État des lieux de la mobilité à fin 2014

Saviez-vous qu’il y a plus de 3 MM d’internautes, soit un taux de pénétration supérieur à 41% ? Non, ce chiffre n’est pas dû à une baisse des prix de Windows ou à la gratuité de Mac OS, mais plutôt à l’explosion des smartphones. C’est grâce aux terminaux mobiles que l’humanité connait une aussi forte croissance de la population connectée. Comme il y a eu un certain nombre de publications, je vous propose de faire le point sur les derniers chiffres.

Il y a tout d’abord le Ericsson Mobility Report qui nous apprend qu’il y a 2,7 MM de smartphones en circulation (seulement 300 M d’ordinateurs portables et tablettes), avec une projection à 6,1 MM en 2020. Une progression principalement portée par la région Asie-Pacifique où le trafic mobile devrait être multiplié par 9.

Evolution du nombre de terminaux connectés
Evolution du nombre de terminaux connectés (source : Ericsson)

Il y a ensuite le Digital Stashot 002 de WeAreSocial qui regroupe une grande quantité de chiffres, dont le nombre de connexions mobiles : entre 6,8 et 7,26 MM soit plus de deux connexions / utilisateur mobile.

Nobre de connexions mobiles
Nobre de connexions mobiles (source : GSMA Intelligence)

L’ITU a également publié récemment ses données mondiales sur les TIC qui nous confirment l’importance des pays émergents dans la croissance du marché de la mobilité.

Nombre de souscriptions mobiles
Nombre de souscriptions mobiles (source : ITU)

Il y a également les traditionnels Mobile Forecast de l’IDC, qui confortent Android comme le système d’exploitation mobile dominant avec plus de 80% de parts de marché.

Evolution des parts de marché des OS mobiles
Evolution des parts de marché des OS mobiles (source : IDC)

En revanche, Apple maintient sa première place dans le classement des constructeurs de smartphones.

Evolutiond es parts de marché des constructeurs de smartphones
Evolution des parts de marché des constructeurs de smartphones (source : IDC)

Toujours au sujet des systèmes d’exploitation mobiles, Opera nous fournit des statistiques très intéressantes dans son State of Mobile Advertising, notamment sur le fait que les mobinautes sur iPhone sont plus actifs en proportion :

Répartition du trafic mobile par Os (source : Opera)
Répartition du trafic mobile par OS (source : Opera)

Un autre rapport très intéressant, mais un peu complexe à appréhender est le Cross-Platform Report de Nielsen, avec cette répartition de la consommation par média (il faut superposer certaines données à cause du phénomène du second ou third screen) :

Répartition de l'audience
Répartition du temps passé par média (source : Nielsen)

J’ai gardé le meilleur pour la fin avec le Baromobile d’Omnicom Media Group et SFR Régie qui nous livre une foison de chiffres sur le marché français :

  • 69% de taux de pénétration pour les smartphones ;
  • 32% des foyers équipés d’une tablette ;
  • 44 M€ dépensé dans le display mobile en T1 2014, 12 M€ sur les tablettes ;
  • 78% des mobinautes se connectent tous les jours sur leur smartphone, avec des usages tournant autour des emails, de la recherche, de la géolocalisation, des médias sociaux et des jeux ;
  • Des tablettes principalement utilisées au domicile et le WE, pour de la recherche, des emails, des jeux et de la vidéo.
  • 55 % des utilisateurs regardent la TV sur leur tablette (à travers des applications dédiées) ;
  • 82% des acheteurs cherchent des informations sur un produit sur leur tablette avant de passer en magasin (76% sur les smartphones) ;
  • 50% des utilisateurs ont déjà fait un achat sur tablette (32% sur smartphone) ;
  • Le smartphone est le dernier point de contact avant l’achat, car 68% des consommateurs se connectent dans la rue, dans les centres commerciaux ou les hypermarchés pour rechercher une information, comparer les prix ou consulter une liste de courses.

Des statistiques tout à fait intéressantes, qui confirment la montée en puissance des tablettes et la consécration des smartphones dans le quotidien des consommateurs.

Les applications mobiles sont des outils de fidélisation, pas de conquête

Je suis intervenu la semaine dernière à un évènement organisé par la Mobile Marketing Association,  et je suis toujours surpris de l’obsession des annonceurs pour les applications mobiles (Les applications en 2015 : Nouveaux usages, nouvelles interfaces). Comme à chaque fois, on me ressort la célèbre statistique du 80% du temps passé sur un smartphone se fait sur des applications. Effectivement, cette statistique a été confirmée récemment par une étude de la société Flurry : Apps Solidify Leadership Six Years into the Mobile Revolution. En conclure que pour toucher les mobinautes il faut impérativement une application mobile est néanmoins un raccourcis très dangereux à prendre. Pour s’en convaincre, il suffit d’étudier les résultats de l’étude Flurry en détail :

Répartition du temps passé sur un smartphone
Répartition du temps passé sur un smartphone

On se rend ainsi compte que les usages des mobinautes se font très majoritairement sur les applications (86% du temps), soit, mais pas n’importe lesquelles :

  • 32% sur des jeux ;
  • 32% sur des médias sociaux ou outils de communication ;
  • 4% sur des applications de divertissement ;
  • 8% sur des utilitaires ;
  • 4% sur des applications de productivité.

Si l’on résume : 80% du temps passé sur un smarpthone se fait sur des jeux, des utilitaires ou des applications sociales, du temps auquel les annonceurs n’ont clairement pas accès. Il reste 3% d’applications de news et 3% de « autre ». Autant le dire tout de suite : inutile de fantasmer, vous n’aurez jamais accès à ces 80%, car c’est la chasse gardée d’éditeurs bien plus puissants que vous (ex : Google, Facebook, Gameloft…). Lancer une application mobile, c’est rentrer en compétition pour 3% du temps passé sur un smartphone.

