Break the Retail Industry. Dans la présente configuration, seules les grandes marques nationales, celles qui ont les moyens d’inciter les mobinautes à installer leur application, peuvent bénéficier de ces balises de proximité. Mais il y a fort à parier que iBeacon va prochainement être intégré à Passbook, ou à une application équivalente, pour éviter l’étape obligatoire d’installation / approbation.

Nous en arrivons logiquement aux problèmes juridiques que les technologies comme iBeacon soulèvent : la géolocalisation est fortement règlementée en France (opt-in et accord explicite systématique), mais l’intégration native de cette fonction dans l’OS et donc dans les CGU, que personne ne lit, pourrait changer la donne. Encore faudrait-il rassurer le grand public (Why Aren’t People Freaking Out About iBeacon?), mais Apple est passé maître dans l’art de noyer le poisson et de faire signer n’importe quoi à ces légions de fans.

Mais ne nous emballons pas, toutes les technologies permettant de numériser le point de vente sont les bienvenues, car l’expérience d’achat en magasin est désespérément pauvre, et car les commerçants travaillent à l’aveugle (vous imaginez-vous une boutique en ligne sans outils de web analytics ?). Il ne nous reste plus qu’à espérer que Apple, Google ou Microsoft fassent correctement leur travail de régulateur pour empêcher les utilisations abusives des bornes de détection de proximité, et éviter un phénomène de rejet. Espérons également que l’adoption sera plus rapide que pour les QR codes…

Quelles innovations pour les smartphones en 2014 (2)

Comme chaque année, les grands acteurs de la mobilité se sont réunis au Mobile World Congress de Barcelone. L’occasion pour la profession de faire le point sur les dernières tendances et innovations. Cette année ressemble un peu à l’année dernière, et à celle d’avant dans la mesure où il n’y a pas eu d’innovation fracassante. Vous noterez que je m’interrogeais déjà en 2011 sur le manque d’innovations réelles : Les smartphones sont-ils en fin de cycle d’évolution ?

Ceci étant dit, ne condamnons pas trop vite, il y a bien eu de nombreuses nouveautés, dont le très attendus Galaxy S5 de Samsung, mais nous sommes toujours dans le même registre du ”toujours plus” :

En opposition à cette surenchère technologique, d’autres fabricants ont fait le choix de privilégier les pays émergents, notamment en Afrique et en Amérique du Sud : Everyone’s Talking About The $35 Smartphone et Nokia announces Asha 230 and Nokia 220 feature phones.

nokia-asha-230

Autre tendance forte du congrès : l’utilisation d’une version “basique” du système d’exploitation mobile de Google (Android Open Source Platform) pour pouvoir remplacer les services de Google (Search, Gmail, Maps…) : Nokia Forks Android In Mobile Services Push et Yandex launches free Android firmware Yandex.Kit in a bid to replace Google’s apps with its own.

nokia-x

Je n’ai pas eu l’occasion de tester le Nokia X, mais force est de constater qu’ils ont réussi à sortir un compromis très réussi entre simplicité de prise en main, cohérence avec l’environnement graphique Windows Phone 8 et intégration des services de Microsoft. Un exercice de haute voltige pour séduire les mobinautes les moins aguerris et les orienter vers une expérience plus qualitative sur… Windows Phone : Nokia’s Mobile UI Mixology Serves Up A Hybrid Family Of Devices To Outshine Budget ‘Droids.

En guise d’innovation, les participants au forum ont dû se contenter d’une évolution du téléphone à double écran de Yota déjà présenté l’année dernière : Next-Gen YotaPhone Follow-Up Unveiled, With Full-Touch E-Ink Rear Screen.

YotaPhone-2

À noter : l’alliance entre Visa et Mastercard pour contourner les limitations d’usages du paiement sans contact imposées par les opérateurs téléphoniques : Visa, Mastercard just made it much easier to buy stuff with an Android phone. L’authentification des transactions ne serait donc plus matérielle, mais logicielle par le biais de la technologie Host Card Emulation uniquement disponible dans la dernière version d’Android.

Je n’irais pas jusqu’à dire que l’édition 2014 du MWC a été décevante, puisque des annonces ont été faites en parallèle, notamment deux projets très intéressants chez Google :

Autant les constructeurs présents au MWC continue sur leur stratégie de vache à lait en nous ressortant toujours les mêmes terminaux avec quelques pixels ou mégas-je-ne-sais-quoi de plus, autant Google est franchement en rupture avec des projets tout à fait innovants. Enfin ! Du coup, on en vient à espérer une annonce prochaine pour un smartphone avec un écran haptique

Je ne sais pas pour vous, mais j’ai la très nette impression qu’Apple est d’une discrétion EX-EM-PLAI-RE. Même si la firme à la pomme cultive le secret comme personne et se réserve les annonces pour ses propres événements, l’édition 2014 du MWC a été largement dominée par Android, donc indirectement par Google.

Je suis plus qu’impatient de voir comment le marché va évoluer dans les prochains mois : les projets de Google, la réponse de Samsung à l’inexorable montée en puissance des fabricants chinois, le rapprochement entre Microsoft et Nokia, l’arrivée sur le marché des premiers smartphones tournant sous Firefox OS, peut-être un ultime sursaut de vie de Blackeberry…

Le PC est mort, vive le PC ! (0)

Saviez-vous que le premier ordinateur personnel a été lancé en 1964 par Olivetti ? Le Programma 101 est encore considéré comme la machine qui a révolutionné l’informatique. Mais ce n’est vraiment qu’en 1981 que l’on commence à parler de PC, dans le sens Personal Computer, avec le lancement de l’IBM PC propulsé par MS-DOS. Vous connaissez la suite de l’histoire avec l’irrésistible ascension et le règne sans partage du couple Windows / Intel (Wintel pour les intimes) pendant plusieurs décennies.

