En finir avec le débat application vs. site mobile

« Application native ou site mobile ? » Une question récurrente que je croise régulièrement dans mes lectures. J’y ai moi-même contribué il y a plus de deux ans (Vous êtes plutôt application mobile ou site web optimisé pour les smartphones ?), et même si le marché a beaucoup évolué depuis, il semblerait que le problème ne soit toujours pas abordé de la bonne façon : tout est une question de contextes d’usage et de segmentation des utilisateurs. La conclusion de mon article, publié en 2010, était explicite (et pour moi évidente : pourquoi choisir entre application ou site mobile ? Il vous faut les deux), pourtant des articles sortent régulièrement pour relancer le débat avec une argumentation tournant toujours autour des aspects techniques. Je pense que ce qui me fait le plus bouillir est quand un analyste du dimanche essaye de vous expliquer que l’avenir est au responsive design, car c’est la solution de tous vos problèmes.

Certes, la dimension technique n’est pas à sous-estimer, car elle reste cruciale (Le choix se complique entre application mobile et application HTML5), mais la réalité du marché nous force à nous reposer cette question encore et encore (Mobile Devices and Browsers Aren’t Ready for HTML5). De ce fait, nous avons droit à de nouveaux articles sur le sujet dès qu’un acteur visible lance une nouvelle version de son application ou de son site mobile :

Je ne rentrerais pas dans le débat de savoir si une solution est meilleure que l’autre, car il me semble avoir été très clair : vous n’avez pas et ne devez pas choisir entre une application ou un site mobile, car ça ne sera pas une solution pérenne. En d’autres termes, lancer une application mobile ne sert à rien, car vous devrez nécessairement avoir une approche plus large pour réellement satisfaire vos clients et prospects.

Si l’on met de côté les terminaux alternatifs émergents comme les voitures ou les TV connectées et que l’on se concentre sur le contexte d’usage uniquement pour les téléphones et tablettes, ce ne sont pas deux versions, mais presque une dizaine qui sont nécessaires, groupées en trois catégories :

  • Des sites mobiles pour les utilisateurs occasionnels qui ne veulent pas installer une application, avec une version pour smartphones, une pour tablettes et une pour les features phones (qui composent plus de la moitié du parc) ;
  • Des applications hybrides pour les utilisateurs réguliers qui veulent avoir accès à un premier niveau de service sur l’ensemble des fonctionnalités et du contenu, en version smartphones et tablettes ;
  • Des applications natives pour les utilisateurs intensifs qui exploitent très régulièrement une fonctionnalité précise.

Avec ce découpage en fonction des usages (occasionnel, régulier et intensif), vous touchez l’ensemble des utilisateurs et pas seulement la tranche privilégiée qui peut se payer un iPhone. Vous noterez que les acteurs qui prennent régulièrement au sérieux les mobinautes proposent cet éventail :

  • Amazon, avec ses applications mobiles pour les acheteurs avertis et les versions mobiles de ses sites ;
  • Google avec ses versions mobiles (m.google.com), ces applications dédiées (Gmail, Google+, Drive…) et son application hybride servant de lanceur pour l’ensemble des services.

Certes, vous n’avez certainement pas le budget et les équipes de Google ou Amazon, mais je reste persuadé que sous-traiter la création d’une application iPhone ne vous met pas à l’abri, bien au contraire. D’autant plus que le paysage des terminaux mobiles se diversifie très rapidement, aussi bien pour les smartphones que pour les tablettes. Dans ce contexte, il devient plus qu’urgent de commencer à capitaliser sur des compétences internes en matière de mobilité pour comprendre à la fois les technologies ET les usages.

J’espère vous avoir convaincu de la nécessité de constituer une équipe et de proposer différents modes d’accès en situation de mobilité, mais il reste le problème de la priorisation… pour cela, le plus simple dans un premier temps est de vous intéresser aux statistiques de consultation, d’autant plus que les choses bougent rapidement, notamment chez Google Analytics (Measuring a Mobile World: Introducing Mobile App Analytics).

La mobilité est un vaste sujet qui va demander de gros efforts d’évangélisation et surtout de remise en question. La première et la plus importante remise en question est de se convaincre que les recettes valables pour les ordinateurs ne s’appliquent pas au monde mobile. Traduction : c’est un nouveau territoire et un site ou une application unique ne sera JAMAIS suffisant.

5 commentaires pour “En finir avec le débat application vs. site mobile”

  1. Posté par William El Kaim (@welkaim) a dit : le

    Bonsoir

    Tout à fait d’accord avec cette analyse. C’est d’ailleurs très bien écrit merci. Amazon est pour moi le meilleur exemple. En vacances, dans le RER, sur Blackberry ou autre ça marche. Et c’est ca qui compte.

  2. Posté par Askkat (@the_askkat) a dit : le

    Très bon résumé de la situation actuelle…Le plus important est que l’utilisateur puisse accéder à quelque chose d’adapté en fonction de son smartphone et de sa couverture réseau !

  3. Posté par Katherine a dit : le

    Bonjour,
    Super intéressant! Merci. Est-ce vraiment nécessaire d’avoir une version tablette du site?

  4. Posté par Les incontournables de la semaine du 30 Juillet 2012 | La Blogule de STONEPOWER - Agence Digitale Marseille a dit : le

    […] En finir avec le débat application vs. site mobile  […]

  5. Posté par Les articles publiés sur mes autres blogs en juillet 2012 « FredCavazza.net FredCavazza.net a dit : le

    […] En finir avec le débat application vs. site mobile […]