Vu sous cet angle, les applications mobiles présentent un intérêt nettement plus faible. D’autant plus que l’intensité concurrentielle est très forte (notamment avec le référencement dans les app stores), que les mobinautes se lassent très vite (Effondrement de la rétention mobile sur les Apps), et qu’avec la diversification du marché, les coûts de développement / maintenance explosent (Les applications mobiles coûtent trop cher, misez plutôt sur le web). Tout ceci mis bout à bout fait que l’on relance l’éternel débat entre les applications et les sites mobiles.

Evolution du taux de rétention des applications mobiles
Évolution du taux de rétention des applications mobiles

Si l’on s’intéresse à nouveau à l’étude de Flurry, on constate que les navigateurs mobiles représentent 12% du temps passé sur un smartphone, ce qui est le quadruple du temps passé sur une application mobile lambda (les fameux 3%). Pour les sites d’information, il n’y a pas photo, l’avenir est aux sites mobiles (Mobiles et réseaux sociaux ont pris les clés de l’info), la nouvelle version du site des Echos est à ce sujet très représentative de cette tendance mobile first.

Pour les boutiques en ligne, la situation est différente, mais la conclusion est la même : pourquoi exiger de vos prospects qu’ils téléchargent, paramètrent et la lancent votre application mobile chaque fois qu’ils rentrent dans une boutique ? Vous ne trouvez pas que c’est beaucoup leur demander ? C’est comme si vous exigiez qu’ils téléchargent et installent un logiciel sur leur ordinateur ! Certes, il existe des exemples d’applications de m-commerce qui se justifient par un usage intensif (SNCF, Vente-privée…), mais se sont des cas isolés qui se comptent sur les doigts d’une main. Pour la très large majorité des marques, le nombre de points de contact dans l’année sur un smarpthone ne justifie pas le recours exclusif à une application mobile. C’est là où les versions mobiles des sites web et boutiques en ligne représentent un gros potentiel : elles permettent d’apporter un premier élément de réponse en début de processus d’achat (prix, taille, disponibilité…), une réponse immédiate.

Trois exemples de boutiques en ligne mobiles

Ces arguments ne doivent pas néanmoins vous faire croire que les applications mobiles ne servent à rien. Elles se révèlent particulièrement efficaces dans un cadre de fidélisation : L’application de paiement dématérialisé Square permet ainsi d’anticiper vos commandes (Square’s Order App Can Now Predict When You’ll Arrive To Pick Up Your Cappuccino), tandis que l’application Polyvore vous fait des recommendations personnalisées (Polyvore for iPhone brings personalized recommendations to its fashion ecommerce app). Dans ces deux exemples, nous parlons de clients, pas de prospects, ce sont deux contextes d’engagement très différents et il serait extrêmement dommageable de traiter ces deux populations de la même façon. L’exploitation de balises de proximité sera également un argument en faveur des applications, mais toujours dans une optique de fidélisation ou segmentation, pas de conquête.

Moralité : finissons-en avec ce débat entre applications et sites mobiles et concentrons-nous sur l’essentiel : augmenter le taux de conversion des prospects et améliorer le taux de fidélisation des clients. Deux chantiers qui ne peuvent être couverts avec le même outil, car le contexte, les attentes et les comportements sont très différents.

Une nouvelle victoire pour Google avec Chromecast

Avec une part de marché globale avoisinant les 60%, Google savoure le succès d’Android, son système d’exploitation pour smartphones et tablettes. Cette réussite est d’autant plus savoureuse que les débuts d’Android ont été pour le moins laborieux avec un OS qui était à ses débuts graphiquement et ergonomiquement très en retard sur la concurrence. En ce qui concerne le segment des TV connectées, Google est parvenu à réitérer sa recette avec succès (simplicité et pragmatisme). Selon une étude récente, le Chromecast est ainsi l’appareil connecté le plus populaireGoogle Chromecast Is The Top “Connected Device” App.

Comparaison de la popularité des appareils connectés
Comparaison de la popularité des appareils connectés (nombre d’applications téléchargées)

En moins de 6 mois, Google s’est imposé sur un créneau où les industriels se cassent les dents depuis des annéesLa télévision est-elle l’avenir de l’internet ? En partie. Plusieurs formats / solutions ont ainsi été mis sur le marché, sans succès, pour apporter de l’interactivité aux écrans de télévision : les smartTV (Samsung, Philips…), les box et systèmes intégrés (Yahoo Connected TV, AppleTV, GoogleTV…), les micro-consoles (Ouya, Amazon…). Il semblerait qu’il soit très difficile de demander aux téléspectateurs de changer leur TV ou de leur faire brancher un boitier trop complexe à configurer et paramétrer.

Après une première tentative infructueuse avec un boitier, Google a finalement opté pour une solution simple et pragmatique qui exploite les terminaux que vous possédez déjà (TV, smarpthone ou tablette) : une « simple » clé HDMI qui permet de connecter votre TV au web et à de nombreux services en ligne (Chromecast : pour qui et pour quoi faire ?).

Le Chromecast de Google
Le Chromecast de Google

Il faut littéralement 3 minutes pour brancher et relier cette clé à son compte Google, et commencer à profiter des premières applications. À l’usage, cette petite clé se révèle être l’arme ultime de vos loisirs dans le canapé : regarder des vidéos sur YouTube, des séries et films sur Netflix, des sessions de jeux sur Twich, les derniers exploits des sportifs de l’extrême sur GoPro, ou simplement diffuser le contenu d’un onglet de Chrome… Tout se pilote de façon très intuitive avec votre smartphone ou votre tablette. C’est simple et efficace, et l’on devient très vite accro !

Le plus intéressant, c’est que les possibilités offertes par cette clé sont étendues à mesure que de nouvelles applications sont disponibles, et que les équipes de Google rajoutent régulièrement des fonctionnalités, comme Backdrop, une fonction pour diffuser vos photos.

Du coup Microsoft s’y met avec une clé proposant des usages pro / perso (Microsoft’s Chromecast competitor is Miracast-powered, costs $60), de même que Mozilla avec MatchStick , une clé en pré-production : Matchstick and Mozilla take on Chromecast with Firefox OS dongle, launch Kickstarter to drive down $25 price.