Nous sommes maintenant en 2014 et l’avènement des smartphones, tablettes et autres terminaux alternatifs sonne le glas des PC (La fin de l’ordinateur individuel est programmée). Il ne faut pas être devin pour comprendre que la firme de Redmond ne parviendra pas à inverser la tendance et que son déclin sur le marché des ordinateurs personnels est irréversible. Et pourtant Microsoft reste très méprisant vis-à-vis de la concurrence : Microsoft mocks the Chromebook in a new video ad for its anti-Google ‘Scroogled’ campaign.

L’arrogance affichée par Microsoft semble déplacée, car ils se retrouvent dans une situation très délicate, clairement dans une position de faiblesse (L’écosystème numérique de demain est en train de se construire avec Google, Apple et Amazon). Du coup les constructeurs essayent de faire le pont entre les deux mondes avec des produits hybrides sans aucun intérêt (Putting Windows and Android on the same PC doesn’t solve anyone’s problems). Outre ces produits anecdotiques, nous commençons également à voir apparaitre des offres alternatives beaucoup plus intéressantes comme ce PC nomade sous la forme d’une grosse clé USBThis Dongle Is Dell’s Idea Of A New Kind Of Corporate PC That Should Make Microsoft Nervous.

Votre bureau dans la poche avec Pocketcloud de Dell
Votre bureau dans la poche avec Pocketcloud de Dell

L’idée est que vous ayez la possibilité d’emmener vos applications et fichiers dans votre poche et que vous puissiez vous brancher sur n’importe quel ordinateur ou écran pour retrouver tout votre environnement de travail : Dell Ships First Secure, Managed Ultra-Mobile Cloud-Access Device. Mais ne vous emballez pas, car si cette clé USB embarque tous les composants nécessaires pour en faire un ordinateur individuel, elle est propulsée par Android, le système d’exploitation mobile de Google. Certes, il est possible d’accéder à votre environnement de travail avec un émulateur Windows, mais ce n’est quand même pas l’idéal, d’autant plus qu’il faut visiblement un minimum de configuration au niveau du S.I. pour faire tourner l’offre PocketCloud.

Votre bureau Windows dans un clé à travers l'émulateur Windows
Votre bureau dans une clé à travers l’émulateur Windows

Vous noterez qu’il existe des équivalents natifs pour Windows grâce à l’offre Windows to Go, comme le DataTraveler Workspace de Kesington.

Votre ordinateur personnel (professionnel) dans une clé USB avec Windows to Go
Votre ordinateur dans une clé USB avec Windows to Go

L’idée d’utiliser Android pour accéder à vos applications et fichiers Windows est quand même un peu tordue. J’imagine que si Dell lance cette offre, c’est qu’ils ont de bonnes raisons de penser que le couple Wintel est réellement en fin de vie. D’ailleurs ils ne sont pas les seuls, puisque HP propose un ordinateur professionnel tout-en-un qui tourne également sous Android : In Another Bad Sign For Microsoft, HP Aims Its New Android PC At The Enterprise.

L'ordinateur tout en un de HP propulsé par Android
L’ordinateur tout-en-un de HP propulsé par Android

Le problème est qu’Android a été conçu pour les terminaux mobiles avec un écran tactile et en situation de mobilité (pas dans un contexte de productivité). Le système d’exploitation du XXIe siècle est donc plus à chercher du côté de ChromeOS et des Chromebooks qui font un tabac avec 21% de parts de marché sur le segment des ordinateurs portables : U.S. Commercial Channel Computing Device Sales Set to End 2013 with Double-Digit Growth).

L'impressionnante progression des ventes de chromebooks
L’impressionnante progression des ventes de Chromebooks

Du coup les constructeurs s’intéressent de près au filon, et plus particulièrement sur des niches verticales où les verrous psychologiques sont plus faciles à faire sauter, à savoir les étudiants : Dell Unveils Its First Chromebook, An 11-Inch Portable Designed Specifically For Education.

Annoncé il y a déjà plusieurs années, le développement de ChromeOS est dans un premier temps passé par des offres d’entrée de gamme sur des ordinateurs portables, mais les choses sont en train de changer : With Chromebooks A Success, Google Adds Focus On Chromeboxes. Fort de son succès sur le marché grand public, le système d’exploitation de Google est en train de se réorienter vers le marché professionnel avec l’aide de constructeurs de renom : HP veut imposer ses Chromebox en entreprise.

Les Chromebox commercialisées par HP
Les Chromebox commercialisées par HP

Équiper les employés avec des machines uniquement capables de faire tourner un navigateur web ? Une idée pas si folle, surtout dans un contexte où les DSI peinent à renouveler les licences Windows / Office (le ROI est difficile à justifier) et où de plus en plus de logiciels bascules dans les nuages (Salesforce, Adobe Marketing Cloud, Oracle…). L’informatique low-cost va-t-elle s’imposer comme la nouvelle norme en entreprise ? Très certainement, car l’idée a de quoi séduire les gestionnaires de gros parcs informatiques : conserver les écrans  /clavier et ne remplacer que l’unité centrale. Toujours est-il que le géant Intel y voit un second souffle salutaire : Mini-desktops are a rare bright spot in a shrinking PC industry, says Intel.

Mais outre l’argument du prix, c’est la facilité d’installation et d’administration, ainsi que l’intégration native avec Google Apps qui font de l’ombre aux ordinateurs vieillissants qui encombrent les bureaux, d’autant plus avec des machines qui approche de la barre des 150 € : Meet the Asus Chromebox, a $179 fanless mini-desktop.

La Chromebox proposée par Asus
La Chromebox proposée par Asus

Sommes-nous en train d’assister au grand retour du client léger, un concept qui a fait long-feu aux débuts d’internet ? Très certainement, du coup les constructeurs déclinent des machines sous ChromeOS à toutes les sauces :  LG’s Chromebase all-in-one brings Chrome OS to Web kiosks.

