À la recherche de l’OS parfait pour les tablettes

Avec la multiplication des formats (smartphone, tablettes, netbooks, TV connectées…), la question de l’adaptation de l’interface se fait de plus en plus pressante (Intel et Jolicloud à la recherche de l’interface parfaite pour les netbooks et A la recherche de la plateforme mobile parfaite avec le nouveau Palm Pre). Et pourtant, depuis la sotie de l’iPad, force est de constater que la tendance est plus à rechercher l’Os unique quel que soit le terminal plutôt que la multiplication des OS. Cela peut se comprendre, car personne n’a envie de s’embarquer dans l’enfer des développements multi-OS. Il n’empêche… plus on avance dans les temps (nous en sommes déjà à la troisième version de l’iPad) et plus l’idée d’avoir un système d’exploitation dédié aux tablettes s’éloigne.

Outre les considérations techniques, l’objectif n’est pas de trouver l’OS parfait, car nous savons maintenant qu’il n’existe pas, mais plutôt l’interface graphique la mieux adaptée au format tablette. Une recherche rendue complexe par la couverture fonctionnelle toujours plus grande de ces machines (des jeux aux applications métier en passant par la news ou le commerce en ligne).

Aujourd’hui le marché est dominé par iOS avec Android sur ses talons. Une situation loin d’être idéale, car le concept d’interface graphique fonctionnant à la fois sur smartphone et tablette commence à montrer de très sérieuses limites (De la difficulté de concevoir une interface multi-terminaux). Nous commençons néanmoins à voir des choses intéressantes au niveau des interfaces graphiques avec la montée en puissance des tablettes Android exploitant une interface propriétaire (en l’occurrence le Kindle Fire d’Amazon). Tendance qui devrait d’ailleurs s’accélérer : Why Tablets Will Become Our Primary Computing Device.

Mais le marché ne se limite pas à Google et Apple, car d’autres acteurs sont là :

Des approches novatrices et très intéressantes, qui préfigurent une nouvelle vague d’innovation (et pourquoi pas la relance des projets de bureaux 3D pour nos bons vieux ordinateurs : Les bureaux 3D se trouvent un champion avec BumpTop). Même si les prévisions de ventes ne sont pas en faveur des trois acteurs cités plus haut, la concurrence va permettre de stimuler la créativité et de remettre en cause certains choix (je ne parle pas QUE de iTunes).

Bien évidement, il est illusoire de penser qu’un nouvel entrant va réussir du premier coup là om les autres cherchent encore. Il n’empêche que si l’on devait lister les qualités d’un bon OS pour tablette, nous trouverions dans cette liste  :

  • Simplicité. L’OS parfait devra être simple à prendre en main (pour un novice comme pour un habitué qui devra retrouver ses marques), facile à configurer / paramétrer, et surtout autoriser une manipulation aisée quelle que soit les circonstances (en extérieur…)
  • Gratuité. Oui je sais, ce n’est pas évident, car il y a une guerre des brevets en cours. Il n’empêche, pour qu’une tablette soit attractive, il faut que son prix le soit, donc qu’il n’y ai pas de ticket d’entrée pour les constructeurs potentiels.
  • Modularité. Idéalement l’OS parfait devrait autoriser une personnalisation avancée de l’interface, aussi bien dans le thème graphique que dans les applications pré-installées ou des les évolutions que l’on pourrait un apporter. Cette notion de modularité va de pair avec l’ouverture (est-il possible de modifier le noyau ?).
  • Richesse de l’écosystème. Pas de bon OS sans un écosystème riche, c’est à dire sans offrir un maximum de liberté aux développeurs et éditeurs pour concevoir, distribuer, monétiser, et faire évoluer leurs contenus et services.

