Bientôt 10 millions de tablettes en France (4)

Le mois dernier, je vous parlais d’une étude qui place la France au second rang des pays les plus équipés en terminaux alternatifs. Une place qui ne me surprend pas vraiment dans la mesure où l’on estime à 5 M le nombre de tablettes déjà vendues et que les distributeurs anticipent 5 M d’unités vendues en 2013. Des prévisions de vente tout à fait spectaculaires, mais alignées sur ce que l’on constate sur les autres marchés européens, comme en témoigne cette étude de Context : Les ventes de tablettes ont dépassé les PC portables dans le réseau de distribution.

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Des grands marchés comme l’Allemagne, l’Espagne, ou l’Angleterre ont ainsi enregistré des croissances des ventes des tablettes supérieures à 60% au cours du mois de janvier 2013. Plus généralement, c’est le secteur des terminaux mobiles qui est en pleine explosion, comme le révélait récemment le consortium ARM : It’s a big market for little chips: 2.6B ARM chips shipped last quarter.

Le mois dernier, une autre étude a été publiée, de même qu’une infographie très intéressante : Prixtel et IPSOS révèlent les résultats de l’étude sur les usages des tablettes par les Français : 58,2 % utilisent sa tablette plusieurs fois par jour. 1/3 des 16-34 ans possèdent une tablette, contre 1/4 pour les 35-75 ans. Par contre, sur un panel âgé entre 16 et 75 ans, 58,2 % des Français utilisent une tablette plusieurs fois par jour.

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Oui vous avez bien lu : plus de la moitié des Français utilisent une tablette de façon régulière. Je ne suis pas statisticien, mais j’ai un peu du mal à comprendre comment nous pouvons arriver à ce niveau d’usage, même avec 10 M de tablettes en circulation (il y a un peu moins de 30 M de foyers en France). Toujours est-il que cette statistique nous confirme l’immense intérêt du marché pour les tablettes et leur sur-usage. Les principales raisons invoquées sont la commodité et la simplicité des tablettes par rapport aux ordinateurs portables.

En termes d’usages, voici les principaux enseignements de l’étude :

  • 35,8 % des utilisateurs s’en servent pour faire des recherches (adresses, horaires…) ;
  • 28 % pour consulter leurs e-mails ;
  • 16 % pour aller sur les médias sociaux (30 % pour les 16-34 ans) ;
  • 12,5 % pour regarder les films et/ou écouter de la musique ;
  • 21,6% ont l’intention de faire des achats avec leur tablette.

Encore plus intéressant, le Groupe M6 a dévoilé des chiffres sur les contenus interactifs disponibles sur le second écran au travers des applications M6, W9 et 6ter : Déjà plus de 100 millions de synchronisations avec les programmes. Ceci confirme donc le succès du phénomène second screen, même en France.

Si certains s’interrogent sur l’utilité réelle des applications de synchronisation (The ‘Second Screen’: Is This App Really Necessary?), d’autres développent des usages tout à fait surprenants comme Shazam qui permet de reconnaître une émission de TV et de vous proposer des informations complémentaires sur votre smartphone ou tablette : Shazam For TV: Tag Shows, Get Content, Go Social.

D’une part, cette application vous permet d’acheter les musiques utilisées dans l’émission ou la série TV, c’est le coeur de métier de Shazam, mais elle permettra également à terme de vous recommander les habits portés par les acteurs : Shazam for clothes identifies what TV characters are wearing. Avec cette fonctionnalité, les terminaux mobiles font tomber la frontière avec le télé-achat et ouvrent de nouvelles possibilités de monétisation des contenus. Il serait ainsi tout à fait possible d’imaginer une série TV financée par le placement produit (vêtements, meubles…), une façon nettement moins intrusive de rentabiliser les contenus.

Conclusion : inutile d’attendre que la barre des 10 millions de tablettes soit officiellement atteinte en France pour commencer à réfléchir à la façon dont vous pouvez exploiter ce support.

Facebook tente de séduire les jeunes et les pays émergents avec son propre smartphone (0)

Normalement vous devriez déjà être au courant du lancement de Facebook Home, son interface pour smartphones Android. Si l’annonce est plus ou moins conforme à ce que le marché attendait (un produit novateur et un smartphone avec le logo Facebook), ce lancement nous prouve surtout que Mark Zuckerberg voit loin : conquérir son deuxième milliards d’utilisateurs.

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Avant de nous lancer dans une analyse de l’impact de ce lancement, quelques éléments de contexte sur Facebook et la mobilité :

  • 680 M d’utilisateurs actifs par mois dans le monde (+ 57% sur un an), dont 157 M n’utilisent que la version mobile ;
  • Facebook représente 23% du temps consacré à l’utilisation d’applications sur mobile, le fil d’actualité est à l’origine de 65% des Likes et 45% des commentaires ;
  • 185.000 applications iOS et Android intègrent Facebook ;
  • 33% des utilisateurs mobiles envoient tous les jours des messages Facebook à leurs amis, 46% des personnes consultent Facebook pendant leur shopping…

Comme vous pouvez le constater, la mobilité est une caractéristique essentielle de Facebook, d’autant plus si l’on tient compte d’Instagram. Il était donc tout naturel que les équipes proposent une stratégie plus sophistiquée que la mise à disposition de quelques applications. C’est maintenant chose faite avec Home, le nouveau fer de lance de Facebook en matière de mobilité.

Une interface séduisante et un smartphone cohérent

Ce tout nouveau Facebook Home se présente donc sous la forme d’une interface pour smartphones Android, au même titre que les interfaces TouchWiz chez Samsung, Sense chez HTC ou Optimus UI chez LG. Concrètement, Home est une application que vous pourrez installer sur votre smartphone Android et qui viendra modifier l’écran d’accueil et vous donnera accès à des fonctionnalités permanentes comme le Cover Feed, les Chat Heads, le app launcher et les notifications : Hands-on with Facebook Home.