L'ordinateur tout-en-un propulsé par ChromeOs de LG
L’ordinateur tout-en-un propulsé par ChromeOS de LG

Microsoft ne devrait pas se moquer, car nous sommes réellement en train de vivre les dernières heures du PC façon Wintel pour assister à sa renaissance avec le couple ChromeOS / ARM. Certes, il y aura toujours l’argument de la compatibilité, mais celui-ci commence à faire long-feu : Tous vos documents bureautiques consultables directement dans votre navigateur. Pire : dans un sursaut de lucidité, Microsoft commence à assurer ses arrières en faisant rentrer le loup dans la bergerie : Strange bedfellows, Microsoft could bring Android apps to Windows et Google partners with VMware to let Chrome OS users access their Windows desktops, data, and applications.

Non, vous ne rêvez pas : l’obsession du nouveau CEO de Microsoft pour le cloud le pousse à envisager de faire tourner des applications Android sur Windows, et inversement de faire tourner des solutions de virtualisation sur ChromeOS. Une nouvelle orientation qui doit faire grincer des dents à Redmond, mais qui semble logique dans la mesure où le marché se déporte des licences vers les offres en SaaS (Software as a Service). Le pragmatisme l’emporte sur la culture, une très bonne chose en fait.

Moralité : l’avenir de l’ordinateur personnel est aux offres dans les nuages… mais il vous faudra quand même un PC pour y accéder, simplement il ne sera plus propulsé par Windows.

Les applications mobiles coûtent trop cher, misez plutôt sur le web (8)

Oui je sais, ça va bientôt faire 3 ans que je vous annonce l’hégémonie d’HTML5 par rapport aux applications natives (HTML5 s’impose petit à petit comme LA référence pour les applications mobiles). Il n’empêche que certains signes du marché me font dire que 2014 sera bel et bien l’année où les applications web sur terminaux mobiles vont enfin reprendre leur place. Mais d’abord, un petit peu d’histoire.

En 2007, Apple présentait au monde entier son tout nouveau smartphone, l’iPhone. Puis l’année suivante, Apple a introduit la notion d’application mobile avec la première app store. Depuis, les utilisateurs se sont passionnés pour les smartphones et les annonceurs et éditeurs pour les applications mobiles. Nous sommes maintenant en 2014, et les smartphones ont envahi le monde : Global Smartphone Shipments Top 1 Billion For The First Time Thanks To Cheap Android Devices, Says IDC. Comme le titre de l’article l’indique, Apple n’est plus du tout leader sur ce créneau, puisque les smartphones tournant sous Android sont maintenant largement dominants, une tendance confirmée par d’autres sources : Android overtakes iOS on US sales, extends lead in Europe, Latin America and China.

Avec plus d’1 milliard d’unités vendues en 2013, le marché des smartphones est maintenant complètement atomisé, ce qui pose de gros problèmes pour les éditeurs d’applications mobiles :

  • Les coûts de développement augmentent avec le nombre de systèmes d’exploitation à cibler (iOS, Android, Windows Phone…) et les changements majeurs de version (ex : de iOS 6 vers iOS 7) ;
  • Les coûts de maintenance et de compatibilité augmentent avec la disparité du matériel (formats et types d’écrans, processeurs…) ;
  • Les places de marché d’applications officielles subissent la concurrence d’app stores indépendantes (mPlayIt, Appolicious…), notamment en Chine où la croissance est la plus forte (Wandoujia, One Of China’s Leading App Stores, Lands $120M In New Funding).

Ces nouvelles conditions de marché font que la distribution de contenus et services sur terminaux mobiles à travers des applications natives est beaucoup plus complexe à maitriser et à rentabiliser. À partir de ce constat, il y a deux cas de figure possibles : soit vous vous spécialisez sur un domaine et un environnement (ex : les jeux mobiles sur iPhone), soit vous vous adaptez à ce nouveau contexte et abandonnez les dogmes pour adopter une démarche plus pragmatique.

La (nouvelle) réalité que les éditeurs de contenus et services vont devoir assimiler rapidement est que le seul moyen de palier à l’évolution trop rapide du marché est de faire passer les applications natives au second plan pour investir à nouveau sur le web, mais dans un contexte mobile. Entendons-nous bien : je m’adresse avant tout aux éditeurs de contenus et services multi-canaux, ceux pour qui les terminaux mobiles sont un canal de distribution parmi d’autres. Pour ceux qui ont fait le choix de la sur-spécialisation (ex : une application de gestion de calendrier sous iOS), la situation est à aborder selon d’autres critères.

Donc à l’exception des éditeurs de jeux mobiles, la diversification du marché augmente mécaniquement les coûts liés aux développements et à l’évolution d’applications natives, donc rend les applications web mobiles plus intéressantes pour toucher une population cible plus large (potentiellement tous les possesseurs de smartphones, quelque soit la marque ou le système d’exploitation), s’affranchir des contraintes de référencement dans les app stores, et gagner en flexibilité / rapidité d’évolution. En résumé : investir sur le web, c’est faire le pari de l’avenir. A contrario, développer une application mobile, c’est se rendre dépendant d’une technologie propriétaire, d’un circuit de distribution fermé et d’un environnement de déploiement qui est condamné à évoluer à moyen terme.

Vous noterez que la discussion entre native app et web app n’est pas neuve (En finir avec le débat application vs. site mobile), mais de nouveaux arguments nous font voir ce dilemme sous un autre angle, à commencer par les éditeurs de contenu. Deux portails d’information US ont récemment communiqué sur le fait que près de la moitié de leur trafic provenait des terminaux mobiles : As CNN mobile traffic hits 40%, editor calls web vs. apps debate ‘red herring’. De même, Yahoo a décidé de réorienter toute sa stratégie autour des terminaux mobiles : Yahoo Now a Mobile First Company. Dans ce contexte, est-il encore pertinent de s’obstiner à proposer une application native, et d’en subir implicitement les contraintes ? Il est logiquement beaucoup plus prudent de miser sur le navigateur que sur l’app store pour toucher des lecteurs en situation de mobilité (version mobile de votre site vs. application native).