Au regard de cette liste, il est clair qu’iOS souffre de graves lacunes et ne pourra tenir sa position de leader. Même si je suis content de mon iPad, les principaux reproches que je pourrais formuler concernent les points suivants : le couplage forcé de la machine à iTunes, l’absence d’écran de démarrage et la rigidité du modèle de distribution qui aboutie à des acrobaties (notamment en ce qui concerne les livres enrichis qui sont vendus dans l’App Store et n’apparaissent pas dans l’application dédiée aux ebooks).

Quoi que l’on dise, iOS reste tout de même une référence dans le domaine. Et justement, c’est en voulant impérativement exploiter le même OS pour un smartphone (iPhone) et une tablette (iPad) qu’Apple illustre bien l’impossibilité d’exploiter une seule et même interface. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’on se retrouve avec des doublons pour les applications (versions « normale » pour l’iPhone et « HD » pour l’iPad), car elles correspondent à des contextes d’usages différents. Il est donc selon moi aberrant de poursuivre dans cette direction et j’espère que les nouveaux entrants vont faire pression pour sortir de cette impasse et imposer le principe d’une interface spécifique pour l’iPad.

Au final, malgré des parts de marché encore faiblardes, Android est certainement l’OS le mieux placé pour s’imposer sur les tablettes, à condition qu’il soit associé à une interface adaptée au format du terminal. Nous en revenons à l’exemple du Kindle Fire qui est selon moi la première expérimentation concluante d’une adaptation de l’interface au format. Normalement d’autres expérimentations devront suivre, plus ou moins divergentes de la version « officielle » d’Android.

La quête sera longue, mais je ne doute pas que l’on finisse par définitivement écarter l’idée d’un OS universel, et surtout d’une interface graphique homogénéisée entre les différents terminaux, quelles que soient leurs caractéristiques et contraintes.

Nomophobie : les jeunes plus accrocs au PC qu’à leur téléphone ?

Même si aujourd’hui dans le monde, il se vend plus de smartphones que de PC, et que le marché du mobile semble rentrer depuis 12 mois dans une nouvelle ère où :

  • Les applications des marques, et notamment marchandes se multiplient ;

  • Certains réseaux sociaux se lancent exclusivement sur ce terminal, conscients que le partage en temps réel prend d’abord place depuis son téléphone. On peut par exemple citer Instagram qui continue son fort développement et avec le lancement de sa version Android il y a quelques jours devrait voir sa croissance se poursuivre puisque en 24 heures l’application a déjà été téléchargée 1 million de fois (Instagram sur Android : Plus d’un million de téléchargements en 24h) ou bien encore Path qui vient de lever 20 millions de $ dernièrement (Le réseau social mobile Path lève 20 millions de dollars);

  • Google vient de revoir sa plateforme de téléchargement des applications pour Android en suivant la même stratégie d’Apple et son iTunes. L’idée est de maximiser la visibilité des applications Android en couplant tous les services de téléchargements de Google qu’étaient entre autres Google Music ou bien encore Google EBookStore. Pour en savoir plus : Google lance son Google Play, pour concurrencer directement iTunes.

Les prochaines années, la montée en puissance des terminaux alternatifs que sont entre autres les tablettes tactiles et les smartphones va se poursuivre comme le démontre ce graphique issu d’une étude récente de Gartner.

Donc jusqu’ici tout porterait à croire que le PC vit ses dernières heures face aux smartphones et que probablement, la population des Digital Natives serait encore plus enclin à abandonner à leur PC pour leur smartphone. Microsoft, dans le cadre d’une étude menée auprès de l’usage des ordinateurs auprès des jeunes, nous révèle une toute autre réalité. En effet, l’infographie ci-dessous nous présente quelques chiffres intéressants :

  • Le PC est jugé par les 15 / 24 ans comme plus indispensable que leur téléphone ;

  • 87% ont accès à un ordinateur portable au sein de leur foyer, contre seulement 79% pour le téléphone portable.

  • Les 3 raisons pour lesquelles les jeunes déclarent préférer l’ordinateur portable au smartphone sont la richesse des usages, la rapidité d’accès à Internet et le confort de navigation.