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Si l’omniprésence de Facebook sur votre smartphone ne vous gêne pas, alors il y a fort à parier que vous serez séduit par ce Home, car son fonctionnement est plaisant et plutôt intuitif : Watch Videos Of How To Use Cover Feed, Notifications And Chat Heads On Facebook Home. Même si Home s’installera comme une “simple” application, il est donc plus proche de nombreux lanceurs d’applications, ce qui risque de relancer l’intérêt pour ce segment et de donner des idées aux autres plateformes sociales (Android Launchers Are A Small Market, Can Facebook Home Change That?).

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Dans un premier temps, Facebook Home ne sera disponible que pour un nombre restreint de smartphones (dont les HTC One et Samsung Galaxy), mais d’autres modèles devraient être rajoutés au fur et à mesure. De même, une version pour tablettes devrait être proposée d’ici à quelques mois.

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Autre grande annonce, le lancement du HTC First, le premier smartphone officiellement conçu pour Home : Meet The HTC First, The First Android Phone To Come Preloaded With Facebook Home. Rien de révolutionnaire dans cette annonce, si ce n’est que cet appareil rassemble toutes les caractéristiques d’un bon smartphone et qu’il sera proposé sous la barre symbolique des 100$, avec une disponibilité prévue pour cet été en Europe : Orange France, EE In The UK Will Get First Facebook Home HTC First Phones In Europe In Summer 2013.

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Force est de constater qu’ils ont donc bien préparé leur coup et que l’offre est sacrément bien ficelée avec un appareil parfaitement bien positionné en terme de qualité / prix. Difficile de dire pour le moment si HTC parviendra à écouler des dizaines de millions de son appareil, car d’autres constructeurs devraient logiquement lui emboiter le pas, mais je pense que la tâche va tout de même être ardue. Rappelons ainsi que d’autres s’y sont risqués avant (Facebook Home: A prettier Motoblur) et que placer l’utilisateur au centre n’est pas réellement une nouveauté (Microsoft Tells Facebook It Already Made A People-First Phone, Calling The Whole Concept Into Question).

Une mine d’or pour les annonceurs

Lors de l’annonce, Mark Zuckerberg a dû se justifier quant au choix de lancer une interface reposant sur Android et non un système d’exploitation ou un smartphone en son nom. La réponse est équivoque : lancer son propre produit n’aurait permis à Facebook que de toucher 0,1 à 0,5% de sa base d’utilisateurs. Ceci est d’autant plus vrai que Facebook est déjà intégré de façon native à Android et iOS, inutile de concevoir leur propre OS, d’autant plus que c’est un chantier colossal (Palm en a fait les frais avec Web OS). En ce qui concerne la conception d’un terminal, c’est encore pire puisque même Google et Microsoft ont délégué cette tâche à des partenaires techniques (respectivement LG et Nokia). Bref, ce Facebook Home est donc le meilleur compromis pour permettre à Facebook d’arriver à ses fins : contenter les announcers.

Il n’est un secret pour personne que Facebook a beaucoup de mal à trouver un produit publicitaire convainquant. Face à l’impatiente des marchés financiers, ils se devaient de réagir. La solution qu’ils ont trouvée est donc de placer Facebook au coeur de l’utilisation du smartphone et d’augmenter ainsi le temps d’exposition des membres. Avec Home et les notifications, les mobinautes sont donc en permanence connectés à Facebook, c’est à dire aux messages de leurs amis, mais également des sponsors et annonceurs (The Real Reason Advertisers Will Love Facebook Home Phones: Permanent Logins). Vous vous doutez bien que cette éventualité a de quoi inquiéter, et les réponses apportées par Facebook ne sont qu’à moitié convaincantes : Facebook details Home privacy: It won’t collect info from inside apps and it can be shut off completely.

Je veux bien admettre avoir une nette tendance à la paranoïa, mais ils avaient également juré qu’ils ne revendraient jamais les données personnelles des membres aux annonceurs, et ils se sont fait prendre la main dans la sac. Non pas qu’ils soient malveillants, mais la tentation est trop grande. Par contre, concernant la tentation de mettre des bannières de pub sur tous les écrans, ils ont déjà annoncé la couleur : Facebook will put ads in Home for Android, just not at launch (ça c’est fait !).

Donc si l’on résume le but de la manoeuvre : augmenter la fréquence d’utilisation et l’inventaire publicitaire, éloigner la concurrence (la barre de recherche de Google n’est pas présente dans l’écran de lancement des applications) et intensifier la collecte de données d’utilisation. Dans l’absolu, rien de réellement choquant pour un service gratuit, car il faut bien qu’ils gagnent de l’argent.

Les jeunes et les pays émergents sont les vrais marchés-cibles

S’il est très difficile d’anticiper le rythme d’adoption auprès des membres de Facebook, il y a visiblement consensus pour dire qu’avec Home, Facebook cherche à séduire d’autres cibles, à commencer par les jeunes. Nous savions déjà que les jeunes étaient accros aux SMS, ils le sont encore plus des applications de tchat mobiles : Millions Of Teens Are Skipping Facebook And Using A New Breed Of Flirty Mobile Messaging Apps.Plutôt que Facebook, où ils risquent de croiser leurs parents ou profs, les jeunes préfèrent ainsi utiliser des services mobiles de conversation et de partage de photos comme Snapchat, Kik ou WhatsApp. Cette tendance se confirme d’ailleurs sur d’autres zones géographiques comme l’Asie avec des services extrêmement populaires qui tentent de s’exporter comme WeChat ou Kakao.

C’est donc pour séduire ce segment de la population que Facebook a imaginé cette interface qui met en avant les photos et les conversations. Un peu comme Microsoft l’avait fait il y a quelques années avec son Kin, issu du rachat de Danger en 2008 (RIP, Danger, 2002 – 2011: Microsoft axing service on May 31st).

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Signalons de plus que le segment des jeunes a par ailleurs été fortement prospecté par BlackBerry qui y voyait un relais de croissance pour diversifier sa clientèle essentiellement captée dans le monde de l’entreprise. Le concurrent direct de Home sur le créneau des jeunes semble donc être BlackBerry plutôt qu’Android.

