Avec l’iPad, Apple lance un touchbook qui ne risque pas de concurrencer les ebooks

Après une interminable attente Apple vient enfin d’annoncer son touchbook : l’iPad. Pour faire simple disons qu’Apple s’est contenté du strict minimum en proposant un gros iPhone (ou un gros iPod Touch si l’on considère la version sans connexion).

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L’écran d’accueil de l’iPad

Rien de très révolutionnaire au niveau des usages (surf sur internet, photos, vidéos, jeux…) ni des technologies mises en oeuvre (écran tactile LED multi touch, connexion WiFi et 3G, 10 heures d’autonomie…). Pour résumer, Apple nous propose avec cet iPad un terminal intermédiaire entre l’iPhone et les MacBooks correspondant à un usage mix intérieur / extérieur.

La future vache à lait de la gamme

Même s’il faut reconnaître l’indéniable qualité de fabrication propre aux produits Apple, force est de constater que cette machine est loin d’être révolutionnaire : pas d’encre électronique, pas de webcam, pas de ports USB ou SD Card, pas de senseurs arrières… Précisons que l’iPad sera propulsé par une version adaptée du système d’exploitation de l’iPhone afin d’assurer une compatibilité avec l’écosystème des applications déjà disponibles. Un choix logique au vu de la richesse de cet écosystème mais qui me laisse sur ma faim : l’iPad est très clairement positionné pour être la vache à lait de la gamme et non développer de nouveaux usages.

La présentation de cet iPad est d’ailleurs entièrement tournée autour des produits « traditionnels » d’Apple : musiques, films, jeux… l’iPad est ainsi le terminal alternatif pour consommer tout ce qui se trouve dans iTunes.

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Les jeux iPhone compatibles avec l’iPad

Les observateurs avertis auront noté la grande ressemblance entre l’iPad et le Litl qui se positionne également sur des usages très « casual » de l’outil informatique domestique :

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L’iPad fait quand même beaucoup pensé au Litl, non ?

Toujours pas de Flash dans Safari

L’iPad semble être également un terminal particulièrement bien adapté pour surfer confortablement sur votre canapé. Et pour cause : très léger, il tient bien dans la main et permet d’afficher un site web en pleine largeur grâce à une résolution de 1024*768.

iPad_Safari
Enfin un iPhone capable d’afficher correctement une page web

Seul problème, il n’y a visiblement toujours pas de Flash sur l’iPhone OS :

Pas de flash sur l'iPad
Pas de flash sur l’iPad (et merde !)

Ce manquement est à mon sens une grave erreur car même si cela permet de sécuriser les revenus d’iTunes, cela positionne l’iPad en situation d’infériorité par rapport aux nombreux touchbooks déjà présents sur le marché et surtout les nouvelles générations de machines comme la Slate d’HP.

Un beau gadget pour du travail d’appoint

Steve Jobs a fait sensation lors de la présentation en dévoilant les versions spécifiques d’iWork pour l’iPad : tout a été conçu pour tirer parti des spécificités de la machine.

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iWork sur l’iPad

J’imagine qu’utiliser un iPad pour projeter un diaporama doit faire sensation auprès des aficionados, mais je doute que le clavier virtuel soit suffisamment confortable pour rédiger dans de bonnes conditions.

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Le clavier virtuel de l’iPad

Comme ils pensent à tout chez Apple vous pouvez bien sur acheter le clavier qui va avec, mais vous perdez ainsi le bénéfice de la transportabilité.

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Le clavier qui va avec l’iPad

Donc si nous résumons : l’iPad n’est donc résolument pas tourné vers les usages professionnels. D’autant moins qu’il n’intègre pas de webcam, oubliez donc toutes les possibilités d’en faire le terminal ultime pour faire de la visio-conférence. Vous pouvez éventuellement faire de la VoIP avec l’application Skype ou encore le tout récent Google Voice.

Un terminal pas réellement adapté aux livres et journaux électroniques

Venons-en maintenant au sujet qui fâche : les livres et journaux électroniques. Le NY Times a bien prévu une application adaptée à l’iPad, mais elle me semble guère convaincante pour un usage prolongé car lire sur un écran fatigue les yeux. L’iPad ne va donc pas apporter grand chose au Times Reader, à moins de proposer une mise en page et des services spécifiques (cf. Vers une nouvelle bataille des navigateurs pour les ebooks et touchbooks ?). Mais tout ceci coûtera forcément de l’argent et pourra être rentabilisé par les abonnements mais ne remboursera pas la création du contenu en lui-même.