La clé HDMI de Mozilla
La clé HDMI de MatchStick

Au final, il s’avère que les utilisateurs ne sont pas forcément demandeurs de fonctionnalités très évoluées : Dans la mesure où ils sont en mode « détente » sur leur canapé, la bonne formule était de leur proposer une solution simple pour diffuser à partir de leur smarpthone. Entre ces petites clés et les box fournies par les FAI, se sont maintenant des millions de foyers qui sont équipés en TV connectées. Charge aux annonceurs de proposer leurs propres applications et surtout de bien appréhender le contexte d’usage : ce sont les mêmes utilisateurs de services en ligne ou consommateurs de contenus numériques, mais dans un contexte de détente.

Les commentaires sont fermés

Les beacons et balises de proximité vont bouleverser les métiers de la distribution

J’ai animé hier au Club des utilisateurs d’Adobe une conférence sur l’internet mobile et ses enjeux pour les annonceurs. Le moins que l’on puisse dire, c’est que toute l’attention est pour le moment accaparée par iBeacon, l’appellation commerciale pour les balises de proximité. Il est intéressant de constater que les premiers à avoir dégainé sont ceux qui raflent la mise, puisqu’on ne parle que de Apple et de Estimote. Pour c’est une technologie qui repose sur le standard Bluetooth et qui fonctionne indifféremment sur iOS ou Android.

Quoi qu’il en soit, force est de constater que les attentes autour de ces fameuses balises de proximité sont énormes. Certes, il existe plusieurs technologies pour faire du géofencing et/ou de la microlocalisation (Three Trends That Might Transform the Retail Payments Experience et Five retailers using NFC and RFID to enhance shopping), mais Bluetooth est de loin la technologie de communication à courte portée la plus répandue, d’autant plus que nous savons maintenant que l’utilisation de la puce NFC de iPhone 6 sera restreinte (Apple’s iPhone 6 NFC chip is restricted to Apple Pay). Les beacons sont donc en passe de devenir le standard de facto de la microlocalisation.

Exemple d'utilisation des balises de proximité
Exemple d’utilisation des balises de proximité

C’est bien évidemment dans le secteur de la distribution que l’on anticipe le plus gros impact : 10 ways iBeacon is changing the future of shopping et How Beacons Are Changing the Shopping Experience. Certaines grandes chaines de distribution US sont déjà en train de déployer massivement cette solution : Macy’s Announces iBeacon Expansion, Support for Apple Pay.

Ceci étant dit, sachez qu’il existe également de nombreuses applications dans le domaine de l’événementiel (iBeacon implementation at Bonnaroo suggests future improvements for live events) ou dans le transport (des choses intéressantes à lire dans le livret blanc de Easy Beacon). Dans tous les cas de figure, même s’il n’y a pas de transactions, les balises de proximité peuvent se révéler très utiles à des fins statistiques : iBeacons, the hunt for stats.

Si le succès des beacons est immédiat aux États-Unis, les choses sont plus compliquées en France (comme à chaque fois), car un certain nombre de zones d’ombre restent à éclaircir :

Au final, nous avons quand même un nombre important de contraintes qui s’empilent et réduisent considérablement le volume de cibles potentielles. Qu’à cela ne tiennent, la révolution est en route et je ne vois pas ce qui pourrait empêcher le déploiement progressif de nouveaux usages. D’autant plus avec la mise sur le marché de solutions dérivées plus simples comme les nearables : Micro beacon stickers turn any object into a smart one.

Pour le moment, seul le PMU semble avoir tenté une expérience à grande échelle (Quand le PMU équipe en beacons 200 bars tabacs pour soutenir son Défi Baby Foot), mais nous n’allons pas tarder à voir d’autres opérations de ce type se généraliser.

Apple se lance dans les domaines de la santé et du paiement

Après de longs mois d’attente, Apple a enfin levé le voile sur ses nouveaux produits : l’iPhone 6 et la Watch. Pas d’annonces fracassante dans la mesure où les nombreuses rumeurs qui circulaient avant nous ont permis de nous faire une idée assez précise de ce qui allait être présenté. Quoi qu’il en soit, Apple n’a pas déçu, car les nouveaux produits sont d’une part visiblement très aboutis, et s’accompagne de nouveaux services, notamment dans les domaines de la santé et du paiement dématérialisé.

Quatre capteurs pour une montre qui vous mesure en permanence

Plusieurs mois de spéculation et de maquettes soi-disant fiables n’auront pas réussi à anticiper la forme ni les fonctionnalités exactes de la montre connectée de la marque à la pomme : Apple Unveils the $349 Apple Watch, Its Wearable Device for Communication, Health and Fitness. La Apple Watch se présente donc sous une forme rectangulaire avec un bouton à couronne du plus bel effet. Comme les autres montres connectées de sa catégorie, la Apple Watch est une sorte d’écran distant qui nécessite impérativement un iPhone 6 pour pouvoir être exploitée.

La montre connectée d'Apple
La montre connectée d’Apple

Comme prévu, cette montre s’intègre parfaitement dans l’écosystème Health & Fitness dévoilé il y a quelques mois (Apple s’investit dans l’internet des objets avec HealthBook et HomeKit). La montre d’Apple est équipée de quatre capteurs à l’arrière du boitier ainsi que de nombreux senseurs internes. Rythme cardiaque, pression artérielle, nombre de calories brûlées… l’Apple Watch a été conçue pour mesurer en permanence un ensemble de variables : Long-awaited Apple Watch tracks heart rate, activity, calories burned, but not sleep.

À priori rien de révolutionnaire, de nombreux bracelets connectés et applications mobiles proposent déjà de collecter ce type de données personnelles. Sauf que les ingénieurs d’Apple ont apporté quelques innovations, notamment sur l’iPhone 6 (Apple’s new motion chip can tell the difference between cycling and running) et sur les capteurs de la montre (Apple Watch’s Wristful of Sensors and MEMS). Du coup, les données collectées seront visiblement beaucoup plus fiables, et plus facilement exploitables grâce à la nouvelle application Health d’iOS 8.