Outre les jeunes, ce Facebook Home est destiné à tous les adeptes du mobile first, ceux qui en ont fait le choix, et ce qui n’ont pas d’autres choix, comme dans les pays émergents. Je pense naturellement à la Chine, le Brésil, l’Afrique ou encore l’Inde (Facebook Home does have a market, it’s India). En ciblant ces marchés, Facebook entame donc un vaste de chantier de conquête des pays émergents, une décision plutôt maline, mais où la concurrence va être très rude.

En lançant une variante d’Android (HTC And Facebook Confirm They Modified Android To Optimize The “First” Phone For Home) Facebook se retrouve en concurrence avec des acteurs surpuissants comme Amazon ou Alibaba qui ont lancé leur propre instance d’Android (cf. La domination d’Android menacée par les cloudphones et Aliyun ?), et contre des éditeurs alternatifs comme Mozilla avec son Firefox OS.

Mais avant tout, c’est à Google que Facebook s’attaque en interposant son Home entre Android et les utilisateurs mobiles (Facebook dares Google to take control of Android with Home). J’attends avec impatience la réponse du géant californien, qui sera très certainement présentée le mois prochain lors de la conférence Google I/O. Déjà que l’affrontement entre Apple, Google, Microsoft, BlackBerry et cie était particulièrement spectaculaire, l’arrivée de Facebook dans l’équation va encore compliquer la donne. Affaire à suivre…

États des lieux des terminaux alternatifs en France en 2013 (0)

La mobilité est un levier majeur de l’évolution des usages numérique, mais j’imagine que vous le saviez déjà. Les smartphones, tablettes et objets connectés envahissent notre quotidien, ça aussi vous l’aviez déjà constaté. Par contre, la question qui vous intrigue certainement est de savoir comment et combien. Car force est de constater qu’avec la multiplication des formats et la diversification des usages, les termes “mobilité” ou même “terminaux mobiles” ne veulent plus dire grand chose. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si j’ai appelé ce blog “Terminaux alternatifs“, car les usages liés à l’internet ou aux outils informatiques ne changent pas que dans un contexte de mobilité.

Tout ça pour dire que nous manquons de chiffres précis. Les données et statistiques sont importantes, car elles nous permettent de mieux comprendre les usages, de les quantifier et de pouvoir anticiper des développements. Il est ainsi important de savoir que les tablettes représentent maintenant une plus grosse part de trafic que les smartphones : Tablets now account for more web traffic than smartphones. Cette donnée est intéressante, car elle illustre l’importance de proposer de vérifier la compatibilité d’un site ou service en ligne avec les différents formats de tablettes, et le cas échéant de proposer des solutions.

Répartition du trafic entre smartphones et tablettes
Répartition du trafic entre smartphones et tablettes

Donc, nous en étions à nous demander combien il y a de smartphones et de tablettes en circulation en France. Un chiffre particulièrement difficile à obtenir, car les choses ont beaucoup bougé avec les fêtes de fin d’année. Heureusement l’agence ZenithOptimedia est là pou nous proposer des chiffres incroyablement prometteurs pour le marché français : ZenithOptimedia Publishes New Media Forecast. L’étude qu’ils viennent de publier couvre pas moins de 19 marchés et s’intéresse à tous les terminaux alternatifs. Première surprise de taille, la France serait le second pays où le taux de pénétration des terminaux alternatifs est le plus important : 35.7% en 2012 avec une prévision à 60.8% en 2015.

Classement des pays selon le taux de pénétration des terminaux connectés
Classement des pays selon le taux de pénétration des terminaux connectés

Non, vous ne rêvez pas, plus d’1 tiers des Français est équipé en terminaux alternatifs, loin devant les États-Unis. Encore plus surprenant : le taux d’équipement des tablettes devrait passer de 15% à 45% en 2015. Ce qui veut dire qu’il y aurait près de 10M de tablettes en France, et 30M d’ici 3 ans. Autant vous dire que les fabricants doivent s’en frotter les mains !

Autre enseignement important de ce rapport : les TV connectées devraient globalement passer de 6.6% à 9% d’ici 2015. Malheureusement le cabinet n’a pas publiquement communiqué sur les chiffres en France, mais j’imagine qu’avec les nombreux box vendues par Free et ses concurrents, nous devrions déjà avoir franchi le cap des 5 M de foyers équipés en TV connectées.

Vous devez vous dire que ces chiffres sont trop optimistes pour être vrais, pourtant une seconde étude publiée par GFK vient confirmer cette croissance spectaculaire. La filiale française de GFK a ainsi profité du salon du livre pour publier des statistiques très intéressantes sur le nombre de terminaux permettant de lire des livres électroniques : GFK, les chiffres du numérique.

Répartition des terminaux permettant la lecture de ebooks
Répartition des terminaux permettant la lecture de ebooks

Ces chiffres détaillent non pas le parc installé, mais le nombre d’unités vendues. GFK estime ainsi qu’il y a près de 5 M de tablettes et plus de 500.000 liseuses en France en ce début d’année 2013. Là encore, ces chiffres sont plus qu’encourageants et nous montrent à quel point l’équipement des Français est en train de changer.

Bref, tout ça pour dire que les conditions de marché évoluent extrêmement vite et que les annonceurs et éditeurs doivent réagir au plus vite pour s’y adapter. Le premier signe de cette accélération du rythme d’équipement est sans conteste la montée en puissance du phénomène Second Screen, avec des téléspectateurs qui sont toujours plus actifs sur les médias sociaux : TV Goes Social, The Rise of the Second Screen. Et comme j’ai déjà eu l’occasion de vous le répéter, ne pensez pas être à l’abri avec une application iPhone : non seulement vous ne vous adressez qu’à une petite partie des utilisateurs, mais en plus, ils ne sont pas forcément demandeurs (The ‘Second Screen’: Is This App Really Necessary?).

J’espère que tous ces chiffres vont vous fournir les arguments nécessaires à une réelle prise de conscience de l’évolution des usages et surtout de la diversification en cours des terminaux alternatifs.