Je suis plus que sceptique quand au potentiel de l’iPad en tant que lecteur de journaux électronique : le confort de lecture ne sera pas suffisant et l’autonomie est trop faible pour en faire un terminal passe-partout. Je place de bien plus grands espoirs dans le Skiff Reader qui s’annonce réellement révolutionnaire.

Le Skiff Reader qui sera disponible dans le courant de l'année 2010
Le Skiff Reader qui sera disponible dans le courant de l’année 2010

Concernant les livres électroniques, le constat est le même : l’écran de l’iPad n’est tout simplement pas adapté à une lecture prolongée. Même s’ils essayent de bien faire les choses avec une interface où l’on voit les pages tourner, une belle bibliothèque en bois et un très beau iBook Store (comptez 15$ par livre), nous sommes bien loin de l’expérience de lecture proposée par les terminaux à encre électronique (oui c’est bien du Kindle dont je parle).

Les livres électronique sur l'iPad
Les livres électroniques sur l’iPad

Nous en revenons donc à la grande question des contenus (cf. Quels contenus pour les touchbooks et ebooks ?) et je reste persuadé que touchbooks et ebooks ne sont pas réellement concurrents.

Un terminal grand public qui ne va pas révolutionner le marché

Au final nous avons donc une belle machine qui se contente de reproduire l’expérience (concluante) de l’iPhone en prolongeant les usages existants (web, musique, jeux, vidéos…) sans chercher à réellement bouleverser le marché. Comprenez par là qu’avec l’iPad, Apple cherche avant tout à générer du cash au travers de l’écosystème iTunes, mais il en faudra plus pour révolutionner l’outil informatique.

Car même si l’iPad est proposé à 499$, la version complète s’approche des 1.000$ (avec 64 Go de stockage, connexion 3G, station d’accueil, câbles et étui). Et 1.000$ c’est beaucoup plus qu’un touchbook équipé d’Android. Et oui, vous vous doutiez bien que j’allais parler de Google à un moment !

Soyons lucide, ils annoncent trois mois de délai pour la version 3G, trois mois c’est plus qu’il n’en faut à Asus ou HTC pour finaliser un touchbook compatible avec le système d’exploitation mobile de Google qui propose un bien plus grande liberté et un navigateur web avec Flash (cf. Flash Player bientôt disponible sur les smartphones Android). Même si la machine sera moins bien fignolée, elle sera moins chère et surtout plus « ouverte ».

Pour finir je dirais que l’absence de clavier physique sur l’iPad risque d’en rebuter plus d’un. J’invite ceux qui prétendent le contraire à poser la question aux possesseurs de terminaux Blackberry (ils ne sont pas prêt à abandonner leur petit clavier au profit d’une dalle tactile). Ceci laisse donc une autoroute aux netbooks de nouvelle génération qui répondront aux mêmes usages mais avec un clavier en plus. Je pense que le smartbook de Qualcomm associé à Chrome OS sera bien plus disruptif (cf. Avec Chrome OS Google se positionne sur l’outil informatique du futur).

Le smartbook selon Qualcomm
Le smartbook selon Qualcomm

Quel impact sur le marché ?

Au vu de ce qui vient d’être annoncé, j’anticipe un alignement du marché pour préparer l’arrivée de ce terminal :

  • Ajustement des caractéristiques techniques et des interfaces des touchbooks des autres constructeurs ;
  • Généralisation des widgets sur les netbooks (une bonne nouvelle pour Jolicloud) ;
  • Baisse du prix du Kindle et accélération du déploiement d’applications pour ebooks ;
  • Lancement en catastrophe sur le marché de terminaux hybrides propulsés par Android (en attendant Chrome OS).

Rien de révolutionnaire dans tout ça, et pour cause car l’iPad ne possède pas les caractéristiques nécessaires à l’initiation d’une nouvelle révolution des usages. Pour cela il faudra attendre les smartbooks (ou le Kindle 3) (ou le Nexus Two).