Les versions mobiles des grands portails d'information
Les versions mobiles des grands portails d’information

Pour les commerçants, c’est la même chose : est-il bien raisonnable de placer tous vos espoirs dans une application native plutôt que de proposer une version mobile de votre boutique en ligne ? Là encore, c’est une simple question de bon sens : il faut dépenser beaucoup d’argent et d’énergie pour inciter les clients à installer une application mobile, surtout pour ne réaliser qu’une ou deux ventes dans l’année. Il y a bien sûr le cas particulier des ventes flash, mais c’est une exception. Dans la très large majorité des cas, votre site web doit rester votre priorité, pour les internautes ET les mobinautes.

Les versions mobiles des grandes boutiques en ligne
Les versions mobiles des grandes boutiques en ligne

Précision importante : privilégier la version mobile de votre site ou boutique en ligne, ne veut pas dire que vous devez abandonner vos applications natives, simplement qu’il vous faut allouer vos ressources en conséquence et faire les bons arbitrages. Rien ne vous empêche ainsi de déployer des applications natives conçues autour d’une fonction en particulier, c’est d’ailleurs ce que fait Facebook (Facebook’s Plot To Conquer Mobile: Shatter Itself Into Pieces).

Seconde précision importante : il est tout à fait possible de monétiser une application mobile réalisée en HTML5, c’est d’ailleurs ce que commence à faire Amazon (Amazon Appstore Now Allows Developers To Charge For HTML5 Web Apps, Promote Them Through “Free App Of The Day”), et c’est très certainement ce que va faire Google très prochainement (That was fast: Chrome Apps ready to go mobile).

Bien évidemment vous trouverez toujours quelqu’un pour vous dire qu’une application native est plus performante, ce qui est tout à fait juste. Mais le problème n’est pas là, car nous parlons plutôt de coûts de développement, de rapidité / facilité d’évolution et surtout de rentabilité. La courbe d’apprentissage pour un développeur HTML qui souhaite réaliser une application web mobile est en effet beaucoup plus courte que pour un développeur lambda qui doit apprendre à maitriser les environnements de développement des applications natives. Il est, de plus, beaucoup plus simple de capitaliser de l’expérience sur des technologies et une architecture standards (reposant sur HTML) que de bricoler pour faire communiquer une application native avec votre CMS ou votre système d’information.

Moralité : est-ce la fin des applications web ? Non, bien sûr que non. Par contre, ce qui va changer, c’est que les éditeurs de contenus et services en ligne vont se réapproprier HTML dans un contexte de mobilité, et laisser les applications natives à ceux qui en ont réellement besoin. Nous retrouverons alors la dichotomie “classique” que nous connaissons dans le monde des ordinateurs entre éditeurs de contenus / services sur le web et éditeurs de logiciels.

La bonne nouvelle dans cette histoire est que vous avez déjà des développeurs HTML dans vos équipes, et qu’ils peuvent s’autoformer très rapidement. Je leur recommande d’ailleurs de commencer par là : Standards for Web Applications on Mobile: Current State and Roadmap.

Google se lance dans la course à l’Internet des objets avec le rachat de Nest (0)

La nouvelle est tombée comme une bombe en début de semaine : Google va débourser un montant record pour acheter Nest, la startup qui commercialise les célèbres thermostats et détecteurs de fumée connectés : Google to acquire connected home device maker Nest for $3.2B. Je ne sais pas pour vous, mais je trouve personnellement que c’est un TRÈS gros chèque. D’aucuns pourront dire que cette opération est largement surévaluée, surtout pour une petite startup qui ne vend “que” des gadgets connectés (Here’s What The $3.2 Billion Nest Thermostat Actually Does).

google-nest

De nombreuses raisons ont été avancées pour expliquer le montant très élevé de la transaction. Le fondateur invoque la possibilité d’accélérer leur développement à l’international (Nest’s CEO Tony Fadell explains why he teamed up with Google: it’s about infrastructure), d’autres parlent de transfert de compétences (Nest can teach Google to make hardware, Google can help Nest go fast), mais il s’agit vraisemblablement d’une manoeuvre défensive pour éviter que cette stratup parte à la concurrence (Nest Gives Google A Head Start On The Future Of Hardware). Et comme c’est toujours le cas, nous avons également droit au sempiternel débat autour de la confidentialité et du respect de la vie privée (When Google closes the Nest deal, privacy issues for the internet of things will hit the big time).

Nest-Google-Privacy

J’ai même vu des articles faisant le rapprochement avec l’acquisition récente de Boston Dynamics… Heureusement que certains ont une réflexion plus constructive (Minimizing Risk Is Easy: Adopt a Bill of Rights).

Bref, tout ça pour dire qu’après quelques années d’échauffement, cette acquisition marque le début de la course à l’internet des objets par les géants du web, et plus généralement de l’IT. Vous noterez par ailleurs que ce n’est pas la première incursion de Google dans ce domaine puisqu’ils commercialisent déjà (à grande peine) le Nexus Q et qu’ils se sont enlisés avec Android@Home et PowerMeter.

Un marché déjà bien encombré

Croyez ou non, mais l’internet des objets est un secteur particulièrement compétitif où de nombreux industriels se livrent une bataille acharnée. Si l’on se contente d’étudier les objets connectés pour le grand public, les volumes sont pour le moment anecdotiques. Mais si l’on élargit le spectre, là c’est tout de suite autre chose. L’IDATE vient de publier à ce sujet la 6e édition de son étude (M2M : The Machine-to-Machine Market, 2013-2017) où l’on apprend le marché des objets connectés représente un volume de 175 M d’unités pour un C.A. de 24,2 MM d’€. Le tout avec de très belles perspectives de croissance.

Idate_M2M

Le problème de ces études est qu’aucune ne repose sur un référentiel commun. Comprenez par là que le périmètre de ces études varie. Il existe de nombreuses définitions de ce qu’est vraiment l’internet des objets (Defining The The Internet Of Things). Celle de Wikipedia est un peu complexe à mon goût : “un réseau de réseaux qui permet, via des systèmes d’identification électronique normalisés et unifiés, et des dispositifs mobiles sans fil, d’identifier directement et sans ambiguïté des entités numériques et des objets physiques et ainsi de pouvoir récupérer, stocker, transférer et traiter, sans discontinuité entre les mondes physiques et virtuels, les données s’y rattachant“. Pour simplifier, je vous propose cette définition : les objets connectés sont des objets du quotidien capables de se connecter à l’internet pour capter et diffuser des données ou exécuter des fonctions simples à distance. Vous noterez que cette définition englobe les objets pour le grand public et ceux pour le secteur industriel, que la connexion à l’internet peut se faire de façon directe ou indirecte (à travers un smarpthone, une borne ou une technologie propriétaire).