Ubuntu relève le défi du système d’exploitation universel (1)

2013 sera résolument placé sous le signe de la mobilité. si le point de bascule est loin derrière nous, force est de constater que la tension concurrentielle sur ce marché est à son apogée et que les industriels investissent des sommes colossales pour grignoter des parts de marché auprès des utilisateurs de terminaux alternatifs. Problème : ce “marché” est loin d’être homogène et la multiplication des formats complique sacrément la tâche (smartphone, tablette, phablette, ultrabook, TV connectées…). Intel avait déjà tenté de proposer un système d’exploitation universel avec Meego, sans succès (De la difficulté de concevoir une interface multi-terminaux). Google et Apple s’entête à proposer la même interface, pourtant les tablettes méritent des interfaces dédiées. Heureusement, Canonical est là pour relever le défi et vient juste de présenter Ubuntu Touch, un système d’exploitation universel : Canonical unveils tablet version of Ubuntu with full touch support. Ubuntu rejoint donc le club des systèmes d’exploitation mobile aux côtés des derniers arrivés (FirefoxOS et Tizen, cf. Android régnera sur le marché des smartphones en 2013, mais ne sera pas seul).

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Pour mémoire, Canonical est la société qui édite Ubuntu, une distribution Linux reposant sur Debian. La marque de fabrique d’Ubuntu est de proposer des interfaces graphiques particulièrement soignées et simple d’accès. Avec cette version Touch, ils ne déçoivent pas leurs fans et proposent pour la première fois un environnement parfaitement cohérent sur différents supports (smartphones, tablettes, ordinateurs, TV connectées…). Cerise sur le gâteau, cet OS est également disponible pour Android et se transforme même en version desktop une fois posée sur son socle :

Mais revenons à nos moutons et à cette superbe interface unifiée. Précisons avant toute chose que l’OS est loin d’être finalisé, car il vient tout juste de sortir pour les développeurs (Ubuntu Touch developer preview: What you need to know). Cet Ubuntu Touch propose une interface claire et visiblement très simple à utiliser grâce à une barre latérale simplifiant le basculement entre les applications. Elle supporte également plusieurs comptes utilisateurs et même un mode “invité, une fonction qui manque cruellement aux autres systèmes d’exploitation.

Mais la principale innovation de l’interface pour tablettes est la possibilité de consulter deux applications en même temps en les disposant côte à côte :

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Certes, il faut une tablette de grande taille (au moins 10 pouces), mais le fonctionnement est tout à fait convainquant. Au sujet des applications, l’éditeur précise qu’il fournira des outils pour simplifier la réutilisation du code source des applications créées pour Android (qui repose également sur Linux).

Concernant l’interface pour smartphone, le point marquant est qu’il n’y a pas d’écran de verrouillage,  mais un écran d’accueil. La différence est subtile, mais c’est visiblement un élément-clé de l’expérience utilisateur :

Sinon nous retrouvons la même simplicité d’usage, ainsi que ce même souci de la cohérence graphique qui n’est pas sans me rappeler celle du défunt Zune de Microsoft :

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Pour bien apprécier l’énorme travail d’harmonisation réalisé, je vous invite à découvrir la version TV d’Ubuntu :

Au final, nous avons donc un système d’exploitation multi-plateforme particulièrement réussi, surtout sur les terminaux mobiles. L’éditeur est resté assez évasif sur la disponibilité réelle, mais il y a visiblement des projets de smartphones dédiés avant la fin de l’année (Ubuntu phone launch set for early October 2013 in two large geographic markets). En attendant, vous avez toujours la possibilité de l’installer sur les terminaux de la gamme Nexus (Installer Ubuntu Touch sur une Nexus 7).

Bien évidemment nous ne pouvons que nous réjouir de l’arrivée d’un nouvel acteur sur le marché, cela va permettre de stimuler la concurrence et de faire émerger de nouvelles idées. J’attends avec impatience de voir dans quelle mesure les deux acteurs leaders (Apple et Google) et la communauté vont s’approprier les bonnes idées de cet Ubuntu Touch.

Nokia et Samsung à l’assaut des marchés émergents avec de nouveaux feature phones (0)

Je pense ne rien vous apprendre en vous disant que le rythme de rééquipement en smartphones est historiquement haut. Traduction : ça s’en vend comme des petits pains. La France affiche d’ailleurs un taux de pénétration record avec plus de 35% de la population française équipée (Norway, France & Holland have highest penetration of tablets, smartphones, and connected TVs). J’ai déjà eu l’occasion de vous expliquer que ce sont principalement les smartphones propulsés par Android qui génère cette croissance (Android powered a third of all mobile phones shipped in Q4 2012), mais que la concurrence est rude (Android régnera sur le marché des smartphones en 2013, mais ne sera pas seul).

Taux de pénétration des terminaux connectés par pays

Bref, tout va bien sur le segment des smartphones. Sauf que… si les smartphones représentent 1/3 du parc aujourd’hui, que fait-on des 2/3 restants ? Certes, la croissance soutenue va permettre d’atteindre rapidement le seuil des 50% de smartphones en France, mais la moitié des mobinautes seront encore équipés de terminaux mobiles aux capacités limitées. Et là je ne vous parle que du marché français, vous vous doutez bien que les proportions sont encore plus faibles dans les pays émergents. La dure réalité est qu’à force de mobiliser toutes les ressources pour contrer Apple, les constructeurs ont négligé le reste du marché : Smartphone sales skyrocket amid decline for feature phones. Une récente étude de Gartner nous montre ainsi un déclin des ventes au niveau mondial : Gartner Says Worldwide Mobile Phone Sales Declined 1.7 Percent in 2012.

Parts de marché des constructeurs de smartphones

Il y a certes de nombreux constructeurs chinois positionnés sur les smartphones d’entrée de gamme (ZTE, Huawei…),  mais une grosse partie de la population mondiale ne possède pas les ressources financières pour payer le combiné et l’abonnement, ni même les compétences pour installer et gérer de nombreuses applications. Ce qui laisse donc de nombreux clients potentiels avec des appareils vieillissants (Ne négligez pas les smartphones low cost).