/!\ Article initialement publié sur FredCavazza.net.

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Quels contenus pour les touchbooks et ebooks ?

Alors que la blogosphère n’en finit plus de spéculer sur le probable lancement du touchbook d’Apple la semaine prochaine, je m’interroge aujourd’hui sur les nouveaux usages qui vont se développer autour de ces nouveaux terminaux (puisqu’ils finiront par sortir, chez Apple ou un autre). Et tant que j’y suis, je souhaiterai également partager avec vous ma réflexion sur la dichotomie entre les contenus destinés aux touchbooks et ceux destinés aux ebooks.

Surf d’appoint, contenus numérisés et additionnels pour les touchbooks

Les dernières rumeurs concernant le touchbook d’Apple parlent d’un terminal versatile utilisé par toute la famille. Une rumeur parfaitement fondée car j’imagine tout à fait ce terminal de petit format trainer dans le salon afin de pouvoir faire des consultations rapides sur tel ou tel site.

Le probable look&feel du probable touchbook d'Apple
Le probable look&feel du probable touchbook d'Apple (image de Fotoboer)

Pour une session de surf plus longue, les ordinateurs traditionnels (et même les netbooks) sont bien évidemment plus confortables, mais ils sont plus longs à démarrer et ne sont pas forcément rangés dans le salon. Outre cet usage premier, j’anticipe toute une série d’usages et de contenus spécifiquement adaptés aux caractéristiques de la machine (petite taille, très bonne autonomie, démarrage en quelques secondes…).

Concernant les contenus, différents scénarios sont à envisager :

Il y a également un ensemble de contenus additionnels couplés à des programmes TV ou autre :

  • Des encyclopédies de séries TV (résumés des épisodes, fiches sur les personnages…) qui seraient consultables avant / pendant ou après le visionnage d’un épisode (pourquoi pas sous forme d’abonnement ou sponsorisées) ;
  • Une retransmission enrichie d’évènements sportifs comme par exemple les J.O; d’hiver ou la coupe du monde, où il serait possible d’avoir les résultats et statistiques en temps réel sur votre touchbook pendant que vous regardez à la TV le direct, de même que des fiches très détaillées sur une équipe de foot ou un joueur (disponibles également sur abonnement ou sponsorisées par une marque) ;
  • Des flux d’informations ultra-fraîches centrées sur un évènement particulier, par exemple la catastrophe en Haïti qui serait couverte sous tous les angles ;
  • Des publications hybrides (texte + énigmes + visuels + vidéos) comme le propose Level 26 (cf. Le Diginovel Level 26 à l’épreuve du clic)…

Les possibilités sont nombreuses (cf. 5 Industries an Apple Tablet Could Revolutionize) mais je suis persuadé qu’il est tout à fait possible de développer un écosystème viable d’applications et de contenus autour des touchbooks pour parfaitement exploiter leurs caractéristiques.

Jeux low-fi, livres interactifs et apprentissage sur les ebooks

Intéressons-nous maintenant aux ebooks. et plus particulièrement au Kindle d’Amazon qui combine la technologie révolutionnaire d’encre numérique (excellent contraste, autonomie de plusieurs semaines) et des capacités de communication via le réseau 3G Wispernet.

Mais avant toute chose, juste une précision pour ne pas polluer votre réflexion : Non les livres électroniques ne remplaceront pas les livres papier, ils sont aux livres traditionnels ce que les fichiers MP3 sont au CD. Comprenez par là que l’expérience de lecture / écoute est certes inférieure, mais vous compensez cela par une praticité inégalée (n’importe quel chanson / livre accessible en quelques clics) et surtout du volume (des milliers de chansons / livres dans votre poche).