Plusieurs domaines d’application sont concernés par les objets connectés :

IoT_Landscape

D’une certaine manière, après l’avènement du Software-as-a-Service, et des Infrastructure-as-a-Service, nous entrons dans l’ère du  Device-and-a-Service. Comprenez par là que les fabricants vont pouvoir augmenter considérablement la valeur d’usage de leurs produits en les dotant de capteurs et fonctions avancées et en fournissant le service qui va avec. L’exemple de la raquette connectée de Babolat Play est pour moi très représentatif :

Sur ce créneau, les entreprises françaises sont particulièrement bien placées :

Bref, le secteur est en ébullition, et la french touch plaît au monde entier. Reste maintenant à savoir si ses startups sauront résister au rouleau compresseur de Google…

Les défis que Google devra relever

En mettant la main sur Nest, Google récupère donc une marque solide et une base d’utilisateurs déjà bien remplie (on parle de centaines de milliers d’unités déjà vendues). Ceci étant dit, outre la question de la confidentialité, Google devra relever de nombreux défis pour pouvoir s’imposer sur l’internet des objets :

  1. Faire adopter un système d’exploitation universel. Android est naturellement l’OS qui vient à l’esprit, mais est-ce bien raisonnable de vouloir faire rentrer un OS mobile aussi sophistiqué dans une brosse à dents ou une fourchette ? Tout le monde s’accorde à dire que le système d’exploitation de l’internet des objets n’a pas encore été identifié. Intel mise sur une version épurée de Linux et un System-on-a-Chip optimisé (Intel’s Vision: Wearables Everywhere In A Post-Windows World), tandis que Qualcomm concentre ses efforts sur un protocole de communication (Qualcomm’s decidedly different plan to connect your devices to the internet of things). En tout les enjeux semblent très importants (L’entreprise qui créera l’OS de l’IoT aura un potentiel infiniment plus large que les Androïd et iOS) et le problème est lion d’être réglé (La bataille des standards nuit-elle à l’adoption de l’internet des objets).
  2. Localiser et indexer les différents objets. Il semble tout naturel que Google se charge de référencer lui-même les multitudes d’objets ainsi que les services qu’ils rendent, mais c’est plutôt son grand rival qui semble s’en charger (Wolfram’s Connected Devices Project starts to catalog all electronics for the Internet of Things).
  3. Déployer des services à grande échelle. Si Google semble avoir pris une longueur d’avance sur la niche des équipements pour le foyer, il va lui falloir du temps pour équiper individuellement toute la population. Des chantiers comme les usines intelligentes, les écoles ou les villes connectées semblent être bien plus prometteurs (ou rentables, à vous de choisir). IBM bénéficie déjà d’une bonne notoriété avec son programme Smarter Cities.

IBM-Smarter-Cities-2

Comme vous pouvez le constater, ceux qui sont le plus en avance sur les “vrais” sujets ne sont pas forcément ceux dont on parle le plus. Dommage, car en payant le prix fort pour Nest, Google n’est-il pas en train de s’accaparer un territoire de marque pour pouvoir déployer par la suite de nouveaux services ou faire de nouvelles acquisitions ?

Toujours est-il que l’année démarre en fanfare pour l’internet des objets et que la suite des événements va être assurément passionnante !

Le succès d’Android ne profitera pas forcément à Google (5)

Nous sommes maintenant en 2014 et la domination d’Android sur le web mobile est incontestable. J’imagine que les équipes de Google doivent être fières des progrès réalisés. Cependant la victoire n’est pas forcément évidente pour Google tant la situation est complexe. Proposer un système d’exploitation gratuit a permis à Google de s’imposer auprès de nombreux constructeurs, mais il y a un revers à cette médaille : Google ne maîtrise plus réellement sa création. Ceci complique d’autant le travail des éditeurs de contenus et fournisseurs de services qui se retrouvent dans une configuration de marché complexe à appréhender.

Près de 75% de part de marché pour les smartphones

Nous savions déjà que la part de marché d’Android avait progressé de façon spectaculaire, mais les derniers chiffres nous montrent l’ampleur du phénomène : More Than Seven Out Of Ten Smartphones In People’s Hands Globally Are Android Devices.

global_smartphone_share

Ce qui frappe dans ce schéma est que l’on se rend compte que l’iPhone n’a jamais réellement eu une grosse part de marché. Le smartphone d’Apple était ultra dominant d’un point de vue médiatique, mais dans les faits, il n’a jamais réellement dépassé les 20% de part de marché globale (cf. L’iPhone est maintenant un produit de niche, l’iPad sera le prochain).

Si l’on s’attarde sur les chiffres des principaux marchés, on constate que les marchés anglophones et le Japon présentent des configurations de marché divergentes du reste du monde : Apple faces challenges in gaining smartphone sales market share from LG, Sony and Nokia. Les derniers chiffres fournis par Kantar Worldpanel sont ainsi très instructifs :

  • L’iPhone est largement dominant au Japon avec près de 70% de part de marché ;
  • iOS parvient à se maintenir aux États-Unis (43%) ainsi que les principaux marchés anglophones (GB, Canada, Australie) ;
  • Partout ailleurs, Android rafle au minimum 70% de parts de marché (87% en Espagne !).

Smartphone_OS_share

Je ne sais pas pour vous, mais jamais je ne me serais douté que la part de marché d’iOS pouvait être aussi basse dans un pays frontalier de la France. Toujours est-il qu’aujourd’hui tout le monde a les yeux braqués sur l’Asie, le marché présentant le plus gros potentiel, où Android est largement dominant : Smartphone sales surge 61% in Southeast Asia, Android dominates with 72% share et Android and Windows Phone see growing market share in India for Q3 2013.

