Archives pour le mois février 2012

Pourquoi lancer une application mobile ne sert à rien (11)

Nous sommes maintenant en 2012, cette année est censée être celle de la consécration du mobile, et pourtant, il n’en sera rien. Non pas parce que les terminaux mobiles ne présentent pas d’intérêt, mais plutôt parce que l’année du mobile c’était plutôt en 2010. Les smartphones font maintenant partie du quotidien des consommateurs. Une étude récente anticipe ainsi qu’il y aura plus d’un milliard de smartphones en circulation d’ici 4 ans : 1B smartphone and tablet users by 2016. Génial, mais ça ne veut pas forcément dire 1 milliard de possesseurs d’iPhone qui piaffent d’impatience à l’idée d’installer votre application.

La réalité à laquelle il faut se confronter est la suivante : les smartphones sont maintenant devenus un marché atomisé où l’intensité concurrentielle est quasiment plus forte qu’ailleurs (à part peut être sur Facebook). Autant dire que si vous avez pris des engagements auprès de votre direction pour débloquer un budget et faire développer une application iPhone, vous êtes dans une situation très délicate, car vous ne pourrez pas tenir vos promesses. Certes, la part de marché des smartphones explose, mais cette augmentation s’accompagne d’un phénomène de disparité des terminaux et de divergence des usages. Comprenez par là que plus il y a de smartonautes et plus l’effort pour tous les adresser va être conséquent, d’autant plus avec la fulgurante montée en puissance des terminaux Androids (250 Million Android Devices Activated, 11 Billion Apps Downloaded) et l’arrivée effective sur le marché français de smartphones low-cost à 1€ (notamment du constructeur chinois ZTE).

Outre les smartphones, il faut aussi prendre en compte les tablettes qui correspondent à un format et un contexte d’usage différent. Un marché toujours dominé par Apple mais s’effrite face aux offres alternatives de Samsung et du Kindle (A Leak From The USA TODAY Shows How The Kindle Fire Is Blowing Away Other Android Tablets) ou des constructeurs chinois (toujours le même : Sprint sells the ZTE Optik, its first sub-$100 tablet). N’oubliez pas non plus les ambitions de Google / Motorola et de Microsoft (Here’s Everything You Wanted To Know About Microsoft’s Upcoming iPad Killers).

En résumé, s’il ne fait aucun doute que la croissance et les nouveaux usages sont à chercher du côté des mobiles, la question est maintenant de savoir comment aborder ce marché dans toute sa globalité et complexité. Les applications ne sont en effet qu’un moyen parmi d’autres pour toucher vos cibles. Le problème est que ces applications sont coûteuses à développer, compliquées à maintenir et ne n’adressent le marché que de façon partielle. De plus, la création d’une application mobile est généralement sous-traitées, ce qui revient à financer la R&D d’un prestataire spécialisé. En lançant une application mobile, vous ne répondez que très partiellement aux besoins de vos clients et vous ne faites que repousser le “problème” du mobile.

Plus généralement, les applications mobiles sont parfaitement adaptées à un usage intensif, mais se révèlent complètement inefficaces pour des usages occasionnels. Prenant l’exemple de l’application de Voyage SNCF, elle est parfaite pour les voyageurs fréquents, mais que fait-on de ceux qui ne prennent le train qu’une fois par an : vont-ils aller trifouiller dans leur app store spécifiquement pour cette occasion ? J’en doute. Ors, avec l’avènement des smartphones low-cost, vous avez affaire à des utilisateurs moins à même d’installer des applications et se contentant du navigateur, des jeux et des fonctions natives.

Ces contextes d’usages diversifiés exigent donc une réponse sophistiquée. Je vous invite à ce sujet à lire les très bons rapports publiés par Forrester et Altimeter qui prônent la nécessité d’avoir une vision plus exhaustive de la mobilité, car une “simple” application ne suffit plus : 2012 Mobile Trends, What’s On Your Strategic Roadmap? et Make an App for That, Mobile Strategies for Retailers.

N’allez pas croire que le débat tourne autour du choix technologique (HTML5 ou application native), tout l’intérêt d’appréhender la mobilité de façon holistique est de pouvoir anticiper la montée en puissance des terminaux alternatifs autres que les smartphones (tablettes, TV connectées, voitures connectées, smartframes, objets communicants…), et d’intégrer la dimension mobile dans l’offre et les processus métier de l’entreprise.