L'application Health sur le nouvel iPhone
L’application Health sur le nouvel iPhone

Outre cette nouvelle application, c’est tout l’écosystème qui va s’organiser autour qui est intéressant : les APIs pour gérer les accès d’applications tiers, ainsi que les partenariats avec des établissements de santé comme le réseau Mayo Clinic. Malheureusement, rien n’a encore été annoncé en France…

Une solution de paiement dématérialisée réellement sécurisée

Autre grosse annonce de la soirée d’hier, la sortie de deux nouveaux modèles de smartphone : Apple unveils the iPhone 6 and iPhone 6 Plus. ! Là encore, les rumeurs ont largement diminué le suspense, d’autant plus que le cahier des charges est grosso modo le même à chaque fois : plus de mémoire, de puissance, de pixels, de batterie…

Les deux nouveaux modèles d'iPhone
Les deux nouveaux modèles d’iPhone

Là où les choses commencent à devenir très intéressantes, c’est le lancement de l’offre Apple Pay, un système de paiement dématérialisé : Apple Announces Mobile Payment Solution Called Apple Pay. Ce système vous permet d’ajouter des cartes bancaires à l’application PassBook et de faire des achats auprès de marchands équipés de terminaux de paiement adéquats. Comme pour l’Apple Watch, ce n’est pas du côté des applications qu’il faut regarder, puisqu’il existe déjà quantité de concurrents (Google Wallet, Paypal One Touch, Stripe Checkout…). Certes, l’iPhone 6 intègre maintenant une puce NFC, mais Apple Pay se différencie des autres solutions grâce à deux composants hardware : le système d’authentification par empreinte digitale (Touch ID) et la puce qui stocke vos données bancaires (Secure Element).

Cette fameuse puce Secure Element est intéressante à plus d’un titre, car elle permet d’isoler vos données de paiement du reste du système (mémoire principale, processeur…) et de n’échanger avec les marchands que des autorisations uniques (des tokens qui ne servent qu’une seule fois). En intégrant ces trois composants hardware (la puce NFC, le lecteur d’empreinte digitale, la puce de stockage des données bancaires, l’iPhone est ainsi le premier smartphone grand public à être conforme avec la législation sur la dématérialisation des transactions (cf. l’article que j’avais écrit à ce sujet il y a plus de trois ans : Le smartphone deviendra-t-il notre moyen de paiement principal ?). De plus, Apple a d’hors et déjà noué des partenariats avec les principaux opérateurs de cartes bancaires (Visa, MasterCard, Amex), des banques ainsi que des grandes marques comme Nike, Sephora, McDonlad’s, Subway…

Autant le dire tout de suite : il y aura un avant et un après iPhone 6 en matière de paiement dématérialisé (Here’s why ApplePay will shake up consumer payments, even if it gets lost amid the iDevice frenzy). Jusqu’à présent, toutes les tentatives précédentes se heurtaient à la barrière législative, mais il n’y a maintenant plus aucun frein pour que cette solution puisse débarquer en France et en Europe. Nous ne connaissons pas encore les détails des partenariats, mais il y a des chances que l’Apple Pay soit la nouvelle machine à cash d’Apple, à condition qu’ils parviennent à vendre suffisamment d’iPhone 6, ce qui est loin d’être évident vu les prix de vente.

Toujours est-il qu’avec ces annonces Apple va entraîner dans son sillage les autres fabricants (Samsung, HTC, Motorola…) qui proposeront très certainement des systèmes équivalents dans les prochains mois. Nous sommes assurément à l’aube d’une nouvelle ère pour le paiement dématérialisé, et c’est une très bonne chose. Vivement la suite, car avec le paiement, viennent toutes les applications liées à la fidélisation et aux achats d’impulsion. Miam !

Panorama des terminaux alternatifs 2014

Comme tous les ans, je vous propose une mise à jour de mon panorama des terminaux alternatifs (cf. les éditions 2011, 2012 et 2013). J’ai choisi de ne pas utiliser le terme « appareils mobiles », car il est bien trop réducteur. À mesure que les habitudes des internautes évoluent, leurs usages migrent des ordinateurs vers des terminaux plus mobiles, mais également vers des appareils leur offrant de nouvelles expériences ou leur apportant de nouvelles fonctionnalités. Dans la première édition de ce panorama, j’avais utilisé la définition suivante : « Les terminaux alternatifs sont des appareils permettant de se connecter à internet pour consommer des contenus numériques et/ou exploiter des services en ligne ». Cette définition est plus que jamais d’actualité, car le paysage se densifie : de nouveaux usages se développent, pas forcément autour de la mobilité, mais autour d’une exploitation alternative de l’outil informatique et du web.

10 catégories pour 10 critères

En moins de 10 ans, le marché a été littéralement inondé par de nombreux terminaux numériques alternatifs, certains ayant déjà disparu du radar comme les PDA et les baladeurs numériques. Aujourd’hui la situation se stabilise et la grande famille des terminaux alternatifs peut être découpée en 10 catégories de terminaux :

Les différentes catégories de terminaux alternatifs

À chacune de ces catégories correspond un type de terminal avec des caractéristiques physiques et techniques particulières. L’intérêt de cette classification est d’illustrer la diversité des terminaux alternatifs et surtout d’expliquer les différents contextes d’usages auxquels ils sont associés : une liseuse électronique ne fait pas la même chose qu’une micro-console, qui elle-même ne fait pas la même chose qu’une montre connectée. Pour vous aider dans la compréhension de ces subtilités, je vous propose le tableau comparatif suivant où les différentes catégories de terminaux alternatifs sont comparées selon dix critères :

Comparaison des terminaux alternatifs en fonction des usages
Comparaison des terminaux alternatifs en fonction des usages

Voici le détail de ces catégories :