Ceci étant dit, les constructeurs “historiques” n’ont pas dit leur dernier mot (Nokia’s brand is still strong in emerging markets, report suggests), et Apple non plus (Apple finally has access to China Mobile’s 700 million subscribers). Mais même si l’iPhone bénéficie d’une très bonne réputation, la firme de Cupertino va avoir bien du mal à freiner les ambitions des nombreux constructeurs chinois (Xiaomi, LTE, Oppo, Huawei, Lenovo, Yulong, Coolpad, Meizu…) qui comptent bien ne pas se laisser prendre des parts de marché.

Si tout le monde a les yeux braqués sur la chine, c’est parce que ce pays est à la fois le plus gros marché et la principale zone de production. Deux caractéristiques qui font un cocktail explosif, d’autant plus quand on apprend que le VP Android a été débauché par le constructeur le plus en vue du moment : Android’s Hugo Barra Departs Google for China’s Xiaomi.

Android est partout, mais moins qu’iOS (!?)

Le système d’exploitation mobile de Google a donc rattraper son retard en quelques années, un exploit, et à relayer l’iPhone dans une niche de marché, là où le smartphone d’Apple est le plus à l’aise : Android will pass 1 billion users across all devices in 2014, according to Gartner. Le pire dans cette histoire, est qu’Android est également passé à la première place sur le créneau des tablettes (IDC estimates 221m tablets shipped in 2013; Android top with 61%, then iOS 35% and Windows 3% et Bilan du marché des tablettes en 2013, et perspectives 2014) et commencent même à s’imposer sur celui des voitures connectées : Google launches the Android-based Open Automotive Alliance with Audi, Honda, GM, and more.

Android a donc su profiter de la prolifération de smartphones d’entrée de gamme pour inonder le marché. Cette stratégie de Blitzkrieg s’est par contre faite au détriment de l’homogénéité du parc. Il existe ainsi de nombreuses versions d’Android en circulation, et la mise à jour est un processus beaucoup plus lent que sur l’iPhone : Fragmentation lives: iOS 7 now on 74% of iPhones, while KitKat has only reached 1% of Android devices.

Android-Versions

L’autre problème est qu’à partir du moment où l’on touche la majorité tardive, on a forcément à faire à Mr tout-le-monde et à Mme Michu, qui n’utilisent pas leur smartphone comme les adopteurs précoces : Google’s Dirty Secret: Android Phones Are Basically Used As Dumbphones. D’après Simon Khalaf, le patron du réseau publicitaire mobile Flury, les utilisateurs d’Android ne génèrent qu’1/4 de revenus par rapport aux utilisateurs d’iPhone. En d’autres termes : les smartphones d’entrée de gamme sont utilisés comme de simples téléphones. J’avais lu quelque part (impossible de remettre la main sur la source) qu’1/3 des utilisateurs de smarthones Android n’installaient pas d’application, et qu’un autre tiers n’installait que 3 à 4 applications. C’est un peu gênant, surtout si c’est le constructeur qui décide des applications installées par défaut.

Google perd le contrôle de sa création

Pour bien comprendre la situation délicate dans laquelle se trouvent les équipes de Google, il vous suffit de regarder les tablettes vendues par Amazon : les Kindle Fire sont bien propulsées par Android, mais une version modifiée qui permet à Amazon d’imposer son interface et surtout ses services (Google Play entrant en concurrence directe avec Amazon MP3 par exemple). En Chine, la situation est encore plus tendue puisque les principaux acteurs ont commencé il y a plus de deux ans à développer leurs propres versions d’Android :

Baidu_ROM

Il semblerait donc que Google soit en train de se faire piéger à son propre jeu : The Naked Android. Certes, la domination d’Android est incontestable, mais elle s’est faite au détriment du contrôle par son initiateur. Traduction : Android est devenu un système d’exploitation mobile générique que chacun accommode à sa sauce. Pour éviter que la situation ne lui échappe complètement, Google s’efforce de tirer le marché vers le haut avec des terminaux de référence comme le Nexus 5 ou le Moto X. Outre les brevets, le rachat de Motorolla était certainement motivé par la volonté de Google de proposer une offre intégrée software + hardware.

Toujours est-il que l’éclatement d’Android est un gros problème pour Google, surtout si ceux qui développent leur propre version proposent des alternatives très crédibles aux services de Google. C’est justement le cas de Baidu qui édite un moteur de recherche, un service de cartographie, un portail marchand… Dans ce contexte, Google est le grand perdant, car il distribue gratuitement son système d’exploitation, mais ne peut pas récupérer de revenus publicitaires à travers ses services.

Du coup, pour éviter de souffrir de la concurrence d’autres places de marché d’applications, les équipes de Google sont en train de travailler sur une nouvelle stratégie : sécuriser ses revenus grâce à Chrome. Plusieurs chantiers techniques me font penser que Google est en train de faire de son navigateur la nouvelle pierre angulaire de sa stratégie mobile :

En résumé : Google est en train de faire de Chrome un environnement d’exécution pour y faire tourner des applications légères. Dans cette logique, les développeurs n’auraient plus besoin de s’arracher les cheveux pour assurer une bonne compatibilité à leurs applications natives, ils se contenteraient de développer des services ou des contenus en ligne qui se comporteraient comme des applications natives. Gain de temps et gain d’argent. Le concept de Rich Mobile Application n’est pas neuf, mais la concurrence des géants chinois force Google à mettre les bouchées doubles pour finaliser une vision qu’Adobe n’a pas su transformer (Adobe livre AIR pour Android et officialise les Rich Mobile Applications).

Dans cette histoire, tout le monde y gagne :

  • Les éditeurs diminuent leurs coûts de développement et augmentent leur population cible ;
  • Les utilisateurs bénéficient de contenus et services de qualité sans avoir à passer par les app stores ;
  • Google s’assure que les possesseurs d’Android ne remplacent pas le navigateur Chrome par un autre.