Bref des chiffres qui pondèrent certainement la vision de jeunes addict à leurs téléphones portables… même si l’étude ayant été mandatée par Microsoft reste également à prendre avec des pincettes.

Vers les voitures connectées : Renault, Ford, …

Il ne vous aura pas échappé qu’aujourd’hui les objets connectés envahissent nos vies. On essaie régulièrement sur TerminauxAlternatifs de vous faire part de ces changements et cette intégration du « digital » au sein de nos objets quotidiens (Google à l’assaut de votre télévision, Vers des montres connectées, …).

S’il y a bien un « produit » qui n’échappera pas à cette tendance, c’est la voiture. Je vous rassure cette tendance, compte tenu des cycles de R&D chez les constructeurs automobiles est enclenchée depuis plusieurs années déjà. Il n’était alors pas étonnant de voir Renault depuis 2 ans être l’un des principaux sponsors de l’un des événements web majeurs dans le monde : LeWeb de Loïc et Géraldine Le Meur (Le Web’10 : c’est parti !). Si cette année le thème de cette conférence était le SOLOMO, l’année dernière les discours des intervenants, dont Carlos Ghosn de Renault étaient sur la notion de plateforme. A ce titre, dans le cadre notamment de son vaste programme autour de la voiture électrique de demain (que dis-je d’aujourd’hui !), Renault a déjà lancé son nouveau tableau de bord R-Link.

Si je reprends les quelques lignes de présentation de la tablette enbarquée à abord R-Link, sur le site de Renault, voici la description qui en ai faite :

« R-LINK, c’est un grand écran de 18 cm, une commande au volant et une reconnaissance vocale pour tout piloter sans quitter la route des yeux. R-LINK, c’est aussi une connectivité intégrée pour des services automobiles et des applications via un AppStore (R-LINK Store). »

Je vais m’intéresser surtout à la dernière ligne et à cette notion d’App’Store. Oui la voiture, comme le téléphone aujourd’hui, ou des services comme Twitter, LinkedIn ou Spotify propose d’ouvrir en partie ses outils aux développeurs externes pour que ceux-ci inventent des nouveaux services qui peuvent se « plugger » à un univers déjà existant, en l’occurrence ici la voiture. Le monde connecté d’aujourd’hui est bien un monde de connectivité où on ne peut plus imaginer son service en dehors d’un écosystème existant. Vous voyez probablement le parallèle que je veux faire ici avec les marques qui dans leurs démarches actuelles sur les médias sociaux et de marketing communautaire devraient plutôt se poser de comment s’intégrer dans des communautés existantes plutôt que de vouloir, bien souvent en vain ou à coup d’achats médias coûteux, de fédérer une communauté de marque qui, hors mis quelques marques très affinitaires, bien souvent n’existe pas.

Renault n’est pas le seul à s’être lancé dans l’intégration forte du digital au sein de ses voitures puisque d’autres constructeurs comme Ford ou Toyota proposent eux aussi des choses innovantes. En effet :

  • chez Toyota, le dispositif connecté dans les voitures s’appelle Entune. Même principe que pour R-Link, le principe étant d’accéder à tout un ensemble d’applications partenaires directement depuis un écran tactile intégré dans la voiture. Que ce soit Pandora (musique), Bing (recherche), ou bien encore Open Table, la version US vous donne accès à des applications pratiques que l’on peut déjà retrouvé, dans le principe, pour certaines depuis les systèmes GPS indépendants (points d’intérêts…).

  • Ford et MyFord : pas de grande nouveauté chez MyFord qui dès l’année dernière, comme beaucoup d’autres constrcuteurs proposaient également son écran tactile embarquée. Chez Ford, on mise plus sur les passerelles possibles entre les pré-reglages liés au confort dans l’habitacle que vous pouvez enregistrer sur votre espace client que sur un système ouvert laissant la place à des applications tierces.