Le livre électronique d'Amazon
Le livre électronique d'Amazon

La grosse annonce de cette semaine a été la disponibilité prochaine d’un kit pour pouvoir développer des applications pour le Kindle : Amazon to Launch App Store for Kindle. Ce kit ouvre ainsi de nombreuses possibilités :

  • Des jeux low-fidelity qui pourraient être joués en local (casse-tête et casual games : EA Readying ‘Popular and Fun’ Kindle Games) ou joués en ligne (des parties d’échec ou de dames qui seraient jouées en asynchrone contre un adversaire humain ou contre un agent intelligent) ;
  • Des livres-jeu comme il en existait avant (cf. la série des Livres dont vous êtes le héros) qui pourraient facilement être remis au goût du jour pour cibler leur public d’origine ;
  • Des cours de langue ou autre contenus pédagogiques (sous forme de leçons + exercices) ;
  • Des applications de personnal coaching (toujours sous forme de leçons + exercices / méditations) qui seraient une version simplifiée des programmes d’entrainement cérébraux mais sur des thématiques plus larges…

Là encore tout reste à inventer et je suis persuadé que le Kindle (ou d’autres) peut s’aménager une niche très rentable s’il parvient à trouver sa cible (générations x et au-delà) et à lui fournir des contenus et applications adaptées (après tout Nintendo a bien réussi à convertir les seniors…).

2010 sera une année cruciale pour la structuration du marché

Je précise une chose importante : Touchbooks et ebooks ne sont pas à considérer comme des produits réellement grand public mais plutôt comme des offres de niche. Cela ne veut en aucune façon dire que ces niches ne seront pas rentables, bien au contraire ! Face à un internet où les utilisateurs sont habitués au tout gratuit, ces deux types de terminaux pourraient bien représenter de véritables bouffées d’oxygène pour certains secteurs à l’agonie.

Pour le moment l’offre est tellement embryonnaire et le marché instable qu’il faut impérativement des acteurs sur-puissants pour « ouvrir la voie » et orchestrer de façon viable la rencontre entre ces machines, les contenus d’éditeurs tiers et le public qui ne sait pas encore trop à quoi cela va lui servir. Heureusement nous avons Amazon et Apple qui vont dominer le marché (au moins dans un premier temps) et éviter l’erreur de faire trop de compromis comme les constructeurs de netbooks ont pu le faire (et tuer ainsi un concept très prometteur).

2010 sera donc une année cruciale pour bien poser les règles et conditions de marché pour qu’un écosystème durable se crée. Inutile de vous dire que je suis plus qu’impatient de voir comment cela va se dérouler…

/!\ Article initialement publié sur FredCavazza.net.

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Flash Player bientôt disponible sur les smartphones Android

Depuis le temps que l’on attend ça, Flash sera bientôt entièrement supporté sur le tout nouveau téléphone de Google : Flash Player 10.1 coming to Google Nexus One. C’est une très bonne nouvelle de pouvoir enfin bénéficier d’une version complète de Flash en situation de mobilité (c’est l’objectif annoncé de l’Open Screen Project) mais cela ne concerne pour le moment que le Nexus One de Google.

Du vrai Flash sur le Nexus One
Du vrai Flash sur le Nexus One

Réaliser un portage complet du Falsh Player sur un terminal mobile est en effet un gros chantier et il va falloir encore de nombreux mois de travail pour que ce chantier mobilisant les équipes d’Adobe, deGoogle et de Qualcomm soit finalisé. D’autres terminaux devraient suivre mais les sorties vont se faire au compte-goutte : Flash Player 10.1 coming to Motorola Droid et Flash Player 10.1 coming to Palm Pre.

Les premières expérimentations ont l’air concluantes (cf. Flash Player 10.1 public prerelease demos and interviews) et le player semble très réactif comme ici sur cette vidéo :

C’est une très bonne nouvelle pour l’industrie et surtout pour les utilisateurs qui vont pouvoir bénéficier de la très large palette de contenus Flash (vidéos, jeux…) sans subir la restriction d’un constructeur (vous voyez de qui je veux parler). Reste à voir dans quelle mesure la disponibilité de tous ces contenus ne va pas venir parasiter les sources de revenus comme ça peut être le cas pour le Palm Pre qui débute la commercialisation de jeux : 3D Gaming Comes to the Palm Pre.

/!\ Article initialement publié sur InterfacesRiches.fr.

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Vers une nouvelle bataille des navigateurs pour les ebooks et touchbooks ?

Comme annoncé dans mes prédictions (et par 99% des experts et éditorialistes), 2010 sera résolument l’année des terminaux à format disruptif : ebooks et touchbooks. Cette disruption ne concerne pas que la taille de l’écran mais également les technologies employées (encre électronique pour les premiers, large écran tactile pour les seconds) et les usages.