C’est dans le but de séduire cette tranche des consommateurs au sein des pays émergents (seuls 15% des chinois sont équipés en smarpthones) que les constructeurs proposent de nouvelles gammes : Like Nokia’s Asha, Samsung’s Rex ‘smart feature phones’ will bring the Web to emerging markets. Samsung et Nokia viennent juste d’annoncer leurs nouvelles gammes de feature phones. Outre la puissance et la qualité de fabrication, c’est principalement la capacité d’évolution qui distingue ces téléphones des smartphones : le nombre d’applications est très limité, car leur système d’exploitation n’est pas conçu pour. En résumé : les clients doivent se contenter du menu, pour manger à la carte, il faut payer plus cher.

La gamme Asha de Nokia

Ceci étant dit, ces terminaux mobiles offrent tout de même des prestations tout à fait honorables en terme de diversité fonctionnelle (musique, jeux, applications sociales…). De même, si le navigateur web proposé n’est pas aussi performant que celui que l’on trouve sur Android ou iOS, il permet tout de même d’afficher des pages web dans de très bonnes conditions.

La gamme Rex de Samsung

Pourquoi concevoir et distribuer ces terminaux mobiles limités alors qu’en rognant sur les spécifications ils pourraient proposer des terminaux sous Android ? Tout simplement pour ne pas diminuer la valeur perçue des terminaux haut de gamme et éviter la cannibaliser les ventes. Pour le moment c’est la stratégie choisie, mais les choses pourraient changer avec l’arrivée d’une nouvelle génération de systèmes d’exploitation (Firefox OSTizen…). C’est d’ailleurs cette piste que certains constructeurs et opérateurs sont en train d’expérimenter au Brésil : Firefox OS phone targets the developing world.

La grande question que l’on se pose avec ces nouvelles gammes de feature phones est de savoir quel va être l’impact sur la fragmentation du marché. Si l’on commence en effet à utiliser des techniques viables pour garantir un très bon niveau de compatibilité entre les smartphones (Améliorez la performance de vos interfaces mobiles avec RESS), la situation va se compliquer avec les feature phones, car leur moteur de rendu et leur moteur javascript sont beaucoup moins performants. Le casse-tête pour les marques souhaitant adresser l’ensemble du marché n’en sera que plus compliqué. Et la situation risque d’empirer avec l’arrivée probable de tablettes ultra low-cost…

Quels indicateurs clés pour les terminaux mobiles ? (1)

J’ai déjà eu l’occasion de vous parler des pratiques de mobile analytics. La mesure d’audience est en effet une activité essentielle pour qui veut évaluer la performance de ses sites et applications mobiles et s’assurer que les utilisateurs en situation de mobilité sont bien traités. Si l’idée d’avoir des outils spécifiques pour les smartphones est largement adoptée, les choses se compliquent avec la multiplication des formats (smartphones, tablettes, mini tablettes, phablettes…).

Outre les problématiques d’affichage avec la fragmentation des formats d’écran, ce sont surtout les contextes d’usages qui varient énormément d’un terminal à l’autre (The Truth About Cats and Dogs: Smartphone vs Tablet Usage Differences) :

  • Les smartphones sont manipulés d’une main en situation debout (dans la rue) ;
  • Les phablettes sont utilisées avec un stylet ;
  • Les tablettes sont plutôt utilisées le soir dans un canapé…

Bref, tout ce que nous savons des internautes utilisant un ordinateur fixe ne s’applique pas aux internautes équipés de terminaux alternatifs. Tout comme les outils de conception et de développement sont différents, un bon marketeur se doit d’utiliser des outils de mesure et des indicateurs clés spécifiques aux terminaux mobiles.

Les acteurs traditionnels du secteur ont déjà fait évoluer leurs solutions (Google Analytics, Webtrends ou Adobe Site Catalyst), mais de nombreux autres acteurs se sont positionnés sur le créneau mobile (Capptain, Countly, Appclix, Flurry, Localytics, Kontagent…). Pour vous la faire simple : nous sommes en pleine ruée vers l’Ouest dans la mesure où chacun propose ses propres indicateurs. L’IAB a bien publié un livret blanc, mais il n’est pas très explicite sur ce sujet (IAB Mobile Data and Analytics Whitepaper).

Exemple de rapport fourni par Google Analytics

Je vous propose donc cette liste d’indicateurs génériques pour vous éclairer sur le type de données à mesurer :

  • Les indicateurs relatifs aux terminaux (type, taille et orientation d’écran, système d’exploitation, version du navigateur, opérateur…)
  • Les indicateurs liés au contexte (heure, position géographique, déplacements…)
  • Les indicateurs de comportement (fréquence de visite, durée moyenne d’utilisation, parcours, principales actions effectuées…)
  • Les indicateurs marchands (taux de conversion, panier moyen, montant des achats au sein d’une application…)
  • Les indicateurs spécifiques aux applications mobiles (versions, fréquence d’ouverture, nombre de crashs, taux d’engagement des notifications…)

Comme vous pouvez le constater, il y a donc un nombre important d’indicateurs clés, et certains sont spécifiques au format. Il me semble ainsi impératif de segmenter votre audience en fonction des terminaux utilisés et de proposer des tableaux de bord pour les utilisateurs de smartphones, tablettes et phablettes. Dans un second temps, vous pouvez affiner cette segmentation en fonction du contexte (notamment l’heure de la journée) et du niveau de maturité des utilisateurs que l’on peut mesurer avec le nombre d’applications installées ou le nombre de touches par minute.

Encore une fois, nous n’en sommes qu’à l’adolescence des outils de mesure pour les terminaux mobiles, de nombreux progrès sont encore à faire, surtout en matière de standardisation et de fiabilité des indicateurs utilisés. Mais le pire, c’est que tout sera à recommencer avec les autres types de terminaux alternatifs (liseuses, smart TVs, voitures connectées…). Vive le progrès !