  • Features phones. Plus nous avançons dans le temps, et plus la pression est forte pour faire disparaitre ce segment. Les téléphones mobiles sont une espèce en voie de disparition, car les constructeurs et éditeurs veulent imposer leurs smartphones low-cost (Microsoft’s Lumia 530 takes on Android at the low endWith Android One, Google is poised to own the entire world). La justification est assez simple : uniformiser le marché permet de réduire les coûts de développement / maintenance des applications et d’augmenter l’inventaire publicitaire (moins d’OS mobiles = moins de fragmentation). Au rythme où vont les choses, d’ici deux ans ce segment aura disparu.
  • Smartphones. Rien n’arrête la progression des smartphones qui sont incontestablement les rois de la mobilité, il s’en est vendu presque 300 M rien qu’au dernier trimestre (Chinese Vendors Outpace the Market as Smartphone Shipments Grow 23.1% Year over Year in the Second Quarter). La Chine est donc officiellement LE marché des smapthones où ils sont devenus le premier moyen d’accès à l’internet (China now has 486.5 million 3G subscribers et Baidu’s search engine reaches 500 million active users on mobile). Ce segment semble avoir atteint un plateau d’évolution dans la mesure où les nouveautés n’apportent pas grand-chose si ce n’est des améliorations en terme de puissance. Le prochain saut fonctionnel se fera avec les premiers smarpthones à écran hapitque capables de simuler une texture ou un volume à la surface de l’écran. En attendant, les fabricants chinois rattrapent petit à peut leur retard et s’apprêtent à conquérir les marchés européens et nord-américains.
  • Phablettes. Ces terminaux mobiles à mi-chemin entre smarpthone et tablette sont un cas d’école intéressant. Dans un premier temps destinées aux salariés nomades qui avaient besoin d’un outil de travail plus performant (un stylet est généralement fourni), les phablettes sont en train de devenir la norme avec des smarpthones proposant des écrans toujours plus grands. L’éventuelle arrivée de Apple sur ce créneau devrait définitivement viabiliser ce format.
  • Tablettes. Véritable révélation des années 2012-2013, les tablettes sont en perte de vitesse, subissant la concurrence de smartphones équipés d’écrans toujours plus grands et des ordinateurs hybrides (Best Buy CEO Says Tablet Sales Are Crashing). Du coup, nous commençons à voir apparaitre de nombreuses offres verticales pour les joueurs (Nvidia to launch 8” Shield gaming tablet and Wi-Fi controller) ou les professionnels (Wacom Cintiq Companion Review: A Dream for Drawing, Otherwise Awkward). Après avoir ratissé le marché avec des tablettes low cost, les constructeurs cherchent à corriger le tir avec des produits plus qualitatifs pour éviter un phénomène de phagocytage avec les autres segments.
  • Liseuses. Comme pour les smartphones, les liseuses ont atteint un plateau d’innovation, mais restent des produits très populaires, surtout en Amérique du Nord où Amazon règne en maître. La situation est plus compliquée en France où les parts de marché restent très faibles (SNE : un marché du livre numérique à 2,3%), en partie à cause d’un problème de tarification (Livres au format numérique : + 20 à 25% des prix poches). L’arrivée prochaine de liseuses équipées d’écran à encre électronique couleur ne débloquera visiblement pas la situation, car les prix de vente des livres électroniques sont encore bien trop élevés.
  • Cloudbooks. Google reste étonnamment discret sur le succès des Chromebooks, ces ordinateurs qui sont entièrement tournés vers le web et les applications en ligne, pourtant les chiffres sont équivoques (Chromebooks on Fire! The Coming Consumer Cloud Revolution). Présentant un parfait compromis entre prix, fonctionnalités et facilité de prise en main, les cloudbooks se révèlent être de redoutables alternatives aux PC portables (9 New Reasons Google Chromebooks Should Be Making Microsoft Nervous) et font un carton dans l’éducation (Here’s Why This School District Chose Google Chromebooks Over Mac And Windows).
  • Smart TV. Le segment des TV connectées est en train de connaitre une authentique révolution avec la commercialisation récente de boitiers et sticks USB permettant de déployer des services et contenus en ligne sur des télévisions classiques. Vendu 35€, le Chromecast de Google est le fer de lance de ce segment (Google’s Chromecast turns one: 400M casts to date and free All Access trial for owners). Le couplage smartphone / tablette + TV semble donc être un créneau très porteur, surtout pour Google ! Et ils ne comptent pas s’arrêter là, car l’initiative Android TV va venir prendre le relai de Google TV (Connected TV Market Crosses 1B Devices As Google Pins Its Hopes On Android TV).
  • Micro-consoles. Annoncées comme la révolution du salon, les micro-consoles n’ont pas réussi à trouver leur public (cf. Les micro-consoles vont-elles devancer les TV connectées ?). Cela ne décourage pas pour autant certains constructeurs qui préfèrent mettre en avant les fonctions de streaming à l’image d’Amazon avec sa FireTV. Attendez-vous à une fusion de ce créneau avec celui des boitiers cités juste avant.
  • Nano-ordinateurs. Popularisé par le Raspberry Pi et l’Arduino, le segment des nano-ordinateurs est en pleine ébullition avec l’apparition sur le marché de nombreux concurrents (Les nano-ordinateurs révolutionnent les objets connectés). Authentiques objets de culte pour les bidouilleurs du monde entier, les nano-ordinateurs n’ont cependant quasiment aucune chance de séduire le grand public. Ils sont néanmoins à l’avant-garde de l’internet des objets en offrant une modularité extrême à des prix très bas.
  • Objets connectés. La dernière catégorie de terminaux alternatifs est également la plus vaste : tous les mois de nouveaux objets connectés sont annoncés ou lancés sur le marché. Pour le moment encore chers, tous ces objets rendus intelligents (ou à défaut communiquants) intéressent les plus gros acteurs du marché, dont Google et Samsung ou encore la marque à la pomme (Apple s’investit dans l’internet des objets avec HealthBook et HomeKit). Même si les chiffres de vente sont encore anecdotiques, je me réjouis de savoir que la France s’est fait une spécialité de l’internet des objets et qu’elle sera aux premières loges pour profiter des formidables opportunités qu’ils offrent (The Internet of Things Ecosystem, Unlocking the business value of connected devices). Le plus grand frein à l’adoption de ces objets connectés reste le manque de standardisation, ou plutôt la multiplication alarmante de « standards » qui brouillent la compréhension de ce segment.