On annonce ainsi une authentique révolution pour la presse et l’édition qui verraient dans ces nouvelles machines l’opportunité de monétiser correctement leurs contenus. Le Kindle d’Amazon propose ainsi une expérience de lecture quasi-similaire à du papier pour des contenus de type news consommés sous forme d’abonnements. Les futurs touchbooks des grands constructeurs (Apple, HP, Dell…) proposeront également une expérience de lecture beaucoup plus riche pour des contenus de type magazine (cf. la démonstration de Time inc.).

Concept de magazine digitalisé sur un touchbook
Concept de magazine digitalisé sur un touchbook

Pour le moment les scénarios d’usage sont assez limpides et ne semblent pas poser de problème.

Ebooks et touchbooks en concurrence sur les bases de données

Sauf que si l’on creuse un peu, on se rend compte que ces deux familles de terminaux,qui ne répondent en théorie pas réellement aux mêmes usages, pourraient bien entrer en concurrence directe sur un point bien précis : les bases de données. Tout l’intérêt des journaux électroniques comme ceux diffusés via le Kindle est de pouvoir facilement chercher et accéder à de l’information complémentaire (en passant ainsi d’un article à un dossier thématique à un autre article…).

Exemple de documentation technique sur un Kindle
Exemple d'article sur le Kindle

De même, tout l’intérêt des magazines numériques est de pouvoir consommer de l’information façon rich media (texte avec belle mise en page, photos, vidéos…) dans un contexte agréable et non limitatif (article sur le dernier match de foot > tableau des scores du championnat > statistiques d’une équipe > meilleurs buts…). Dans les deux cas de figure, plus la base de données est riche et facile à parcourir et plus l’offre est alléchante. L’offre ? Quelle offre ? L’abonnement premium enfin ! Car c’est bien de cela dont nous sommes en train de parler : un principe d’abonnement qui donne droit aux infos les plus fraîches et aux données les plus complètes. Auparavant ce type de produit était vendu sur CD / DVD mais la possibilité de s’affranchir du support physique est bénéfique à la fois pour l’éditeur (meilleure marge) et pour l’utilisateur (plus de confort).

Les éditeurs de presse traditionnelle proposaient déjà des formules payantes pour accéder à leurs archives, mais il est tout à fait possible d’étendre ce modèle (actus + base de données) à d’autres secteurs : le sport, la cuisine, les voyages, la documentation professionnelle (ex. Vidal, Dalloz, LefebvreLexisNexis et cie)… L’intérêt pour un éditeur sera donc de pouvoir proposer ce type d’abonnement sur le plus grand nombre de machines possibles (afin d’augmenter le nombre de clients potentiels). Problème : Les tailles / formats / technologies d’affichage varient d’une machine à l’autre. Le plus simple serait donc de pouvoir publier du contenu dans un format suffisamment souple pour pouvoir s’adapter aux contraintes / spécificités de ces différentes machines. Un format qui serait ensuite retravaillé au niveau de la machine par un… navigateur. Hé oui, car c’est bien de cela dont il s’agit : une nouvelle génération de navigateurs conçus pour manier un type bien particulier de contenu (actus + photos/vidéos + recherche dans une base de données) sur un type bien particulier de machines (cf. Quelles interfaces pour les touchbooks ?).

Une nouvelle génération de navigateurs

Outre la manipulation du contenu (lecture, recherche…) et des différents supports (livres, journaux…), ces fameux navigateurs de nouvelle génération pourraient également servir à deux fonctions bien précises :

  • Parcourir la marketplace de contenus (recommandations et achats de nouveaux contenus) ;
  • Gérer les transactions (vous ne donnez pas à chaque fois votre numéro de CB).
Le Kindle Store d'Amazon
Le Kindle Store d'Amazon

Lire et gérer ces contenus, parcourir les rayons et acheter de nouveaux contenus, gérer les transactions… tout ceci ne vous rappelle rien ? iTunes peut-être ? Hé oui, car c’est bien de cela dont nous sommes en train de parler : un logiciel à mi-chemin entre Safari et iTunes. Et puisque l’on parle d’ iTunes, comment ne pas aborder le cas des applications. Prenons l’exemple du Cooq : il embarque des recettes, des fiches ingrédient mais également des applications de gestion de listes de course ou de planification des menus. Il pourrait en être de même pour les secteurs cités précédemment.