Les objets connectés à l’honneur au CES 2013 (1)

Le salon CES est une institution pour les passionnés de gadgets et professionnels du secteur high-tech. Chaque année, ce salon apporte son lot de nouveautés et de tendances. Si en 2012 la 3D était la tendance forte, les objets connectés se disputaient la place pour l’édition 2013 avec les phablets (ces dernières feront l’objet d’un prochain article).

Annoncée par une autre conférence qui leur était dédiée (LeWeb12, compte rendu de la première journée), 2013 va être l’année des objets connectés. D’une part, car de nombreux industriels investissent de grosses sommes d’argent pour sortir des offres de service (L’internet des objets est en train de se construire avec Sigfox) ; d’autre part, car les constructeurs mettent les bouchées doubles pour imposer leurs gadgets. Je vous propose un passage en revue de ce qui a été annoncé et montré.

Il y a tout d’abord de nombreux jouets connectés et interactifs comme le Sphero et les cubes Sifteo dont je vous avais déjà parlé (Découvrez des interfaces tangibles ludiques avec Sphero et Sifteo), mais il y a aussi la nouvelle collection zAPPed Toys de Hasbro : Tactile Digital Play, Sifteo Cubes and Hasbro Zapped Toys.

Il y a ensuite les objets personnels du quotidien connectés comme les lunettes et les montres, un marché visiblement très prometteur : Project Glass And Pebble-Style Smart Mobile Wearables To Fuel $1.5BN Market By 2014, Says Analyst. De nombreux prototypes de lunettes intelligentes ont été montrés, mais c’est surtout des Google Glass que l’on a beaucoup parlé, même si elles brillaient par leur absence. Heureusement, nous allons bientôt en savoir plus (Google sends invites for first Project Glass hackathons, coming January and February). Au rayon des montres connectées, à défaut d’une date de livraison pour les Peeble, c’est la montre / capteur de Basis qui a remporté le plus grand succès : Basis Takes On Jawbone, Nike, Finally Launches Its $199 Health Tracking Band.

La montre intelligente de Basis

Cette montre me fait une transition parfaite avec les très nombreux capteurs de données personnelles, gadgets indispensables pour les adeptes du quantified self (cf. Les capteurs personnels au coeur de notre quotidien ?) :

Comme vous pouvez le constater, il y a donc un marché gigantesque pour les hypocondriaques qui sommeillent en nous. Cette tendance peut vous faire sourire, mais n’oubliez pas que les Français bénéficient d’une situation privilégiée avec l’Assurance Maladie. Les Américains prennent ainsi leur santé beaucoup plus au sérieux, car se faire soigner là-bas coûte un bras. Ces capteurs personnels peuvent ainsi pallier à un système de soin défaillant : With sensors, apps & data, my smartphone is (almost) my doctor.

Enfin, dans la même lignée que le Nest et le Netatmo, les Américains de Variable Technology ont présenté leur capteur multi-fonction : A hands-on demo with Node, the ultimate sensor device.

C’est donc un véritable déluge de nouveaux produits auquel nous avons assisté (et encore, je n’ai pas mentionné les voitures connectées qui ont aussi fait l’objet de nombreuses innovations : Forget the Internet of Things: Here Comes the Internet of Cars). Toutes ces nouveautés ne font que renforcer le rôle central des smartphones, car tous ces capteurs et objets intelligents ont besoin d’une connexion internet pour remonter : Enjoying the internet of things? Thank your smartphone.

En conclusion, je me permettrais de citer le très visionnaire article de Big Thing qui résume bien l’obsession que nous semblons développer pour les données : Meet the Urban Datasexual. Au final, je me demande si 2013 ne va pas avant tout être l’année des données…

Un assistant personnel dans votre smartphone avec Siri, Now et Gimbal (22)

Lancé en octobre 2011 par Apple avec son iPhone 4s, Siri est vite devenu un objet de curiosité pour bon nombre d’observateurs. Il faut bien avouer que cette nouvelle fonctionnalité a de quoi surprendre : un assistant personnel dans votre smartphone que vous interrogez en parlant, rien de tel pour se faire passer pour le dernier de zinzins. Après des débuts chaotiques, Siri a fini par trouver sa place… surtout aux États-Unis où Apple a su nouer des partenariats intéressants avec de grands fournisseurs de contenus et services.

L’interface de Siri

Outre l’interface vocale qui a beaucoup été décriée, quoique l’on puisse y trouver un intérêt (La Chevrolet sera la première voiture à parler le Siri), c’est plus sa capacité d’intelligence artificielle couplée à un accès direct aux données personnelles de l’utilisateur (messages, emails, carnet d’adresses, calendrier, localisation…) qui en fait un terrain d’expérimentation particulièrement intéressant. L’attrait de Siri ne repose donc pas dans le fait de pouvoir programmer un RDV en faisant son jogging, mais plutôt d’y associer toujours plus de services et de sources d’information. Apple y croit très fort, mais semble pour le moment plus préoccupé par le brevetage de son système (Apple seeks patent for Siri automated assistant). Dans la réalité, surtout la nôtre, Siri pêche encore par sa compréhension du français et par la valeur ajoutée très limitée des services qu’il propose aux utilisateurs français.

Plus pragmatique, Google a lancé son propre assistant personnel en juin 2012 avec la sortie d’Android 4.1 : Google Now. Présenté comme un concentré des services et du savoir-faire de Google, ce Now a tout de suite impressionné la communauté par sa redoutable efficacité.

Accessible depuis l’écran de verrouillage, Google Now se présente sous la forme de fiches (cards en anglais) vous indiquant la météo locale, le trajet pour votre prochain RDV, les informations de votre prochaine réservation (avion, restaurant, train…), les anniversaires de vos proches… Vous avez également la possibilité de définir des alertes en fonction de sujets d’actualité, du cours d’une action, d’une rencontre sportive, d’un concert…

L’interface de Google Now

Tout comme Siri, Google Now est également activable et interrogeable à la voix, et on parle même d’une prochaine intégration à Chrome : Chrome code update reveals plans for desktop Google Now integration.