Comme vous l’aurez compris, tout l’intérêt de cette histoire pour Google est de sécuriser ses revenus publicitaires en imposant Chrome, car si les développeurs ne peuvent plus vendre leurs contenus et services dans une app store, ils se financeront avec de la publicité, donc auprès du réseau de Google (AdMob). Et la boucle sera bouclée.

2014 va donc être une année décisive pour Google qui devra rester extrêmement vigilant quant à la concurrence chinoise. Le pire scénario serait que Samsung décide de lancer sa propre version d’Android. Google aurait alors bien du mal à assumer ces deux fronts…

Résultats du championnat de France du développement mobile 2013 (0)

Le mois dernier s’est déroulée la première édition du championnat de France du développement mobile, une manifestation organisée par l’AFPDM qui s’est déroulée dans toute la France grâce au soutien de l’Epitech qui avait mis à disposition ses locaux pour l’occasion. Le principe de ce championnat était de développer  une application mobile en 24h (le week-end du 23 et 24 novembre). Je me suis donc pointé comme une fleur le dimanche midi pour constater que la salle était vide. En fait on m’a rapidement expliqué que les différents candidats avaient travaillé toute la nuit, qu’ils avaient livré leur application et étaient parti se coucher pour quelques heures, oups !

La salle de brief du championnat
La salle de brief du championnat (après la bataille)

L’exercice imposé consistait à développer MobiDevLand, application mobile servant à mettre en relation les développeurs d’applications mobiles. On trouve des traces des différentes équipes sur GitHub et sur Behance (cette application devrait être finalisée et officiellement lancée dans les prochaines semaines). Les participants étaient répartis dans quatre catégories (Android, iOS, Windows Phone et Design). Le jury était également réparti en trois groupes chargés d’évaluer le code, le design et l’aspect fonctionnel (j’étais dans ce groupe).

Le jury du Championnat du développement mobile
Le jury du Championnat du développement mobile

Après évaluations et délibérations, les résultats sont enfin tombés, et je vous les livre.

Dans la catégorie Android, présidée par l’Android User Groupe et Frandroid :

  1. Thomas Guérin (Paris)
  2. Aurore Penault / Julien Galhault (Rennes)
  3. Nidal Djemam / Vincent Ducastel (Bordeaux)

Dans la catégorie iOS, présidée par Motwin et 99designs :

  1. Thomas Gallinari (Toulouse)
  2. Damien Martin (Paris)
  3. Pascal Roche / Younes Rezzouki (?)

Dans la catégorie Windows Phone, présidée par Microsoft et Frawin :

  1. Nazer Aminou (Paris)
  2. Vincent Cibelli (Nantes)
  3. Stéphane Mikolajczyk / David Barthelemy (Lille)

Dans la catégorie Design, présidée par Orange et e-ArtSup :

  1. Adrien Griveau (Paris)
  2. Romain Gerardin (Paris)
  3. Centis Menant (Paris)

Le Grand Prix spécial du jury a été décerné à l’équipe formée de Pascal Roche et Younes Rezzouki de Wayma pour avoir concouru dans les 3 catégories !

Les lauréats de la catégorie Android
Les vainqueurs du Championnat de France du développement mobile 2013

Bravo à eux, et un grand merci à l’organisation, aux sponsors et aux membres du jury. Petit clin d’oeil à Cédric, un lecteur de ce blog qui s’est inscrit en lisant mon précédent article et qui a gagné la possibilité d’intégrer un incubateur pendant un an pour y développer l’activité autour de son application Une touche d’histoire.

Il y a un communiqué officiel des résultats, mais nous sommes toujours en attente des photos officielles…

En tout cas, j’ai été ravi de participer à ce premier championnat, et j’ai été impressionné par l’énergie des participants. Normalement la prochaine édition devrait inclure une catégorie HTML5, ce qui va dans le sens du marché. Rendez-vous l’année prochaine !

Les objets connectés à l’assaut des maisons (et des entreprises) (0)

Quand on mentionne les objets connectés, ce sont généralement les produits de Nest ou de Jawbone qui sont cités. Normal, ce sont ceux qui ont bénéficié de la plus large couverture de presse. Pourtant, les producteurs français sont pionniers en la matière, à l’image de Withings ou Netatmo. Mais c’est bien dans le domaine industriel que l’on trouve aujourd’hui le plus d’exemples, notamment avec les innombrables applications pour les capteurs intelligents (ou passifs comme les puces RFID). Avec la commercialisation prochaine des Google Glass (qui n’ont pourtant pas grand-chose à voir avec les objets connectés précités), le marché de l’internet des objets est en pleine ébullition. Il suffit de voir la frénésie autour des montres connectées pour s’en rendre compte. Si ces dernières peuvent vous sembler superflues, le potentiel est bien réel : How Big The Internet Of Things Could Become.

Trois défis à surmonter

Si les premiers produits grand public ont bien été livrés, la mise en réseau de milliards d’objets n’est pas tâche facile pour autant. Il y a en effet de nombreux défis à relever pour pouvoir déployer et connecter en masse :

Tout comme le déploiement à grande échelle du web grand public ne s’est pas fait sans accrocs, il n’y a pas de raison pour que celui des objets fasse exception à la règle. Ceci étant dit, les talents et les budgets engagés devront suffire à surmonter ces difficultés rapidement. Je suis confiant quant à la capacité des fabricants et industriels à se mettre en ordre de marche pour conquérir le marché domestique.

De nouveaux produits chez Netatmo, Parrot, Nest…

C’est justement pour s’imposer sur un marché encore balbutiant que les constructeurs de la première heure multiplient les produits pour imposer leur marque. Après son thermostat connecté, l’américain Nest vient ainsi de sortir un détecteur d’intérieur : Nest unveils its $129 Protect smoke and carbon monoxide detector, available from November.

Le détecteur de fumée de Nest
Le détecteur de fumée de Nest

Toujours outre-Atlantique, signalons ce très ambitieux projet de serrure connectée chez Lockitron qui va très prochainement entrer en phase de commercialisation : As The Lockitron Nears Shipping, Apigy Partners With Schlage And Details Building Gadgets On IOUs.