Inutile de faire le compte des étoiles, car je l’ai fait pour vous : les smartphones et tablettes se révèlent sans surprise être les terminaux les plus versatiles. Ceci explique leur succès. Viennent ensuite les cloudbooks dont on ne parle pas assez, mais qui sont en train de révolutionner l’outil informatique. J’anticipe avec impatience le jour où les entreprises vont les déployer massivement pour baisser leurs coûts de gestion du parc informatique et définitivement adopter le cloud computing.

Une infinité d’usages à appréhender pour les annonceurs

Constater le succès des smartphones est une chose, adapter en conséquence ses priorités et ses budgets en est une autre. Je déplore ainsi la frilosité chronique des marques qui se contentent pour la plupart de sous-traiter le développement d’une application iPhone. En quoi est-ce que cela va-t-il les aider à comprendre la révolution qui est en cours (cf. Usages et enjeux de la mobilité) ? J’ai encore beaucoup de mal à expliquer le manque d’enthousiasme des directions marketing pour les smartphones et tablettes alors qu’ils en sont les premiers utilisateurs…

EPSON scanner image

Le plus inquiétant dans cette histoire est que les smartphones et tablettes ne sont que la première étape d’une transformation majeure dans les habitudes et exigences des consommateurs. S’il fallait avant se connecter à internet (allumer son ordinateur, ouvrir un navigateur, saisir une URL), les clients, prospects et cibles sont maintenant connectés en permanence et dispose d’un accès direct et quasi instantané à une infinité de contenus et services en ligne. Pire : il est possible de les « activer » grâce au système de notifications actives.

Avec la généralisation des smartphones, tablettes, voitures et TV connectées, les réflexes d’achat et habitudes de consommation sont irrémédiablement modifiés. Les marques se doivent donc d’acquérir une compréhension fine des usages mobiles et de l’impact des terminaux mobiles sur le quotidien des consommateurs. Illustration avec les incroyables résultats d’une étude menée dans un restaurant à NY : Restaurant Watches Old Surveillance And Shares Shocking Results On Craigslist. De même, les annonceurs doivent impérativement prendre en compte au plus vite la migration des usages des cibles qui passent de moins en moins de temps devant un ordinateur ou une chaîne de télévision.

Gardez bien en tête que les applications commerciales ou publicitaires ne sont que la partie visible de l’iceberg, et qu’il existe une infinité d’autres possibilités offerte par les terminaux mobiles dans des secteurs aussi variés que la santé (BoardRounds Helps Hospitals Follow Up With Patients After They Leave The Emergency Room), la banque (Disrupting Payments, Africa Style) ou la sécurité (This drone can find lost or stranded people by picking up their mobile phone signals).

La révolution est en marche, ne vous laissez pas distancer !

Les commentaires sont fermés

Les tablettes s’installent dans le quotidien des français

Les tablettes sont avec les smartphones les appareils mobiles les plus emblématiques de la « nouvelle génération » de terminaux alternatifs (celle apparue à la fin des années 2000). Pourtant elles ont fait l’objet récemment de plusieurs articles annonçant leur déclin : Best Buy CEO Says Tablet Sales Are Crashing et Apple’s Tablet Market Share Has Fallen Drastically From Two Years Ago.

Évolution des ventes d tablettes
Évolution des ventes de tablettes

Le graphique ci-dessus illustre bien le fait qu’il est surtout question d’un ralentissement des ventes de l’iPad (qui dont la part de marché a été divisée par deux), alors que les ventes des constructeurs alternatifs progressent. Ce retournement de marché n’a rien d’étonnant dans la mesure où l’iPad est une tablette qui s’adresse surtout aux tranches les plus aisées avec un taux d’équipement qui arrive à saturation (tous les foyers ne peuvent pas se payer un iPad tous les ans).

Des chiffres plus récents nous prouvent que les tablettes représentent un segment très dynamique : In Defense of Tablets, tiré par les ventes de machines plus abordables tournant sous Android : Le marché des tablettes en hausse de 4,7% à 52,4 millions d’unités au niveau mondial.

Parts de marché des fabriquants de tablettes
Parts de marché des livraisons de tablettes

Pour enfoncer le clou, je vous propose de découvrir les résultats de l’étude Media in Life de Médiamétrie portant sur les habitudes des Français au premier semestre 2014 : Les Français, chaque jour plus connectés aux médias et loisirs numériques. Cette étude nous révèle que les Français ont en moyenne 45 contacts quotidiens avec un média ou un loisir numérique. Pour le moment le média préféré des Français est encore la télévision, mais la tablette a fait une très belle progression puisque 1 foyer sur 3 en est équipé, un chiffre confirmé par la FEVAD dans son 10ème baromètre des comportements d’achats multicanal. L’étude de Médiamétrie nous apprend également que 15% des 25-34 ans l’utilisent tous les jours.

Infographie sur les tablettes en France
Infographie sur les tablettes en France

En termes d’usages, si les smartphones sont dominants à l’extérieur, la tablette est un support d’intérieur (86,5% des usages sont à domicile) dont on se sert principalement pour surfer ou lire ses emails :

Répartition des usages des tablettes
Répartition des usages des tablettes

Derniers enseignements de cette étude, les plages horaires : sans surprise les médias numériques sont plus consultés le soir, surtout les tablettes qui sont utilisées en parallèle avec la télévision.

Conclusion : la tablette s’installe petit à petit dans le quotidien des Français. La grande question est maintenant de savoir si votre marque ou votre offre sait exploiter les opportunités offertes par les tablettes : contexte d’usage plus détendu que sur un ordinateur, faible pression publicitaire,  versatilité…

Les commentaires sont fermés

Les nano-ordinateurs révolutionnent les objets connectés

Internet des objets, objets connectés, ambiant devicessmart devices… il existe de multiples termes pour décrire ces objets capables de se connecter à l’internet pour transmettre des données ou accomplir des tâches en fonction de conditions pré-définies. Jusqu’à il y a encore quelques années, la conception de ces objets était particulièrement complexe, car il fallait tout créer : les éléments logiciels et matériels. Aujourd’hui les choses sont beaucoup plus simples, car les concepteurs ont à leur disposition des éléments prêts à l’emploi. Les nano-ordinateurs, par analogie avec les micro-ordinateurs, sont au coeur de cette révolution et offrent une souplesse incomparable et des possibilités quasi-infinies à des prix imbattables. La promesse est forte, mais elle est bien réelle.