Là où Google Now impressionne, c’est qu’il anticipe vos besoins, par exemple en vous prévenant que si vous ne partez pas dans l’instant, vous allez être en retard à votre RDV (il propose aussi d’envoyer un SMS pour prévenir du retard). Au début ça fait peur, mais après, on commence à envisager une infinité de possibilités, d’autant plus que les équipes ont d’énormes ambitions pour améliorer le service : How Google Plans to Find the UnGoogleable.

Est-ce donc ça l’avenir de la recherche : apporter des premiers éléments de réponse en fonction du contexte avant même que l’utilisateur ait fait une recherche ? Peut-être… Toujours est-il que les acteurs de la mobilité s’intéressent de très près à ses assistants personnels à des fins de fidélisation comme Samsung avec S-Voice (Samsung S-Voice is a Siri rival for Galaxy S III) ou LG avec Quick Voice (LG launches ‘Quick Voice’ on its phones in Korea, goes head to head with S Voice and Siri).

Dernier exemple en date : Gimbal, la technologie d’intelligence contextuelle que Qualcomm est en train de tester en Asie : Gimbal, Qualcomm’s innovative mobile technology, set for first rollout with Dentsu in Japan. Le principe de Gimbal est de créer un profil enrichi des utilisateurs de terminaux mobiles en fonction des endroits où ils se déplacent, de leurs usages et de leur rythme. Ce profil est ensuite mis à disposition des applications pour proposer une expérience plus personnalisée.

Assistant personnel ou moteur de ciblage publicitaire ? Le moins que l’on puisse dire est que les équipes de Qualcomm se sont plus souciées de  séduire les annonceurs et développeurs d’application que les utilisateurs finaux ! Très peu d’informations ont filtré sur cette technologie, mais elle vient accréditer mon intuition sur le prochain cheval de bataille des services mobiles : l’hyper-personnalisation.

L’internet des objets est en train de se construire avec Sigfox (3)

Cette semaine se tiendra à Paris la grand-messe annuelle de l’internet avec la huitième édition de LeWeb dédié à l’internet des objets. Cette conférence va être l’occasion de découvrir de nombreux produits (Liste des objets connectés à LeWeb 2012), mais également de faire le point sur les différents usages. Considéré comme la prochaine itération du web, l’internet des objets est censé être la quatrième révolution industrielle qui va bouleverser nos vies. Rassurez-vous, je ne vais pas vous faire l’article sur cette fameuse révolution, mais plutôt vous donner une vision bien plus pragmatique de ce qu’est la réalité de l’internet des objets (Web Squared, transition vers le web 3.0 ou nouveau paradigme ?).

Quand il est question d’internet des objets et d’ambient devices, la première chose qui nous vient à l’esprit sont les lapins Karotz. De bien beaux gadgets, mais qui sont à l’opposé des applications concrètes existant aujourd’hui. Car si certains considèrent que l’internet des objets passe nécessairement par les smarpthones (Enjoying the internet of things? Thank your smartphone) ou que nous n’avons pas besoin d’un réseau dédié (Does the internet of things need its own internet?), d’autres ont bien compris que l’enjeu majeur n’est pas le débit, mais le coût (L’internet des objets : le coût détermine-t-il les usages ?).

Ce qui différencie les usagers du web (les humains) des machines, c’est le contexte et la fréquence d’usage. Autant un utilisateur a besoin d’un minimum de bande passante et de fiabilité pour son usage quotidien (emails, Twitter, Instagram…), donc justifie l’abonnement à un forfait de téléphonie traditionnel ; autant un capteur n’a besoin d’envoyer qu’un ou deux relevés par jour, soit quelques octets. Dans ce contexte, il n’est nullement besoin de souscrire à une offre 3G auprès des opérateurs nationaux. Et c’est là où les réseaux M2M trouvent leur utilité : proposer une solution de communication conçue pour les machines avec des coûts optimisés (puces de transmission, antennes relais, abonnements…) et un dimensionnement adapté (nous parlons de dizaines de milliards d’objets potentiellement connectables).

Des dizaines de milliards d’objets connectés sont déjà déployés

C’est dans ce contexte que le français Sigfox s’illustre avec son propre réseau exploitant la bande de fréquence des 868 mégahertz, utilisée notamment par les babyphones et qui ne nécessite pas de licence. L’opérateur a ainsi déployé près de 1.000 antennes pour couvrir quasiment tout le territoire. L’astuce est que leur protocole de communication fonctionnant à très bas débit, les ondes se propagent beaucoup plus loin : jusqu’à 50 km en extérieur et jusqu’au cinquième sous-sol en environnement urbain (Une technologie radio ultra efficace). Certes, le débit est grotesque comparé à ceux proposés par les bornes 3G ou WiFi, mais les capteurs n’ont pas besoin de faire du streaming vidéo en Ful HD 3D. Autres avantages : les puces de télécommunciaiton coûtent beaucoup moins cher à produire et consomment mille fois moins d’énergie, une micropile pourrait ainsi tenir 10 à 20 ans. Précision que Sigfox n’a pas vocation à commercialiser les puces, pour cela, il s’appuie pour cela sur un réseau de partenaires dont Telecom Design qui propose déjà sa puce (ils appellent ça un module radio).

La puce proposée par Telecom Design

Avec un équipement et un réseau adaptés, les domaines d’application de l’internet des objets sont très nombreux :

  • Télérelevé (compteurs d’eau, d’électricité, de température, niveau d’huile, vent…) ;
  • Santé (suivi d’un patient à distance) ;
  • Surveillance de bâtiments (fenêtres ou portes ouvertes, détection d’incendie ou d’intrusion…) ;
  • Contrôle d’équipements et d’infrastructures (usines, flotte de véhicules…)
  • Ville intelligente (éclairage public, feux de signalisation, panneaux d’information, collecteurs de déchets, places de parkings, parcmètres…) ;
  • Suivi de biens (tracking d’un colis)…

J’insiste sur le fait que nous ne parlons pas ici d’applications potentielles, mais de solutions déjà opérationnelles :

  • Le module radio ACW-WLde détection de fuites dans les réseaux de chauffage urbain ;

    Module de détection de fuites
  • Le système SACHA de géolocalisation, de contrôle d’accès et de détection de chutes pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ;
  • Le système CEEWITT de localisation des places de parking inoccupées (combiné à un service de paiement individuel au temps passé) ;
  • Le système POCTEFA  de suivi du bétail en zone pastorale…

Si ce domaine vous intéresse, je vous recommande vivement la page Scoop.it de Sigfox. La société emploie actuellement une quarantaine de personnes et  revendique déjà 500.000 objets connectés à son réseau. Ils viennent par ailleurs de signer un partenariat avec Clear Channel France pour le pilotage de 12.000 panneaux d’affichage mécanisés.