Tout cela me fait dire qu’il va falloir rapidement que je pense à changer de voiture…

Des livres numériques enrichis pour tous grâce à Epub3

Saviez-vous qu’il y avait 140.000 liseuses électroniques vendues en France en 2011 ? Les spécialistes envisagent même un doublement du marché pour 2012 avec 160.000 à 180.000 unités vendues. Je ne me hasarderais pas à commenter ces chiffres, car leur interprétation dépend de la façon dont vous souhaitez envisager la situation : verre à moitié vide ou à moitié plein (Le marché des ereaders se porte à merveille). Bref, tout ça pour dire qu’avec des livres électroniques vendus au double des livres de poche, le marché à un taux de croissance beaucoup plus lent que dans les autres pays. Pour accélérer l’adoption des liseuses et la vente de livres électroniques, une solution serait d’en augmenter la valeur perçue. Et c’est précisément là où les livres numériques enrichis pourraient changer la donne.

J’ai déjà eu l’occasion de m’exprimer sur les différentes façons d’enrichir un livre électronique (À quand des ebooks enrichis ?), mais tous ces exemples ne concernent pas réellement les liseuses, plutôt les tablettes et leurs capacités multimédia (Quand les tablettes grignotent les liseuses électroniques). Heureusement les choses changent avec l’arrivée des nouvelles spécifications de la norme Epub (Avec ePub3, les ebooks enrichis sont une réalité). La troisième version des spécifications Epub permet en effêt d’exploiter HTML5 et CSS3 avec les liseuses électroniques pour enrichir le texte d’éléments multimédia, d’animations et même d’une couche d’interactivité avec Javascript.

Les équipes de Walrus (un studio français de création et d’édition de livres numériques) font d’ailleurs un travail remarquable sur un livre qui devrait sortir le mois prochain : Kadath Epub Demo #2.

Comme vous pouvez le constater sur la vidéo ci-dessus, la norme Epub3 permet donc de rajouter des photos, des effets de transition, des info-bulles, de l’interactivité… Une authentique révolution dans un milieu dont la matière première n’a pas évolué en plusieurs siècles.

Autre société française à innover sur ce terrain : Hybrid’Book qui propose de rajouter un accompagnement sonore aux ouvrages :

Là encore, l’idée n’est pas de modifier le texte original, mais de l’enrichir avec du contenu additionnel. D’autres exemples ici : Au salon dem@ain le livre, des présentations de livres enrichis. J’insiste bien sur l’intérêt de proposer ces enrichissements au travers du format Epub : toucher les possesseurs de liseuses numériques et pas seulement les possesseurs de tablettes pour lesquels la concurrence est sacrément rude, notamment avec les applications éditoriales.

Nous pouvons ainsi lire pas mal d’articles sur l’explosion des livres enrichis (Blowing Up the Book) et l’impact positif qu’ils ont sur les marges des éditeurs (Penguin E-Books Sales Revenue Doubles, Driving Company Profits). Mais ne vous y trompez pas, car tous les livres numériques enrichis ne se ressemblent pas : Il y a les créations complètes comme L’homme Volcan ou Chopsticks, et les ouvres textuelles agrémentées de contenus supplémentaires (audio, photo…).

Autant la rentabilité économique d’une oeuvre spécialement créée pour être commercialisée sur tablettes me semble hasardeuse, autant l’enrichissement de grands classiques est nettement plus intéressant, à l’image de Bilbo le Hobbit (‘The Hobbit’ Released for First Time on Enhanced Ebook). À ce sujet, les lecteurs étaient fébriles à l’idée de la sortie de la saga Harry Potter en version électronique, mais pour le moment, seul la version « classique » est disponible (donc aucun lien avec Pottermore).

Bref, tout ça pour dire qu’avec l’évolution des spécifications Epub, le marché des liseuses électroniques et des livres numériques va assurément connaitre une seconde jeunesse. Reste à savoir quand tout ceci sera déployé, car nous nous retrouvons dans la même situation qu’avec la guerre des navigateurs web : des tonnes de nouvelles possibilités, accessibles uniquement à ceux qui ont procédé à la mise à jour…