Le rover de DFRobotShop
Le rover de DFRobotShop

Les nano-ordinateurs sont des ordinateurs miniaturisés (à peine plus grands qu’une carte de crédit) qui ont été conçus pour être exploités non comme des machines de bureau, mais intégrés dans des objets. Vendus entre 25 et 150$, ils proposent différents niveaux de sophistication et puissance, mais ils reposent tous sur le même principe de modularité. Que vous souhaitiez construire un drone, un réfrigérateur connecté, ou une porte de garage qui s’ouvre toute seule quand vous arrivez devant, les nano-ordinateurs sont là pour vous simplifier la tâche. Commercialisés sous forme de kits, ils sont généralement proposés avec un ensemble de capteurs et adaptateurs pour pouvoir les mettre directement en oeuvre.

Le plus illustre représentant des nano-ordinateurs est le Raspberry Pi, développé par la fondation du même nom. Il se présente sous la forme d’une carte mère avec différents composants dessus et une série de ports (Ethernet, USB, CD card), à vous de trouver une coque ou même une fonction ! En installant le système d’exploitation Linux, vous pouvez le brancher à un écran et un clavier pour en faire un ordinateur classique, mais ce n’est vraiment pas le but. Le principal avantage de ce nano-ordinateur est de vous donner accès à d’innombrables accessoires et composants pour faire tout et n’importe quoi : 47 Raspberry Pi Projects to Inspire Your Next Build et Plus de 50 idées pour votre Raspberry Pi. Comme vous pouvez le voir, les nano-ordinateurs sont avant tout des plateformes plutôt que des produits finis. Leur succès repose sur des prix très bas et une modularité extrême qui a permis de fédérer une immense communauté de fans. Il existe de nombreuses versions du Raspberry Pi, car les évolutions sont fréquentes (Raspberry Pi gets more Arduino-y with new open source modular hardware). La dernière version en date, le modèle B+, propose toujours plus de puissance pour une consommation électrique optimisée : Ce qui change dans le nouveau Raspberry Pi modèle B+.

Le Raspberry Pi B+
Le Raspberry Pi B+

Contrairement à ce que vous pouvez croire, le Raspberry Pi n’est pas un ordinateur open source, du moins pas tout à fait : il a beau tourner sous Linux, certains composants sont propriétaires (notamment le processeur) et vous ne pouvez pas modifier la carte-mère sinon cela risque de fausser la compatibilité avec les accessoires. Le succès du Raspberry Pi auprès de la communauté des makers a ainsi généré d’autres vocations, et il existe de nombreux autres modèles de nano-ordinateurs concurrents :

Comme vous pouvez le constater, le choix est vaste, et tout est question de compromis. En revanche, il est possible de scinder le marché en deux segments : les nano-ordinateurs « fonctionnels » (qui peuvent être utilisés comme des ordinateurs) et les micro-contrôleurs qui sont des alternatives encore plus épurées.

Lancé à la même période, le Arduino Uno est le micro-contrôleur le plus emblématique de sa catégorie. Moins puissant, mais surtout moins gourmand en énergie, le Arduino est une plateforme modulaire qui permet de gérer les interactions entre des capteurs (mouvement, températures, boutons…) et des actionneurs (lampe, moteur…). Il ne peut donc pas être directement connecté à un écran pour en faire un ordinateur, mais il propose une plus grande souplesse que le Raspberry Pi (cf. Vous avez dit Arduino ?). Conçu en Italie dans le Interaction Design Institute d’Ivrea, l’Arduino se trouve au coeur d’une immense communauté de passionnés et d’un écosystème de concepteurs d’accessoires (ex : la boutique Adafruit qui commercialise aussi pour les autres plateformes). La ferveur est telle qu’il existe même un documentaire : Arduino, the Documentary.

L'Arduino Uno
L’Arduino Uno

Contrairement au Raspberry Pi, l’Arduino est libre de droits et est propulsé par un environnement de développement maison qui repose sur Java et exploite un environnement de développement inspiré du langage Processing. L’Arduino se décline en différentes versions (plus ou moins sophistiquées), et comme pour le Raspberry Pi, il existe de nombreux projets de micro-contrôleurs similaires, dont le Tessel qui peut être programmé directement en javascript avec Node.js (Building The Internet of Things With Tessel), ou le projet Spark, la dernière coqueluche de Kickstarter, qui mise sur le cloud : Présentation du Spark Core.

On estime à quelques dizaines de millions le nombre d’unités vendues. Un chiffre qui pourrait éveiller l’appétit des grands acteurs de l’industrie informatique. C’est d’ailleurs le cas d’Intel qui a récemment présenté Edison, un nano-ordinateur de la taille d’une carte SD. De même, nous pouvons nous interroger sur la façon dont ces nano-ordinateurs vont s’insérer dans les plans de Google et Apple, les deux mastodontes du secteur avec leurs programmes HomeKit et Android Wear. Le spectre de l’incompatibilité plane en effet sur tous ces appareils et accessoires. Le plus gros risque étant que Google ou Apple cherchent à verrouiller le marcher en imposant des critères de compatibilité. Les concepteurs du dimanche devraient alors se plier à une procédure de soumission, comme c’est le cas avec les applications mobiles, pour être référencé dans une hypothétique place de marché d’objets connectés.

Inutile d’être alarmiste avant l’heure : pour le moment l’heure est à la célébration, car le créneau des nano-ordinateurs est extrêmement dynamique et suscite un immense engouement. Il existe d’innombrables tutoriels et vidéos pour vous expliquer l’intérêt et le fonctionnement de ces nano-ordinateurs, je vous recommande vivement d’y accorder un peu de temps pour bien appréhender le potentiel disruptif de ces petites machines.