Et puisque l’on parle d’iTunes, pourquoi ne pas aborder le cas des jeux ? Il y a bien évidemment l’exemple des jeux « papier » facilement transposables comme les grilles de sudoku ou les mots croisés / fléchés, mais il serait tout à fait envisageable d’avoir des jeux d’échec ou de dames sur un ebook : la machine ne gère que l’affichage du damier, les calculs sont effectués sur le serveur (c’est donc une forme de cloud-gaming).

Alors bien sûr vous pourriez me dire que les tablets PC actuels embarquent Windows et disposent de toute l’artillerie nécessaire pour faire cela, mais je me permettrait de vous rappeler que nous ne parlons pas tout à fait de la même chose. La toute récente HP Slate présentée au CES 2010 est propulsée par Windows 7, mais ne répond pas du tout aux critères d’autonomie ou de confort de lecture que je me fait des touchbooks : il s’agit plus d’un ordinateur diminué (sans clavier ni souris) que d’un support de lecture viable (en tout cas ce n’est pas elle qui va sauver les métiers de la presse et de l’édition).

La slate de HP, un contre-exemple de touchbook
La slate de HP, un touchbook "obèse" gavé à Windows 7

Sans rentrer dans le débat je suis persuadé que la surenchère technologique est vaine et je rejoins tout à fait l’avis de Paul Carr : Hey! Look behind you! It’s the tablet of the future!. Bref, il va bien falloir un socle technologique pour afficher du contenu dans de bonnes conditions (livre ou magazine électronique), gérer les abonnements et les transactions, faire tourner les applications… et gérer la publicité également. Hé oui, car c’est là un autre critère très important à prendre en compte : qui contrôle le navigateur contrôle également les publicités affichées dedans ? Ce n’est ainsi pas un hasard si Apple vient de mettre la main sur Quattro Wireless (une régie publicitaire mobile), c’est pour augmenter les revenus sur iPhone mais également pour préparer ceux de sa future iSlate : Apple to Acquire Mobile Ad Platform Quattro Wireless.

Le Skiff Reader en ation
Exemple de publicité sur le Skiff Reader

J’anticipe déjà des contenus distribués gratuitement via iTunes car financés par de la publicité (mais disponibles également sans pub en version payante). Ceci est valable à la fois pour les journaux, les magazines et revues pro, les livres…

Dans ce scénario peut-être que le mieux placé finalement ça sera Google. Google qui dispose du software (Android et Google Chrome OS), du hardware (il existe déjà un Nexus One, pourquoi pas un Nexus Two ?) et des contenus au travers de Google News, Goole Fast Flip et Google Books. Quand on y réfléchit bien Google sera peut-être le dernier à tirer mais semble cependant le mieux placé (cf. Say Hello to the Google Tablet et Google and HTC Working On a Chrome OS Tablet.

MàJ (08/10/2010) : Nintendo pourrait être l’invité de dernière minute : Nintendo 1er sur le livre électronique en France en 2010 ?

Amazon, Apple et Google… qui pouvait rêver de meilleurs compétiteurs pour un marché où celui qui proposera l’expérience d’utilisation la plus fluide remportera la mise. Et aussi les choix technologiques les plus pertinents. Et le modèle économique le plus viable. Et le navigateur le plus polyvalent (d’où le titre de l’article).

/!\ Article initialement publié sur FredCavazza.net.

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Quelles interfaces pour les touchbooks ?

Je pense que les avis convergent pour prédire que 2010 sera l’année de l’explosion des touchbooks (autrement appelés « tablet PC » mais le « PC » peut prêter à confusion). Entre les différents produits déjà lancé en 2009 (cf. Netbook + TabletPC = Touchbook, et le web devient tactile) et les rumeurs de futurs machines chez Apple et Google, le marché est en ébulition.