L’objectif de Sigfox est d’abaisser le coût de connexion des objets à moins de 1 € par an. Ils travaillent même sur une offre packagée pour les particuliers qui englobe l’ensemble des objets de la maison / famille pour un montant proche des 20€ / an. À ce tarif-là, ce sont des dizaines d’usages qu’il reste à trouver, voir à définir avec notamment des services comme If This than That qui permet d’automatiser des tâches (ex : envoyer un SMS si votre voiture sors de votre parking en journée…). Si vous manquez d’inspiration, vous pouvez toujours aller voir sur Sen.se.

Android régnera sur le marché des smartphones en 2013, mais ne sera pas seul (0)

D’après une étude récente de Gartner, il devrait se vendre 1,2 milliard de smartphones et tablettes en 2013. Vous conviendrez que ça représente un sacré gros chiffre, beaucoup trop gros pour que seulement deux acteurs se le partagent : Apple et Google. Bon dans la réalité le marché est un peu plus homogène, mais au vu de l’évolution des parts de marché, on se dit qu’il ne restera bien tôt plus qu’Android et iOS…

Évolution des parts de marché des smartphones

Si vous suivez ce blog, vous devez déjà être au courant de cette tendance de marché. Par contre, je vous propose ce soir de vous intéresser à la dernière tranche, Other, car la domination d’Apple et de Google n’est en fait pas réellement acquise. La situation s’est en effet terriblement compliquée ces derniers mois. Je vous propose donc de faire le point sur les systèmes d’exploitation mobiles disponibles sur le marché.

Il y a tout d’abord les deux OS de référence :

  • iOS d’Apple, qui reste la référence en la matière, mais qui a subi récemment la colère de ses usagers en coulant imposer sa propre application de cartographie. Logiquement l’iPhone devrait petit à petit se retrancher sur le segment supérieur avec une part de marché oscillant autour des 15 à 20%. La grosse inconnue pour le moment est de savoir ce que la marque à la pomme va faire d’iTunes, le boulet qu’elle traine depuis des années.
  • Android de Google, la nouvelle coqueluche des marchés émergents qui n’en finit pas de progresser. Mais cette progression spectaculaire ne s’est pas faite sans contre-partie : la fragmentation des versions de l’OS est ainsi un casse-tête qu’ils mettront des années à résoudre.

Nous avons ensuite trois OS de second plan qui aimeraient bien revenir sur le devant de la scène :

Nous pouvons ajouter à cette liste quatre OS de niche :

  • Bada de Samsung, qui est censé équiper les téléphones d’entrée de gamme.
  • Brew de Qualcomm, qui est également censé propulser des téléphones d’entrée de gamme.
  • WebOS de Palm, qui est passé en open source suite au rachat par HP.
  • Tizen, la version ouverte de MeeGo, un projet de système d’exploitation mobile commun entre Nokia et Intel né de la fusion de Maemo et Moblin (dont vous trouverez un résumé passionnant ici : The story of MeeGo).

Nous en venons maintenant à deux projets tout à fait intéressants :

Oui je sais, c’est un peu compliqué à suivre tout ça, mais l’interface à l’air particulièrement soignée :

Tout ça ne nous fait pas moins d’une dizaine de systèmes d’exploitation mobiles concurrents. Partant du principe qu’Apple va progressivement s’isoler du reste du marché pour se concentrer sur le très haut de gamme, il n’y a qu’une seule plateforme qui compte vraiment : Android. La part de marché d’Android est ainsi remontée à 75% en quelques années et dépasse même les 90% en Asie : Android crushes the competition in China as it passes 90% smartphone market share.

Évolution de la part de marché d’Android en Chine

Ceci étant dit, j’utilise volontairement le terme plateforme, parce que Android ne peut pas être considéré comme un système d’exploitation homogène tant il y a de versions et de branches en circulation. Même si Google s’efforce de faire rapidement basculer le parc de smartphones vers la version 4, il reste encore de nombreux smartphones d’ancienne génération. Ne négligeons pas non plus la rumeur d’un smartphone Amazon qui viendrait compléter la gamme Kindle Fire.

Mais c’est en Chine qu’il faut se tourner pour réaliser à quel point la situation est compliquée :

Je pense ne pas me tromper en disant que Google est dans une situation très désagréable en Chine : face à un marché trop gros et trop complexe (culturellement et politiquement), ils ont préféré dénaturer leur produit pour faire barrage à la concurrence d’Apple. L’avenir nous dira si cette politique de la terre brûlée a été une bonne manoeuvre, surtout au vu des taux de croissance faramineux (The Growth Of China’s Smartphone Market Is Absolutely Staggering).

Toujours est-il que nous sommes donc dans une situation de marché particulièrement complexe. Plus que jamais, il est essentiel de bien comprendre toutes les subtilités de ce bazar et de bien appréhender les enjeux de cette bataille : devenir le prochain Microsoft. Si je ne me fait pas trop de soucis pour Apple qui saura parfaitement défendre sa position sur la niche haut-de-gamme, force est de constater que Google a su prendre les bonnes décisions pour donner à Android l’inertie qui lui permettra de dominer le marché en 2013.

Le basculement d’un écosystème fermé et très structuré (iPhone / iOS / iTunes) à un écosystème ouvert et beaucoup moins homogène (Android / Google Play) va engendrer de profonds changements que je détaillerais dans un prochain article.

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