Usages et enjeux de la mobilité

J’ai eu l’occasion de donner une conférence en ligne la semaine dernière sur le thème de la mobilité. L’objectif de cette prise de parole était d’aborder le sujet de la mobilité avec un certain recul et de fournir des éléments de compréhension sur l’état du marché actuel et ses récentes évolutions :

  • La prédominance des smartphones avec un retournement de marché en faveur d’Android ;
  • Des usages domestiques qui se déportent des ordinateurs vers les tablettes ;
  • Des secteurs d’activité qui sont en pleine transformation (tourisme, distribution, banque et services financiers…) ;
  • Des métiers qui sont en train de se réinventer (marketing, communication, commerce, CRM…) ;
  • Des mentalités qui n’évoluent pas assez vite et qui pourraient engendrer des pertes irrémédiables de parts de marché.

Le diaporama de mon intervention est disponible ici :

Internet mobile, usages technologies et enjeux de la mobilité from Frederic CAVAZZA

 

Il ne vous aura pas échappé que les différentes thématiques abordées dans ce diaporama sont issues de mon livre, dans lequel je prends le temps de détailler tous ces points.

Si vous ne deviez retenir qu’une seule chose de cette intervention, ça serait celle-ci : la mobilité n’est pas un problème que l’on résout en lançant une application iPhone, c’est la première étape d’une transformation irrémédiable des habitudes et exigences des consommateurs. Il convient donc de ne pas traiter ce sujet à la légère et d’organiser une montée en compétence progressive des différents services, tout comme ça a été le cas avec l’internet au début des années 2000. À terme, tous les services d’une entreprise (marketing, communication, ventes, CRM, RH, SI…) seront impactés par la mobilité, sous-traiter la présence de votre marque sur les terminaux mobile ne fera que repousser l’échéance et vous rendre dépendant d’un fournisseur.

L’informatique a transformé les méthodes de travail et les habitudes des consommateurs, la mobilité en fera de même. À vous de savoir si vous voulez accumuler du retard en priant pour que tout se passe bien ; ou si vous voulez essayer de prendre une longueur d’avance sur vos concurrents.

Les commentaires sont fermés

Android évolue vers les applications universelles et les objets connectés

La grand-messe annuelle de Google vient de démarrer et l’on en sait maintenant beaucoup plus sur la future nouvelle version d’Android baptisée pour le moment « Android L Developer Preview« . Le moins que l’on puisse dire est que les équipes de Google ont mis les bouchées doubles pour revenir à niveau par rapport à Apple et Microsoft en proposant trois axes d’amélioration majeurs : des applications universelles à travers une interface unifiée, un fonctionnement « sans couture » entre smartphone et desktop,  et l’intégration native des objets connectés dans le contexte de la maison ou de la santé. Autant dire que cette nouvelle version d’Android va frapper un grand coup tant elle apporte de nouveautés.

Une nouvelle interface graphique qui s’adapte mieux aux différents écrans

La version « L » d’Android, succédant à la version « K » (comme Kit-Kat), exploitera une interface graphique légèrement modifiée s’appuyant sur les nouvelles recommandations graphiques de Google (publiées sur Google.com/design). Répondant au nom de Material Design, l’objectif de cette évolution est d’unifier l’expérience à travers une interface plus simple à adapter sur les différents écrans.

Des interfaces unifiées avec Android L
Des interfaces unifiées avec Android L

Le premier changement notable est un usage beaucoup plus prononcé des à-plat de couleur (« flat design« ) et un recours intensif aux animations et aux transitions :

Les changements ne sont visuellement pas très spectaculaires, sauf pour les animations, mais on peut néanmoins constater une amélioration en terme de lisibilité avec un rendu plus aéré :

Comparaison des deux interfaces sur l'application Gmail
Comparaison des deux interfaces sur l’application Gmail

Il va y avoir également des nouveautés au niveau du système de notification, du basculement entre les applications et une meilleure gestion de la consommation d’énergie (les détails seront dévoilés dans les prochains jours). Mais les principaux changements sont sous le capot avec (potentiellement) un nouveau framework de développement baptisé Polymer dont on ne sait pas grand-chose pour le moment, si ce n’est qu’il permettra de développer des composants graphiques adaptables sur différents types de terminaux. En cela, ils suivent les traces de Microsoft et ses Universal Apps (Microsoft lance les applications universelles pour smartphones, tablettes, ordinateurs et Xbox).

Prise en charge complète des terminaux alternatifs et objets connectés

La deuxième grosse annonce est la déclinaison d’Android sur différents terminaux alternatifs :

Tous les terminaux et objets connectés grâce à Android et Google
Tous les terminaux et objets connectés grâce à Android et Google

L’objectif pour Google est donc très clairement de faire d’Android un système d’exploitation universel. Oui, mais il reste encore à faire le lien avec les ordinateurs, et justement…

Un jumelage entre ordinateur et smartphone

Tout comme Apple a dévoilé le mois dernier un fonctionnement synchronisé assez poussé entre la prochaine version de son système d’exploitation mobile (iOS 8) et Mac OS, Google ambitionne de pousser beaucoup plus loin l’intégration entre Android et Chrome OS :

  • Exploiter les smartphones Android comme des éléments de sécurisation pour déverrouiller l’accès à son Chromebook (et inversement) ;
  • Synchroniser les notifications entre ordinateur et smartphone en (quasi) temps réel ;
  • Pouvoir faire tourner des applications Android directement sur son Chromebook ;
  • Faire de l’édition simultanée de documents bureautique au sein de Drive…

S’il n’est pour le moment pas question de fusionner les deux systèmes d’exploitation (cela créerait plus de problèmes que ça n’en règlerait), l’idée est d’unifier les deux environnements bureau et mobile à travers les services et l’interface, grâce notamment à cette nouvelle charte graphique.

Encore une fois, toutes ces annonces viennent juste de tomber, et il va falloir attendre quelques jours pour que les développeurs s’approprient les kits de développement afin de mieux appréhender l’impact de ces nouveautés. Toujours est-il qu’avec ce qui a été présenté, Google souhaite vraisemblablement s’imposer comme le chef de file de l’informatique « nouvelle génération » (multi-écran, souple et intuitive).

À suivre…