Mais qui dit nouvelles machines, dit nouveaux services et surtout nouvelles interfaces. Car n’oublions pas que l’interface est un élément clé dans l’adoption et le succès d’une innovation technologique (cf. l’iPhone qui a révolutionné le marché). Je souhaiterais donc partager avec vous les différents concepts d’interfaces déjà proposés par certains.

Commençons avec la ces particulier des magazines papier « portés » sur support numérique comme cette démonstration technologique de Condé Nast, l’éditeur de nombreux magazines US (dont Wired), qui devraient être disponible sur la tablet d’Apple : Condé Nast’s Offering for Apple’s Mystery Tablet: Wired Magazine.

Il y a ensuite cette très belle illustration d’un magazine de sport en version électronique (Time Inc. shows off magazine tablet demo) :

Votre magazine de sport en versino électronique et tactile
Votre magazine de sport en version électronique et tactile

Le texte et les images occupent donc toute la surface d’affichage avec un menu radial qui est affiché en tapotant l’écran. Démonstration vidéo ici :

Plus futuriste mais nettement plus impressionnant, le Mag+ de l’éditeur suédois Bonnier (Bonnier Takes A Stab At Re-Inventing The Mag) :

Concept futuriste de touchbook
Concept futuriste de touchbook

À découvrir en vidéo ici :

Il y a aussi le grand retour de l’OLPC (l’ordinateur à 100$) qui pourrait bien faire un retour en force avec une machine de troisième génération à la sauce touchscreen (OLPC Comes Up With a Beautiful, Thin Tablet Concept) :

Evolution de l'OLPC en touchscreen
Evolution de l'OLPC en touchscreen

Pour finir n’oublions pas le brevet déposer par Apple pour un écran à retour de force (Possible Apple tablet multi-touch tactile keyboard detailed) un concept dont j’avais déjà parlé dans un précédent billet (Interfaces en relief et crayonnage 3D) :

L'écran en relief d'Apple
L'écran en relief d'Apple

Donc comme vous pouvez le constater c’est un véritable festival d’innovations en tout genre pour les différents constructeurs et éditeurs qui semblent prêt à se lancer dans une course à l’armement autour de ce nouveau format (les touchbooks).

Tout ceci n’est-il pas un peu précipité ? Si, bien sûr que si dans la mesure où les ordinateurs à écran tactile existent déjà depuis de nombreuses années et où un système d’exploitation comme Windows 7 intègre maintenant de façon plus fine la gestion du multitouch. Le frein à l’adoption se situe donc bien du côté du logiciel plutôt que du côté du hardware ou des services. Comprenez par là que les machines sont prêtes, mais que les interfaces permettant de « consommer » de l’information et des services sont encore à inventer. Et sur ce point précis, c’est Adobe qui semble le mieux placé. Pourquoi ? Tout simplement parce que les interfaces tactiles vont littéralement inonder le marché et qu’il va falloir gérer de nombreux terminaux et systèmes d’exploitation. Ors, c’est justement pour palier à ce défi que AIR a été conçu.

D’autant plus que AIR est une technologie qui a fait ses preuves avec le Times Reader qui pourrait donc s’imposer comme la référence de facto de la presse en ligne qu’il faudrait « juste » adapter aux écrans tactiles, dont le iSlate d’Apple qui sera le premier à sortir sur le marché. Oui mais voilà, le torchon brule entre Adobe et Apple (notamment en ce qui concerne le portage de Flash sur l’iPhone ou les problèmes de performance du dernier Flash Player sur Mac OS). Il se pourrait donc que nous soyons à l’aube d’une belle bataille entre Apple et le reste de l’industrie soutenue par Adobe (Can Adobe and Apple Play Nicely When–And If–The Tablet Shows Up?).

Pour résumer une longue histoire, je suis intimement persuadé qu’une partie du succès de ces touchbooks va reposer sur leur capacité à proposer une expérience enrichissante de consommation d’informations et de services à valeur ajoutée. Tout comme il existe des applications mobiles payantes pour smartphones éditées par les grands journaux, attendez-vous à voir fleurir des offres équivalentes adaptées au format des touchbooks dans différents domaines (news, sport, cuisine…). L’innovation dans ce domaine a toutes les chances d’être passionnante, notamment dans le commerce en ligne.

/!\ Article initialement publié sur InterfacesRiches.fr.

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