La serrure connectée de Lockitron
La serrure connectée de Lockitron

En ce qui concerne les industriels européens, Philips vient de lancer une nouvelle version de ses ampoules connectées : Philips Hue Continues To Dominate Smart Lighting With New BR30, GU10 And Disney Lights.

Du côté des fabricants français, nous avons pu assister au lancement de deux produits ces dernières semaines avec notamment le thermostat de Netatmo qui vient compléter la station météo : Netatmo releases a connected thermostat, a European ‘Nest’ with French Design.

Le thermostat connecté de Netatmo
Le thermostat connecté de Netatmo

La palme de l’innovation revient à Parrot avec son incroyable Flower Power, un capteur intelligent pour vos plantes vertes : Le Parrot Flower Power surveille les plantes.

Le capteur intellignet de Parrot pour vos plantes vertes
Le capteur intelligent de Parrot pour vos plantes vertes

Vous pourriez me dire que la technologie n’a rien à faire dans un jardin, et je vous répondrais que les agriculteurs n’ont pas attendu les geeks pour optimiser leur production avec des outils informatisés. À plus petite échelle, nous pouvons néanmoins constater que les passionnés de potagers s’en donnent à coeur joie : A Connected Garden Can Reap More Of What You Sow. Des startups comme Arduino ou HarvestGeek proposent des kits et environnements de développement très pragmatiques pour mélanger jardinage et cloud computing.

L'environnement de développement de HarvestGeek
L’environnement de développement de HarvestGeek

Est-ce bien raisonnable de truffer ses bacs à plantes de capteurs ? Non probablement pas, mais c’est très certainement le meilleur moyen de démocratiser les usages et de fertiliser l’innovation, sans mauvais jeu de mots ! Même si tout ceci peut vous sembler absurde, je peux vous garantir qu’il y a bien longtemps que je n’avais pas vu un tel niveau de foisonnement. Toutes les conditions sont assurément réunies pour doper la créativité et l’innovation.

Le vrai marché est pour les entreprises et l’industrie

Ces histoires de pots de fleurs connectés me font une transition parfaite avec l’avenir des objets connectés. Une récente étude de ARM révèle ainsi que les grands dirigeants sont très optimistes vis-à-vis de l’internet des objets et comptent en explorer les différents domaines d’application : 75 percent of global business leaders are exploring the economic opportunities created by the Internet of Things. Ceci met en évidence la réalité du marché : les applications grand public ne sont que la partie visible de l’iceberg, elles vont permettre un développement plus rapide pour les applications industrielles.

C’est donc bien dans le monde de l’entreprise que l’on va trouver les applications les plus intéressantes, celles qui ont un impact direct sur la performance et la rentabilité : A tale of two internets of things: Connectivity will invade your home and office in different ways. Une prévision qui ne me surprend pas vraiment, dans la mesure où les applications industrielles existent depuis de nombreuses années. Près de 100.000 arbres dans la capitale sont ainsi équipés de capteurs depuis 2005 : Paris trace la vie de ses arbres grâce au RFID.

Moralité : peu importe que la station météo de Netatmo vous semble superflue, elle ouvre la voie à de nombreuses innovations dont bénéficieront les agriculteurs et industriels.

Participez au premier championnat de France du développement mobile les 23 et 24 novembre 2013 (10)

Même si ce blog est le dernier que j’ai lancé, je m’intéresse au sujet de la mobilité depuis de nombreuses années. J’avais d’ailleurs rédigé à ce sujet un livret blanc en 2000, il y a plus de 13 ans ! Si vous lisez ce blog régulièrement, alors je n’ai pas à vous convaincre de l’impact que les terminaux mobiles ont eu sur le quotidien des internautes et sur la façon dont les marques et organisations interagissent avec leurs clients. La mobilité est donc un secteur très dynamique, et nous avons la chance d’avoir en France de nombreux talents autour du développement d’applications et de services mobiles. C’est dans le but de promouvoir ce secteur et les acteurs qui en composent l’écosystème que l’Association Française de la Promotion du Développement Mobile a été créée (AFPDM pour les intimes). Comme j’ai eu l’occasion de travailler avec son fondateur sur divers projets, je suis un des membres d’honneur de cette association.

AFPDM

Pour mettre en avant les talents et plus largement pour assurer la promotion de l’activité, l’association organise le premier Championnat de France du Développement Mobile qui se tiendra les 23 et 24 novembre prochain. Les meilleurs designeurs et développeurs vont avoir l’occasion d’exprimer leur talent au cours d’un week-end de compétition pour remporter les titres officiels de Champions Français du Développement Mobile. Chose rare, cette manifestation se déroulera partout en France avec des rassemblements en simultané dans les 11 établissements d’Epitech.

CFDM

Cette première édition du championnat est parrainée par Bernard Benhamou (Délégué aux Usages de l’Internet du Ministère de l’Economie numérique) et  sera organisé autour de 5 podiums avec plus de 25.000€ de lots à gagner (dotation, cadeaux prestigieux, et services d’incubation pour encourager l’entrepreneuriat) :

  • Grand Prix Android
  • Grand Prix iOS
  • Grand Prix Windows Phone
  • Grand Prix du design
  • Prix spécial du jury

Les 25 membres du jury (dont je fais partie) vont avoir l’occasion d’évaluer les réalisations des candidats sur un thème imposé. Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 20 novembre, avec une participation de 30 €. Bonne nouvelle, je dispose de 15 invitations pour les premiers d’entre-vous qui me laisseront leur email dans les commentaires.

Seconde bonne nouvelle, ce championnat va également être l’occasion de s’amuser et de profiter des nombreuses animations de la Fiesta du Dev Mobile.

FDM

Je ne saurais que trop vous encourager à tenter votre chance en vous inscrivant à ce championnat. Sinon, vous avez également la possibilité d’y assister et de profiter de l’énergie et de l’enthousiasme qui sera déployé à cette occasion. En attendant, vous pouvez suivre les dernières infos du championnat sur le compte Twitter @CDMFr et même relayer les news grâce au hashtag #cdmfr.

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