Un autre rapport de Forrester résume très bien ce dernier point (Mobile Is The New Face Of Engagement) en préconisant la nomination d’un Chief Mobile Officer pour faire le pont entre les métiers et la DSI :

 

Au-delà de la nécessité de dialogue entre les services opérationnels et l’IT, le CMO aurait également la charge de définir une stratégie mobile. Encore une fois, il y a une grande différence entre missionner un prestataire pour développer une application iPhone et rédiger une stratégie complète de l’exploitation des supports mobiles (vision, objectifs priorisés, moyens, feuille de route…). Cette vision stratégique est d’autant plus importante que la dimension mobile doit être prise en compte pour le BtoC (avec les prospects et clients) mais également pour le BtoB (avec les collaborateurs, partenaires et sous-traitants).

Comme nous l’avons vu en début d’article, les terminaux mobiles font maintenant partie du quotidien des consommateurs. Ils devraient également faire partie du quotidien de l’entreprise, en étant exploités pour anticiper les évolutions du marché et adapter l’offre aux besoins des clients. C’est ce que l’on peut résumer par le terme mobile engagement.

Bien évidemment, tout ceci ne va pas se faire sans fournir un minimum d’efforts. Des efforts importants qui devront être échelonnés dans la durée pour ne pas mobiliser trop de moyens au détriment d’autres chantiers, et pour permettre aux équipes de monter en compétences. Il est ainsi indispensable d’entamer un travail d’acculturation des équipes internes pour bien leur faire appréhender les enjeux de la mobilité, les opportunités que cela représente et la façon dont sera impacté leur quotidien (CRM mobile, accès mobile aux applications métier…). Mais plus que tout, je reste persuadé que la clé de voute de cette transformation est de donner les clés de compréhension aux équipes pour qu’elles puissent concevoir et mettre en oeuvre de nouvelles offres et des expériences mobiles enrichissantes pour les clients. Puisque la route est longue, autant vous y mettre le plus rapidement possible !

Surface 2.0, la nouvelle table tactile de Microsoft enfin disponible (2)

Presque un an après son annonce (Microsoft dévoile la Surface 2.0), la nouvelle mouture de la table tactile Surface de Microsoft est enfin disponible : Samsung SUR40 for Microsoft Surface Now Available for Pre-order. Au programme des nouveautés :

  • Un nouveau châssis plus fin fabriqué par Samsung (Samsung SUR40: A New Way to Interact) qui repose sur des pieds ou peu être fixé à un mur ;
  • La nouvelle technologie de rétroéclairage PixelSense qui permet aux diodes infrarouges de détecter jusqu’à 50 points de contact en exploitant les capteurs intégrés dans les couches supérieures de l’écran (recouvert d’une couche Gorilla Glass pour le rendre plus résistant) ;
  • Des options d’administration à distance et des accès rapides aux contrôles de base (volume, luminosité…) ;
  • Un processeur double-coeur et une carte graphique AMD pour pouvoir faire tourner Windows 7 et exécuter les applications développées avec WPF 4.0 et le .NET Framework 4.0 ;
  • Disponible dans 23 pays à un prix unitaire de 9.000$.
La nouvelle version de la table Surface de Microsoft

Un certain nombre de marques ont réceptionné leur exemplaire et ont déjà lancé des prototypes d’applications interactives (et tactiles) : Surface Solution Showcase invites retailers to get hands-on at NRF 2012. Parmi les premières expérimentations, nous retrouvons des choses très intéressantes :

  • Une application de vente assistée pour les points de vente Le Métier de Beauté ;
  • Cette démonstration de coulage entre une borne et un téléphone ;
  • Une belle application de géolocalisation baptisée NRF Concierge ;
  • Une application médicale appelée VitruView.

Comme vous pouvez le voir, les domaines d’application sont variés. Des concepteurs de mobilier sont également de la partie avec notamment Herman Miller qui propose ce support rotatif très pratique :

Tout comme la sortie de l’iPad avec généré une vague d’innovations, je suis convaincu que les surfaces tactiles, comme cette Surface, bénéficient d’un énorme potentiel, le tout étant de trouver le bon dosage entre innovation, praticité et surtout de bien modéliser le scénario de vente avec les vendeurs en magasin. Ce dernier point est selon moi essentiel : je n’envisage pas de point de vente ou d’espace public où les tables tactiles seraient laissées en libre-service, mais plutôt comme des supports d’interactivité entre les clients / visiteurs et les vendeurs / guides.

Certes, il reste le “détail” du prix de vente unitaire qui est élevé, mais nous pouvons faire confiance au géant coréen Samsung pour progressivement baisser ce prix. Sinon vous pourrez toujours vous tourner vers la concurrence asiatique : Lenovo IdeaCentre A720: a Microsoft Surface for the rest of us.